Cinq sujets à suivre à la COP28

La COP28, le sommet des Nations unies sur le climat, s'ouvre jeudi à Dubaï. (AFP)
La COP28, le sommet des Nations unies sur le climat, s'ouvre jeudi à Dubaï. (AFP)
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Publié le Mercredi 29 novembre 2023

Cinq sujets à suivre à la COP28

  • Tous les regards seront tournés vers les termes adoptés sur la transition énergétique, des énergies fossiles vers les renouvelables
  • Des groupes d'experts estiment que le monde doit investir plus de 3.000 milliards de dollars par an d'ici 2030 pour atteindre les objectifs climatiques

WASHINGTON: Records de températures, inondations catastrophiques dans la Corne de l'Afrique, ou encore incendies dévastateurs dans les forêts du Canada: face aux conséquences du changement climatique, les dirigeants du monde sont appelés, plus que jamais, à des réponses collectives fortes.

Voici cinq choses à suivre à la COP28, le sommet des Nations unies sur le climat, qui s'ouvre jeudi à Dubaï.

Transition énergétique

Tous les regards seront tournés vers les termes adoptés sur la transition énergétique, des énergies fossiles vers les renouvelables. Une transition cruciale pour réussir à limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à l'ère pré-industrielle, l'objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris.

Lors de la COP26, à Glasgow en 2021, les parties s'étaient accordées sur une réduction de la part du charbon. Depuis, les activistes et certains gouvernements poussent pour que le pétrole et le gaz soient à leur tour nommés - mais la formulation exacte reste à trouver.

Les attentes tourneront également autour des engagements des pays à tripler leurs capacités en énergies renouvelables d'ici 2030 - un objectif soutenu récemment par le G20, puis réitéré par les Etats-Unis et la Chine dans une déclaration commune au début du mois - et à doubler le rythme d'amélioration de l'efficacité énergétique.

Idéalement, ces engagements prendraient la forme d'une réponse à un bilan technique de l'accord de Paris publié début septembre, ayant mis en lumière les efforts hautement insuffisants réalisés jusqu'ici.

Les Etats-Unis, deuxième pays émetteur de gaz à effet de serre

Les Etats-Unis, deuxième plus gros émetteur mondial de gaz à effet de serre, se sont engagés à réduire de moitié leurs émissions d'ici 2030 par rapport à 2005, mais les mesures prises jusqu'à présent ne permettront pas, pour le moment, d'atteindre cet objectif, selon des analystes.

Combien d'émissions?

En 2021, les Etats-Unis ont émis 6,28 milliards de tonnes de gaz à effet de serre (équivalent C02), selon les données de l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique, via l'outil Climate Watch.

Les Etats-Unis sont actuellement le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre en valeur absolue, derrière la Chine.

Mais en prenant en compte les émissions historiques, c'est-à-dire cumulées depuis 1850, ils restent en tête.

Dans le pays, ces émissions ont atteint leur pic en 2007 et sont en baisse depuis.

D'où viennent les émissions?

Les transports représentent le secteur économique émettant le plus de gaz à effet de serre (28% en 2021), selon l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA).

Ils sont suivis par la production d'électricité, qui représente environ un quart des émissions de gaz à effet de serre du pays, puis par l'industrie (23%), les secteurs commercial et résidentiel (13%) et enfin l'agriculture (10%).

En 2022, environ 60% de la production électrique des Etats-Unis provenait de centrales à gaz (40%) ou à charbon (20%), les plus émettrices, selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie. Le reste venait des énergies renouvelables (21,5%) et du nucléaire (18%).

Quels objectifs de réduction?

En 2021, le président Joe Biden a promis de réduire les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis de 50 à 52% d'ici 2030, par rapport à 2005.

Un objectif pris dans le cadre de l'Accord de Paris sur le climat et qui doit permettre à la première économie mondiale d'atteindre ensuite la neutralité carbone d'ici 2050.

Dans le secteur énergétique spécifiquement, Joe Biden veut que la production d'électricité atteigne la neutralité carbone en 2035.

Quelles avancées?

L'administration du président démocrate a récemment adopté plusieurs lois aux conséquences importantes.

D'abord, en novembre 2021, un grand plan de modernisation des infrastructures comprenant par exemple la construction d'un réseau de bornes de rechargement pour véhicules électriques.

Puis, à l'été 2022, l'"Inflation Reduction Act" (IRA) et ses 370 milliards de dollars dédiés à l'environnement. Ce projet pharaonique de transition énergétique doit libérer les investissements dans les énergies propres.

Le gouvernement a également agi sur le plan réglementaire, via l'Agence de protection de l'environnement. Il a par exemple annoncé un plan visant à réduire les émissions de méthane de l'industrie pétrolière et gazière, ou à obliger certaines centrales à capter la majorité de leurs émissions de CO2 à partir de 2030.

Mais selon un récent rapport du Programme de l'ONU pour l'environnement (PNUE), les Etats-Unis n'atteindront pas, en l'état actuel des choses, leurs objectifs de réduction des émissions pour 2030.

Selon une analyse du Rhodium Group en mars, les deux lois de l'administration Biden (infrastructures et IRA) mettent les Etats-Unis sur une trajectoire de réduction des émissions de 32 à 42% d'ici 2030, encore loin de l'objectif de 50%.

Toujours selon ce rapport, cet objectif reste toutefois toujours atteignable, quoique difficilement, si des mesures additionnelles ambitieuses sont prises par les agences fédérales et les Etats américains.

Fonds «pertes et dommages»

La percée majeure de la COP27 à Charm-el-Cheikh, en Egypte, a été la création d'un fonds destiné à compenser les "pertes et dommages" des pays particulièrement vulnérables face aux désastres climatiques, et moins responsables historiquement des émissions de gaz à effet de serre.

Mais la mise en œuvre de ce nouveau fonds se révèle complexe, et les négociations patinent depuis un an. Parmi les questions à régler: qui doit payer? Qui en bénéficiera? Qui doit être chargé de sa gestion?

Finance climat 

Des groupes d'experts estiment que le monde doit investir plus de 3.000 milliards de dollars par an d'ici 2030 pour atteindre les objectifs climatiques. Mais jusqu'ici, les pays développés en sont loin, qu'il s'agisse des investissements pour la transition énergétique ou l'adaptation face aux conséquences du changement climatique.

En 2009, les pays riches, principaux émetteurs et responsables historiques de la crise climatique, avaient promis d'atteindre 100 milliards de dollars par an pour les pays plus pauvres, et ce en 2020. Un but finalement "probablement" atteint l'année dernière, avec deux ans de retard, selon l'OCDE.

La COP28 devrait aussi poser les jalons d'un nouvel objectif de financement pour succéder aux 100 milliards, même si les parties ne sont pas obligées de prendre une décision cette année.

Méthane et systèmes alimentaires 

Le méthane est un puissant gaz à effet de serre, deuxième plus gros contributeur au changement climatique après le CO2, mais ayant reçu beaucoup moins d'attention jusqu'à présent.

La Chine, les Etats-Unis, et les Emirats arabes unis doivent organiser conjointement un sommet sur le méthane et les autres gaz à effet de serre, outre le CO2, durant la COP28. Il pourrait entraîner un durcissement d'un engagement pris en 2021 de réduire d'au moins 30% les émissions de méthane par rapport à 2020.

La COP28 sera par ailleurs la première à se concentrer autant sur les systèmes alimentaires mondiaux, responsables d'environ un tiers des gaz à effet de serre émis. La production alimentaire et son acheminement sont en conséquence menacés par les sécheresses, entre autres catastrophes climatiques.

La Chine, premier pays émetteur de gaz à effet de serre

Aucun pays n'émet plus de gaz à effet de serre que la Chine, faisant de la stratégie climatique du pays l'une des plus importantes pour limiter l'élévation des températures.

Combien d'émissions ?

En 2021, la Chine a émis 14,3 milliards de tonnes équivalent CO2, selon les données de l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique, via l'outil Climate Watch.

Ce chiffre fait de la Chine le premier émetteur mondial actuel. En prenant en compte les émissions cumulées des pays à travers le temps, la Chine arrive deuxième, derrière les Etats-Unis.

Il n'y a pas de "scenario plausible" qui limite le réchauffement climatique à 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle sans la Chine, affirme pragmatiquement l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

D'où viennent les émissions ?

Le charbon est la source de la moitié des émissions de CO2 de la Chine, qui génère grâce à lui 60% de son électricité, selon l'AIE.

L'industrie est responsable de 36% des émissions de CO2 tandis que les transports y contribuent à hauteur de 8% et la construction 5%.

La Chine installe de nouvelles capacités d'énergies renouvelables à un rythme record, notamment solaires, mais elles n'ont jusqu'ici fait que répondre à la demande croissante d'électricité, c'est-à-dire qu'elles n'ont pas remplacé des capacités fossiles.

L'année 2024 pourrait être celle du basculement: selon une étude du site Carbon Brief, l'augmentation des capacités installées et le rebond prévu de la production hydroélectrique devraient "faire baisser la production d'électricité à partir de combustibles fossiles et les émissions de CO2" de la Chine à partir de 2024.

Quels objectifs de réduction ?

En 2020, le président chinois Xi Jinping a promis que son pays essaierait d'atteindre son pic d'émissions de carbone avant 2030 et la "neutralité carbone" d'ici 2060, c'est-à-dire d'arriver à l'équilibre entre les émissions et l'absorption du carbone de l'atmosphère.

L'année suivante, il s'est engagé à mettre un terme au financement et à la construction de nouvelles centrales à charbon à l'étranger et a annoncé un plan quinquennal avec de nouveaux objectifs.

La Chine s'est ainsi engagée à réduire ses émissions rapportées à son Produit Intérieur Brut (PIB) de 65% par rapport à 2005 et à atteindre plus de 1.200 gigawatts de capacités installées pour produire de l'énergie solaire ou éolienne d'ici 2030.

En 2021, elle avait déjà atteint 1.056 GW, selon l'AIE, loin devant les Etats-Unis, sur la deuxième marche du podium avec 345 GW.

En novembre, Pékin a dévoilé un plan pour contrôler ses émissions de méthane mais sans s'y fixer d'objectifs chiffrés de réduction.

La Chine est-elle sur la bonne voie ?

De manière générale, les experts affirment que la Chine atteindra ses objectifs climatiques mais ce en partie car ces derniers ne sont pas assez ambitieux.

70% des 89 experts interrogés par le Centre for Research on Energy and Clean Air, un think tank, pensent que la Chine atteindra le pic de ses émissions avant 2030.

Le programme des Nations unies pour l'environnement a indiqué en novembre que la Chine atteindrait "probablement" ses objectifs, notant que plus de la moitié des capacités de production d'électricité provient désormais de sources non-fossiles.

Cet objectif a été atteint avant la date fixée initialement (2025) et cette part doit encore augmenter.

Mais la demande d'énergie devrait elle aussi encore augmenter et les inquiétudes concernant l'approvisionnement ont entraîné une expansion des capacités liées au charbon, selon la même source, ce qui menace les progrès du pays selon des experts.

Malgré les promesses du président chinois concernant le charbon, la Chine s'est montrée réticente à toute formule évoquant une sortie, ou même une réduction, des énergies fossiles - une question qui agite chaque round de négociations climatiques.


Iran: Washington évoque un long blocus, le pétrole flambe

L'amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM américain, s'exprime lors d'une conférence de presse au Pentagone, à Washington, le 16 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
L'amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM américain, s'exprime lors d'une conférence de presse au Pentagone, à Washington, le 16 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Figé depuis le cessez-le-feu du 8 avril, le conflit pourrait s'éterniser, les Américains semblant se préparer à un long blocus des ports iraniens, en réponse au blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz
  • "Le blocus est un peu plus efficace que les bombardements", a commenté Donald Trump lui-même dans un entretien avec le site américain Axios

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont évoqué mercredi la perspective d'un long blocus des ports iraniens, qui prolongerait d'autant la pression sur l'économie mondiale, avec un impact immédiat sur les cours du pétrole, qui ont flambé à leur plus haut niveau depuis quatre ans.

Le conflit, déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre Téhéran, a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ses répercussions continuent de secouer l'économie mondiale.

Figé depuis le cessez-le-feu du 8 avril, le conflit pourrait s'éterniser, les Américains semblant se préparer à un long blocus des ports iraniens, en réponse au blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Lors d'une réunion mardi à la Maison Blanche avec des dirigeants du secteur pétrolier, les participants ont évoqué "les mesures prises par le président Trump pour soulager les marchés internationaux du pétrole et les mesures que nous pourrions prendre pour poursuivre le blocus actuel pendant des mois si nécessaire et minimiser son impact sur les consommateurs américains", a rapporté mercredi un haut responsable de l'administration.

"Le blocus est un peu plus efficace que les bombardements", a commenté Donald Trump lui-même dans un entretien avec le site américain Axios.

Au total, 42 bateaux ont été interceptés à ce jour alors qu'ils tentaient de "violer le blocus" et 41 tankers ne peuvent pas quitter l'Iran, a affirmé l'amiral Brad Cooper, commandant américain pour le Moyen-Orient, soulignant que le blocus est "hautement efficace".

"Impasse prolongée" 

Alors que les perspectives de tractations avec l'Iran sont au point mort, les cours du pétrole ont réagi au quart de tour, le baril de Brent de la mer du Nord grimpant en séance à plus de 119 dollars, au plus haut depuis 2022 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Les analystes redoutent en réaction une poursuite durable du verrouillage du détroit par Téhéran. "Cela suggère une impasse prolongée: les combats sont largement arrêtés, mais aucune solution durable n'émerge", expliquent les experts du cabinet DNB.

Téhéran a accusé Washington de vouloir l'effondrement de la République islamique.

Les Etats-Unis veulent "activer la pression économique et les divisions internes (...) pour nous affaiblir ou même nous faire nous effondrer de l'intérieur", a réagi le puissant président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Et lors d'un coup de fil, le président russe Vladimir Poutine a mis en garde Donald Trump contre les "conséquences dommageables" qu'aurait une nouvelle action militaire contre l'Iran, "non seulement pour l'Iran et ses voisins, mais aussi pour l'ensemble de la communauté internationale".

"Bourbier" 

Alors que ne se dessine aucune issue au conflit, le ministre américain de la Défense a eu droit à une volée de bois vert lors de sa première audition à la Chambre des représentants depuis le début du conflit.

"Catastrophe géopolitique", "désastre stratégique", "incompétence", "blessure auto-infligée", "bourbier" et autres mensonges... les députés américains n'ont pas ménagé Pete Hegseth.

Le chef du Pentagone a révélé que la guerre en Iran avait coûté 25 milliards de dollars jusqu'à présent, la justifiant par une question: "Quel est le prix à payer pour faire en sorte que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire?"

Les conséquences économiques du conflit se font particulièrement sentir en Iran, où la monnaie nationale, le rial, a atteint son plus bas face au dollar depuis l'avènement de la République islamique en 1979.

Dans la capitale, certains affichent leur fatalisme.

"L'idée de revivre la guerre est terrifiante, mais nous n'avons pas non plus d'espoir quant à l'issue des négociations", confie Ali, architecte de 52 ans, joint par une journaliste de l'AFP à Paris.

Si la trêve a été prolongée sine die, les deux camps n'arrivent toujours pas à s'entendre pour reprendre leurs négociations, après une première session infructueuse le 11 avril au Pakistan.

Les Iraniens "ont intérêt à devenir intelligents, et vite!", a menacé Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Le milliardaire républicain a par ailleurs dit envisager une réduction des forces armées américaines stationnées en Allemagne, une annonce qui survient après des échanges acerbes avec le chancelier allemand Friedrich Merz autour de l'Iran.

"Une décision sera prise très prochainement", a averti le président américain après que M. Merz a asséné que "les Américains (n'avaient) visiblement aucune stratégie" en Iran. En réaction, Donald Trump avait accusé mardi le chancelier de "ne pas savoir de quoi il parlait".

Deux morts au Liban 

Sur le front libanais, où Israël combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, deux personnes, dont un militaire, ont été tuées dans une nouvelle frappe israélienne dans le sud du pays, selon l'armée libanaise. La veille, des bombardements israéliens avaient fait 19 morts, dont trois secouristes en mission.

Le président Joseph Aoun a appelé Israël à "pleinement mettre en oeuvre" le cessez-le-feu du 17 avril, avant toute négociation directe de paix entre les deux pays, dont il a dit attendre que les Etats-Unis fixent une date.

Dans un Liban plongé depuis des années dans une grave crise économique, le Programme alimentaire mondial (PAM) a averti que 1,2 million de personnes (sur 4 à 5 millions d'habitants) étaient menacées d'insécurité alimentaire aiguë.


L'armée américaine arraisonne un bateau suspecté de se diriger vers un port iranien

Le M/V Blue Star III a été libéré par les forces américaines "après qu'elles ont procédé à une fouille et confirmé que l'itinéraire du bateau ne prévoyait pas d'escale dans un port iranien". (AFP)
Le M/V Blue Star III a été libéré par les forces américaines "après qu'elles ont procédé à une fouille et confirmé que l'itinéraire du bateau ne prévoyait pas d'escale dans un port iranien". (AFP)
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  • L'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique du commerce international, depuis le début de la guerre avec les Etats-Unis et Israël le 28 février, fragilisant les marchés mondiaux de l’énergie et plaçant le détroit au cœur des négociations
  • En réponse, les Etats-Unis ont annoncé imposer un blocus des ports iraniens à partir du 13 avril

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir arraisonné un navire marchand dans la mer d'Arabie, soupçonné d'avoir tenté de violer le blocus américain des ports iraniens.

Le M/V Blue Star III a été libéré par les forces américaines "après qu'elles ont procédé à une fouille et confirmé que l'itinéraire du bateau ne prévoyait pas d'escale dans un port iranien", a affirmé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"A ce jour, 39 navires ont été redirigés afin de garantir le respect" du blocus, a-t-il ajouté.

La publication comprenait également une vidéo montrant un hélicoptère au-dessus du navire alors que les Marines américains descendaient en rappel sur des conteneurs empilés sur le bateau.

L'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique du commerce international, depuis le début de la guerre avec les Etats-Unis et Israël le 28 février, fragilisant les marchés mondiaux de l’énergie et plaçant le détroit au cœur des négociations visant à mettre fin au conflit.

En réponse, les Etats-Unis ont annoncé imposer un blocus des ports iraniens à partir du 13 avril.

Le ministre de la Défense Pete Hegseth avait affirmé aux journalistes en avril que Washington maintiendrait son blocus "aussi longtemps qu'il le faudra".

"Ce blocus s'applique à tous les navires, quelle que soit leur nationalité, en direction ou en provenance des ports iraniens", avait précisé le chef d'état-major de l'armée américaine Dan Caine, présent aux côtés de Pete Hegseth.

 

 


Donald Trump presse l'Iran de faire «vite» pour conclure un accord

 Donald Trump a averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!" au moment où les négociations entre les deux pays visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l'impasse. (AFP)
Donald Trump a averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!" au moment où les négociations entre les deux pays visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l'impasse. (AFP)
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  • Si une trêve est entrée en vigueur le 8 avril, l'Iran et les Etats-Unis n'arrivent toujours pas à se mettre d'accord pour tenir de nouvelles négociations au Pakistan, pays médiateur, après une première session infructueuse le 11 avril
  • Les Iraniens "ont intérêt à devenir intelligents, et vite!", a menacé Donald Trump sur son réseau Truth social

TEHERAN: Donald Trump a averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!" au moment où les négociations entre les deux pays visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l'impasse.

Le conflit, déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre Téhéran, a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ses répercussions continuent de secouer l'économie mondiale.

Les conséquences se font particulièrement sentir en Iran, où la monnaie nationale iranienne, le rial, a atteint mercredi un plus bas face au dollar depuis l'avènement de la République islamique en 1979, selon plusieurs sites de suivi des changes.

Et dans la capitale, certains affichent leur fatalisme.

"L'idée de revivre la guerre est terrifiante, mais nous n'avons pas non plus d'espoir quant à l'issue des négociations", confie à l'AFP Ali, un architecte de 52 ans, joint par une journaliste de l'AFP à Paris.

"Ils partent négocier et reviennent avec encore plus de sanctions, et les discussions portent toujours sur le nucléaire: on ne parle jamais des gens, de l'économie ou de la liberté", ajoute-t-il, alors que son pays est sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

"Devenir intelligents" 

Si une trêve est entrée en vigueur le 8 avril, l'Iran et les Etats-Unis n'arrivent toujours pas à se mettre d'accord pour tenir de nouvelles négociations au Pakistan, pays médiateur, après une première session infructueuse le 11 avril.

Les Iraniens "ont intérêt à devenir intelligents, et vite!", a menacé Donald Trump sur son réseau Truth social.

Dans le même message est publié un photo-montage du président portant un fusil d'assaut au milieu d'un décor de guerre, avec ce commentaire : "FINI DE JOUER LES GENTILS!".

Les Etats-Unis affichent leur scepticisme sur une nouvelle proposition de Téhéran pour débloquer le détroit d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce de pétrole et de gaz.

L'Iran le verrouille depuis le début de la guerre et les Etats-Unis imposent de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Selon un article du site américain Axios, relayé par l'agence officielle iranienne Irna, l'offre de Téhéran vise à rouvrir le détroit et mettre fin à la guerre, repoussant à une date ultérieure les discussions sur le dossier nucléaire.

 "Plus de risques" 

Mais ce sujet reste central pour les Etats-Unis et Israël, qui accusent la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique - ce qu'elle dément.

Selon le Wall Street Journal (WSJ), le président américain a demandé aux responsables de la sécurité nationale de se préparer à un long blocus des ports iraniens afin de contraindre Téhéran à abandonner son programme nucléaire.

D'après le journal, M. Trump estime pouvoir forcer Téhéran à suspendre l'enrichissement de l'uranium pendant 20 ans, puis à accepter de strictes restrictions par la suite.

L'Iran réaffirme de son côté régulièrement son droit inaliénable au nucléaire civil, tout en jugeant "négociable" le taux d'enrichissement.

Selon des responsables américains cités par le WSJ, Donald Trump considère en outre que bloquer les infrastructures portuaires iraniennes permettrait de continuer à mettre sous pression l'économie iranienne et ses exportations de pétrole.

Le locataire de la Maison Blanche "a estimé que ses autres options — reprendre les bombardements ou se retirer du conflit — comportaient plus de risques que le maintien du blocus", ont indiqué ces responsables.

Téhéran a appelé de son côté Washington à renoncer à ses exigences "irrationnelles", estimant que les Etats-Unis n'étaient "plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes".

Audition de Hegseth 

Alors que l'Iran annonce régulièrement des arrestations ou pendaisons de personnes accusées de liens avec Israël ou les Etats-Unis, le Haut-Commissariat des droits de l'homme de l'ONU a affirmé mercredi que 21 personnes avaient été exécutées et plus de 4.000 interpellées pour des motifs politiques ou liés à la sécurité nationale depuis le début du conflit.

L'Iran n'a pas réagi dans l'immédiat à ces allégations.

Sur le front libanais, Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, deux personnes, dont un militaire, ont été tuées mercredi dans une nouvelle frappe israélienne dans le sud du pays, selon l'armée libanaise.

Chaque camp accuse l'autre de violer une trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Aux Etats-Unis, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit.

Depuis fin février, des parlementaires démocrates et républicains ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fournie.