COP28: à J-5, son président Sultan al-Jaber se dit «prudemment optimiste» sur son succès

Le président de la COP28, le Dr Sultan Al Jaber (Photo, AFP).
Le président de la COP28, le Dr Sultan Al Jaber (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 27 novembre 2023

COP28: à J-5, son président Sultan al-Jaber se dit «prudemment optimiste» sur son succès

  • «Je veux des résultats très ambitieux à la COP28»
  • «J'ai l'espoir que la COP28 soit la plateforme multilatérale qui apportera de bonnes nouvelles au monde»

PARIS: Sultan Al Jaber, le président émirati de la COP28, se dit "prudemment optimiste" sur le succès de la conférence sur le climat des Nations unies: "la COP la plus importante" depuis l'accord de Paris, dit samedi dans un entretien à l'AFP celui qui dirige aussi la compagnie pétrolière Adnoc, doit apporter de "bonnes nouvelles au monde" menacé par la crise climatique et les répercussions du conflit Israël-Hamas.

QUESTION: A cinq jours de l'ouverture de la COP28 à Dubaï (30 novembre-12 décembre), quelle distance nous sépare d'un consensus final?

REPONSE: "Je suis très motivé, très enthousiaste et prudemment optimiste. Chacun peut voir le grand élan dont nous bénéficions: le comité de transition (24 pays chargés d'établir les contours du fonds sur les "pertes et dommages' climatiques des pays vulnérables, NDLR) a obtenu un résultat très positif, j'ai conduit une visite réussie dans l'Union européenne, qui s'est engagée à fournir une contribution substantielle sur les "pertes et dommages". Vous avez vu aussi la déclaration conjointe des États-Unis et de la Chine et comment ils coopèrent en vue de la COP28, ou encore le rapport de l'OCDE sur les 100 milliards de dollars (objectif quasi atteint d'aide financière climatique des pays riches, NDLR).

Les signaux venus du sommet États-Unis-Chine (mi-novembre à San Francisco) m'ont encouragé: ils s'accordent sur la tenue d'un sommet sur le méthane (2e gaz à effet de serre après le CO2) pendant la COP et sur le fait de travailler en collaboration pour garantir le succès et les résultats les plus ambitieux de la COP28.

Plateformes multilatérales 

Je veux des résultats très ambitieux à la COP28. Et je compte bien que nous soyons collectivement capables de s’accorder sur un plan d'action climatique concret. Nous réalisons de grands progrès sur les sujets énergie, finance, santé, nature."

Q: Comment la guerre Israël-Hamas et les autres crises internationales affectent-elles les négociations ?

R: "J'ai l'espoir que la COP28 soit la plateforme multilatérale qui apportera de bonnes nouvelles au monde. Le monde souffre déjà assez des polarisations et des divisions."

Q: Comment comparez-vous la COP28 avec la COP21 qui a débouché sur l'accord de Paris?

R : "Nous sommes à mi-chemin entre Paris et 2030 (...), il s'agit donc d'un point d'inflexion. C'est la COP la plus importante depuis Paris. Et il est de notre responsabilité de nous assurer que nous maximisions l'ambition de la COP28."

Q: Vous répétez que les négociations sont "un processus conduit par les parties", mais votre prédécesseur à Paris, Laurent Fabius, rappelle qu'un président de COP peut avoir un impact majeur pour débloquer les négociations...

R: "J'ai été très clair dès le premier jour: bien qu'il s'agisse d'un processus dirigé par les parties et que je sois là pour que toutes les parties coopérent (...), j'ai dit que je tiendrai tout le monde, et toutes les industries, responsables et redevables de maintenir l'objectif 1,5°C à portée de main. J'ai appris cette année que je devais donner du temps au processus, aider à rétablir la confiance et inciter à l'action par la coopération et l'inclusion (...) Vous me verrez tous les jours durant la COP, je vous le promets."

Q: Les négociations sur les énergies fossiles seront-elles les plus difficiles?

R: "Pour les énergies fossiles, j'ai lancé une invitation ouverte à toutes les parties pour qu'elles se réunissent, se parlent, coopèrent et formulent à la présidence des recommandations fondées sur une base commune et un consensus."

Q: Beaucoup de gens sont inquiets de la présence massive du secteur privé et des industries à la COP28, et de son influence sur les négociations...

R: "Tout le monde doit faire partie du processus, tout le monde doit assumer ses responsabilités et rendre des comptes. Cela inclut toutes les industries, notamment les industries très émettrices comme l'aviation, les transports, l'aluminium, le ciment, l'acier ainsi que l'industrie pétrolière et gazière. Tout le monde doit être consulté, tous doivent avoir l'opportunité de contribuer, et tous doivent être tenus responsables et rendre des comptes".

Q: Qu'espérez-vous comme progrès sur la finance climat, point clé des négociations entre Nord et Sud?

R: "Le défi de la finance climatique est une grande priorité de mon agenda présidentiel à la COP28. Nous devons encore avancer sur les financements de la transition. J'entends des réponses positives à mes demandes auprès de nombreux pays: il y aura d'autres engagements, la dynamique va continuer pour refinancer le Fonds vert pour le climat et sur l'objectif mondial sur l'adaptation.

A la COP28, nous poursuivons des voies financières parallèles pour restaurer la confiance et développer un nouveau cadre pour la finance climatique. Nous devons encourager les financements de la part du secteur privé".

Q: Un fragile compromis a été approuvé à Abou Dhabi le 4 novembre sur le fonctionnement du nouveau fonds "pertes et dommages", qui reste à avaliser par les pays à la COP28. Espérez-vous que ce compromis soit approuvé par les pays dès le début de la conférence?

R: "Est-ce mon objectif? Absolument. Mais c'est un processus mené par les parties. Je ferai tout pour obtenir très tôt une telle impulsion positive (pour l'ensemble de la COP, NDLR)"


L’Inde affirme être devenue la quatrième économie du monde, devant le Japon

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
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  • "Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années"
  • Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon

NEW DELHI: L’Inde est devenue la quatrième économie de la planète, devant le Japon, et les autorités espèrent qu'elle dépassera l’Allemagne d’ici trois ans, selon le bilan économique de fin d’année établi par le gouvernement.

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions.

"L’Inde fait partie des grandes économies affichant la croissance la plus rapide au monde et est bien placée pour maintenir cet élan", affirme la note économique.

"Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années, avec un PIB estimé à 7.300 milliards de dollars d’ici 2030".

Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon.  Les Etats-Unis, la Chine et l'Allemagne sont, dans cet ordre, les plus grandes économies au monde, selon le FMI.

Les prévisions optimistes de New Delhi interviennent dans un contexte économique compliqué pour le pays le plus peuplé de la planète, avec 1,4 milliard d'habitants.

Fin août, Washington, le premier partenaire commercial du pays, a imposé une hausse de 50% des droits de douane sur les produits "made in India" arrivant aux Etats-Unis, en représailles à ses achats de pétrole russe.

La croissance continue reflète "la résilience de l’Inde face aux incertitudes persistantes (qui pèsent) sur le commerce international", estime le gouvernement.

Le PIB par habitant de l’Inde atteignait 2.694 dollars en 2024, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, soit douze fois moins que les 32.487 dollars du Japon et vingt fois moins que les 56.103 dollars de l’Allemagne.

Plus d’un quart des habitants de l’Inde ont entre 10 et 26 ans, selon les données gouvernementales, mais le taux de chômage des jeunes diplômés reste très élevé.

Le Premier ministre Narendra Modi a annoncé des allégements fiscaux et des réformes du droit du travail après que la croissance économique a atteint un plus bas en quatre ans, au cours de l'exercice annuel clos le 31 mars.

La roupie indienne a atteint un niveau historiquement bas face au dollar début décembre — après avoir chuté d’environ 5% en 2025 — en raison des notamment inquiétudes persistantes liées à l’absence d’accord commercial avec Washington.


L'aéroport de Riyad presque à l'arrêt en raison de problèmes opérationnels

 L'aéroport international King Khalid à Riyad. Getty
L'aéroport international King Khalid à Riyad. Getty
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  • Les compagnies aériennes publient des déclarations, tandis que des sources indiquent à Arab News que la pluie est à blâmer
  • Dans son propre communiqué, Saudia a déclaré : "Les clients touchés sont contactés par l'intermédiaire de la compagnie aérienne"

RIYAD: Des milliers de passagers voyageant vers et depuis l'aéroport international King Khalid de Riyad ont été laissés en plan alors que les principales compagnies aériennes se sont efforcées de proposer des vols alternatifs suite à une série d'annulations et de retards.

Saudia et flyadeal ont été parmi les compagnies aériennes qui ont rencontré des difficultés, les deux compagnies ayant publié des déclarations attribuant ces problèmes à des problèmes opérationnels temporaires.

Une déclaration de l'aéroport sur son compte officiel X a exhorté les voyageurs à contacter directement les compagnies aériennes avant de se rendre à la plate-forme d'aviation pour vérifier l'état actualisé et l'horaire de leurs vols.

Le communiqué dit ceci : "L'aéroport international King Khalid souhaite vous informer qu'en raison de la concomitance d'un certain nombre de facteurs opérationnels au cours des deux derniers jours - y compris plusieurs vols détournés d'autres aéroports vers l'aéroport international King Khalid, en plus des travaux de maintenance programmés dans le système d'approvisionnement en carburant - cela a eu un impact sur les horaires de certains vols, y compris le retard ou l'annulation d'un certain nombre de vols opérés par certaines compagnies aériennes".

L'aéroport a ajouté que les équipes opérationnelles travaillent "24 heures sur 24 en étroite coordination avec nos partenaires aériens et les parties prenantes concernées pour faire face aux développements et rétablir la régularité opérationnelle dès que possible", tout en prenant toutes les mesures nécessaires pour minimiser l'impact sur l'expérience des passagers.

Des sources aéroportuaires ont déclaré à Arab News que le problème était lié aux fortes pluies qui se sont abattues sur Riyad plus tôt dans la journée de vendredi. De l'eau s'est apparemment infiltrée dans les réservoirs de carburant censés ravitailler les avions à réaction avant leur décollage, et plusieurs compagnies aériennes se sont alors efforcées de reprogrammer les vols des passagers.

Dans son propre communiqué, Saudia a déclaré : "Les clients touchés sont contactés par l'intermédiaire de la compagnie aérienne : "Les clients concernés sont contactés par le biais de divers canaux de communication, et tous les changements de billets sont effectués sans frais supplémentaires.

Arab News a contacté Saudia pour de plus amples informations.

Toujours dans un communiqué publié sur X, flyadeal a déclaré que tous ses passagers touchés par la perturbation "seront informés directement par e-mail et SMS des options de rebooking et d'assistance".


IA: pour la présidente de Microsoft France, il n'y a pas de «bulle»

 "Je ne crois pas du tout à la bulle" de l'intelligence artificielle (IA), assure lors d'un entretien à l'AFP Corine de Bilbao, présidente de Microsoft France, qui dit constater une diffusion rapide de l'IA chez les entreprises et les consommateurs. (AFP)
"Je ne crois pas du tout à la bulle" de l'intelligence artificielle (IA), assure lors d'un entretien à l'AFP Corine de Bilbao, présidente de Microsoft France, qui dit constater une diffusion rapide de l'IA chez les entreprises et les consommateurs. (AFP)
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  • Microsoft propose son propre assistant IA, baptisé Copilot, et contrôle 27% du capital de la start-up OpenAI, le créateur de ChatGPT, chatbot le plus utilisé au monde
  • En France, 40,9% des citoyens en âge de travailler ont adopté l'IA, assure Mme de Bilbao, contre 26,3% aux États-Unis, ce qui place la France à la cinquième place mondiale en termes d'adoption, selon une étude du Microsoft AI Economy Institute

PARIS: "Je ne crois pas du tout à la bulle" de l'intelligence artificielle (IA), assure lors d'un entretien à l'AFP Corine de Bilbao, présidente de Microsoft France, qui dit constater une diffusion rapide de l'IA chez les entreprises et les consommateurs.

Pour certains experts, les investissements colossaux dans l'IA semblent démesurés par rapport aux bénéfices générés, alimentant la peur d'une survalorisation du secteur.

Mais selon Corine de Bilbao, à la tête de la filiale française du géant américain des logiciels depuis 2021, "il y a des signes forts" de solidité comme le fait que cette technologie se diffuse "dans toutes les sphères de la société".

Microsoft propose son propre assistant IA, baptisé Copilot, et contrôle 27% du capital de la start-up OpenAI, le créateur de ChatGPT, chatbot le plus utilisé au monde, dans laquelle Microsoft a investi plus de 13 milliards de dollars.

En France, 40,9% des citoyens en âge de travailler ont adopté l'IA, assure Mme de Bilbao, contre 26,3% aux États-Unis, ce qui place la France à la cinquième place mondiale en termes d'adoption, selon une étude du Microsoft AI Economy Institute.

Un milliard d'agents IA

L'énergéticien français TotalEnergies utilise par exemple Copilot et des agents IA, capables de réaliser des tâches de façon autonome, à travers des cas d'usage "dans la maintenance, les achats, la sécurité", énumère la patronne.

Tandis que l'assureur italien Generali a "adopté massivement l'IA et automatisé plus d'un million d'opérations", ajoute-t-elle.

"Plus d'un milliard d'agents à l'échelle mondiale vont être diffusés dans les entreprises" d'ici 2028, s'enthousiasme Corine de Bilbao, citant une étude IDC pour Microsoft.

L'irruption de l'intelligence artificielle dans les entreprises peut toutefois se traduire par des vagues de licenciements comme chez Amazon, le groupe informatique HP ou encore l'assureur allemand Allianz Partners.

Microsoft France, qui compte près de 2.000 employés, a de son côté supprimé 10% de ses effectifs via un accord collectif de rupture conventionnelle sur la base du volontariat.  -

"C'est lié à la transformation de certains métiers, mais pas à l'IA", assure la dirigeante, ajoutant qu'en parallèle Microsoft est en train de recruter "des profils plus techniques", comme des "ingénieurs solutions", pour s'adapter aux demandes de ses clients.

"L'IA suscite beaucoup de peur", reconnaît Mme de Bilbao."On préfère parler de salariés augmentés" plutôt que d'emplois supprimés, poursuit-elle, beaucoup de tâches considérées comme rébarbatives pouvant être réalisées avec l'assistance de l'intelligence artificielle.

Selon elle, l'enjeu central est surtout celui de la formation des salariés à ces nouveaux outils.

"Nouvelle économie" 

"Il n'y aura pas de déploiement de l'IA s'il n'y a pas de valeur partagée, si l'ensemble des citoyens, des étudiants, des entreprises ne sont pas formés", souligne la patronne.

En France, le géant de Redmond (Etat de Washington) a déjà formé 250.000 personnes à l'IA sur un objectif d'un million d'ici 2027 et veut accompagner 2.500 start-up françaises.

"Un écosystème complet se développe entre les fournisseurs de modèles de langage, les infrastructures, on est en train de créer une nouvelle économie autour de cette IA", déclare Corine de Bilbao.

Microsoft a ainsi annoncé en 2024 un investissement de 4 milliards d'euros en France lors du sommet Choose France pour agrandir ses centres de données dans les régions de Paris et Marseille (sud), et construire un datacenter dans l'est de la France, près de Mulhouse.

"Ca avance très bien", explique-t-elle, sans donner de date à laquelle le centre sera opérationnel. "Cela ne pousse pas comme des champignons, ce sont des projets qui prennent quelques années en général", entre le dépôt de permis, de construction et l'accompagnement.

Pour 2026, le défi sera de passer d'une intelligence artificielle "expérimentale à une IA opérationnelle, qui délivre de la valeur pour les entreprises, à la fois sur leurs revenus, la productivité, et qui les aide à se transformer", conclut-elle.