PARIS : Paris accueille dimanche après-midi une grande marche contre l'antisémitisme à laquelle une partie de la gauche radicale française ne participera pas pour protester contre la présence de l'extrême droite.
Cette marche doit être une réponse à l'explosion du nombre d'actes hostiles aux Juifs en France depuis les massacres perpétrés par le Hamas en Israël le 7 octobre et la riposte militaire israélienne qui s'est ensuivie.
D'autres manifestations et défilés sont prévus dans le reste du pays.
Cependant, la participation de la formation d'extrême droite Rassemblement National (RN) à ces événements fait grincer des dents.
Le porte-parole du gouvernement français, Olivier Véran, a ainsi fustigé «un parti politique créé par les héritiers de Vichy», le renvoyant à l'histoire de la collaboration avec les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale.
De son côté, la cheffe de file du RN et ancienne candidate à la présidentielle Marine Le Pen, considère que la marche devrait «rassembler» les Français autour du rejet à la fois de l'antisémitisme et du «fondamentalisme islamiste qui est une idéologie totalitaire».
Un autre parti d'extrême droite, Reconquête, doit en être également.
La formation de gauche radicale La France insoumise (LFI), accusée d'ambiguïtés sur l'antisémitisme, va boycotter la manifestation en raison de la présence du RN. Mais certains membres devraient rejoindre d'autres initiatives, à Paris ou ailleurs en France.
Toujours à gauche, Europe Ecologie-Les Verts, le Parti socialiste et le Parti communiste doivent défiler derrière une même banderole «contre l'antisémitisme et tous les fauteurs de haine et de racisme», dans une démarche de «cordon républicain» face à l'extrême droite. Ils entendent ainsi séparer physiquement l'extrême droite du reste de la manifestation.
De nombreux représentants des cultes seront aussi présents mais les musulmans devraient être peu nombreux, plusieurs organisations déplorant l'absence de la mention de l'islamophobie dans l'appel à manifester.