Prix des céréales: Pas de solution miracle pour les pays arabes

Le retrait de la Russie de l'initiative céréalière de la mer Noire en juillet a fait craindre des pénuries de blé sur le marché mondial (Photo, AFP).
Le retrait de la Russie de l'initiative céréalière de la mer Noire en juillet a fait craindre des pénuries de blé sur le marché mondial (Photo, AFP).
Une moissonneuse-batteuse charge des céréales dans un camion lors d'une récolte de blé dans un champ près du village de Kivshovata, dans la région de Kiev, en Ukraine (Photo, AFP).
Une moissonneuse-batteuse charge des céréales dans un camion lors d'une récolte de blé dans un champ près du village de Kivshovata, dans la région de Kiev, en Ukraine (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 11 octobre 2023

Prix des céréales: Pas de solution miracle pour les pays arabes

  • Les pays qui dépendent des importations ont ressenti la pression depuis que la Russie s'est retirée de l'accord sur les céréales de la mer Noire et que l'Inde a interdit les exportations de riz
  • Les gouvernements sont invités à renforcer la résilience de leurs systèmes alimentaires en diversifiant les sources d'importation et en augmentant la production nationale

TUNIS: Alors que le conflit israélo-palestinien reprend de plus belle, menaçant de plonger le Moyen-Orient dans une nouvelle crise, les autres problèmes graves qui affectent la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord ne s'estompent guère.

Ces derniers mois, de nombreuses économies arabes à revenu faible ou moyen ont été confrontées à une détérioration de leur sécurité alimentaire, après que la Russie s'est retirée de l'initiative sur les céréales de la mer Noire et que l'Inde a interdit l'exportation de riz blanc et de sucre. Parmi les pays les plus vulnérables figurent la Tunisie, la Libye, le Liban, l'Irak et l'Égypte, sans parler de la Syrie, du Soudan et du Yémen, déchirés par des conflits.

Le retrait en juillet de la Russie d'un accord d'exportation de céréales annoncé douze mois plus tôt a perturbé l'approvisionnement mondial en céréales en général et les marchés du blé en particulier. Parallèlement, les prix mondiaux du riz ont grimpé en flèche depuis la décision de l'Inde, également en juillet, d'arrêter les exportations de variétés de riz, non-basmati.

L'Égypte et le Liban, qui dépendent fortement des importations de riz et de blé, sont aujourd'hui confrontés à des problèmes de financement alimentaire, tandis que le Soudan, qui luttait déjà contre la faim et la guerre civile, n'est pas en mesure d'importer des denrées alimentaires coûteuses.

Les exportations de céréales ukrainiennes ont diminué depuis la signature de l'accord en 2022 (Photo, AFP).

Face à ces défis, nombreux sont ceux qui se demandent ce que les pays arabes souffrant d'insécurité alimentaire devraient faire pour se prémunir contre les effets des futurs chocs de la chaîne d'approvisionnement, pour maintenir les prix à un niveau abordable pour leurs populations et pour éventuellement localiser une plus grande partie de leur production alimentaire.

«En réduisant leur dépendance à l'égard d'une source unique, ces pays peuvent atténuer les risques de perturbations soudaines, semblables à celles observées dans le conflit entre l'Ukraine et la Russie», a déclaré à Arab News, Adam Vinaman Yao, représentant adjoint de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture au Soudan.

Avant le conflit, qui a débuté en février 2022, la Russie et l'Ukraine étaient conjointement responsables de près d'un tiers de la production mondiale de blé et d'orge. L'invasion russe a toutefois entraîné le blocage des ports de la mer Noire, faisant craindre des pénuries imminentes sur le marché mondial, qui pourraient toucher plus durement les pays en développement tributaires des importations.

L'initiative sur les céréales de la mer Noire, négociée par les Nations unies et la Turquie en juillet 2022, a joué un rôle essentiel en facilitant l'exportation continue de millions de tonnes de céréales de l'Ukraine vers les marchés mondiaux malgré le conflit, via le détroit du Bosphore. Environ un tiers des céréales qui ont traversé la mer Noire dans le cadre de cet accord étaient destinées à l'Égypte, à la Libye, à Israël, à la Tunisie, à l'Algérie, à la Turquie et à l'Iran.

L'accord a donc offert un certain répit. Toutefois, un an seulement après son entrée en vigueur, la Russie a brusquement annoncé qu'elle se retirait de l'accord.

Le Liban, en proie à une crise économique paralysante depuis 2019, et le Yémen, au bord de la famine à cause d'une guerre civile qui dure depuis neuf ans, étaient particulièrement vulnérables aux perturbations.

Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (Pam), qui fournit une bouée de sauvetage à des millions de personnes victimes de catastrophes humanitaires dans le monde entier, en particulier dans la Corne africaine frappée par la sécheresse, a également été très affecté par l'effondrement de l'accord sur les céréales.

Une querelle meurtrière entre deux chefs militaires au Soudan, qui fait rage depuis le 15 avril, a aggravé les malheurs d'une population ravagée par la faim et la malnutrition (Photo, Reuters).

En juillet de cette année, environ 80% des stocks de céréales du Pam provenaient d'Ukraine, contre environ 50% avant la guerre.

La région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, dont une grande partie était déjà ébranlée par une dette publique galopante, une inflation élevée et une dépréciation constante de la monnaie, est maintenant confrontée à la menace supplémentaire de la flambée des prix des denrées alimentaires. L'effondrement de l'accord sur les céréales n'a fait qu'intensifier les problèmes d'approvisionnement et les pressions sur les prix auxquels ces pays étaient déjà confrontés.

Des pays comme le Liban, l'Égypte, la Syrie et l'Iran, qui ont connu de fortes dévaluations de leur monnaie entraînant une inflation à trois chiffres des prix des denrées alimentaires, sont aujourd'hui encore plus menacés. En fait, le nombre de personnes en situation d'insécurité alimentaire dans la région MENA a augmenté de 20% au cours des trois dernières années en raison des conflits et des problèmes liés au climat tels que la sécheresse.

L'Égypte, qui devrait être le premier importateur mondial de blé en 2023-24, a exprimé sa vive désapprobation quant à la décision de la Russie de se retirer de l'accord sur les céréales. Les autorités égyptiennes subventionnent largement le prix du pain et le pays est donc très sensible aux fluctuations des prix des denrées alimentaires.

La décision du président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, d'assister personnellement au sommet Russie-Afrique à Saint-Pétersbourg en juillet a donné une idée du sérieux avec lequel son gouvernement prend la question de l'accord sur les céréales.

«Des collaborations entre l'Ukraine et l'Égypte pour un approvisionnement direct en maïs sont en vue, car le maïs ukrainien occupe une position unique sur le marché, étant géographiquement plus proche que les alternatives du Brésil et de l'Argentine», a déclaré à Arab News, Pavlo Martyshev, expert en marchés alimentaires de l'École d'économie de Kiev.

De nombreuses économies arabes à faibles et moyens revenus ont été confrontées à une détérioration des conditions de sécurité alimentaire au cours des derniers mois (Photo, AFP).

L'échec de l'accord n'est pas uniquement dû à des manœuvres géopolitiques. La Russie a affirmé que certains aspects de l'accord, notamment ceux relatifs à ses propres exportations de denrées alimentaires, n'avaient pas été mis en œuvre et que les sanctions occidentales affectaient indirectement ses exportations de céréales.

Les exigences de Moscou afin d’accepter la reprise de l’accord, notamment la réadmission de la Banque agricole russe dans le système de paiement international SWIFT et la reprise des exportations de machines agricoles, ont dressé de nouveaux obstacles.

Toutefois, l'affirmation de Moscou selon laquelle les agriculteurs russes ont été lésés par rapport à leurs homologues ukrainiens ne résiste pas à un examen approfondi.

Les chiffres du centre de coordination conjoint de l'initiative des Nations unies pour les céréales de la mer Noire, qui a facilité la mise en œuvre de l'accord, révèlent une baisse des exportations de céréales ukrainiennes depuis la signature de l'accord en 2022, et plus particulièrement en mai et juin de cette année. La production ukrainienne a également été fortement touchée par la guerre, avec une baisse de 35 à 40%.

En revanche, les exportations de blé russe ont atteint des niveaux historiques en 2022 et 2023, grâce à une récolte record et à des stocks de blé importants. Toutefois, cette abondance n'a pas permis d'alléger la pression sur les pays qui dépendent des importations de céréales de la mer Noire.

EN BREF

- 783 millions de personnes dans le monde n'ont pas assez à manger.

- 60% de réduction des bénéficiaires de l'aide alimentaire du Programme alimentaire mondial depuis le mois de juin à cause d'un manque de financement.

- 60% des personnes souffrant de la faim dans le monde vivent dans des zones touchées par des conflits.

- 80% des crises de la faim ont comme moteur principal les conflits.

La Russie a donné trois mois à l'ONU pour mettre en œuvre des conditions visant à faciliter ses exportations agricoles, ce qui pourrait contribuer à stabiliser la situation. Toutefois, face à la contre-offensive ukrainienne, les efforts déployés pour résoudre ce problème nécessitent une diplomatie prudente.

À peu près au même moment où la Russie s'est retirée de l'accord sur les céréales, le gouvernement indien a annoncé sa décision d'interdire l'exportation de plusieurs variétés de riz, afin de garantir un approvisionnement suffisant dans le pays. Cette décision, motivée par la hausse des prix des denrées alimentaires sur le marché intérieur, l'inflation persistante et la crainte d'une pénurie due aux perturbations causées par El Nino, a fait grimper les prix sur le marché mondial.

Bien que l'interdiction ne concerne pas la variété populaire basmati, qui est un aliment de base des tables du Golfe, elle a néanmoins déclenché une augmentation des prix de toutes les variétés de riz, aggravant la vulnérabilité des économies du Moyen-Orient et de l'Afrique qui dépendent des importations. À la mi-août, les prix mondiaux du riz avaient bondi de 15 à 25%.

Les Émirats arabes unis importent près de 90% de leurs denrées alimentaires, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux fluctuations des prix mondiaux. Selon les données de Reuters, le pays figurait parmi les 10 premiers importateurs de riz non basmati en provenance de l'Inde en 2020, avec près de 346 000 tonnes achetées. L'Arabie saoudite, l'Irak, l'Iran, le Yémen, le Koweït, Oman, le Qatar, le Royaume-Uni et les États-Unis figurent également sur la liste des 10 premiers importateurs.

L'espoir est qu'une fois la dernière crise politique au Moyen-Orient calmée, le défi de la sécurité alimentaire dans la région recevra à nouveau l'attention qu'il mérite (Photo, AFP).

Parmi les autres pays susceptibles de ressentir les effets de l'interdiction de l’exportation imposée par l'Inde figurent des pays africains tels que le Bénin. Mais même les grandes économies comme la Chine n'ont pas été épargnées par le choc des prix, bien qu'elle soit elle-même un grand producteur de riz.

Les pays arabes qui ont le plus souffert de la hausse des prix du riz sont l'Égypte, l'Algérie et le Soudan, qui étaient déjà confrontés à des vents contraires sur le plan économique et qui devaient payer des factures d'importation de blé gonflées.

Dans le cas du Soudan, une querelle meurtrière entre deux chefs militaires, qui fait rage depuis le 15 avril, a aggravé les malheurs d'une population ravagée par la faim et la malnutrition.

Alors que les conflits, la hausse des prix des carburants et la crise climatique sont loin d'être terminés, les experts estiment qu'en plus de diversifier les sources d'importation de denrées alimentaires, les pays arabes devraient essayer d'améliorer la résilience de leurs systèmes alimentaires en encourageant la production nationale, notamment en investissant davantage dans les nouvelles technologies agricoles et les innovations plus proches du marché intérieur.

«La mise en œuvre de techniques modernes d'irrigation et de collecte de l'eau à faible coût, l'exploration de sources d'énergie alternatives et le renforcement de la résilience de l'agriculture dans les zones arides peuvent aider ces pays à réduire leur dépendance à l'égard d'importations coûteuses», a expliqué Yao.

Cependant, de nombreux pays arabes, dont l'Égypte, l'Irak, la Syrie et la Jordanie, ne sont pas en mesure de répondre à leur propre demande nationale de blé et de riz, car ils ne disposent pas des ressources en eau nécessaires.

Nombreux sont ceux qui se demandent ce que les pays arabes souffrant d'insécurité alimentaire devraient faire pour se prémunir contre les effets des futurs chocs de la chaîne d'approvisionnement (Photo, AFP).

Les céréales produites localement ne répondent même pas à la moitié de la demande égyptienne, en particulier pour le blé et le maïs. Le pays importe plus de 10 millions de tonnes de blé, principalement de Russie et d'Ukraine, et cette quantité devrait augmenter.

Selon un rapport du ministère américain de l'Agriculture publié en avril, la production locale de blé devrait se maintenir à 9,8 millions de tonnes et la consommation devrait augmenter de 2% pour atteindre 20,5 millions de tonnes en 2023-2024.

Habib ben Moussa, expert tunisien en environnement et développement durable, estime néanmoins que le renforcement de la production alimentaire nationale et la mise en œuvre de pratiques agricoles durables pourraient contribuer à la diversification et à l'amélioration de la résilience des systèmes alimentaires arabes.

«Cette approche encourage l'utilisation de semences indigènes adaptées aux conditions locales, réduisant ainsi la dépendance à l'égard des semences importées qui peuvent ne pas prospérer dans la région, tout en promouvant une production et une consommation durables qui non seulement préservent les ressources, mais renforcent également la résilience de l'agriculture», a expliqué Moussa à Arab News.

Au cours de la dernière décennie, l'Arabie saoudite a accompli des progrès considérables dans l'amélioration de sa sécurité alimentaire, notamment en lançant des initiatives visant à diversifier et à localiser les sources de nourriture, réduisant ainsi sa dépendance à l'égard des importations.

Cela implique des investissements importants dans l'agro-technologie et l'introduction de techniques agricoles modernes afin d'améliorer la production locale, de minimiser le gaspillage de l'eau et de renforcer l'efficacité du secteur agricole.

Le PDG du groupe Agrotrade, Vitaliy Bylenko, examine l'état des céréales dans sa grange du village de Vesele, dans la région de Kiev (Photo, AFP).

L'importance de ces efforts a été soulignée lorsque l'Autorité générale des statistiques d'Arabie saoudite a indiqué en septembre que le pays avait atteint l'autosuffisance en matière de production de dattes, de produits laitiers et d'œufs.

La guerre en Ukraine et le retrait de la Russie de l'accord sur les céréales, combinés à l'orientation de l'Inde vers des politiques commerciales protectionnistes, ont mis en évidence la nécessité pour les pays souffrant d'insécurité alimentaire de repenser et de réorganiser leurs systèmes alimentaires et leurs chaînes d'approvisionnement.

«La promotion de la production alimentaire nationale, la diversification des sources d'importation de denrées alimentaires, l'adoption de variétés de semences locales et de pratiques agricoles durables sont des étapes clés», a souligné Yao.

«Ces mesures peuvent contribuer à réduire la vulnérabilité aux fluctuations des marchés céréaliers mondiaux et à garantir un approvisionnement alimentaire stable à leurs populations», a-t-il ajouté.

L'espoir est qu'une fois la dernière crise politique au Moyen-Orient calmée, le défi de la sécurité alimentaire dans la région recevra à nouveau l'attention qu'il mérite.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les défenses saoudiennes interceptent des drones visant le champ de Shaybah d’Aramco

Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
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  • Les forces de défense saoudiennes continuent d’intercepter des drones en direction de Shaybah
  • Le porte-parole du ministère de la Défense annonce que des drones se dirigeant vers le champ de Shaybah ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali

RIYAD : Les défenses aériennes de l’Arabie saoudite ont stoppé une nouvelle vague de frappes aériennes, cette fois ciblant le champ de Shaybah d’Aramco, a indiqué le ministère de la Défense samedi matin.

Dans une série de publications sur X, le porte-parole du ministère, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu’un total de 16 drones en direction du champ de Shaybah, répartis en quatre vagues, ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali.

Dans des messages distincts, Al-Maliki a aussi annoncé « l’interception et la destruction » d’un missile balistique et d’un missile de croisière tirés vers la base aérienne Prince Sultan à Al-Kharj.

Un autre drone a été intercepté à l’est de la capitale nationale, Riyad, a tweeté le porte-parole.

La menace de missile constitue la troisième tentative de frappe consécutive sur Al-Kharj, une zone industrielle clé située à environ 80 kilomètres au sud-est de Riyad.

La tentative sur le champ de Shaybah est la première depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une campagne aérienne massive contre l’Iran, déclenchant une vague de frappes de représailles de Téhéran contre divers objectifs dans le Golfe, y compris des raffineries et des sites industriels.

Les forces de défense saoudiennes ont continué d’intercepter les drones en approche de Shaybah, de la base aérienne Prince Sultan et de Riyad, selon un communiqué officiel du ministère samedi.

Situé au cœur de la Rub’ al-Khali, également connu sous le nom de Quart Vide, Shaybah est l’un des champs « super-géants » les plus vitaux de l’Arabie saoudite. Au-delà de ses immenses réserves pétrolières, le champ constitue une pierre angulaire de la stratégie gazière du Royaume, avec une usine de récupération high-tech fournissant des liquides de gaz naturel (LGN) essentiels au secteur pétrochimique.

Les attaques aériennes contre l’Arabie saoudite s’inscrivent dans une montée massive de l’agression aérienne dans tout le Golfe. Au cours des dernières 24 heures seulement, la région a vu les Émirats arabes unis intercepter plus de 125 drones et 6 missiles balistiques.

Vendredi, les défenses aériennes saoudiennes ont abattu cinq missiles dirigés vers la base aérienne Prince Sultan, quatre drones dans la région est de Riyad et un drone chacun dans la Province orientale et à Al-Kharj.

Jeudi, le Royaume a détruit trois missiles de croisière ciblant Al-Kharj, quelques heures seulement après qu’une attaque de drone ait été stoppée au-dessus de la raffinerie de Ras Tanura dans la Province orientale.

Ces attaques se poursuivent malgré les protestations et condamnations émises par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique.

Lors d’une réunion ministérielle extraordinaire tenue à Riyad le 1er mars, le CCG a affirmé le droit collectif des États membres à défendre leurs territoires contre « l’agression perfide iranienne ».

Suite à une session du Cabinet présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane le 3 mars, l’Arabie saoudite a déclaré se réserver le « plein droit » de riposter. Le Cabinet a souligné que le Royaume prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son territoire, ses citoyens et ses résidents contre ces frappes persistantes. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé depuis ces pays, dit son président

Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
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  • Le président iranien Masoud Pezeshkian annonce que l'Iran ne frappera plus ses voisins du Golfe, sauf en cas d’attaque venant de ces pays
  • Il présente des excuses aux pays voisins pour les attaques précédentes, alors que 13 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, dont une fillette de 11 ans au Koweït

TEHERAN: Le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé samedi que ses voisins du Golfe ne seraient plus attaqués par l'Iran, sauf si des frappes étaient tirées depuis ces pays.

"Le conseil de direction provisoire a décidé (vendredi) qu'il n'y aurait plus d'attaques sur les pays voisins, plus de missiles tirés, sauf si une attaque sur l'Iran provenait de ces pays", a-t-il déclaré dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Plusieurs pays du Golfe abritent des bases militaires américaines. Les voisins de l'Iran ont été ciblés par des drones et missiles depuis le début du conflit le 28 février. L'Iran a affirmé ne viser que des intérêts ou bases américains, ce qu'ont contesté les pays visés.

"Je m'excuse (...) auprès des pays voisins qui ont été attaqués par l'Iran", a aussi déclaré le président iranien.

Treize personnes ont été tuées dans les pays du Golfe depuis le début de la guerre, dont une fillette de 11 ans touchée par des débris dans une zone résidentielle du Koweit.


Les attaques "illégales" au Moyen-Orient risquent de devenir incontrôlables, alerte le chef de l'ONU

Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
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  • Le chef de l’Organisation des Nations unies avertit que l’escalade des attaques au Moyen-Orient pourrait devenir incontrôlable et appelle à des négociations diplomatiques
  • L’ONU alerte sur l’augmentation des besoins humanitaires, notamment à Gaza et au Liban, et sur les risques pour l’économie mondiale

NATIONS-UNIES: La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que l'organisation s'inquiète des besoins humanitaires qui augmentent.

"Toutes les attaques illégales au Moyen-Orient et au-delà provoquent des souffrances et des préjudices immenses aux civils à travers la région, et pose un grand risque pour l'économie mondiale, en particulier les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"La situation pourrait devenir incontrôlable pour tout le monde. Il est temps d'arrêter les combats et d'engager des négociations diplomatiques sérieuses. Les risques ne pourraient pas être plus grands", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Tom Fletcher, a lui fustigé les sommes "ahurissantes" dépensées chaque jour dans cette guerre "tandis que les hommes politiques continuent à se vanter de couper les budgets d'aide".

"Nous assistons à une alliance de plus en plus mortifère entre la technologie et des tueries en toute impunité. Nous assistons à une attaque persistante contre les systèmes et les lois censés freiner nos plus bas instincts et des guerres irréfléchies", a-t-il ajouté.

Le diplomate s'est en particulier inquiété d'une guerre qui "ravage les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les prix alimentaires", et perturbe les couloirs maritimes comme le détroit d'Ormuz.

Alors "nous nous mobilisons en prévision d'une augmentation des besoins humanitaires dans toute la région", en prépositionnant des marchandises et en cherchant d'autres routes d'approvisionnement, a-t-il assuré, s'inquiétant en particulier de l'impact sur des populations déjà dans le besoin, notamment au Liban ou à Gaza.

Après avoir fermé samedi tous les points de passage vers le petit territoire palestinien, Israël a rouvert un seul d'entre eux, Kerem Shalom, aggravant certaines pénuries, a déploré Tom Fletcher.

Il a notamment indiqué que l'ONU n'avait pu faire entrer à Gaza que moins d'un million de litres de carburant cette semaine, "bien en dessous" des plus de deux millions considérés comme "le strict minimum pour faire tourner les services".

En outre, "il va y avoir également moins d'attention portée à d'autres crises, de la République démocratique du Congo au Soudan, en passant par le Soudan du Sud (...) l'Ukraine et d'autres", a-t-il insisté.