Les artistes saoudiens s'approprient le patrimoine culturel par le biais de l'artisanat

Echoes of Alienation de Hana Almilli. (Fourni)
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À travers la terre, je reviens à la maison par Hana Almilli. (Fourni)
À travers la terre, je reviens à la maison par Hana Almilli. (Fourni)
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Publié le Dimanche 24 septembre 2023

Les artistes saoudiens s'approprient le patrimoine culturel par le biais de l'artisanat

  • Hana Almilli : « Dans un monde en constante évolution, faire partie des quelques personnes qui préservent activement la tradition tout en explorant leur art est une contribution précieuse. C'est un témoignage de la valeur durable du patrimoine
  • L'art du tissage, le Sadu, a été ajouté à la liste du patrimoine immatériel de l'UNESCO

RIYAD : L'artisanat saoudien et les héritages familiaux sont perpétués grâce au tissage et aux œuvres créatives.

La tisseuse contemporaine Hana Almilli explore les motifs du tissage sadu, et crée des chefs-d'œuvre avec une touche traditionnelle.

Hana Almilli a déclaré à Arab News : « Dans un monde en constante évolution, faire partie des quelques personnes qui préservent activement la tradition tout en explorant leur art est une contribution précieuse. C'est un témoignage de la valeur durable du patrimoine et de la capacité de l'art à transcender le temps et l'espace ».

Le tissage Sadu est un ancien métier de tissage tribal qui représente artistiquement le riche patrimoine culturel du peuple nomade arabe.

En tant qu'artiste multimédia et professionnelle de la gestion des arts et de la culture, Mme Almilli a déclaré qu'elle se sentait investie du devoir de préserver les traditions, « non seulement pour ma famille, mais aussi pour les générations à venir, afin qu'elles puissent conserver l'histoire avec des pièces tangibles ».

Alors qu'elle était en troisième année d'études à l'étranger en vue de l'obtention d'une licence en architecture, Mme Almilli a eu une révélation qui allait bientôt changer le cours de ses études.

Elle raconte : « Je voulais approfondir ma démarche artistique et retrouver la pratique du textile qui a toujours fait partie de mon enfance. J'ai décidé de suivre un cours de tricot pour retrouver les souvenirs que j'avais avec ma grand-mère quand j'étais petite, car elle tricotait et aimait aussi crocheter ».

Almilli s'est alors tournée vers des études en textile. « Je savais que c'était ce que je voulais faire. Quelque chose qui est une forme de renaissance du patrimoine a ravivé ma nostalgie et est devenu une source de guérison », a-t-elle déclaré.

C'est à cette époque que Mme Almilli s'est plongée dans la recherche de son héritage saoudien.

« Je suis saoudienne. Lorsque je suis partie à l'étranger pour mes études, je me suis sentie étrangère et j'ai eu envie de retrouver ma maison, ma famille, mes amis et ma vie. Je voulais me sentir proche alors que j'étais loin. Qu'il s'agisse de rechercher des motifs, des livres sur le tissage saoudien ou sadu, ou de l'incorporer indirectement dans mon travail par le biais de motifs contemporains, il sera toujours présent dans mon travail sous une forme ou une autre », a-t-elle déclaré.

En 2019, elle a obtenu une licence en textiles avec une spécialisation en écriture créative au California College of the Arts.

En 2022, elle a obtenu une maîtrise en gestion des arts et de la culture à la Rome Business School, en Italie.

D'origine turque, syrienne, kurde et saoudienne, Mme Almilli est persuadée que son parcours est motivé par des « questions d'identité ».

Elle a déclaré : « En quête permanente, mon concept a évolué vers la découverte et la représentation du terme Al-Ghorba (l'éloignement dans un pays étranger). Par conséquent, ma structure visuelle interroge la nostalgie par le biais de techniques de tissage, de teinture, de broderie et de photographie. »

« Ma pratique artistique est basée sur la recherche et, dans ce cadre, j'explore l'idée de recréer des identités marquées et redécouvertes par le biais de la culture matérielle des textiles et des assemblages », a-t-elle ajouté.

Mme Almilli explique que son travail est motivé par la mémoire, la nostalgie, l'identité, l'émotion et bien d'autres choses encore.

« Ces éléments se combinent toujours pour susciter la curiosité de faire des recherches plus approfondies sur mon héritage et d'écrire des poèmes pour y répondre, ce qui aboutit finalement à la visualisation de mes œuvres », a-t-elle ajouté.

« C'est quelque chose qui me tient à cœur et dont je suis extrêmement fière. Pouvoir mêler la tradition à mon expression artistique est une expérience vraiment gratifiante. C'est comme redonner vie au passé tout en créant quelque chose de nouveau et d'innovant ».

L'art du tissage, le Sadu, a été ajouté à la liste du patrimoine immatériel de l'UNESCO.

La Commission saoudienne du patrimoine a déclaré à Arab News qu'elle cherchait à lancer des programmes visant à préserver et à mettre en valeur la culture saoudienne.

« Ces programmes et projets promeuvent trois valeurs et objectifs principaux, à savoir sensibiliser les citoyens à l'importance du patrimoine, établir des règles et des réglementations, délivrer des licences et protéger le patrimoine culturel et les sites archéologiques et les gérer efficacement » a indiqué la commission.

La Commission du patrimoine a lancé six projets qui mettent en valeur des éléments du patrimoine immatériel. L'un de ces projets consiste à préparer des dossiers de patrimoine immatériel en vue de leur inscription sur les listes de l'UNESCO.

« À partir de là, il est important de préserver le patrimoine culturel immatériel avec ses composantes culturelles. C'est pourquoi l'Autorité du patrimoine œuvre, à travers sa stratégie de développement du secteur, à s'aligner sur les objectifs de la Vision 2030 saoudienne. »

 -Cet article a été initialement publié sur Arab News Japan

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Liban: le Hezbollah dit mener des combats directs avec des forces israéliennes dans le sud

Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
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  • Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué
  • Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité

BEYROUTH: Le Hezbollah a indiqué mercredi mener des combats avec des forces israéliennes dans une localité située à la lisière de la "ligne jaune" établie dans le sud du Liban par Israël, qui étend ses opérations terrestres dans le pays.

L'armée israélienne avait élargi et intensifié ses frappes mardi sur des villes et villages dans le sud du Liban et dans des zones de l'est du pays limitrophes du sud, faisant au moins 31 morts selon les autorités.

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué.

Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité.

Ce village, situé au nord du fleuve Litani, revêt une importance stratégique pour sa proximité avec la ville de Nabatiyé, grande ville du sud visée par un nouvel appel à évacuation israélien avant des frappes, le deuxième depuis mardi.

Israël dit cibler le Hezbollah, qu'il accuse de violer le cessez-le-feu.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" que l'armée israélienne a établie dans le sud du Liban à une dizaine de kilomètres de la frontière, zone qu'elle interdit d'accès aux habitants et où elle mène de larges opérations de démolition.

Parallèlement à cette avancée, Israël a annoncé mardi étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la "ligne jaune", malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril.

"Nous intensifions notre action au Liban" et "nous renforçons la zone de sécurité afin de protéger les localités du nord" d'Israël, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.


L'Iran juge peu probable la reprise de la guerre avec les Etats-Unis

L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis
  • Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces

TEHERAN: L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre.

Dans le même temps, comme une étape de plus vers un retour à la normale, l'accès à internet a été partiellement rétabli en Iran, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks. Et dans le ciel, le trafic a désormais pleinement repris dans 10 aéroports du pays.

Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis. Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces.

"La probabilité d'une guerre est faible en raison de la faiblesse de l'ennemi", a lancé mercredi Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens, cité par l'agence de presse Tasnim. Mais "les forces armées se tiennent en alerte, leurs chargeurs pleins", a-t-il ajouté, jurant de "transformer la zone" allant de l'est à l'ouest du Golfe en "un cimetière pour les agresseurs".

La veille, la République islamique avait déjà menacé de riposter à tout "acte malveillant", accusant Washington d'avoir violé le cessez-le-feu dans le sud du pays.

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait annoncé plus tôt avoir frappé dans la nuit de lundi à mardi des sites de lancement de missiles.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas.

Alors que les pays musulmans célèbrent l'Aïd al-Adha, fête majeure de l'islam, le président iranien Massoud Pezeshkian a délivré à cette occasion un message contre "les tyrans de notre époque".

 "Globalement positives"

Mercredi, les cours du pétrole fléchissaient de nouveau et les Bourses européennes ont ouvert en petite hausse.

Si l'enthousiasme des marchés est retombé après les signaux positifs du weekend, "il subsiste un air d'optimisme prudent quant à la signature et aux détails d'un protocole d'accord (MoU) entre les Etats-Unis et l'Iran", commente Chris Weston, responsable de la recherche chez le courtier Pepperstone.

Car le dialogue n'est pas rompu: l'agence iranienne Isna a fait état de "négociations globalement positives" après la visite de hauts responsables au Qatar, une première depuis le début des hostilités.

Ce déplacement avait pour but de discuter des "modalités d'accès" aux fonds gelés à l'étranger, dont une partie au Qatar, en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon Isna.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps. Washington, qui soupçonne Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique, réclame la destruction du stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain depuis de précédentes frappes, en juin 2025.

Au-delà de la "ligne jaune" 

Donald Trump, qui doit réunir mercredi son gouvernement, cherche de son côté une issue à cette guerre impopulaire qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du quasi blocage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

"Si le mémorandum est signé (...), Trump revendiquera un succès diplomatique, les prix du carburant devraient baisser et l'Iran aura obtenu ce qu'il recherchait depuis le début: la fin des hostilités actives et un répit économique, avant d'être contraint de faire des concessions sur la question nucléaire", écrit sur son site le groupe de réflexion International Crisis Group.

A condition que son allié israélien, désireux de renverser la République islamique, ne fasse pas dérailler les discussions.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé une intensification de l'offensive de l'armée israélienne au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril.

De nouvelles frappes mardi ont fait 31 morts, selon le gouvernement libanais. Et Israël a dit étendre ses opérations terrestres au-delà de la "ligne jaune" qu'elle a établie dans le sud du pays.


Les pèlerins lapident Satan près de La Mecque, au premier jour de l'Aïd

Le hajj, qui consiste en une série de rites menés sur plusieurs jours, souvent en extérieur, s'est encore déroulé cette année sous une chaleur écrasante. (AFP)
Le hajj, qui consiste en une série de rites menés sur plusieurs jours, souvent en extérieur, s'est encore déroulé cette année sous une chaleur écrasante. (AFP)
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  • Après avoir jeté les cailloux, les hommes se rasent ou se coupent les cheveux et les femmes se taillent une mèche, marquant la sortie de l'état de pureté
  • Ils peuvent dès lors revêtir leurs habits habituels

MINA: Adnan Hamad "n'arrive pas à y croire": il a accompli mercredi le dernier grand rituel du hajj, comme 1,7 million de pèlerins venus à La Mecque malgré la guerre qui a ébranlé la région du Golfe.

Au premier jour de l'Aïd al-Adha, fête majeure de l'islam, des foules réunies dans l'ouest de l'Arabie saoudite se sont relayées sur un site de la vallée de Mina, à quelques kilomètres de la Grande mosquée, pour jeter des cailloux sur des stèles en béton symbolisant le diable.

Ce rituel reproduit symboliquement la lapidation du diable par Abraham aux trois endroits où Satan aurait tenté de le dissuader d'obéir à l'ordre de Dieu de sacrifier son fils Ismaël.

Après avoir jeté les cailloux, les hommes se rasent ou se coupent les cheveux et les femmes se taillent une mèche, marquant la sortie de l'état de pureté, appelé ihram, qui exige notamment le port d'une tenue blanche formée de deux pièces d'étoffe non cousues. Ils peuvent dès lors revêtir leurs habits habituels.

"Difficultés extrêmes" 

"Je n'arrive pas à croire que j'ai terminé les rites du hajj", témoigne Adnan Hamad, un Irakien de 58 ans accompagné de ses filles. "Chaque étape a été agréable malgré les difficultés extrêmes", dit-il à l'AFP en référence à la chaleur écrasante de cette région désertique parmi les plus arides au monde.

Marwa Dahchouri évoque "un sentiment vraiment unique". "C'est comme si vous étiez au paradis, ou comme si vous en étiez devenu une petite partie", raconte cette Egyptienne.

La guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, n'a pas dissuadé les croyants de faire le déplacement.

Jusqu'à l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril, Téhéran avait riposté en visant des bases militaires et infrastructures énergétiques chez ses voisins du Golfe, notamment en Arabie saoudite.

Malgré les incertitudes quant à une reprise du conflit, le pèlerinage a attiré plus de fidèles que l'an passé, d'après les autorités saoudiennes.

"Menace aérienne" 

Si les pèlerins sur place se réjouissent d'avoir pu observer l'un des cinq piliers de l'islam, le royaume se tient sur le qui-vive.

Le ministère de la Défense s'est déclaré prêt à "faire face à toute menace aérienne", et a diffusé une vidéo, largement reprise sur la télévision d'Etat saoudienne, montrant des batteries anti-aériennes déployées sur des collines en périphérie de La Mecque.

Le hajj, qui consiste en une série de rites menés sur plusieurs jours, souvent en extérieur, s'est encore déroulé cette année sous une chaleur écrasante.

Mardi, les fidèles ont prié sur le mont Arafat, étape phare du hajj, sous des températures culminant à 45 degrés.

Ils ont ensuite passé la nuit à la belle étoile à Muzdalifah, à mi-chemin entre Arafat et Mina, où ils ont ramassé des cailloux afin de procéder à la "lapidation du diable".

Ultime étape de ce grand pèlerinage, le retour à La Mecque, la ville la plus sacrée de l'islam, pour un dernier tour de la Kaaba - structure cubique noire au cœur de la Grande mosquée vers laquelle les musulmans du monde entier se tournent pour prier.

Ce jour coïncide avec l'Aïd al-Adha, une fête célébrée en souvenir du sacrifice qu'avait failli accomplir Abraham en voulant immoler son fils Ismaël, avant que l'ange Gabriel ne lui propose in extremis de tuer un mouton à sa place, selon la tradition musulmane.

A cette occasion, les musulmans égorgent une bête, en général un mouton, et offrent une partie de la viande aux nécessiteux.