La cyberligne de front au Moyen-Orient vise à repousser les menaces alimentées par l'IA

Le Forum mondial sur la cybersécurité de 2023 se tiendra à Riyad en novembre et aura pour thème: «Définir les priorités partagées dans le cyberespace.» (Photo fournie)
Le Forum mondial sur la cybersécurité de 2023 se tiendra à Riyad en novembre et aura pour thème: «Définir les priorités partagées dans le cyberespace.» (Photo fournie)
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Publié le Mercredi 23 août 2023

La cyberligne de front au Moyen-Orient vise à repousser les menaces alimentées par l'IA

  • Les entreprises de la région sont confrontées à une menace croissante d’hameçonnage, de pirates informatiques et d'escroqueries par courrier électronique à mesure qu'elles adoptent les nouvelles technologies
  • Les modèles d'IA générative ont facilité les attaques d’hameçonnage, rendant les pays arabophones comme l'Arabie saoudite particulièrement vulnérables

DUBAÏ: La technologie a progressé à une vitesse vertigineuse au cours de la dernière décennie, avec de nombreux processus – du shopping et des opérations bancaires à la production énergétique et à la livraison – passant en ligne, permettant une économie de temps et de main- d'œuvre, tout en améliorant l'accessibilité.

Cependant, toutes ces avancées entraînent également une série de nouvelles menaces, notamment celles qui cherchent à tirer profit de contrôles de cybersécurité centralisés et obsolètes, entraînant une augmentation des cyberattaques et des activités criminelles en ligne.

Alors qu’une part croissante de l’économie mondiale se tourne vers le cyberespace, la lutte contre la menace internationale en matière de cybersécurité devrait coûter au monde 10,5 trillions de dollars (un dollar = 0,91 euro) par an d’ici à 2025.

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L’hameçonnage, le leurre et le piratage d’e-mails sont des formes courantes d'accès non autorisé à l'information. (Shutterstock)

Les pays du Moyen-Orient ne font pas exception à cette règle et semblent particulièrement vulnérables aux cyberattaques contre des infrastructures essentielles comme les champs de pétrole et de gaz, les centrales électriques, les ports et les aéroports, compte tenu du rôle vital joué par la région dans la production énergétique mondiale.

Une analyse réalisée en 2022 par la société de cybersécurité Kaspersky a montré que le Moyen-Orient était l'une des cinq régions du monde ayant cette année-là le pourcentage le plus élevé de logiciels malveillants bloqués dans les systèmes de contrôle industriel.

Deux ans plus tôt, les données d'IBM montraient que le coût moyen d'une cyberattaque contre des institutions aux Émirats arabes unis (EAU) et en Arabie saoudite s'élevait à 6,53 millions de dollars, soit environ 69 % de plus que la moyenne mondiale.

 

EN CHIFFRES

105 trillions de dollars

Alors qu’une part croissante de l’économie mondiale se tourne vers le cyberespace, la lutte contre la menace internationale en matière de cybersécurité devrait coûter au monde 10,5 trillions de dollars par an d’ici à 2025.

 

Le deuxième trimestre 2022 a vu augmenter de 168 % de la fréquence des attaques d’hameçonnage, de piratage et des escroqueries en ligne en Arabie saoudite par rapport au trimestre précédent.

«Il est vrai qu'il y a eu une augmentation de la fréquence des cyberattaques ciblant l'Arabie saoudite, mais il est essentiel de souligner que cette tendance s’inscrit dans le cadre d'une augmentation mondiale plus large des activités illicites dans l'espace numérique», affirme à Arab News Achraf Koheil, directeur régional pour le Moyen-Orient, l’Afrique et la Turquie de la société de cybersécurité Group-IB.

«Les entreprises et les institutions de tous les secteurs et de toutes les régions doivent faire face à un nombre croissant d'attaques d’hameçonnage, de tentatives de rançongiciel et d'escroqueries», ajoute-t-il.

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Mohammed Hachem, directeur général de Kaspersky pour l’Arabie saoudite et Bahreïn. (Photo fournie)

Achraf Koheil estime que les racines de l’activité cybercriminelle sont souvent liées à des facteurs socio-économiques. «Le royaume saoudien est une puissance économique mondiale qui connaît une transformation numérique incroyablement rapide ayant créé une multitude d’emplois et d’opportunités», explique-t-il.

«Dans ce contexte, on pourrait s’attendre à ce que les cybercriminels tentent d’en profiter pour inciter certaines personnes à interagir sans le savoir avec des pages d’hameçonnage ou des sites Web frauduleux  pour obtenir un gain financier illicite.»

 

EN BREF

• Les données d'IBM pour 2020 ont montré que le coût moyen d'une cyberattaque contre des institutions aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite était de 6,53 millions de dollars, soit environ 69 % de plus que la moyenne mondiale.

• Les modèles d'IA générative ont réduit le coût et la difficulté des attaques d’hameçonnage, ce qui rend les pays arabophones comme l'Arabie saoudite particulièrement vulnérables.

 

Un autre facteur déterminant est l’augmentation spectaculaire de l’utilisation des plates-formes de commerce électronique par la population saoudienne ces dernières années.

Safwan Akram, directeur des services de sécurité pour l'Arabie saoudite auprès du fournisseur de cybersécurité Help AG, affirme que de plus en plus de consommateurs effectuent la majorité de leurs achats en ligne, les revenus du commerce électronique devant afficher un taux de croissance annuel composé de 13,5 % entre 2023 et 2027, selon les données d'ecommerceDB.

«Cela constitue une cible attrayante pour les acteurs nocifs cherchant à obtenir des informations telles que les identifiants des utilisateurs et les détails de leurs comptes bancaires», assure-t-il à Arab News.

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Safwan Akram, directeur des services de sécurité – Arabie saoudite, Help AG. (Photo fournie)

En outre, le coût et la difficulté de mener une attaque d’hameçonnage ont considérablement diminué grâce à l’émergence de modèles d’intelligence artificielle générative, ce qui rend les pays arabophones comme l’Arabie saoudite particulièrement vulnérables.

«Auparavant, les pirates informatiques étaient limités dans leur capacité à cibler les résidents du Royaume avec des e-mails d’hameçonnage, un grand nombre d’entre eux ne sachant pas écrire en langue arabe. Cependant, grâce aux modèles d’IA générative, ils peuvent désormais générer d’un simple clic des e-mails et des messages d’hameçonnage bien rédigés et apparemment fiables dans diverses langues», note Safwan Akram.

 

«L'Arabie saoudite a mené son parcours de numérisation en donnant la priorité à la cybersécurité... à mesure que les frontières de la numérisation et de la technologie s'étendent, les cyberattaques surviennent également, en raison de nouvelles vulnérabilités.»

Mohammed Hachem, directeur général de Kaspersky pour l’Arabie saoudite et Bahreïn

L’Arabie saoudite comprend une communauté fintech grandissante, avec l’apparition de nombreuses nouvelles entreprises, réglementées par la Banque centrale saoudienne.

«Un grand nombre de ces sociétés de technologie financière sont des start-up qui ne disposent peut-être pas d'un système de cybersécurité élaboré par rapport aux entreprises bien établies, ce qui les rend vulnérables aux attaques», indique Safwan Akram.

Dans cette optique, les pays du Golfe, qui constituent des cibles évidentes pour les pirates informatiques du monde entier, travaillent de manière assidue avec les prestataires de cybersécurité du secteur public pour protéger leurs infrastructures.

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Achraf Koheil, directeur régional des ventes Meta auprès de Group-IB. (Photo fournie)

Le marché de la cybersécurité au Moyen-Orient et en Afrique devrait atteindre 36,2 milliards de dollars d'ici à 2028, avec un taux de croissance annuel composé de 10,2 % au cours des cinq prochaines années, selon un nouveau rapport publié par MarketsandMarkets.

«L'Arabie saoudite a mené son parcours de numérisation en donnant la priorité à la cybersécurité», affirme à Arab News Mohammed Hachem, directeur général de Kaspersky pour l'Arabie saoudite et Bahreïn.

Cela se reflète dans la création dans le pays d’entités telles que le Global Cybersecurity Forum Institute et l’Autorité nationale saoudienne de cybersécurité, qui sont responsables de l’élaboration, de la mise en œuvre et de la supervision des stratégies de sécurité.

Depuis leur création, ces institutions ont lancé de nombreuses initiatives en matière de cybersécurité, notamment la Fédération saoudienne pour la cybersécurité et l’Académie nationale pour la cybersécurité.  

Cette année, ces initiatives ont permis au Royaume d'obtenir la deuxième place dans l'indice mondial de cybersécurité du World Competitiveness Yearbook, un classement créé par l'Institut international pour le développement de la gestion, ou IMD, basé en Suisse.

Les derniers rapports de Kaspersky montrent également une diminution de 1 % des attaques d’hameçonnage en Arabie saoudite au cours du premier trimestre 2023 par rapport à la même période de 2022.

Mohammed Hachem estime que cette diminution pourrait être le résultat des mesures dynamiques prises par le gouvernement et les institutions saoudiennes pour mettre en œuvre des mesures de cybersécurité strictes et investir dans la technologie appropriée, afin de protéger leurs systèmes et données contre les cybermenaces.

«Cependant, on peut noter qu'à mesure que les frontières de la numérisation et de la technologie se développent, les cyberattaques surviennent également, en raison de nouvelles vulnérabilités», ajoute-t-il. Ces vulnérabilités sont couramment exploitées par les cybercriminels, entraînant une augmentation des attaques d’hameçonnage, de piratage et des escroqueries en ligne.

«Les techniques d'ingénierie sociale qui s'appuient sur les émotions humaines telles que la peur, l'avidité, la curiosité et l'enthousiasme sont couramment utilisées par les cybercriminels pour manipuler les gens», fait remarquer Mohammed Hachem.

Il précise que l’hameçonnage, les leurres, le spam de contacts et le piratage d’e-mails sont des formes courantes de techniques d'ingénierie sociale utilisées pour tromper les individus et obtenir un accès non autorisé à l'information, le vol d'identité et d'autres informations personnelles.

Les attaques d’hameçonnage répondent au même schéma: l’envoi d’un e-mail et d’un message instantané ou un SMS prétendant provenir d'une source fiable demandant des informations. Le mécanisme de leurre consiste lui à créer un piège pour exploiter la curiosité d'un individu, généralement via une clé USB chargée de logiciels malveillants ou un e-mail proposant des offres exceptionnelles via une pièce jointe.

Bien que les gouvernements régionaux et les banques disposent de ressources suffisantes et de mesures pour accroître le niveau de sensibilisation aux attaques d’hameçonnage financier et aux escroqueries en ligne, des lacunes en matière d'éducation et de sensibilisation existent toujours.

«Le fait que nous constatons de plus en plus de ces attaques d’hameçonnage indique qu'elles sont efficaces et réussies, ce qui signifie qu'il y a encore du travail à faire en matière de formation et de sensibilisation», constate à Arab News Renze Jongman, responsable du renseignement auprès de la société de cyberdéfense Mandiant.

Selon le rapport Global Perspectives on Threat Intelligence de Mandiant, 44 % des personnes interrogées ont déclaré que leur institution avait subi une cyberattaque importante au cours des douze derniers mois.

Le rapport indique également que 98 % des personnes interrogées estiment qu'elles doivent plus rapidement mettre en œuvre les changements basés sur les informations disponibles concernant les menaces.

Comme pour tout autre crime, le piratage informatique, l’hameçonnage et les escroqueries en ligne augmentent en fréquence s'ils réussissent, soutient Renze Jongman.

Il indique que l’un des principaux facteurs encourageant la cybercriminalité est l’existence de réseaux de «cybercriminalité en tant que service», c’est-à-dire des groupes qui opèrent de manière professionnelle et à grande échelle pour faciliter la création de campagnes d’escroquerie en ligne.

«L’impunité quasi-totale ou la possibilité de rester presque anonyme sur Internet, l'ampleur du problème et la nature transnationale de la cybercriminalité en font un type de crime difficile à enquêter et à poursuivre en justice», affirme Renze Jongman.

Il souligne également que les cybercriminels opèrent en sachant qu'il n'y a qu'une très faible chance qu'ils aient à faire face aux conséquences de leurs actes. De plus, cibler des entreprises ou des secteurs spécifiques permet aux cybercriminels de se concentrer sur des cibles de grande valeur, et aux acteurs de l'espionnage de collecter des informations classifiées et confidentielles sur des sujets très spécifiques, observe Renze Jongman. «Ainsi, les personnes à la recherche d'un nouvel emploi parleront volontiers du travail qu'elles ont accompli auparavant.»

Cependant, en surveillant de manière active de telles menaces, les entreprises peuvent protéger à la fois leur marque et leurs clients. Les entreprises qui réussissent le mieux à se protéger contre ces menaces utilisent les veilles sur les menaces pour détecter ces attaques et y répondre lorsqu'elles se produisent.

De ce fait, ces institutions s’arment de la connaissance de ce dont elles se défendent, ce qui leur permet d’agir de manière préventive.

«Des réflexes simples, comme vérifier les signaux d’alerte dans un e-mail, surveiller les fautes de frappe dans un e-mail ou un texte, ou utiliser un antivirus, peuvent être d'une grande aide», affirme Mohammed Hachem, de Kaspersky. «L'ignorance ne fait pas le bonheur lorsque la cybercriminalité domine votre vie en ligne et hors ligne.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Liban: Israël veut s'emparer d'une zone du sud, trois morts près de Beyrouth

Des poupées gisent sur un lit jonché de petits débris sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un appartement à Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, le 24 mars 2026. (AFP)
Des poupées gisent sur un lit jonché de petits débris sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un appartement à Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • "Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée"
  • Mardi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani

BEYROUTH: Israël a annoncé mardi qu'il allait s'emparer d'une large zone du sud du Liban pour assurer sa sécurité, alors qu'il poursuit ses frappes sur le reste du territoire libanais, faisant trois morts près de Beyrouth et cinq autres dans le sud.

Après avoir envahi le Liban en 1982, Israël avait maintenu une zone tampon de 10 à 20 kilomètres de profondeur, jusqu'à son retrait total en 2000, sous les coups de boutoir du Hezbollah pro-iranien.

Mardi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière.

"Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée", a-t-il prévenu.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale, Israël mène des frappes massives à travers le pays, qui ont fait plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés.

"La bataille contre le Hezbollah (...) ne fait que commencer", a averti lundi la porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Ella Waweya.

Mardi à l'aube, des frappes israéliennes ont tué cinq personnes dans le sud du pays et trois autres dans une zone résidentielle proche de Beyrouth, après des raids sur la banlieue sud de la capitale, bastion du Hezbollah.

"Qu'est-ce que j'ai fait?" 

"Ma maison a été entièrement détruite. Il ne reste plus rien, tout a brûlé", dit à l'AFP Abbas Qassem, 55 ans, dont l'appartement voisin du sien a été visé par la frappe à Bchamoun, au sud-est de Beyrouth.

"Qu'est-ce que j'ai fait pour que ma maison soit détruite? Je suis une personne normale", ajoute-t-il en pleurant, comme sa femme, découvrant l'appartement dévasté.

La frappe a notamment tué une fillette de quatre ans et fait quatre blessés, selon le ministère de la Santé.

Bchamoun n'est pas un bastion du Hezbollah, dont l'armée israélienne dit viser les combattants.

Un journaliste de l'AFP a vu des traces de sang et des restes d'un projectile dans l'appartement visé.

Lundi après-midi, une frappe ciblée avait visé un immeuble de la ville d'Hazmieh, dans une zone résidentielle surplombant Beyrouth, proche du palais présidentiel et abritant de nombreuses ambassades, faisant un mort.

Un porte-parole de l'armée israélienne a affirmé qu'un "terroriste de la force al-Qods", la branche des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, était visé.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré que des membres des Gardiens de la Révolution iraniens, se trouvant au Liban, dirigeaient les opérations du Hezbollah.

L'accréditation de l'ambassadeur d'Iran a été retirée, Beyrouth lui donnant jusqu'à dimanche pour quitter le pays.

Incursion 

Dans la nuit, une série de frappes a visé des quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

A Haret Hreik, l'un des quartiers de la banlieue sud désertée par une majorité d'habitants, un photographe de l'AFP a vu des immeubles effondrés et des rues jonchées de débris.

L'Ani a aussi rapporté des frappes sur plusieurs régions de l'est et du sud, où des stations essence de la société al-Amana, qui selon Israël finance le Hezbollah, ont été visées.

Dans le sud, l'armée israélienne a visé la région de la ville côtière de Tyr, faisant cinq morts selon le ministère de la Santé.

Dans le même temps, elle a à nouveau frappé un pont sur le Litani, visé la veille, dans le cadre de son opération de destruction de plusieurs ponts sur ce fleuve reliant une partie du sud au reste du pays.

Le Hezbollah a pour sa part annoncé s'opposer à la progression des forces israéliennes dans des localités frontalières, revendiquant notamment des attaques contre des soldats dans le village de al-Qaouzah ainsi que sur le nord d'Israël.

Selon l'Ani, une unité israélienne a effectué une incursion dans le village frontalier de Halta, où les soldats "ont effectué des perquisitions dans plusieurs maisons et ouvert le feu sur les habitants", tuant l'un d'entre eux et en blessant un autre.

 


Le Liban décide d'expulser l'ambassadeur d'Iran, lui donne jusqu'à dimanche pour partir

Ci-dessus, Mohammad Reza Sheibani, nommé ambassadeur d’Iran au Liban, sur cette photo du 14 juin 2013. (AFP)
Ci-dessus, Mohammad Reza Sheibani, nommé ambassadeur d’Iran au Liban, sur cette photo du 14 juin 2013. (AFP)
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  • Le Liban a déclaré persona non grata l’ambassadeur d’Iran à Beyrouth et lui a donné jusqu’à dimanche pour quitter le pays
  • Cette décision intervient sur fond de tensions, Beyrouth accusant les Gardiens de la Révolution iraniens de diriger les opérations du Hezbollah depuis le Liban

BEYROUTH: Le Liban a retiré l'accréditation de l'ambassadeur d'Iran, récemment nommé à Beyrouth, et lui a donné jusqu'à dimanche pour quitter le pays, a annoncé mardi le ministère libanais des Affaires étrangères.

Cette mesure intervient après que Beyrouth a accusé les Gardiens de la Révolution iraniens de diriger les opérations du Hezbollah contre Israël depuis le Liban et annoncé interdire leurs actions sur le territoire libanais.

Le ministère a précisé avoir convoqué le chargé d'affaires iranien et l'avoir informé de la décision des autorités de "considérer persona non grata" l'ambassadeur Mohammad Reza Raeuf Sheibani, nommé en février à ce poste.


Trump évoque des "négociations" avec l'Iran, Téhéran nie et vise de nouveau Israël

Des traînées de roquettes sont visibles dans le ciel au-dessus de la ville côtière israélienne de Netanya, lors d’une nouvelle salve de missiles iraniens le 24 mars 2026. (AFP)
Des traînées de roquettes sont visibles dans le ciel au-dessus de la ville côtière israélienne de Netanya, lors d’une nouvelle salve de missiles iraniens le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Donald Trump annonce un revirement diplomatique avec des « négociations » avec l’Iran et un report de frappes, tandis que les tensions militaires restent vives avec des échanges de missiles et des frappes en Iran et en Israël
  • Au Liban, l’escalade se poursuit avec de nouvelles frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth et Bshamoun, faisant des morts et aggravant une crise humanitaire déjà lourde

TEHERAN: Dans un spectaculaire revirement, le président américain Donald Trump a évoqué des "négociations" avec un responsable iranien non-identifié et suspendu pour cinq jours des frappes qui devaient viser des infrastructures clés de la République islamique, laquelle a lancé de nouveau des missiles vers Israël mardi matin.

L'armée israélienne a dit tenter d'intercepter des projectiles iraniens puis dépêcher des soldats dans le sud du pays en raison du signalement d'impacts. Au fil de la nuit, les forces armées avaient déjà mis en garde contre des salves successives de missiles d'Iran.

La nuit a aussi donné lieu à des raids israéliens dans la banlieue sud de Beyrouth, considérée comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, mais aussi plus au sud, à Bshamoun, faisant deux morts selon le gouvernement libanais.

D'après le site d'informations Axios, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, se serait entretenu avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. Mais le responsable iranien a démenti, sur X, affirmant que "de fausses informations sont utilisées pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les Etats-Unis et Israël sont enlisés".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, lui, affirmé que Donald Trump estimait possible "de réaliser les objectifs de la guerre dans le cadre d'un accord qui préservera nos intérêts vitaux".

Côté iranien, le ministère des Affaires étrangères a nié lundi "toute négociation avec les Etats-Unis au cours des 24 derniers jours de cette guerre imposée". Il a toutefois reconnu avoir reçu via des "pays amis" des "messages transmettant une demande américaine de négociations" pour faire cesser le conflit.

Selon Axios et l'agence de presse Reuters, MM. Witkoff et Kushner, et possiblement le vice-président JD Vance, pourraient rencontrer une délégation iranienne dès cette semaine au Pakistan.

Interrogée à ce sujet par l'AFP, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, n'a pas démenti mais répondu que de telles "spéculations" ne devaient pas "être considérées comme avérées tant qu'elles n'ont pas été officiellement annoncées par la Maison Blanche".

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a, lui, promis à Téhéran l'aide d'Islamabad pour ramener la paix dans la région.

- Report de 5 jours -

Sur son réseau Truth Social, le président américain a annoncé un report "de cinq jours" des frappes qu'il menaçait de lancer sur des centrales électriques et autres infrastructures en Iran si la République islamique ne débloquait pas le détroit d'Ormuz, voie stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures.

Face à la presse, il a ajouté que Washington et Téhéran avaient trouvé des "points d'accord majeurs" lors de négociations menées avec un "haut dirigeant" qui n'est pas le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei.

Donald Trump a toutefois menacé de "continuer à bombarder allègrement" si les négociations échouaient.

Malgré ces déclarations, l'agence de presse iranienne Fars a signalé tôt mardi que des infrastructures énergétiques avaient été visées par des frappes israélo-américaines à Ispahan (centre) et Khorramshahr (sud-ouest).

La volte-face de M. Trump, peu avant l'ouverture de Wall Street lundi, avait débuté avec un premier message, où le président s'était félicité de "très bonnes et productives discussions pour une cessation totale" des hostilités.

En réaction, les cours du pétrole ont brutalement chuté de plus de 10% lundi - avant toutefois de rebondir mardi matin en Asie, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, repassant au-dessus des 100 dollars.

Les marchés asiatiques affichent de leur côté leur soulagement mardi matin, comme les Bourses européennes (hormis Londres) et Wall Street lundi.

- Frappes au Liban -

En réponse à l'ultimatum de M. Trump, l'Iran avait menacé de fermer complètement le détroit d'Ormuz et de cibler "toutes les infrastructures énergétiques, de technologie de l'information et de dessalement d'eau appartenant aux Etats-Unis", selon l'agence Fars citant l'armée iranienne.

De leur côté, les médias d'Etat iraniens ont publié lundi des listes de cibles potentielles au Moyen-Orient, dont les deux principales centrales électriques d'Israël, Orot Rabin et Rutenberg.

Au Liban, où la guerre a fait plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés, l'armée israélienne a repris ses frappes contre la banlieue sud de Beyrouth.

Sept raids aériens israéliens y ont eu lieu dans la nuit de lundi à mardi, selon l'agence Ani. Lundi soir, déjà, des images de l'AFPTV ont montré d'épais nuages de fumée s'élever au-dessus de cette zone qui n'avait pas été visée depuis vendredi.

Deux personnes ont par ailleurs été tuées et cinq autres blessées dans un raid d'Israël contre le village de Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, a annoncé mardi le ministère libanais de la Santé.

Du côté des pays du Golfe visés ces derniers jours par l'Iran, l'Arabie saoudite a détruit mardi au moins une vingtaine de drones, selon son gouvernement, quand l'armée du Koweït a dit agir contre des missiles et drones "hostiles".