LILLE: La France "ne fait pas à la hauteur de ce qu'elle pourrait faire" dans l'accueil d'Afghans en danger dans leur pays, auxquels elle doit "se rouvrir", a estimé mercredi la maire socialiste de Lille Martine Aubry, fortement mobilisée sur ce dossier.
"Aujourd'hui, la France doit encore ouvrir ses frontières (...) La France a fait, mais a fait insuffisamment, et ce serait tout à son honneur de rouvrir", a déclaré l'élue lors d'une conférence de presse, au lendemain du deuxième anniversaire de la prise de Kaboul par les talibans.
"Nous ne faisons pas aujourd'hui à la hauteur de ce que nous pourrions faire, ce sont les droits humains qui sont en cause, ce sont les droits des femmes", a-t-elle insisté, assurant avoir "énormément de dossiers de personnes qui sont menacées aujourd'hui".
"Le nombre de demandes qu'on a, c'est des centaines, parce qu'on sait qu'à Lille on a fait venir des gens donc d'autres viennent nous voir (...) J'ai quelques dossiers avec des menaces lourdes et j'espère que le ministère des Affaires étrangères règlera le problème", a-t-elle ajouté.
Lille accueille actuellement 92 Afghans ayant fui leur pays après la chute de Kaboul.
Parmi eux figurent notamment l'ex-président du tribunal de Kandahar (Sud), devenu boulanger dans la ville nordiste, ainsi que des artistes, dont "les plus menacés" étaient ceux "qui avaient déjà été à l'étranger (...) avaient fait des expositions et qui se sont déjà exprimés contre les talibans".
Samedi, six Afghans ont perdu la vie dans le naufrage au large de Sangatte (Pas-de-Calais) de l'embarcation à bord de laquelle ils tentaient de gagner l'Angleterre avec une soixantaine d'exilés, en grande majorité des compatriotes.