Décès de Louis Mexandeau, ancien ministre de François Mitterrand

L'ancien ministre socialiste français Louis Mexandeau attend devant le siège du Parti socialiste (PS) avant la visite de l'ancien président le 14 mai 2017 à Paris. (AFP)
L'ancien ministre socialiste français Louis Mexandeau attend devant le siège du Parti socialiste (PS) avant la visite de l'ancien président le 14 mai 2017 à Paris. (AFP)
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Publié le Lundi 14 août 2023

Décès de Louis Mexandeau, ancien ministre de François Mitterrand

  • Avec d'autres barons historiques du mitterrandisme, Louis Mexandeau avait participé à la conquête du pouvoir le 10 mai 1981 et aux premières années de la gauche au gouvernement
  • Ministre des Postes, télégraphes et téléphones (PTT) entre 1981 et 1986, il avait soutenu François Mitterrand dès sa première campagne présidentielle en 1965

PARIS: Compagnon de route de François Mitterrand et fidèle parmi les fidèles du président socialiste, l'ancien ministre Louis Mexandeau, qui fut aussi député du Calvados durant près de trente ans, est mort lundi à l'âge de 92 ans.

Avec d'autres barons historiques du mitterrandisme, comme Louis Mermaz, Pierre Joxe, Charles Hernu ou Paul Quilès, il avait participé à la conquête du pouvoir le 10 mai 1981 et aux premières années de la gauche au gouvernement.

Ministre des Postes, télégraphes et téléphones (PTT) entre 1981 et 1986, il avait soutenu François Mitterrand dès sa première campagne présidentielle en 1965.

Louis Mexandeau a fini sa vie à Saint-Gingolph, sur les bords du lac Léman, où il s'était établi et où il reposera désormais, a indiqué dans un communiqué le député Arthur Delaporte, l'un de ses successeurs à la députation.

"Son engagement pour le Calvados et son dévouement politique demeurent une source d'inspiration", a estimé la Première ministre Elisabeth Borne, elle-même élue du département.

L'ancien chef du gouvernement, l'ex-socialiste Bernard Cazeneuve, a rendu hommage à "l'intelligence", la "culture historique", les "valeurs" et les "convictions" de Louis Mexandeau, dans un message publié sur X (ex-Twitter).

Parmi ses "convictions", son attachement à l'école publique. En 1977, alors secrétaire national du PS responsable des questions éducatives, il propose la nationalisation des écoles privées et déclenche une levée de boucliers, notamment à droite.

C'est ce qui lui avait coûté, selon le député Arthur Delaporte, le poste de ministre de l'Education nationale lorsque François Mitterrand gagne l'Elysée en 1981. Le débat sur l'école privée, et la "guerre scolaire" qui s'en suivit, entraînèrent quelques années plus tard le pouvoir socialiste dans une de ses pires crises.

Au ministère des PTT, Louis Mexandeau avait lancé en 1982 le minitel, petit terminal informatique à la disposition de tous les foyers français, une révolution technologique avant d'être dépassée par l'avènement d'internet.

Lors du second mandat de François Mitterrand, il est également membre du gouvernement, cette fois comme secrétaire d'Etat aux Anciens combattants

Fier d'être socialiste 

Louis Mexandeau marquait parfois sa fidélité à François Mitterrand par un mimétisme vestimentaire. Il lui arrivait de se présenter affublé, comme son mentor, d'un large chapeau noir et d'une écharpe rouge.

Mais c'est aussi en tant que figure du Parti socialiste et au niveau local que Louis Mexandeau s'est illustré.

Membre du parti à la rose jusqu'à la fin de sa vie, il avait été, en 2018, âgé de 86 ans, la vedette du congrès du PS, faisant se lever la salle en rappelant sa "fierté d'être socialiste".

"Avec la disparition de Louis Mexandeau, c'est un homme d'Etat (...), et la figure emblématique du socialisme dans le Calvados qui s'est éteint", a commenté le député Arthur Delaporte.

Originaire du nord de la France, Louis Mexandeau s'était installé en Normandie au début des années 60 pour y enseigner l'histoire, avant d'en faire son fief électoral.

En Normandie, Louis Mexandeau a occupé presque tous les mandats possibles, du conseil général du Calvados au conseil régional, en passant par le conseil municipal de Caen, où il est resté cantonné à un rôle d'opposant.

Ses cinq tentatives consécutives aux élections municipales sont restées vaines : jamais, de 1977 à 2001, Louis Mexandeau n'est parvenu à conquérir la mairie de Caen, solide bastion de la droite.

"Ce matin, la ville de Caen a perdu l'une de ses figures emblématiques", a posté sur le réseau X Joël Bruneau, maire Les Républicains de Caen.

En 2013, il avait reçu les insignes d'officier de la Légion d'honneur des mains du président de la République de l'époque, François Hollande, qui lui avait alors témoigné sa gratitude: "Il y a 40 ans, presque jour pour jour, vous accueilliez, à l’Assemblée nationale, un étudiant qui venait vous demander des conseils pour faire de la politique. C’est le même étudiant devenu chef de l’Etat qui vous distingue aujourd’hui".


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».