Le Premier ministre pakistanais affirme que les kamikazes sont aidés par des «citoyens afghans»

Un personnel de sécurité monte la garde près du site d'un attentat à la bombe dans le district de Bajaur, dans la province pakistanaise de Khyber-Pakhtunkhwa, le 31 juillet 2023. (AFP)
Un personnel de sécurité monte la garde près du site d'un attentat à la bombe dans le district de Bajaur, dans la province pakistanaise de Khyber-Pakhtunkhwa, le 31 juillet 2023. (AFP)
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Publié le Mercredi 02 août 2023

Le Premier ministre pakistanais affirme que les kamikazes sont aidés par des «citoyens afghans»

  • Depuis que les talibans ont repris le pouvoir en Afghanistan il y a deux ans, le Pakistan a été témoin d'une augmentation spectaculaire des attaques principalement dans les régions frontalières
  • «Le Premier ministre a noté avec inquiétude l'implication des citoyens afghans dans les attentats-suicides», a encore indiqué le communiqué du chef du gouvernement pakistanais

ISLAMABAD : Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a accusé les "citoyens afghans" d'aider les kamikazes à commettre des attentats-suicides dans son pays, quelques jours après qu'une explosion a tué 54 civils à la frontière entre les deux pays.

"Des éléments hostiles au Pakistan disposent d'une liberté d'action pour planifier et exécuter des attaques aussi lâches contre des civils innocents, depuis les sanctuaires situés de l'autre côté de la frontière", a dénoncé M. Sharif dans un communiqué relayé par ses services mardi soir.

Dimanche 54 personnes sont décédées dans un attentat-suicide perpétré lors d'un rassemblement politique du parti religieux conservateur Jamiat Ulema-e-Islam (JUI-F) dans la ville de Khar, située à 45 kilomètres de la frontière afghane.

Cet attentat a été revendiqué par la section pakistanaise du groupe État islamique (EI), qui entretient une rivalité sanglante avec les talibans.

Depuis que les talibans ont repris le pouvoir en Afghanistan il y a deux ans, le Pakistan a été témoin d'une augmentation spectaculaire des attaques principalement dans les régions frontalières.

"Le Premier ministre a noté avec inquiétude l'implication des citoyens afghans dans les attentats-suicides", a encore indiqué le communiqué du chef du gouvernement pakistanais.

Le gouvernement taliban a de son côté toujours affirmé qu'il ne laisserait pas utiliser son sol par des étrangers pour organiser des attaques.

L'attaque de Khar est un "acte criminel", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement afghan Zabihullah Mujahid. "De tels incidents doivent être empêchés là où ils se produisent et où ils sont coordonnés", a-t-il ajouté.

"L'Émirat islamique d'Afghanistan est très soucieux d'empêcher que son sol soit utilisé contre qui que ce soit et nous ne permettrons à personne de créer un sanctuaire ici", a-t-il insisté.

Le groupe État islamique n'a pas précisé la nationalité de l'auteur de l'attentat de dimanche. La police pakistanaise n'a confirmé aucun détail sur le kamikaze.

Selon un rapport du Conseil de sécurité des Nations unies publié en mai, les talibans afghans ne considèrent pas les talibans pakistanais du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) comme une menace, mais plutôt "comme une partie de l'émirat" et le groupe y dispose d'une "base opérationnelle sûre".

En janvier, les enquêteurs ont attribué l'explosion d'une mosquée, qui avait tué plus de 80 policiers, à un groupe dissident des talibans pakistanais.

Le Premier ministre pakistanais a exhorté "le gouvernement intérimaire afghan" à prendre "des mesures concrètes pour empêcher que son sol ne soit utilisé pour le terrorisme transnational".


L'Iran refuse de négocier directement avec les États-Unis

Un Iranien marche sous une bannière du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'une journée pluvieuse à Téhéran, le 5 avril 2025. (Photo ATTA KENARE / AFP)
Un Iranien marche sous une bannière du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'une journée pluvieuse à Téhéran, le 5 avril 2025. (Photo ATTA KENARE / AFP)
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  • Le mois dernier, Donald Trump a adressé une lettre aux dirigeants iraniens dans laquelle il propose d'engager des négociations sur leur programme nucléaire
  • « Des négociations directes avec une partie qui menace constamment de recourir à la force (...) et dont les différents responsables expriment des positions contradictoires n'auraient pas de sens », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères.

TEHERAN : L'Iran a rejeté dimanche tout dialogue direct avec les États-Unis, estimant que cela « n'aurait aucun sens », alors que le président américain Donald Trump suggère des pourparlers directs et menace de bombarder le pays en cas d'échec de la diplomatie.

Les pays occidentaux, les États-Unis en tête, soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire depuis des décennies. Téhéran rejette ces allégations et affirme que ses activités nucléaires n'ont qu'une finalité civile, notamment en matière d'énergie.

Le mois dernier, Donald Trump a adressé une lettre aux dirigeants iraniens dans laquelle il propose d'engager des négociations sur leur programme nucléaire. Mais le président américain a également menacé de bombarder l'Iran en cas d'échec de la diplomatie et a pris des sanctions supplémentaires à l'encontre du secteur pétrolier iranien. 

« Des négociations directes avec une partie qui menace constamment de recourir à la force (...) et dont les différents responsables expriment des positions contradictoires n'auraient pas de sens », a déclaré samedi soir le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, selon des propos rapportés dimanche par son ministère.

« Mais nous restons attachés à la diplomatie et sommes prêts à essayer la voie de négociations indirectes », a ajouté M. Araghchi. 

Jeudi, le président américain a affirmé qu'il préférait mener des « négociations directes » avec l'Iran.

« À quoi bon menacer si l'on veut négocier ? », s'est interrogé samedi le président iranien, Massoud Pezeshkian, élu l'an dernier avec la promesse de reprendre le dialogue avec l'Occident afin d'obtenir un allègement des sanctions pour relancer l'économie.

En 2015, l'Iran a conclu un accord avec les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine, Russie, États-Unis, France et Royaume-Uni) et l'Allemagne pour encadrer ses activités nucléaires.

Le texte prévoyait un allègement des sanctions en échange d'une limitation des activités nucléaires iraniennes. 

En 2018, Donald Trump a retiré son pays de l'accord avec fracas durant son premier mandat et rétabli les sanctions. En guise de représailles, l'Iran s'est désengagé du texte et a accéléré son programme nucléaire.

L'Iran ne cherche pas à se doter de l'arme nucléaire, mais « n'aura d'autre choix que de le faire » en cas d'attaque contre le pays, a mis en garde lundi Ali Larijani, un proche conseiller du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.


Netanyahu rencontrera lundi Trump à la Maison Blanche

Le président américain Donald Trump et  le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (Photo AFP)
Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (Photo AFP)
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  • Le président américain Donald Trump accueillera le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, lundi, pour aborder plusieurs sujets, des droits de douane à l'Iran.
  • Israël se verra ainsi infliger des tarifs douaniers s'élevant à 17 %.

JERUSALEM : Le président américain Donald Trump accueillera le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, lundi, pour aborder plusieurs sujets, des droits de douane à l'Iran, ont annoncé samedi ses services.

« Les deux dirigeants vont s'entretenir des droits de douane, des efforts pour ramener les otages israéliens, des relations israélo-turques, de la menace iranienne et de la lutte contre la Cour pénale internationale », a déclaré le bureau du Premier ministre dans un communiqué. 

Une grande partie des produits que les États-Unis importent du reste du monde sont soumis, depuis samedi, à des droits de douane additionnels de 10 %, mais l'addition sera encore plus lourde dès le 9 avril pour certains pays qui exportent plus qu'ils n'importent auprès du partenaire américain.

Israël se verra ainsi infliger des tarifs douaniers s'élevant à 17 %.

Cette annonce intervient également au moment où un nouveau cessez-le-feu semble lointain dans le territoire palestinien de Gaza, où l'armée israélienne a intensifié ses opérations, et où les tensions autour du nucléaire iranien s'intensifient.

Le président américain, qui a appelé Téhéran à entamer des négociations sur son programme nucléaire, a menacé ces derniers jours de bombarder l'Iran en cas d'échec de la diplomatie.

L'Iran se dit prêt à discuter avec les États-Unis, mais a refusé des pourparlers directs sous la menace et la pression.


Londres accuse Israël d'avoir refoulé deux députés travaillistes britanniques

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy s'exprime lors d'une conférence de presse à Jérusalem le 15 août 2024. (Photo d'archives AFP)
Le ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy s'exprime lors d'une conférence de presse à Jérusalem le 15 août 2024. (Photo d'archives AFP)
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  • Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a accusé  Dans la nuit de samedi à dimanche, Israël d'avoir refoulé deux députées travaillistes à leur entrée à l'aéroport international de l'État hébreu.
  • « Il est inacceptable, contre-productif et profondément inquiétant que deux membres du Parlement britannique, aient été interpellés et se soient vu refuser l'entrée par les autorités israéliennes », a tonné le chef de la diplomatie.

LONDRES : Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a accusé  Dans la nuit de samedi à dimanche, Israël d'avoir refoulé deux députées travaillistes à leur entrée à l'aéroport international de l'État hébreu, dans le cadre d'un voyage officiel.

« Il est inacceptable, contre-productif et profondément inquiétant que deux membres du Parlement britannique, dans le cadre d'une délégation parlementaire en Israël, aient été interpellés et se soient vu refuser l'entrée par les autorités israéliennes », a tonné le chef de la diplomatie dans un communiqué de son ministère publié sur X.

« J'ai clairement fait savoir à mes homologues du gouvernement israélien que nous n'accepterions pas un tel traitement réservé à des parlementaires britanniques avec qui nous sommes en contact et à qui nous apportons notre soutien », a insisté M. Lammy.

Le ministre a rappelé que « le gouvernement du Royaume-Uni restait focalisé sur la reprise du cessez-le-feu et des négociations pour mettre fin à l'effusion de sang, ainsi que sur la libération des otages et la fin du conflit dans la bande de Gaza ».

La diplomatie britannique n'a dévoilé aucun détail supplémentaire.

S'appuyant sur un communiqué du ministère israélien de l'Immigration cité par la chaîne de télévision Sky News, le journal The Guardian indique que les parlementaires refoulées à l'aéroport Ben Gourion, près de Tel-Aviv, sont deux femmes, Yuan Yang et Abtisam Mohamed. Elles sont soupçonnées d'avoir voulu « documenter les activités des forces de sécurité (israéliennes) et diffuser une haine contre Israël ».

Mercredi dernier, Hamish Falconer, sous-secrétaire d'État britannique aux Affaires étrangères, a dénoncé l'élargissement des opérations militaires d'Israël dans la bande de Gaza, se disant « profondément préoccupé » par la reprise des hostilités.

« La politique du gouvernement britannique et celle du gouvernement israélien diffèrent. Ces divergences persisteront jusqu'à ce que nous retrouvions la voie d'une solution à deux États », avait déclaré M. Falconer devant la commission des Affaires étrangères du Parlement britannique.