Les femmes, source d'«enrichissement» de l'économie

Christine Lagarde veut briser le plafond de verre qui freine encore trop souvent le sexe injustement dit faible, pourtant source d'"enrichissement" de l'économie (Photo, AFP).
Christine Lagarde veut briser le plafond de verre qui freine encore trop souvent le sexe injustement dit faible, pourtant source d'"enrichissement" de l'économie (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 10 juillet 2023

Les femmes, source d'«enrichissement» de l'économie

  • Christine Lagarde veut briser le plafond de verre qui freine encore trop souvent le sexe injustement dit faible
  • Devant un public nombreux où s'agitent les éventails pour atténuer la chaleur ambiante, elle partage la scène avec trois autres femmes

PARIS: "Je rêve de pouvoir embaucher plus de jeunes femmes économistes": puissante patronne de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde veut briser le plafond de verre qui freine encore trop souvent le sexe injustement dit faible, pourtant source d'"enrichissement" de l'économie.

Première femme à présider l'institution, la Française a relégué au second plan la question de l'inflation qui accapare les gouvernements européens pour parler de réussite au féminin, le temps d'un débat aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence (sud de la France).

"Si les femmes accédaient à l'emploi dans les mêmes conditions que les hommes", l'Union européenne compterait "à peu près dix millions de salariés en plus, une augmentation du PIB de l'ordre de 10% d'ici 2050. Cela veut dire un enrichissement de nos économies", lance-t-elle.

Devant un public nombreux où s'agitent les éventails pour atténuer la chaleur ambiante, elle partage la scène avec trois autres femmes occupant des postes en vue.

Mais "nous sommes un peu les arbres qui cachent la forêt", relève Laurence Boone, la secrétaire d'Etat française chargée de l'Europe. "Tant qu'on associera le mot faible au mot femme, la société jugera que les femmes ne sont pas aptes à être au pouvoir, parce qu'être au pouvoir, c'est être un homme fort", analyse l'ex-cheffe économiste de l'OCDE.

«Discrimination»
Bien que représentant environ la moitié des personnes au travail et plus diplômées que les hommes, les femmes occupaient 37% des postes d'encadrement dans l'UE en 2019, et une proportion bien plus faible (18%) au sein des cadres supérieurs, selon des chiffres d'Eurostat.

Les conseils d'administration des sociétés cotées en Bourse comptaient 28% de femmes parmi leurs administrateurs, selon la même source. Les diriger reste encore aujourd'hui une prérogative essentiellement masculine.

Des progrès ont certes été engrangés au cours des dernières décennies, mais beaucoup reste encore à faire.

Selon Emmanuelle Auriol, chercheuse à la Toulouse School of Economics et professeure d'économie, seuls douze pays au monde - tous dans l'UE (dont la France) - offraient en 2022 "une égalité parfaite dans le droit" entre hommes et femmes, contre "zéro" en 1945.

"Est-ce que cette égalité de droit (...) se traduit par une égalité de carrière, de chance? Non, il y a une forme de discrimination, qui est culturelle, qui dure dans le temps et qui est très, très dure à secouer", rappelle-t-elle.

Le Parlement français a voté au fil des ans des textes destinés à favoriser la parité en matière de mandats électoraux. Des mesures ont aussi été décidées dans le pays comme au niveau européen pour prévoir des quotas de femmes aux conseils d'administration.

«Courage de briller»
Secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie, Louise Mushikiwabo abonde: il faut "changer les stéréotypes en les positionnant dans des postes traditionnellement réservés aux hommes". Comme dans son pays, le Rwanda, où elle fut ministre des Affaires étrangères.

"Quand les petits garçons voient une femme cheffe de police ou maire d’une grande ville, ils grandissent avec cette expérience-là (...), il y a un autre regard sur ce que la femme est capable de faire", dit-elle. Elle plaide aussi pour un meilleur accès des filles aux formations étiquetées comme masculines, telles les sciences et les mathématiques.

Au sein de la BCE, Christine Lagarde veut donner l'exemple pour encourager les femmes "à avoir confiance en elles et le courage de briller". Sous sa présidence, l'institution a décidé d'accélérer sa féminisation, notamment pour les postes à responsabilités où les femmes devront représenter au moins 40% d'ici 2026.

"Cela fait plus de 40 ans que je travaille dans ces milieux très masculins", expose-t-elle. "Je n'ai pas encore vu une seule jeune femme (...) qui soit venue me demander une augmentation de salaire ou un bonus plus important parce qu'elle pensait qu'elle était meilleure. Des hommes j’en ai vu des tonnes!".

"Il faut qu'on accepte (...) qu'une femme peut contribuer exactement dans les mêmes conditions - et parfois même un tout petit mieux": "quoique femme, je vous assure que je passe l'essentiel de mon temps à lutter contre l'inflation", relève-t-elle.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.