Maison d'arrêt de Perpignan: conditions «indignes», selon la contrôleure des prisons

La contrôleure des prisons demande au gouvernement d'améliorer rapidement les conditions de détention à la maison d'arrêt de Perpignan qu'elle juge "indignes".
La contrôleure des prisons demande au gouvernement d'améliorer rapidement les conditions de détention à la maison d'arrêt de Perpignan qu'elle juge "indignes".
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Publié le Mercredi 05 juillet 2023

Maison d'arrêt de Perpignan: conditions «indignes», selon la contrôleure des prisons

  • Avec une densité carcérale de 205,6% (soit 403 détenus pour 196 places), Perpignan est la quatrième prison la plus surpeuplée de métropole, derrière Nîmes (226%), Rochefort (211,5%) et Gradignan (206,9%)
  • Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, reconnaît que la surpopulation carcérale à Perpignan constitue «une problématique majeure»

TOULOUSE: "Surpopulation endémique", "humiliation" des détenus", "odeurs d'urine de chat omniprésentes": la contrôleure des prisons demande au gouvernement d'améliorer rapidement les conditions de détention à la maison d'arrêt de Perpignan qu'elle juge "indignes".

Dans un document du 6 juin rendu public mercredi, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) recommande également de "garantir la protection" des détenus, menacés par d'autres prisonniers.

Elle dénonce aussi des "fouilles intégrales" systématiques non justifiées et dans des conditions "propres à accentuer l'humiliation", citant des locaux inadaptés, parfois vitrés, ou des demandes de s'accroupir.

De son côté, le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, reconnaît que la surpopulation carcérale à Perpignan constitue "une problématique majeure".

Mais, dans ses réponses écrites à cette autorité administrative indépendante, dirigée par Dominique Simonnot, il rappelle que plus de 600 détenus ont bénéficié de réductions de peines entre janvier et mai.

Protéger les détenus 

Concernant les fouilles, il mentionne un "rappel de la réglementation" effectué mi-avril par le chef d'établissement et de nouvelles mesures pour mieux protéger les détenus "vulnérables".

Les contrôleurs ont visité à plusieurs reprises la maison d'arrêt de Perpignan en mars et avril.

Le 3 avril, note la CGLPL, il y avait 315 détenus pour 132 places dans le quartier des hommes. De ce fait, 67 dormaient sur un matelas au sol et, dans les cellules occupées par trois détenus, chacun disposait de 0,84 m2 pour "vivre et se mouvoir".

Selon Pierre Grousset, secrétaire de l'UFAP-UNSA, premier syndicat de l'établissement, "la semaine passée, on est passé de 86 à 67 matelas au sol mais là, c'est en train de remonter, nous en sommes à 72". "On ne peut pas continuer si de nouveau les matelas au sol continuent à monter", a-t-il précisé lundi à l'AFP.

La CGLPL pointe aussi une maintenance insuffisante, faute de moyens humains et matériels, qui explique en partie le mauvais état des installations: moisissures sur les murs, absence de cloisons entre les sanitaires et le reste de la cellule, fenêtres manquantes, etc.

Cellules infestées 

Cette maintenance doit s'améliorer "sans délai", aussi pour "éradiquer les punaises de lit" dont sont "infestées" les cellules, souligne Mme Simonnot.

"Les punaises de lit sur la prison de Perpignan, c'est un truc de fou. Les détenus se font dévorer en cellule. Maintenant ce sont les surveillants qui se font dévorer dans leurs kiosques et certainement que ça va proliférer sur Perpignan", déclare à l'AFP Johann Reig, secrétaire régional du syndicat UFAP-UNSA.

En outre, selon la contrôleure des prisons, "l'insalubrité générale est aggravée par la prolifération de nuisibles". "Les déchets de toutes sortes s'accumulent au pied des bâtiments, où ils attirent chats et goélands" et "les odeurs d'urine de chat sont omniprésentes" dans plusieurs parties de la prison, note-t-elle.

Une autre préoccupation de la CGLPL: "la sécurité incendie, compromise dans un tiers de cellules" du quartier des hommes, "où les prises électriques sont dégradées, des fils électriques dénudés".

Pour sa part, M. Dupond-Moretti met en avant "un plan d'action d'urgence" pour l'éradication des nuisibles, dont une "première campagne de désinfestation" début mai. Et il souligne l'"avis favorable" émis par "la sous-commission de sécurité incendie" sur le fonctionnement du centre pénitentiaire".

Avec une densité carcérale de 205,6% (soit 403 détenus pour 196 places), Perpignan est la quatrième prison la plus surpeuplée de métropole, derrière Nîmes (226%), Rochefort (211,5%) et Gradignan (206,9%).

Et la direction interrégionale de Toulouse, dont dépend la maison d'arrêt de Perpignan, a le taux de densité carcérale le plus élevé de France: 135,9%, devant Paris à 135,4%, la moyenne nationale étant de 121,7%.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.