Des sentiments aux œuvres d'art : entretien avec une sculpteuse saoudienne

Nada al-Reemi invite à explorer des formes d'art non conventionnelles (Photo, Instagram/artistnda).
Nada al-Reemi invite à explorer des formes d'art non conventionnelles (Photo, Instagram/artistnda).
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Publié le Mardi 04 juillet 2023

Des sentiments aux œuvres d'art : entretien avec une sculpteuse saoudienne

  • Les œuvres de Nada al-Reemi se démarquent de la scène artistique saoudienne
  • La sculpture nécessite du dévouement et du temps

RIYAD: Nada al-Reemi se tient devant un bloc d'argile pendant plus de sept heures, le transformant en œuvre d'art, sculptant les détails des yeux, du nez et d'autres traits du visage. Elle ne s'arrête pas tant que le résultat n'est pas parfait.

La sculptrice saoudienne a commencé sa carrière par curiosité et par désir de s'adonner à une activité nouvelle. Elle a découvert son talent pour la sculpture en cours de route et a acquis de nouvelles compétences.

«Lorsque j'ai terminé ma toute première sculpture, j'ai éprouvé un sentiment de bonheur et d'accomplissement qui dépasse celui que j'éprouve lorsque je dessine», confie Nada al-Reemi à Arab News.

Nada al-Reemi invite à explorer des formes d'art non conventionnelles (Photo, Instagram/artistnda).

«Ensuite, j'ai réalisé une autre sculpture représentant mes traits et lorsque j'ai eu terminé, j'ai su que je pouvais sculpter n'importe quoi», poursuit-elle.

Depuis sa plus tendre enfance, Mme Al-Reemi aime la peinture et la pâte à modeler qu'elle partageait avec sa mère.

EN BREF

  • Nada al-Reemi est une artiste et sculptrice saoudienne dont les œuvres ont été exposées dans de nombreuses galeries du Royaume.
  • En 2020, elle a obtenu un certificat de professeur de peinture et de sculpture délivré par le Canadian American Board for Professional Training (Conseil canado-américain pour la formation professionnelle).

«Pour retrouver les jours de mon enfance, je me mets à sculpter avec de l'argile», explique M. Al-Reemi. «Je jouais beaucoup avec de la pâte à modeler et je me souviens encore que ma mère m'apprenait à faire une fleur.»

Nada al-Reemi invite à explorer des formes d'art non conventionnelles (Photo, Instagram/artistnda).

Sa famille a vu son comportement changer lorsqu'elle s'est remise à l'art. Elle l'a encouragée à poursuivre cette voie et à se lancer dans une carrière. C'est ainsi qu'elle s'est inscrite à des cours et à des ateliers d'argile.

Mme Al-Reemi a exposé ses œuvres insolites dans plus de sept galeries, mais elle estime que la sculpture n'est pas encore une forme d'art appréciée par le public du pays. «Les sculpteurs sont rares en Arabie saoudite, et la sculpture mérite d'être davantage reconnue par la population locale. Heureusement, cet art est soutenu par le Royaume, mais il n'est pas encore populaire auprès du public", a-t-elle déclaré.

Les sculpteurs sont rares en Arabie saoudite, et la sculpture mérite d'être davantage reconnue par la population locale. Heureusement, cet art est soutenu par le Royaume, mais il n'est pas encore populaire auprès du public.

Nada al-Reemi, sculptrice saoudienne

Selon Nada al-Reemi, l'art a le potentiel de permettre à une personne de se confronter à elle-même et de surmonter toutes les barrières psychologiques engendrées par une réflexion excessive. C'est pourquoi elle estime que l'art et la santé mentale sont liés, et elle déverse souvent ses sentiments dans ses sculptures.

Nada al-Reemi invite à explorer des formes d'art non conventionnelles (Photo, Instagram/artistnda).

«J'ai imaginé et sculpté un personnage que j'ai appelé l'homme en colère. Il symbolise ce que je ressentais à l'époque. Je l'ai baptisé ainsi à la suite d'une expérience de grande rage.»

En 2020, Mme Al-Reemi a été certifiée en tant que professeure de peinture et de sculpture par le Canadian American Board for Professional Training. Elle a donné de nombreux cours en Arabie saoudite et dans les Émirats arabes unis.

La sculpture nécessite du dévouement et du temps, car une séance peut durer jusqu'à sept heures, et il faut entre deux et trois séances pour terminer une sculpture. L'une de ses œuvres préférées est sa sculpture du roi Salmane.

Nada al-Reemi invite à explorer des formes d'art non conventionnelles (Photo, Instagram/artistnda).

«La sculpture du roi Salmane a nécessité trois sessions, soit plus de 21 heures pour être achevée. Je la considère comme l'une de mes meilleures œuvres jusqu'à présent», affirme-t-elle.

Mme Al-Reemi souhaiterait que la sculpture soit davantage mise en lumière. Elle espère qu'un jour ses sculptures seront exposées sur les ronds-points et les places du Royaume.

«J'espère créer un jour une sculpture qui sera reconnue comme l'un des chefs-d’oeuvre modernes de notre siècle et qui figurera dans les livres d'histoire.»

«Le Royaume attache une grande importance à tous les aspects de l'art, comme en témoigne le lancement de Tuwaiq Sculpture en 2020, qui propose des ateliers et des cours pour les sculpteurs. Cette initiative encourage les artistes à s'exprimer par le biais de la sculpture», conclut-elle.

Le symposium Tuwaiq Sculpture fait de Riyad un centre culturel en Arabie saoudite et sensibilise l'opinion publique à l’international en réunissant des artistes locaux et étrangers pour produire des œuvres d'art publiques sur place.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Les designers arabes brillent aux Golden Globes

L'animatrice Nikki Glaser a foulé le tapis rouge de l'événement dans une robe rose pâle du créateur libanais Zuhair Murad. (Getty Images)
L'animatrice Nikki Glaser a foulé le tapis rouge de l'événement dans une robe rose pâle du créateur libanais Zuhair Murad. (Getty Images)
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  • Les designers arabes, du Liban à l’Arabie saoudite, se sont illustrés sur le tapis rouge des Golden Globes, habillant plusieurs stars de premier plan
  • Le noir et les matières métalliques ont dominé la cérémonie, entre hommages aux grandes maisons et affirmations stylistiques audacieuses

DUBAÏ / LOS ANGELES : Les designers arabes ont marqué le tapis rouge de la 83e cérémonie des Golden Globes, dimanche, habillant plusieurs stars grâce à des talents venus du Liban, d’Égypte et d’Arabie saoudite.

L’animatrice de la soirée, Nikki Glaser, est apparue sur le tapis rouge dans une robe rose poudré signée du designer libanais Zuhair Murad. Cette tenue, l’un de ses nombreux changements de costume au cours de la soirée, est issue de sa collection Resort 2026.

De son côté, Kylie Jenner a été aperçue lors de la cérémonie dans une robe argentée sur mesure imaginée par le couturier saoudien Mohammed Ashi, fondateur de la maison parisienne Ashi Studio.

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Kylie Jenner a été aperçue à la cérémonie de remise des prix dans une robe argentée sur mesure créée par le couturier saoudien Mohammed Ashi. (Getty Images) 

La personnalité de la télévision irlandaise Maura Higgins a, quant à elle, affiché une élégance affirmée dans une robe noire moulante, accompagnée d’un accessoire texturé doré façon châle, créé par la designer égyptienne basée à Dubaï, Marmar Halim.

Timothée Chalamet et une multitude d’autres stars ont également tourné le dos à la couleur cette année, optant majoritairement pour le noir. Ariana Grande a laissé de côté le rose emblématique de son personnage dans Wicked pour une robe de haute couture noire Vivienne Westwood, tout en conservant sa célèbre queue-de-cheval. Ayo Edebiri, Selena Gomez, Miley Cyrus et Mia Goth figuraient aussi parmi les célébrités vêtues de noir.

Ayo Edebiri portait une robe Chanel noire aux épaules dénudées, ornée de bijoux sur les épaules, issue du défilé Métiers d’Art 2026 de Matthieu Blazy.

Les célébrités tenaient fermement leurs robes et faisaient attention où elles marchaient tandis qu'elles posaient pour les photos sur les hauts escaliers qui servaient de tapis rouge. Comme au Met Gala, elles faisaient la queue en bas et devaient monter les marches périlleusement.

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Maura Higgins, élégante, dans une robe noire moulante, accessoirisée d'un châle doré texturé créé par le designer égyptien Marmar Halim, basé à Dubaï. (Getty Images) 

La 83e édition des Golden Globes offre un aperçu des choix stylistiques que les célébrités adopteront tout au long de la saison des prix. Depuis 1944, la cérémonie récompense le meilleur du cinéma et de la télévision.

Le tapis rouge, installé au Beverly Hilton à Beverly Hills, en Californie, constitue une vitrine pour les nominés, même si certains sont liés contractuellement à des maisons de mode en tant qu’ambassadeurs.

Plusieurs stars, dont George Clooney, portaient des créations Giorgio Armani. Le monde de la mode a perdu Armani en septembre, mais sa maison éponyme continue de rayonner.

« C’était émouvant de voir autant de participants, dont Julia Roberts et Kate Hudson, porter la marque et lui rendre hommage », a déclaré Véronique Hyland, directrice des rubriques mode du magazine Elle.

Les stars ont également brillé en tenues métalliques. L’actrice de Sentimental Value, Renate Reinsve, a virevolté sur le tapis rouge dans une robe argentée scintillante à franges, signée Nicolas Ghesquière pour Louis Vuitton. Sa partenaire à l’écran, Elle Fanning, portait une robe Gucci brodée de fleurs norvégiennes, en hommage à leur film dramatique norvégien. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Golden Globes conquis par «Une bataille après l'autre»

"A mes sœurs de couleur et aux petites filles de couleur qui regardent ce soir, (...), notre lumière n'a pas besoin de permission pour briller", a lancé Teyana Taylor, qui y campe une héritière politique du Black Power complètement exaltée. (AFP)
"A mes sœurs de couleur et aux petites filles de couleur qui regardent ce soir, (...), notre lumière n'a pas besoin de permission pour briller", a lancé Teyana Taylor, qui y campe une héritière politique du Black Power complètement exaltée. (AFP)
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  • Le film a remporté les prix de la meilleure comédie, du meilleur scénario, du meilleur second rôle féminin pour Teyana Taylor et du meilleur réalisateur pour Paul Thomas Anderson
  • "Vous êtes tellement généreux avec l’affection que vous me portez, à moi et à ce film. (...) J'adore ce que je fais. Donc c'est juste du plaisir", a remercié le cinéaste américain de 55 ans

BEVERLY HILLS: La fresque sur les dérives extrémistes des Etats-Unis, "Une bataille après l'autre", a triomphé aux Golden Globes dimanche, avec quatre récompenses qui ont confirmé son statut d'ultra-favori en vue des Oscars dans deux mois.

Le film a remporté les prix de la meilleure comédie, du meilleur scénario, du meilleur second rôle féminin pour Teyana Taylor et du meilleur réalisateur pour Paul Thomas Anderson.

"Vous êtes tellement généreux avec l’affection que vous me portez, à moi et à ce film. (...) J'adore ce que je fais. Donc c'est juste du plaisir", a remercié le cinéaste américain de 55 ans.

Plébiscitée pour sa capacité à saisir les fractures contemporaines des Etats-Unis, sa tragicomédie met en scène la traque d'ex-révolutionnaires d'extrême gauche par un suprémaciste blanc.

"A mes sœurs de couleur et aux petites filles de couleur qui regardent ce soir, (...), notre lumière n'a pas besoin de permission pour briller", a lancé Teyana Taylor, qui y campe une héritière politique du Black Power complètement exaltée.

Tête d'affiche du film, Leonardo DiCaprio s'est en revanche incliné pour le prix du meilleur acteur dans une comédie face à Timothée Chalamet, remarquable en joueur de ping-pong à l'ambition insatiable dans "Marty Supreme".

"Merci infiniment du fond du cœur, je suis en lice avec de très grands noms. Cette catégorie est ultra relevée", a lâché l'acteur franco-américain de 30 ans.

"Hamnet" surprend "Sinners" 

Cette saison, "Sinners" passait pour le concurrent le plus sérieux d'"Une bataille après l'autre" pour l'Oscar du meilleur film.

Mais ce film d'époque audacieux de Ryan Coogler, qui raconte la blessure profonde des personnes noires dans le Sud ségrégationniste des années 30, sur fond de contes de vampires et de rythmes de blues, est reparti avec du plomb dans l'aile.

Il a été récompensé par le Globe de la meilleure performance au box-office et celui de la meilleure bande originale, mais a échoué à remporter le prix du meilleur film dramatique face à "Hamnet".

La tragédie explore de manière fictive le deuil d'Agnes et William Shakespeare après la mort de leur fils. L'actrice irlandaise Jessie Buckley, qui y interprète l'épouse du dramaturge britannique, a été sacrée meilleur actrice.

Côté comédies, c'est l'Australienne Rose Byrne qui a été élue meilleure actrice, grâce à son rôle de mère au bout du rouleau, épuisée par la maladie de sa fille et les embûches de la vie, dans "If I Had Legs I'd Kick You".

Succès international pour "L'Agent Secret" 

Le film brésilien "L'Agent Secret" a été l'autre grand vainqueur de la cérémonie, avec deux trophées.

Il a non seulement battu le représentant de la France aux Oscars, "Un simple accident", pour le prix du meilleur film international, mais a aussi permis à Wagner Moura d'être élu meilleur acteur dans un film dramatique.

Il y interprète un ex-universitaire traqué par des tueurs à gage sous la dictature brésilienne des années 70, pendant qu'il tente de renouer avec son fils.

Il s'agit d'"un film sur la mémoire, ou l'absence de mémoire, et sur les traumatismes générationnels", a souligné le comédien brésilien. "Je pense que si ce traumatisme peut se transmettre de génération en génération, les valeurs le peuvent aussi. Alors ceci s'adresse à ceux qui restent fidèles à leurs valeurs dans les moments difficiles."

Un discours à la tonalité politique qui s'est avéré en accord avec le reste de la soirée: plusieurs célébrités portaient des badges "Be Good", du nom de Renee Good, une Américaine tuée cette semaine à Minneapolis par un agent de la police de l'immigration.

La maîtresse de cérémonie Nikki Glaser s'est également moquée du "ministère de la Justice" américain, à qui elle a attribué "le Golden Globe du meilleur montage", pour la publication partielle du dossier Epstein, boulet politique du président Donald Trump.

Le palmarès a été complété par Stellan Skarsgard, élu meilleur second rôle masculin pour son incarnation d'un cinéaste en froid avec ses deux filles dans "Valeur sentimentale".

Le phénomène Netflix "KPop Demon Hunters" a lui remporté le Globe du meilleur film d'animation et celui de la meilleure chanson, pour un tube au titre prédestiné: "Golden".


Le festival de Taif célèbre les icônes littéraires de l'Arabie saoudite

Les peintures murales représentent les sites naturels et historiques de Taif, notamment la montagne Al-Hada, les roseraies de Taif et les palais traditionnels Hijazi. D'autres s'inspirent de Souq Okaz, un centre littéraire et commercial historique lié au patrimoine poétique de la région. (SPA)
Les peintures murales représentent les sites naturels et historiques de Taif, notamment la montagne Al-Hada, les roseraies de Taif et les palais traditionnels Hijazi. D'autres s'inspirent de Souq Okaz, un centre littéraire et commercial historique lié au patrimoine poétique de la région. (SPA)
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  • Il présente aux visiteurs les contributions des pionniers de la littérature par le biais d'un contenu visuel et narratif accessible
  • Organisé par la Commission de la littérature, de l'édition et de la traduction, le festival se déroule jusqu'au 15 janvier et présente 42 maisons d'édition renommées d'Arabie saoudite et d'outre-mer

TAIF : Une section spéciale mettant en lumière les principales figures littéraires saoudiennes fait partie du festival des écrivains et des lecteurs de Taif.

Cette section explore la vie d'écrivains, de poètes et d'auteurs éminents qui ont façonné le paysage créatif du Royaume, influençant la littérature, le journalisme, le théâtre et la pensée intellectuelle.

Il présente aux visiteurs les contributions des pionniers de la littérature par le biais d'un contenu visuel et narratif accessible, a rapporté dimanche l'agence de presse saoudienne.

Organisé par la Commission de la littérature, de l'édition et de la traduction, le festival se déroule jusqu'au 15 janvier et présente 42 maisons d'édition renommées d'Arabie saoudite et d'outre-mer, offrant aux visiteurs la possibilité d'explorer les dernières œuvres en matière de littérature, de philosophie et de connaissances générales.

Par ailleurs, la section des peintures murales interactives du festival invite les visiteurs à découvrir des panneaux d'art ouverts, leur permettant ainsi de contribuer aux caractéristiques et à l'identité de la ville.

Les peintures murales représentent les sites naturels et historiques de Taif, notamment la montagne Al-Hada, les roseraies de Taif et les palais traditionnels Hijazi. D'autres s'inspirent de Souq Okaz, un centre littéraire et commercial historique lié au patrimoine poétique de la région.

Conçues par un artiste plasticien, elles mêlent des éléments d'inspiration folklorique à une expression imaginative, créant une expérience de collaboration qui célèbre la beauté de la ville et rapproche l'art du public.