Le «tueur de DRH» Gabriel Fortin devant ses juges

Le procureur français Laurent De Cailgny attend dans une salle d'audience avant le début du procès de Gabriel Fortin à Valence, dans le sud-est de la France, le 13 juin 2023. (Photo JEFF PACHOUD / AFP)
Le procureur français Laurent De Cailgny attend dans une salle d'audience avant le début du procès de Gabriel Fortin à Valence, dans le sud-est de la France, le 13 juin 2023. (Photo JEFF PACHOUD / AFP)
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Publié le Mardi 13 juin 2023

Le «tueur de DRH» Gabriel Fortin devant ses juges

  • Un suspense planait mardi matin sur la cour d'assises sur la présence ou non du prévenu qui est resté muet pendant toutes les investigations et refusé de participer aux reconstitutions, au grand regret de toutes les parties civiles
  • En 2021, le périple sanglant du meurtrier avait provoqué un fort émoi

VALENCE: Silencieux depuis son arrestation, Gabriel Fortin, ingénieur au chômage accusé d'avoir tué en 2021 deux anciens DRH qui l'avaient licencié et une cadre de Pôle Emploi, comparait depuis mardi matin dans le box des accusés, devant les assises de la Drôme, à Valence.

Jugé pendant trois semaines pour ces trois assassinats, ainsi qu'une tentative d'assassinat dans le Haut-Rhin l'Ardèche, puis la Drôme, cet homme de 47 ans, en détention provisoire depuis sa mise en examen, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Un suspense planait mardi matin sur la cour d'assises sur la présence ou non du prévenu qui est resté muet pendant toutes les investigations et refusé de participer aux reconstitutions, au grand regret de toutes les parties civiles.

Mais il est apparu sans contrainte, cheveux rasés et chemise bleu ciel, dans le box d'une salle comble avant de décliner son identité d'une voix assurée face au président Yves de Franca.

La «peur du silence»

Il a ensuite semblé attentif à la sélection des jurés, observant ces derniers et échangeant quelques mots avec ses avocats.

Peu auparavant, Denis Dreyfus, avocat de la famille de Patricia Pasquion, tuée à 54 ans dans une agence Pôle emploi de Valence, avait confié à la presse la "peur du silence" des parties civiles, familles, proches et employeurs des victimes.

"Un homme parle, les bêtes se taisent. S'il parle on a énormément de questions à lui poser. La principale étant pourquoi (...) ce parcours criminel préparé depuis 15 ans de manière méthodique et froide", a-t-il déclaré.

Me Hervé Gerbi, avocat des trois sœurs de Patricia Pasquion, a aussi exhorté l'accusé à s'exprimer: "Il faut qu'il parle!"

"Ce sont des familles, la société, qui attendent des réponses à ces passages à l’acte (...) nous sommes prêts à entendre toutes les explications qu’il aura à donner", a-t-il assuré.

«Lâcheté»

Me Dominique Arcadio, qui représente le mari et les deux enfants de Géraldine Caclin DRH de Faun Environnement à Guilherand-Granges (Ardèche) tuée à 51 ans, voit dans les crimes de Fortin de la "lâcheté".

"Etre licencié fait partie de l’existence (...) Or il n’a rien trouvé rien trouvé d’autre à faire que d’aller chercher des innocents, c’est de la lâcheté à l’état pur", a-t-il fustigé.

Le procès, qui compte une trentaine de parties civiles, doit rentrer dans le vif du sujet mardi après-midi avec les premiers témoins de personnalité.

Rancoeur tenace
En 2021, le périple sanglant du meurtrier avait provoqué un fort émoi.

Le 28 janvier un peu après 08H30, Patricia Pasquion, 54 ans, cadre dans une agence Pôle Emploi, est abattue par un homme au visage masqué. Un témoin note la plaque d'immatriculation de la voiture utilisée par le tireur.

Quelques minutes plus tard, le même homme parcourt la courte distance qui le sépare de Guilherand-Granges (Ardèche), où Géraldine Caclin, responsable des ressources humaines de Faun Environnement, est à son tour abattue dans les locaux de l'entreprise.

Gabriel Fortin est arrêté dans sa voiture quelques instants plus tard, sa plaque d'immatriculation ayant été repérée par des policiers.

Préméditation des actes

Stupeur, quand l'enquête établit rapidement un rapprochement avec des faits commis moins de deux jours plus tôt à des centaines de kilomètres de là: la mort d'Estelle Luce, le 26 janvier, tuée par balles dans sa voiture, sur le parking de l'entreprise Knauf, dans la petite ville de Wolfgantzen (Haut-Rhin).

Et le même soir, à Wattwiller, l'agression d'un cadre - qui se révèlera être l'un de ses anciens collègues dans une entreprise d'Eure-et-Loir entre 2006 et 2008 - blessé par balle par un homme qui avait réussi à s'enfuir.

Socialement isolé, Gabriel Fortin, ingénieur discret habitant Nancy, amateur de tir sportif, vivait le chômage comme une injustice et ne supportait pas d'être déclassé socialement.

Dès les premiers jours d'enquête, le parquet avait souligné la préméditation des actes qui semblent minutieusement préparés. Gabriel Fortin nourrissait une rancœur tenace: trois des quatre victimes avaient été associées à ses deux licenciements, d'une entreprise d'Eure-et- Loir en 2006 et de Faun Environnement en 2009.

Verdict attendu le 30 juin.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.