La Banque d'Angleterre envisage de refuser à Revolut sa licence bancaire

Une photographie présentée à titre d'illustration à Londres le 21 avril 2023 montre un détail d'une carte de la "néo-banque" Revolut, basée sur une application de téléphonie mobile. (Photo, AFP)
Une photographie présentée à titre d'illustration à Londres le 21 avril 2023 montre un détail d'une carte de la "néo-banque" Revolut, basée sur une application de téléphonie mobile. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 19 mai 2023

La Banque d'Angleterre envisage de refuser à Revolut sa licence bancaire

  • L'autorité de régulation  des banques PRA, qui dépend de la banque centrale, «a informé le gouvernement en mars qu'elle prévoyait d'émettre» un avertissement à Revolut et que «la demande (de licence) initiale de la société serait rejetée»
  • Mais si Revolut s'est vu octroyer une licence européenne complète en 2021, cela fait plus de deux ans qu'elle attend pour obtenir l'équivalent outre-Manche

LONDRES: La Banque d'Angleterre envisage de refuser d'accorder une licence bancaire à la société de finance britannique Revolut, qui dispose de ce sésame dans l'UE et cherche à obtenir la même reconnaissance au Royaume-Uni, affirme le Daily Telegraph vendredi.

L'autorité de régulation  des banques PRA, qui dépend de la banque centrale, "a informé le gouvernement en mars qu'elle prévoyait d'émettre" un avertissement à Revolut et que "la demande (de licence) initiale de la société serait rejetée" en raison d'inquiétudes sur ses comptes, affirme le journal.

Pour autant, cet avertissement n'a toujours pas été émis, et "des négociations urgentes ont lieu en coulisses pour tenter de sauver la demande de licence", ajoute le Telegraph.

Revolut a indiqué à l'AFP ne pas pouvoir commenter ces informations, soulignant le fait que la demande de licence est en cours. La Banque d'Angleterre et le ministère des Finances n'ont pas non plus souhaité faire de commentaire.

Revolut a réalisé son premier bénéfice annuel en 2021, mais ses résultats pour cet exercice avaient été publiés avec des mois de retard, à cause de pressions du régulateur pour améliorer ses contrôles internes après des failles importantes dans l'audit de ses comptes par le cabinet BDO.

Dans le rapport financier 2021 de Revolut, BDO notait que les systèmes informatiques n'avaient pas été conçus pour permettre des contrôles sur certaines transactions initiées par les utilisateurs directement dans l'environnement informatique du groupe, ce qui rendait incertaine leur évaluation d'une partie du chiffre d'affaires.

Revolut a depuis fait valoir que l'entreprise a grossi très vite et que ses procédures et systèmes informatiques n'avaient, un temps, plus été adaptés à sa taille, mais qu'elle avait remédié à ces problèmes.

Mais si Revolut s'est vu octroyer une licence européenne complète en 2021, cela fait plus de deux ans qu'elle attend pour obtenir l'équivalent outre-Manche.

Cette procédure qui traîne fait couler beaucoup d'encre au Royaume-Uni, en particulier après la récente crise bancaire qui a emporté plusieurs banques régionales américaines et vu le rachat dans l'urgence de Credit Suisse par UBS.

La presse britannique a aussi souligné le départ récent de plusieurs dirigeants, dont celui annoncé début mai de son directeur financier Mikko Salovaara, "à son initiative".

Revolut avait été valorisée à environ 33 milliards de dollars en 2021 mais le gestionnaire d'actifs britannique Schroders, actionnaire de la fintech, a récemment estimé dans ses comptes 2022 que la valorisation avait fondu de 46%.

Revolut a annoncé début mai vouloir passer de près de 30 millions de clients actuellement dans le monde à 100 millions d'ici 2025, et concurrencer les acteurs bancaires traditionnels, notamment en Europe continentale, en proposant par exemple des crédits à la consommation.

La FCA, régulateur britannique des marchés, s'est aussi inquiétée en mars d'un "risque inacceptable" pour les clients et le système financier représenté par certaines sociétés de paiement non bancaires, à cause de "contrôles insuffisants", sans toutefois en nommer aucune.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Short Url
  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Short Url
  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Short Url
  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.