Le prince Albert II  de Monaco: «Les initiatives environnementales de la région Mena sont remarquables»

Ce n’est un secret pour personne, le prince Albert II de Monaco (ci-dessus) est un fervent défenseur de l’environnement. (Photo, fournie)
Ce n’est un secret pour personne, le prince Albert II de Monaco (ci-dessus) est un fervent défenseur de l’environnement. (Photo, fournie)
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Publié le Vendredi 04 août 2023

Le prince Albert II  de Monaco: «Les initiatives environnementales de la région Mena sont remarquables»

  • Depuis quelques années, la principauté de Monaco a programmé des initiatives pour encourager les modes de vie durables
  • «Nous sommes pour l'instant dans une bonne moyenne pour atteindre nos objectifs de réduction des gaz à effet de serre qui sont de l’ordre de 50% à l'horizon 2030 et la neutralité carbone en 2050»

MONACO: Il était une fois Monaco… Une cité-État à cheval entre mer et montagne, sur la côte méditerranéenne et qui s’étend sur 2,02 km2. Le Rocher est ainsi le deuxième plus petit État au monde après le Vatican. Sa population est estimée à 39 150 habitants, ce qui en fait l’un des pays les plus densément peuplés de la planète. La principauté est aussi l’une des destinations les plus prisées au monde. Avec ses palaces, son casino et son célèbre Grand Prix de Formule 1, le pays attire chaque année des millions de touristes des quatre coins du monde et les travailleurs étrangers y sont nombreux. Une réalité qui a des conséquences néfastes sur l’environnement. 

La pression sur les ressources naturelles de Monaco est immense. La ville-État doit faire face en effet à des problèmes environnementaux tels que la gestion des déchets, la qualité de l’air et de l’eau ainsi que la consommation d’énergie. Le défi est de taille: maintenir la qualité de vie des résidents tout en préservant les ressources naturelles de la cité-État. Depuis quelques années, la principauté de Monaco a programmé des initiatives pour encourager les modes de vie durables. Ce qui se passe sans bruit à Monaco pourrait-il véritablement servir d’exemple au-delà de ses frontières? 

Ce n’est un secret pour personne, le prince Albert II de Monaco est un fervent défenseur de l’environnement. En marge du salon Ever, la plus ancienne manifestation de la principauté sur les thématiques de la mobilité durable et des énergies renouvelables, le prince Albert II de Monaco a accordé une interview exclusive à Arab News en français

«Souriant, accessible et décontracté»

Posez la question à n’importe quel Monégasque, il vous le confirmera… Le prince Albert II de Monaco est un homme souriant, accessible et décontracté. On aurait pu penser le contraire vu son rang de prince souverain et son statut de chef d’un petit État souvent perçu comme le lieu par excellence du luxe et de la démesure, mais Albert II, lors de notre rencontre, nous a donné également cette impression de simplicité. 

Monaco, terre de mobilité durable? 

Comment nous déplacerons-nous dans le futur? Quel genre de bus emprunterons-nous? À quoi ressembleront les camions? Quid des avions très polluants? Comment allier confort et respect de l’environnement? Les réponses se trouvent peut-être dans les innovations présentées chaque année au salon Ever. Les visiteurs y découvrent des scooters, des vélos, des bateaux et même des avions électriques. L’objectif est de montrer que la mobilité durable peut prendre différentes formes et s’adapter aux besoins de chacun.  

Le salon se déroule dans le quartier d’affaires de Fontvieille, à quelques pas seulement de l’héliport… Les visiteurs peuvent apercevoir (et surtout entendre) le ballet des hélicoptères qui permettent aux VIP, touristes ou hommes d’affaires de rejoindre Nice depuis le Rocher en sept minutes. Les hélicoptères ne sont pas encore électriques et restent bel et bien polluants, mais Monaco peut toutefois se vanter de posséder le premier héliport au monde à avoir obtenu l’accréditation carbone via l’Airport Council International Europe, autrement dit la structure serait moins polluante et plus respectueuse de l’environnement. 

Pour le prince Albert, le salon Ever est une vitrine pour Monaco. «Cet événement permet de faire la promotion de la mobilité propre et de l’engagement de la principauté à créer une plate-forme, de montrer non seulement ce que la principauté réalise, mais aussi les innovations en matière de transport routier ou même aérien», indique le prince avec fierté. 

Qui dit respect de l’environnement ne veut pas dire régression pour le prince. Hors de question pour lui de cesser «d’innover et de progresser».  

La décroissance ne serait donc pas la solution. Il est beaucoup plus partisan de la sobriété. «Nous sommes pour l'instant dans une bonne moyenne pour atteindre nos objectifs de réduction des gaz à effet de serre qui sont de l’ordre de 50% à l'horizon 2030 et la neutralité carbone en 2050… Il faut absolument que l'on tende vers une société décarbonée et vers un impact moins fort de nos activités humaines. Et donc tout ce qui peut amener les consommateurs d'aujourd'hui et de demain à adopter ces nouvelles normes est une bonne orientation vers une mobilité propre, qu'elle soit électrique ou hydrogène, ou de carburant propre.» 

Selon le prince Albert II, «nous utilisons encore trop de véhicules thermiques alors que des solutions, si elles se développent de plus en plus, seront moins coûteuses aussi à l'avenir». 

La principauté de Monaco encourage en ce sens l’utilisation de voitures électriques et promeut les déplacements en transport collectif, à pied et à vélo pour réduire la pollution de l’air. 

«À l’horizon 2025, Monaco verra sa flotte de bus composée à 100% de véhicules électriques!», espère le prince. «La principauté entend également inciter davantage à l’achat de véhicules neufs, tout électriques ou hybrides rechargeables avec des offres d’aides à l’achat de ces véhicules allant jusqu’à 30% du prix du véhicule», explique le prince à Arab News en français

«On espère, à la fin de l'année, atteindre les 20% de notre parc automobile en véhicules électriques ou hybrides rechargeables, ce qui, pour un petit pays comme le nôtre, est remarquable.» 

Soutien de Monaco au rallye Aïcha des Gazelles

La fondation Prince Albert II de Monaco soutient le rallye Aïcha des Gazelles.

Une course automobile 100% féminine créée il y a plus de trente ans, sans GPS ni téléphones portables avec des concurrentes qui parcourent le désert marocain à la recherche de balises. Le rallye présenté au salon Ever met en avant le courage des femmes, mais il promeut également la mobilité durable et la préservation de l’environnement. Il s’agit en ce sens du premier événement sportif automobile au monde à avoir obtenu la norme environnementale Iso 14001. En effet, la course s’engage à réduire les émissions en CO2 tout en réduisant sa consommation d’eau, son énergie et ses déchets.  

Le prince Albert II a indiqué à Arab News en français être «très heureux que la principauté et la fondation soient liées à ce grand événement, qui promeut de belles valeurs comme l'engagement des femmes de tous horizons avec cette déclinaison depuis pratiquement le début sur la durabilité, sur les énergies renouvelables et sur la mobilité forte». Le prince se félicite également du nombre croissant de véhicules électriques qui prennent part au rallye Aïcha des Gazelles avec la catégorie E-Gazelles et dont le départ se fait à Monaco depuis la place du palais princier. «C'est une aventure formidable et exemplaire, notamment dans ce qu’elle apporte pour la durabilité et pour l'engagement vers une mobilité propre», s’exclame-t-il. 

L’extension de Monaco sur la mer: un projet titanesque 

Le prince Albert II est connu pour son amour de la mer et son engagement en faveur de la protection de l’environnement marin. Il a effectué plusieurs expéditions océanographiques pour sensibiliser à l’importance de la biodiversité marine. Plusieurs initiatives ont été programmées pour protéger les océans, notamment la création de réserves marines et la promotion de la pêche durable. Le célèbre musée océanographique de Monaco, fondé en 1910 par le prince Albert 1er, et dirigé par le commandant Cousteau lui-même pendant trois décennies, est un acteur essentiel dans la sensibilisation du grand public à la protection de l’environnement marin. 

Alors que les bateaux de croisière sont de plus en plus décriés en raison de leurs conséquences néfastes pour l’environnement, leur branchement à un réseau électrique pour réduire leur impact carbone apparaît pour de nombreuses villes portuaires comme une solution pour limiter leurs émissions. C’est en ce sens que le prince Albert II indique à Arab News en français qu’«une norme pour permettre aux navires de croisière lorsqu’ils sont dans les eaux monégasques de se raccorder aux réseaux électriques est en passe d’être finalisée». Le chef de l’État admet toutefois qu’il s’agit «d’un problème technique très difficile à résoudre». 

Lors de son avènement, le 12 juillet 2005, dans son discours évoquant les priorités de son règne, le prince avait déclaré vouloir faire de Monaco, «une société modèle, un modèle de société». 

Le prince souhaiterait donc faire de la cité-État un modèle de développement urbain durable à travers notamment son incroyable projet d’extension sur la mer de six hectares. Près de 60 000 m2 de logements luxueux doivent sortir de l’eau d’ici à 2025. Certains parlent même de la construction d’un opéra sous-marin! Le coût global du projet est estimé à 2 milliards d’euros. 

Ce projet titanesque, véritable défi environnemental, se présente comme écoresponsable avec une attention particulière portée au respect de la biodiversité du site et aux impacts écologiques générés par le chantier. 

Pourrait-il en être autrement lorsque l’on sait à quel point la protection des fonds marins est une cause importante pour le prince Albert II? 

Monaco et la région Mena: un avenir en commun au service de l’environnement 

Si la fondation Prince Albert II de Monaco œuvre à la protection de l’environnement et à la promotion du développement durable à l’échelle locale, elle est aussi fortement engagée sur le plan international. «La fondation apporte son soutien à différents projets à travers des partenariats entre la fondation et d’autres entités, notamment par le partage des bonnes pratiques», indique le prince. Il se félicite de «l’existence de plusieurs projets liés à l'énergie solaire, éolienne ou autres tout autour du bassin méditerranéen, mais aussi au-delà». Selon le prince: «Il est nécessaire de montrer l'importance de ce mix énergétique, même pour les pays en développement.» 

Le prince Albert II souhaite davantage renforcer la coopération entre la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (Mena) et Monaco, précise-t-il à Arab News en français.  

La région Mena et particulièrement l’Arabie saoudite ainsi que les Émirats arabes unis (EAU) ont déployé des efforts considérables pour accélérer la transition vers les énergies renouvelables: l’initiative verte saoudienne comme celle du Moyen-Orient en est notamment le fer de lance. Alors que la prochaine conférence de l’Organisation des nations unies sur le climat (COP) se tiendra en décembre prochain à Dubaï, aux EAU, le prince salue «les projets et initiatives tout à fait remarquables de la région». «J'ai grand plaisir à souligner et à montrer que nous sommes aussi partenaires de nombre de ces projets. Des projets tout à fait admirables, comme Masdar», indique-t-il. Le prince souverain a tenu particulièrement à saluer le travail fourni par Razan al-Moubarak, «l’une des ambassadrices de la prochaine COP, présidente de l’Union internationale pour la conservation de la nature, avec laquelle la fondation est très liée», déclare-t-il avec fierté à Arab News en français

«C’est grâce à ces personnalités, mais aussi grâce à une multitude d'initiatives et de projets non seulement au Moyen-Orient, mais aussi sur la rive Sud de la Méditerranée et dans toute l'Afrique du Nord, que les énergies renouvelables peuvent être mises en œuvre et que les efforts pour une plus grande durabilité peuvent être entrepris.» Le prince souligne ainsi «les efforts tout à fait exemplaires du Maroc, mais aussi d'autres pays» de la région pour lesquels il s’est dit très heureux de pouvoir contribuer «modestement afin que cela se développe encore plus». 

Une collaboration destinée à être renforcée avec les pays de la région Mena dont on connaît aujourd’hui le développement remarquable dans différents secteurs et particulièrement dans la défense de notre environnement. Récemment, l’État monégasque et l’Arabie saoudite ont d’ailleurs établi des relations diplomatiques. Ce qui laisse présager une coopération fructueuse entre ces deux États, soucieux d’allier progrès et respect de l’environnement.


Le G7 «uni» pour faire monter la pression sur la Russie et revenir à la stabilité au Moyen-Orient

Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.  Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine. Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
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  • Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine
  • Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février

EVIAN: Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.

Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington.

L'annonce la plus attendue est venue du président américain, qui a dit vouloir rétablir certaines sanctions pesant sur le pétrole russe, un temps suspendues pour contrer la flambée des cours du brut occasionnée par le conflit contre l'Iran.

"Nous serons bientôt en mesure" de les réintroduire, a-t-il assuré, alors que le trafic dans le détroit, par lequel transite un cinquième des exportations mondiales d'hydrocarbures, reprend timidement. Ces exportations constituent la principale source de financement de l'effort de guerre russe depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022.

Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine.

Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février.

Autant de déclarations accueillies avec soulagement par ses pairs, alors que le président américain  s'est souvent montré plus à l'écoute du Russe Vladimir Poutine que de l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, qu'il avait accueilli avec une rudesse sans pareille en février 2025 dans le Bureau Ovale.

Zelensky félicité 

Les dirigeants du G7 sont "unis", "ils font le constat qu'il y a une dynamique sur le terrain" en faveur de l'Ukraine et sont d'accord pour "augmenter la pression" sur la Russie et livrer plus de moyens de défense antiaérienne à Kiev, avait esquissé auparavant une source diplomatique française.

Signe de sa bonne disposition, Donald Trump a aussi rencontré une vingtaine de minutes en aparté le président ukrainien et devait le revoir dans l'après-midi. Leur dernière rencontre remontait au 28 décembre aux Etats-Unis.

Le président américain l'a félicité pour la "performance" de l'armée ukrainienne sur le terrain et il a reconnu que la "dynamique" était ukrainienne, selon un participant.

"C'est formidable que tout le monde comprenne que la Russie ne va pas gagner et que nous devons faire pression sur Poutine pour qu'il mette un terme à cette guerre", s'est félicité le président ukrainien, qu'Emmanuel Macron a invité à rester jusqu'à la fin du sommet mercredi.

Multipliant les marques d'attention, le président français est allé à sa rencontre à son arrivée à l'hôtel Royal, sur les bords du Lac Léman, où se tenait cette année la grand-messe de ce club de grandes puissances industrialisées.

"Déminage" 

Le président américain, lui, aura les honneurs du château de Versailles mercredi pour un dîner. "Et Versailles, c'est pas du plaqué or, c'est du lourd", s'est-il réjoui.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé que le Royaume-Uni allait fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie.

Le chef du gouvernement canadien a fait de même avec des sanctions visant la flotte fantôme de pétroliers au service de la Russie, ses revenus énergétiques, son industrie de défense et les acteurs de la désinformation.

Et Friedrich Merz a offert un maillot de football allemand floqué à son nom au président américain, deux jours après son anniversaire.

Les dirigeants du G7 et leurs homologues d'Egypte, du Qatar et des Emirats arabes unis se sont ensuite félicités lors d'un déjeuner de l'accord irano-américain, un "très beau deal" selon une source diplomatique.

Ils ont insisté sur la "nécessité d'avoir de la visibilité sur la menace iranienne", de diversifier les routes d'approvisionnement en hydrocarbures pour réduire la dépendance au détroit d'Ormuz, cartes à l'appui, et d'un "effort multinational pour soutenir l'armée libanaise".

Les Etats-Unis nous "demandent de mettre des capacités de déminage" à disposition dans le détroit d'Ormuz, a indiqué une source européenne, précisant que des bateaux français et allemands étaient notamment mobilisés à cette fin.

Donald Trump s'était pourtant montré assez peu intéressé la veille par la mission maritime internationale mise en place par Paris et Londres pour garantir le retour à la liberté de circulation dans la région, une fois la paix revenue.

Mercredi, au dernier jour du sommet, le G7 recevra plusieurs "leaders de la tech mondiale" pour un déjeuner où il sera question de régulation, ou encore d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans. Des débats qui s'annoncent tendus avec Donald Trump.


L'accord Iran-USA doit être signé vendredi dans un complexe hôtelier suisse proche de Lucerne, annonce Berne

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf. (AFP et AP)
Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf. (AFP et AP)
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  • "A ce stade, cette signature est prévue le vendredi 19 juin au Bürgenstock", a indiqué le ministère, ajoutant que ce site, difficilement accessible et donc aisément sécurisable, "a été proposé par les médiateurs pakistanais et qatariens
  • Pour l'instant, "il n'est pas encore possible de fournir des informations sur le déroulement et les détails de la signature prévue", a précisé le ministère

GENEVE: L'accord noué entre les Etats-Unis et l'Iran doit être signé vendredi en Suisse dans un luxueux complexe hôtelier surplombant le lac des Quatre cantons près de Lucerne, a indiqué mardi le ministère suisse des Affaires étrangères.

"A ce stade, cette signature est prévue le vendredi 19 juin au Bürgenstock", a indiqué le ministère, ajoutant que ce site, difficilement accessible et donc aisément sécurisable, "a été proposé par les médiateurs pakistanais et qatariens, ainsi que par les Etats-Unis et l'Iran".

Pour l'instant, "il n'est pas encore possible de fournir des informations sur le déroulement et les détails de la signature prévue", a précisé le ministère.

Situé dans le petit canton de Nidwald, dans le centre de la Suisse, le complexe hôtelier du Bürgenstock est établi sur une crête montagneuse surplombant Lucerne et le lac des Quatre cantons. Il avait déjà abrité en juin 2024 une conférence de haut niveau sur la paix en Ukraine, à laquelle avait participé le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf.

D'après Téhéran, ces deux derniers devraient mener les délégations de leurs pays pour cette signature en Suisse.

Le texte de l'accord n'a pas été rendu public, laissant planer des doutes sur des points de divergence entre les deux parties après de laborieuses négociations pour mettre fin au conflit.

Le document fait environ "une page et demie" et est "très général", a révélé sur CNN JD Vance - qui avait plus tôt évoqué la possible présence à la cérémonie de Donald Trump, actuellement au sommet du G7 du côté français du lac Léman, à Evian.


Le détroit d'Ormuz «complètement ouvert» vendredi, annonce Trump après l'accord avec l'Iran

Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Des médias iraniens ont annoncé dans la soirée que trois pétroliers et deux cargos transportant des marchandises avaient traversé la zone jusque-là soumise au blocus naval américain
  • "Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit", s'est réjoui lundi le président américain sur son réseau Truth Social. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!"

TEHERAN: Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

"Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit", s'est réjoui lundi le président américain sur son réseau Truth Social. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!"

Des médias iraniens ont annoncé dans la soirée que trois pétroliers et deux cargos transportant des marchandises avaient traversé la zone jusque-là soumise au blocus naval américain.

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par Donald Trump, son vice-président JD Vance, et le président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le texte n'a pas été rendu public, laissant planer des doutes sur des points de divergence entre les deux parties après de laborieuses négociations.

Ce document "apportera la paix dans la région", a promis lundi Donald Trump. Il a laissé entendre que le texte pourrait être publié vendredi, après sa signature à Genève, qui marquera l'ouverture d'une période de soixante jours pour conclure un accord final.

"Nous avons un passif d'engagements non tenus, non appliqués, abandonnés, tout cela est présent dans notre esprit", dans le processus de négociation et de mise en place de l'accord, a déclaré, plus circonspect, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"En même temps, nous faisons tout ce qui est possible pour créer à travers ce processus des opportunités économiques pour notre pays", a-t-il ajouté.

Fin "définitive" de la guerre 

Les premières informations sur le contenu de l'accord sont principalement venues d'Iran. Selon sa diplomatie, il prévoit "la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban".

Dans le très stratégique détroit d'Ormuz, l'Iran devrait facturer des frais liés aux services aux navires, plutôt qu'instaurer un péage dont les Etats-Unis ne voulaient pas, selon la même source.

"Nous nous attendons à ce que le détroit soit rouvert sans péage à long terme", a dit le vice-président américain JD Vance à CNBC lundi.

La diplomatie iranienne a aussi assuré que "la partie américaine s'était engagée" à débloquer des fonds iraniens gelés à l'étranger et à verser des réparations pour les dégâts provoqués par la guerre.

"Ils ne recevront jamais le moindre dollar du contribuable américain. Jamais", a toutefois insisté JD Vance sur Fox News.

Aucun avoir sous sanction américaine n'a été débloqué pour l'instant, selon un haut responsable américain.

Les Etats-Unis doivent également garantir qu'Israël mette fin à la guerre au Liban, a affirmé le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï.

Les affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien au Liban semblaient avoir cessé, mais une frappe israélienne a tué une personne dans le sud lundi à la mi-journée. Puis le Hezbollah a annoncé y avoir "repoussé", au moyen de roquettes et de drones, une force israélienne qui tentait d'avancer.

L'armée israélienne restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire", comme en Syrie et à Gaza, a déclaré lundi soir le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Alors que l'accord irano-américain est largement perçu comme un échec pour Israël par la société et une grande partie de la classe politique, le Premier ministre israélien a affirmé que la guerre avait sauvé son pays de la menace d'une "destruction nucléaire".

Et annoncé qu'il comptait se présenter aux élections législatives d'ici la fin de l'année, malgré les critiques et son procès pour corruption. Âgé de 76 ans, il a gouverné le pays plus longtemps qu'aucun autre Premier ministre: plus de 18 années cumulées depuis 1996.

Négociations sur l'uranium iranien 

L'annonce d'un accord pour mettre fin à la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes et qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, a fait chuter les prix du pétrole de près de 5% lundi. Ils se stabilisent mardi.

Les habitants de la région semblaient eux mitigés. "Le peuple iranien n'a rien gagné avec cet accord", réagit Arya, 38 ans, professeur d'anglais à Téhéran. "Les gens ne vont pas revenir à leur vie d'avant."

Au Liban, certains déplacés envisageaient timidement un retour vers le sud dans des zones non occupées par Israël. "Même s'il ne reste que des ruines, nous y planterons une tente et nous y resterons", assure Hana al-Jamma.

Les 60 jours de négociations qui doivent s'ouvrir porteront sur quatre sujets, selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères: la levée des sanctions contre l'Iran, le nucléaire, la "reconstruction" et "le développement économique" du pays, ainsi que "la mise en place d'un mécanisme de suivi" des engagements pris.

L'Iran cherchera "à ce que l'accord final soit soutenu par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies", a précisé sa diplomatie.

Dans des déclarations au New York Times, Donald Trump a indiqué qu'un volet des négociations concernerait l'acceptation par l'Iran d'un moratoire de vingt ans sur l'enrichissement d'uranium, laissant entendre qu'il pourrait transiger sur quinze ans.

En vertu du protocole d'accord, des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) seront par ailleurs autorisés à se rendre en Iran pour aider Téhéran à "détruire son stock d'uranium hautement enrichi", a annoncé JD Vance sur NBC News.