Le prince Albert II  de Monaco: «Les initiatives environnementales de la région Mena sont remarquables»

Ce n’est un secret pour personne, le prince Albert II de Monaco (ci-dessus) est un fervent défenseur de l’environnement. (Photo, fournie)
Ce n’est un secret pour personne, le prince Albert II de Monaco (ci-dessus) est un fervent défenseur de l’environnement. (Photo, fournie)
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Publié le Vendredi 04 août 2023

Le prince Albert II  de Monaco: «Les initiatives environnementales de la région Mena sont remarquables»

  • Depuis quelques années, la principauté de Monaco a programmé des initiatives pour encourager les modes de vie durables
  • «Nous sommes pour l'instant dans une bonne moyenne pour atteindre nos objectifs de réduction des gaz à effet de serre qui sont de l’ordre de 50% à l'horizon 2030 et la neutralité carbone en 2050»

MONACO: Il était une fois Monaco… Une cité-État à cheval entre mer et montagne, sur la côte méditerranéenne et qui s’étend sur 2,02 km2. Le Rocher est ainsi le deuxième plus petit État au monde après le Vatican. Sa population est estimée à 39 150 habitants, ce qui en fait l’un des pays les plus densément peuplés de la planète. La principauté est aussi l’une des destinations les plus prisées au monde. Avec ses palaces, son casino et son célèbre Grand Prix de Formule 1, le pays attire chaque année des millions de touristes des quatre coins du monde et les travailleurs étrangers y sont nombreux. Une réalité qui a des conséquences néfastes sur l’environnement. 

La pression sur les ressources naturelles de Monaco est immense. La ville-État doit faire face en effet à des problèmes environnementaux tels que la gestion des déchets, la qualité de l’air et de l’eau ainsi que la consommation d’énergie. Le défi est de taille: maintenir la qualité de vie des résidents tout en préservant les ressources naturelles de la cité-État. Depuis quelques années, la principauté de Monaco a programmé des initiatives pour encourager les modes de vie durables. Ce qui se passe sans bruit à Monaco pourrait-il véritablement servir d’exemple au-delà de ses frontières? 

Ce n’est un secret pour personne, le prince Albert II de Monaco est un fervent défenseur de l’environnement. En marge du salon Ever, la plus ancienne manifestation de la principauté sur les thématiques de la mobilité durable et des énergies renouvelables, le prince Albert II de Monaco a accordé une interview exclusive à Arab News en français

«Souriant, accessible et décontracté»

Posez la question à n’importe quel Monégasque, il vous le confirmera… Le prince Albert II de Monaco est un homme souriant, accessible et décontracté. On aurait pu penser le contraire vu son rang de prince souverain et son statut de chef d’un petit État souvent perçu comme le lieu par excellence du luxe et de la démesure, mais Albert II, lors de notre rencontre, nous a donné également cette impression de simplicité. 

Monaco, terre de mobilité durable? 

Comment nous déplacerons-nous dans le futur? Quel genre de bus emprunterons-nous? À quoi ressembleront les camions? Quid des avions très polluants? Comment allier confort et respect de l’environnement? Les réponses se trouvent peut-être dans les innovations présentées chaque année au salon Ever. Les visiteurs y découvrent des scooters, des vélos, des bateaux et même des avions électriques. L’objectif est de montrer que la mobilité durable peut prendre différentes formes et s’adapter aux besoins de chacun.  

Le salon se déroule dans le quartier d’affaires de Fontvieille, à quelques pas seulement de l’héliport… Les visiteurs peuvent apercevoir (et surtout entendre) le ballet des hélicoptères qui permettent aux VIP, touristes ou hommes d’affaires de rejoindre Nice depuis le Rocher en sept minutes. Les hélicoptères ne sont pas encore électriques et restent bel et bien polluants, mais Monaco peut toutefois se vanter de posséder le premier héliport au monde à avoir obtenu l’accréditation carbone via l’Airport Council International Europe, autrement dit la structure serait moins polluante et plus respectueuse de l’environnement. 

Pour le prince Albert, le salon Ever est une vitrine pour Monaco. «Cet événement permet de faire la promotion de la mobilité propre et de l’engagement de la principauté à créer une plate-forme, de montrer non seulement ce que la principauté réalise, mais aussi les innovations en matière de transport routier ou même aérien», indique le prince avec fierté. 

Qui dit respect de l’environnement ne veut pas dire régression pour le prince. Hors de question pour lui de cesser «d’innover et de progresser».  

La décroissance ne serait donc pas la solution. Il est beaucoup plus partisan de la sobriété. «Nous sommes pour l'instant dans une bonne moyenne pour atteindre nos objectifs de réduction des gaz à effet de serre qui sont de l’ordre de 50% à l'horizon 2030 et la neutralité carbone en 2050… Il faut absolument que l'on tende vers une société décarbonée et vers un impact moins fort de nos activités humaines. Et donc tout ce qui peut amener les consommateurs d'aujourd'hui et de demain à adopter ces nouvelles normes est une bonne orientation vers une mobilité propre, qu'elle soit électrique ou hydrogène, ou de carburant propre.» 

Selon le prince Albert II, «nous utilisons encore trop de véhicules thermiques alors que des solutions, si elles se développent de plus en plus, seront moins coûteuses aussi à l'avenir». 

La principauté de Monaco encourage en ce sens l’utilisation de voitures électriques et promeut les déplacements en transport collectif, à pied et à vélo pour réduire la pollution de l’air. 

«À l’horizon 2025, Monaco verra sa flotte de bus composée à 100% de véhicules électriques!», espère le prince. «La principauté entend également inciter davantage à l’achat de véhicules neufs, tout électriques ou hybrides rechargeables avec des offres d’aides à l’achat de ces véhicules allant jusqu’à 30% du prix du véhicule», explique le prince à Arab News en français

«On espère, à la fin de l'année, atteindre les 20% de notre parc automobile en véhicules électriques ou hybrides rechargeables, ce qui, pour un petit pays comme le nôtre, est remarquable.» 

Soutien de Monaco au rallye Aïcha des Gazelles

La fondation Prince Albert II de Monaco soutient le rallye Aïcha des Gazelles.

Une course automobile 100% féminine créée il y a plus de trente ans, sans GPS ni téléphones portables avec des concurrentes qui parcourent le désert marocain à la recherche de balises. Le rallye présenté au salon Ever met en avant le courage des femmes, mais il promeut également la mobilité durable et la préservation de l’environnement. Il s’agit en ce sens du premier événement sportif automobile au monde à avoir obtenu la norme environnementale Iso 14001. En effet, la course s’engage à réduire les émissions en CO2 tout en réduisant sa consommation d’eau, son énergie et ses déchets.  

Le prince Albert II a indiqué à Arab News en français être «très heureux que la principauté et la fondation soient liées à ce grand événement, qui promeut de belles valeurs comme l'engagement des femmes de tous horizons avec cette déclinaison depuis pratiquement le début sur la durabilité, sur les énergies renouvelables et sur la mobilité forte». Le prince se félicite également du nombre croissant de véhicules électriques qui prennent part au rallye Aïcha des Gazelles avec la catégorie E-Gazelles et dont le départ se fait à Monaco depuis la place du palais princier. «C'est une aventure formidable et exemplaire, notamment dans ce qu’elle apporte pour la durabilité et pour l'engagement vers une mobilité propre», s’exclame-t-il. 

L’extension de Monaco sur la mer: un projet titanesque 

Le prince Albert II est connu pour son amour de la mer et son engagement en faveur de la protection de l’environnement marin. Il a effectué plusieurs expéditions océanographiques pour sensibiliser à l’importance de la biodiversité marine. Plusieurs initiatives ont été programmées pour protéger les océans, notamment la création de réserves marines et la promotion de la pêche durable. Le célèbre musée océanographique de Monaco, fondé en 1910 par le prince Albert 1er, et dirigé par le commandant Cousteau lui-même pendant trois décennies, est un acteur essentiel dans la sensibilisation du grand public à la protection de l’environnement marin. 

Alors que les bateaux de croisière sont de plus en plus décriés en raison de leurs conséquences néfastes pour l’environnement, leur branchement à un réseau électrique pour réduire leur impact carbone apparaît pour de nombreuses villes portuaires comme une solution pour limiter leurs émissions. C’est en ce sens que le prince Albert II indique à Arab News en français qu’«une norme pour permettre aux navires de croisière lorsqu’ils sont dans les eaux monégasques de se raccorder aux réseaux électriques est en passe d’être finalisée». Le chef de l’État admet toutefois qu’il s’agit «d’un problème technique très difficile à résoudre». 

Lors de son avènement, le 12 juillet 2005, dans son discours évoquant les priorités de son règne, le prince avait déclaré vouloir faire de Monaco, «une société modèle, un modèle de société». 

Le prince souhaiterait donc faire de la cité-État un modèle de développement urbain durable à travers notamment son incroyable projet d’extension sur la mer de six hectares. Près de 60 000 m2 de logements luxueux doivent sortir de l’eau d’ici à 2025. Certains parlent même de la construction d’un opéra sous-marin! Le coût global du projet est estimé à 2 milliards d’euros. 

Ce projet titanesque, véritable défi environnemental, se présente comme écoresponsable avec une attention particulière portée au respect de la biodiversité du site et aux impacts écologiques générés par le chantier. 

Pourrait-il en être autrement lorsque l’on sait à quel point la protection des fonds marins est une cause importante pour le prince Albert II? 

Monaco et la région Mena: un avenir en commun au service de l’environnement 

Si la fondation Prince Albert II de Monaco œuvre à la protection de l’environnement et à la promotion du développement durable à l’échelle locale, elle est aussi fortement engagée sur le plan international. «La fondation apporte son soutien à différents projets à travers des partenariats entre la fondation et d’autres entités, notamment par le partage des bonnes pratiques», indique le prince. Il se félicite de «l’existence de plusieurs projets liés à l'énergie solaire, éolienne ou autres tout autour du bassin méditerranéen, mais aussi au-delà». Selon le prince: «Il est nécessaire de montrer l'importance de ce mix énergétique, même pour les pays en développement.» 

Le prince Albert II souhaite davantage renforcer la coopération entre la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (Mena) et Monaco, précise-t-il à Arab News en français.  

La région Mena et particulièrement l’Arabie saoudite ainsi que les Émirats arabes unis (EAU) ont déployé des efforts considérables pour accélérer la transition vers les énergies renouvelables: l’initiative verte saoudienne comme celle du Moyen-Orient en est notamment le fer de lance. Alors que la prochaine conférence de l’Organisation des nations unies sur le climat (COP) se tiendra en décembre prochain à Dubaï, aux EAU, le prince salue «les projets et initiatives tout à fait remarquables de la région». «J'ai grand plaisir à souligner et à montrer que nous sommes aussi partenaires de nombre de ces projets. Des projets tout à fait admirables, comme Masdar», indique-t-il. Le prince souverain a tenu particulièrement à saluer le travail fourni par Razan al-Moubarak, «l’une des ambassadrices de la prochaine COP, présidente de l’Union internationale pour la conservation de la nature, avec laquelle la fondation est très liée», déclare-t-il avec fierté à Arab News en français

«C’est grâce à ces personnalités, mais aussi grâce à une multitude d'initiatives et de projets non seulement au Moyen-Orient, mais aussi sur la rive Sud de la Méditerranée et dans toute l'Afrique du Nord, que les énergies renouvelables peuvent être mises en œuvre et que les efforts pour une plus grande durabilité peuvent être entrepris.» Le prince souligne ainsi «les efforts tout à fait exemplaires du Maroc, mais aussi d'autres pays» de la région pour lesquels il s’est dit très heureux de pouvoir contribuer «modestement afin que cela se développe encore plus». 

Une collaboration destinée à être renforcée avec les pays de la région Mena dont on connaît aujourd’hui le développement remarquable dans différents secteurs et particulièrement dans la défense de notre environnement. Récemment, l’État monégasque et l’Arabie saoudite ont d’ailleurs établi des relations diplomatiques. Ce qui laisse présager une coopération fructueuse entre ces deux États, soucieux d’allier progrès et respect de l’environnement.


Taïwan rappelle les Etats-Unis à leur engagement sur les ventes d'armes, après la mise en garde de Trump

Dans un entretien télévisé enregistré avant son départ de Pékin, où le président chinois Xi Jinping lui a tenu des propos particulièrement fermes à propos de l'île, Donald Trump a mis en garde vendredi Taïwan contre toute proclamation d'indépendance. (AFP)
Dans un entretien télévisé enregistré avant son départ de Pékin, où le président chinois Xi Jinping lui a tenu des propos particulièrement fermes à propos de l'île, Donald Trump a mis en garde vendredi Taïwan contre toute proclamation d'indépendance. (AFP)
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  • En décembre, le gouvernement américain a approuvé la deuxième vente d'armes à Taïwan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour une valeur de 11,1 milliards de dollars face à la menace chinoise
  • Il s'agit de la vente la plus importante depuis 2001, lorsque George W. Bush avait validé la livraison de 18 milliards de dollars d'armes à Taïwan

TAIPEI: Le gouvernement de Taïwan a réaffirmé samedi que l'île était une nation "indépendante", en réponse à la ferme mise en garde du président américain Donald Trump à l'issue de sa visite à Pékin, et rappelé les Etats-Unis à leur engagement en ce qui concerne les ventes d'arme à Taïwan.

La politique américaine à l'égard de Taïwan repose sur un soutien militaire robuste à l'île, sans toutefois la reconnaître à part entière ni soutenir ouvertement des velléités d'indépendance.

La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire.

Dans un entretien télévisé enregistré avant son départ de Pékin, où le président chinois Xi Jinping lui a tenu des propos particulièrement fermes à propos de l'île, Donald Trump a mis en garde vendredi Taïwan contre toute proclamation d'indépendance.

"Je n'ai pas envie que quelqu'un déclare l'indépendance et, vous savez, nous sommes ensuite censés faire 15.000 kilomètres pour faire la guerre", a dit le président américain sur Fox News, en demandant à Taipei et à Pékin de faire "baisser la température".

"Taïwan est une nation démocratique, souveraine et indépendante, qui n'est pas subordonnée à la République populaire de Chine", a réagi le ministère taïwanais des Affaires étrangères, estimant que la politique de Washington demeurait "inchangée".

"En ce qui concerne les ventes d'armes entre Taïwan et les Etats-Unis, il ne s'agit pas seulement d'un engagement des Etats-Unis envers la sécurité de Taïwan, clairement prévu par la loi sur les relations avec Taïwan, mais aussi d'une forme de dissuasion commune face aux menaces régionales", a insisté le ministère taïwanais, dans un communiqué.

Washington est tenu de fournir des armes défensives à Taïwan en vertu du Taiwan Relations Act, une loi adoptée par le Congrès américain en 1979, à la suite de la reconnaissance de la République Populaire de Chine par les Etats-Unis et à condition que l’île ne déclare pas l’indépendance.

Depuis 1982, l'un des grands principes de la stratégie américaine est de ne pas "consulter" Pékin sur ses ventes d'armes à Taïwan tout en restant flou quant à la possibilité d’intervenir militairement en cas d'attaque chinoise.

En décembre, le gouvernement américain a approuvé la deuxième vente d'armes à Taïwan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour une valeur de 11,1 milliards de dollars face à la menace chinoise.

Il s'agit de la vente la plus importante depuis 2001, lorsque George W. Bush avait validé la livraison de 18 milliards de dollars d'armes à Taïwan.

S'en sont suivis des mois de bataille politique à Taïwan où le président Lai Ching-te (DPP) qui n'a pas la majorité au parlement, a proposé de voter 40 milliards de dollars pour la modernisation et le renforcement des capacités de défense de l'île.

Il s'est heurté à l'opposition du Kuomintang (KMT) qui accuse le parti présidentiel de pousser Taïwan dans une course aux armements et un conflit perdant. Le Kuomintang  s'est finalement laissé fléchir et permis le vote le 8 mai d'une enveloppe de 25 milliards de dollars destinés à l'achat d'armes américaines.

"Engagement" et "dissuasion commune" 

"Nous n'avons pas envie que quelqu'un se dise, proclamons l'indépendance parce que les Etats-Unis nous soutiennent", a également déclaré Donald Trump, en ajoutant n'avoir pas encore pris de décision sur les ventes d'armes américaines à l'île.

"Je prendrai une décision dans un délai assez court", a pourtant répondu M. Trump aux journalistes vendredi, en chemin vers Washington.

La visite du président américain a permis d'afficher une certaine stabilité entre les deux superpuissances, sans déboucher sur de grandes avancées, que ce soit sur le commerce ou sur l'Iran, allié de la Chine.

La visite annoncée de Xi Jinping à Washington à l'automne servira de nouveau test pour le fragile statu quo entre la première et la deuxième puissance mondiale.

Bonnie Glaser, du German Marshall Fund, pense que la Chine va "pousser fortement" pour que Donald Trump s'abstienne de toute décision sur des ventes d'armes à Taïwan d'ici là.

Jeudi, avec une fermeté inhabituelle, Xi Jinping avait mis Donald Trump en garde: "La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays (Chine et Etats-Unis) pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit".

 


«Flottille pour Gaza»: expulsés par Israël, les militants étrangers sont arrivés en Turquie

Des militants propalestiniens de la "Flottille pour Gaza" expulsés d'Israël sont arrivés jeudi à l'aéroport international d'Istanbul à bord d'un premier avion, au lendemain du tollé international provoqué par une vidéo les montrant se faire humilier en détention. (AFP)
Des militants propalestiniens de la "Flottille pour Gaza" expulsés d'Israël sont arrivés jeudi à l'aéroport international d'Istanbul à bord d'un premier avion, au lendemain du tollé international provoqué par une vidéo les montrant se faire humilier en détention. (AFP)
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  • Les militants ont passé deux jours dans une prison militaire sur un bateau, formée de conteneurs et de barbelés, a décrit à l'AFP par téléphone Safa Chebbi, une militante canadienne
  • Outre des humiliations et le manque de sommeil, "nous étions sous une menace constante, des balles en plastique ont été tirées sur la foule, un des passagers a été blessé", a-t-elle indiqué

JERUSALEM: Des militants propalestiniens de la "Flottille pour Gaza" expulsés d'Israël sont arrivés jeudi à l'aéroport international d'Istanbul à bord d'un premier avion, au lendemain du tollé international provoqué par une vidéo les montrant se faire humilier en détention.

Ils ont été accueillis à l'aéroport par un large comité de soutien, avec de nombreux militants agitant des drapeaux palestiniens. Plusieurs militants de la flottille présentaient des blessures et certains ont été évacués en ambulance, selon des images de l'AFP.

Les forces israéliennes "nous ont attaqués. Chacun de nous a été battu, les femmes comme les hommes, beaucoup hurlaient. Mais vraiment, ça n'a aucune importance. C'est ce que vivent en permanence les Palestiniens", a raconté à sa descente d'avion Bulal Kitay, un Turc qui compte repartir dès le prochain convoi.

Les militants ont passé deux jours dans une prison militaire sur un bateau, formée de conteneurs et de barbelés, a décrit à l'AFP par téléphone Safa Chebbi, une militante canadienne.

Outre des humiliations et le manque de sommeil, "nous étions sous une menace constante, des balles en plastique ont été tirées sur la foule, un des passagers a été blessé", a-t-elle indiqué.

"Deux Coréens ont été expulsés vers la Corée du Sud, un participant a été expulsé vers l'Egypte, deux vers la Jordanie, une citoyenne israélienne a été libérée dans le pays, et le reste des 422 participants a été transféré à Istanbul à bord de trois vols de Turkish Airlines affrétés par le gouvernement turc", a indiqué la coalition Freedom Flotilla.

Les quelque 430 membres d'équipage de la cinquantaine de bateaux arraisonnés lundi par l'armée israélienne en Méditerranée, au sud-ouest de Chypre, avaient été amenés de force en Israël puis détenus dans la prison de Ktziot (sud), selon l'organisation israélienne de défense des droits humains Adalah, qui assure leur représentation légale et leur défense.

Ils ont "tous été expulsés", a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Oren Marmorstein, sans préciser s'ils avaient été jugés.

Les 37 ressortissants français ont aussi été expulsés vers la Turquie et seront rapatriés dès que possible, selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères français, Pascal Confavreux.

Une militante israélienne, Zohar Regev, a été déférée devant un tribunal à Ashkelon, au sud de Tel-Aviv.

"Partisans terroristes du Hamas" 

Partis de Turquie, les militants de la "Global Sumud Flotilla" ("sumud" signifie "résilience" en arabe) voulaient attirer l'attention sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza, dévastée par plus de deux ans de guerre, en brisant le blocus maritime imposé par Israël. En avril, une précédente "flottille pour Gaza" avait déjà été interceptée par Israël au large de la Grèce.

"Israël a pleinement le droit d'empêcher de provocatrices flottilles de partisans terroristes du Hamas d'entrer dans nos eaux territoriales et d'atteindre Gaza", a estimé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en référence au mouvement islamiste palestinien ayant déclenché la guerre en lançant une attaque sans précédent sur Israël le 7 octobre 2023.

Mercredi, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir , figure de l'extrême droite, a provoqué un tollé à l'étranger, mais également au sein de son gouvernement, en publiant une vidéo de dizaines de militants agenouillés et les mains liées.

Une jeune femme qui crie "Libérez la Palestine" au passage du ministre se retrouve la tête pressée vers le sol par les services de sécurité.

"Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous", lance-t-il triomphalement dans cette vidéo publiée sur sa chaîne Telegram.

 "Traitement de luxe" 

Les images diffusées ne sont "pas conformes aux valeurs d'Israël", a déclaré le chef de la diplomatie Gideon Saar, accusant M. Ben Gvir d'avoir "sciemment nui" à l'image du pays avec "ce spectacle honteux". L'intéressé a défendu au contraire "une grande source de fierté".

En Europe, plusieurs pays ont appelé l'UE a prendre des sanctions contre Israël et contre le ministre. Le traitement réservé aux détenus a ainsi été jugé "inadmissible" par Rome qui a exigé "des excuses" et demandé des mesures contre Ben Gvir.

Le Premier ministre irlandais a condamné le "traitement choquant réservé aux citoyens de l'UE" et réclamé "la suspension d'une partie, voire de la totalité, de l'accord d'association entre l'UE et Israël".

L'Italienne Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU sur la situation des droits de l'Homme dans les Territoires palestiniens occupés, a salué sur X ces prises de positions.

Ce qu'ont subi ces militants est "un traitement de luxe par rapport à ce qui est infligé aux Palestiniens dans les prisons israéliennes", a-t-elle affirmé, appelant l'Italie à cesser "de s'opposer à la suspension de l'accord (d'association) UE-Israël."


Trump assure l'engagement des États-Unis en faveur de la sécurité dans le Golfe dans une lettre adressée au Bahreïn

Le président américain Donald Trump salue alors qu'il monte à bord d'Air Force One à l'aéroport de Groton-New London à Groton, Connecticut, le 20 mai 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump salue alors qu'il monte à bord d'Air Force One à l'aéroport de Groton-New London à Groton, Connecticut, le 20 mai 2026. (AFP)
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  • Le dirigeant américain dit son admiration pour l'unité nationale de Bahreïn face aux attaques de drones et de missiles iraniens
  • Bahreïn, qui abrite le Commandement central des forces navales américaines et la Cinquième flotte, était l'un des dix pays visés par les attaques de missiles et de drones de l'Iran.

LONDRES : Le président américain Donald Trump a souligné l'engagement de Washington à assurer la sécurité et la stabilité dans la région du Golfe dans une lettre adressée au roi Hamad bin Isa Al-Khalifa de Bahreïn.

Le dirigeant américain a également exprimé son admiration pour l'unité nationale de Bahreïn en réponse aux violations du droit international par l'Iran, a rapporté l'Agence de presse de Bahreïn.

Les défenses aériennes bahreïnies ont intercepté et détruit au moins 188 missiles balistiques et 477 drones lancés depuis l'Iran depuis le début de la campagne militaire menée par les États-Unis et Israël contre le régime de Téhéran le 28 février.

Bahreïn, qui abrite le Commandement central des forces navales américaines et la Cinquième flotte, était l'un des dix pays visés par les attaques de missiles et de drones de l'Iran. Toutefois, le pays n'a participé à aucune opération directe menée par les États-Unis contre Téhéran.

Un fragile cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis est en vigueur depuis le début du mois d'avril. Toutefois, le détroit d'Ormuz, une voie commerciale essentielle, reste fermé. Parallèlement, les négociations entre les États-Unis et l'Iran se poursuivent afin de parvenir à un accord sur le programme nucléaire iranien.