Le prince Albert II  de Monaco: «Les initiatives environnementales de la région Mena sont remarquables»

Ce n’est un secret pour personne, le prince Albert II de Monaco (ci-dessus) est un fervent défenseur de l’environnement. (Photo, fournie)
Ce n’est un secret pour personne, le prince Albert II de Monaco (ci-dessus) est un fervent défenseur de l’environnement. (Photo, fournie)
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Publié le Vendredi 04 août 2023

Le prince Albert II  de Monaco: «Les initiatives environnementales de la région Mena sont remarquables»

  • Depuis quelques années, la principauté de Monaco a programmé des initiatives pour encourager les modes de vie durables
  • «Nous sommes pour l'instant dans une bonne moyenne pour atteindre nos objectifs de réduction des gaz à effet de serre qui sont de l’ordre de 50% à l'horizon 2030 et la neutralité carbone en 2050»

MONACO: Il était une fois Monaco… Une cité-État à cheval entre mer et montagne, sur la côte méditerranéenne et qui s’étend sur 2,02 km2. Le Rocher est ainsi le deuxième plus petit État au monde après le Vatican. Sa population est estimée à 39 150 habitants, ce qui en fait l’un des pays les plus densément peuplés de la planète. La principauté est aussi l’une des destinations les plus prisées au monde. Avec ses palaces, son casino et son célèbre Grand Prix de Formule 1, le pays attire chaque année des millions de touristes des quatre coins du monde et les travailleurs étrangers y sont nombreux. Une réalité qui a des conséquences néfastes sur l’environnement. 

La pression sur les ressources naturelles de Monaco est immense. La ville-État doit faire face en effet à des problèmes environnementaux tels que la gestion des déchets, la qualité de l’air et de l’eau ainsi que la consommation d’énergie. Le défi est de taille: maintenir la qualité de vie des résidents tout en préservant les ressources naturelles de la cité-État. Depuis quelques années, la principauté de Monaco a programmé des initiatives pour encourager les modes de vie durables. Ce qui se passe sans bruit à Monaco pourrait-il véritablement servir d’exemple au-delà de ses frontières? 

Ce n’est un secret pour personne, le prince Albert II de Monaco est un fervent défenseur de l’environnement. En marge du salon Ever, la plus ancienne manifestation de la principauté sur les thématiques de la mobilité durable et des énergies renouvelables, le prince Albert II de Monaco a accordé une interview exclusive à Arab News en français

«Souriant, accessible et décontracté»

Posez la question à n’importe quel Monégasque, il vous le confirmera… Le prince Albert II de Monaco est un homme souriant, accessible et décontracté. On aurait pu penser le contraire vu son rang de prince souverain et son statut de chef d’un petit État souvent perçu comme le lieu par excellence du luxe et de la démesure, mais Albert II, lors de notre rencontre, nous a donné également cette impression de simplicité. 

Monaco, terre de mobilité durable? 

Comment nous déplacerons-nous dans le futur? Quel genre de bus emprunterons-nous? À quoi ressembleront les camions? Quid des avions très polluants? Comment allier confort et respect de l’environnement? Les réponses se trouvent peut-être dans les innovations présentées chaque année au salon Ever. Les visiteurs y découvrent des scooters, des vélos, des bateaux et même des avions électriques. L’objectif est de montrer que la mobilité durable peut prendre différentes formes et s’adapter aux besoins de chacun.  

Le salon se déroule dans le quartier d’affaires de Fontvieille, à quelques pas seulement de l’héliport… Les visiteurs peuvent apercevoir (et surtout entendre) le ballet des hélicoptères qui permettent aux VIP, touristes ou hommes d’affaires de rejoindre Nice depuis le Rocher en sept minutes. Les hélicoptères ne sont pas encore électriques et restent bel et bien polluants, mais Monaco peut toutefois se vanter de posséder le premier héliport au monde à avoir obtenu l’accréditation carbone via l’Airport Council International Europe, autrement dit la structure serait moins polluante et plus respectueuse de l’environnement. 

Pour le prince Albert, le salon Ever est une vitrine pour Monaco. «Cet événement permet de faire la promotion de la mobilité propre et de l’engagement de la principauté à créer une plate-forme, de montrer non seulement ce que la principauté réalise, mais aussi les innovations en matière de transport routier ou même aérien», indique le prince avec fierté. 

Qui dit respect de l’environnement ne veut pas dire régression pour le prince. Hors de question pour lui de cesser «d’innover et de progresser».  

La décroissance ne serait donc pas la solution. Il est beaucoup plus partisan de la sobriété. «Nous sommes pour l'instant dans une bonne moyenne pour atteindre nos objectifs de réduction des gaz à effet de serre qui sont de l’ordre de 50% à l'horizon 2030 et la neutralité carbone en 2050… Il faut absolument que l'on tende vers une société décarbonée et vers un impact moins fort de nos activités humaines. Et donc tout ce qui peut amener les consommateurs d'aujourd'hui et de demain à adopter ces nouvelles normes est une bonne orientation vers une mobilité propre, qu'elle soit électrique ou hydrogène, ou de carburant propre.» 

Selon le prince Albert II, «nous utilisons encore trop de véhicules thermiques alors que des solutions, si elles se développent de plus en plus, seront moins coûteuses aussi à l'avenir». 

La principauté de Monaco encourage en ce sens l’utilisation de voitures électriques et promeut les déplacements en transport collectif, à pied et à vélo pour réduire la pollution de l’air. 

«À l’horizon 2025, Monaco verra sa flotte de bus composée à 100% de véhicules électriques!», espère le prince. «La principauté entend également inciter davantage à l’achat de véhicules neufs, tout électriques ou hybrides rechargeables avec des offres d’aides à l’achat de ces véhicules allant jusqu’à 30% du prix du véhicule», explique le prince à Arab News en français

«On espère, à la fin de l'année, atteindre les 20% de notre parc automobile en véhicules électriques ou hybrides rechargeables, ce qui, pour un petit pays comme le nôtre, est remarquable.» 

Soutien de Monaco au rallye Aïcha des Gazelles

La fondation Prince Albert II de Monaco soutient le rallye Aïcha des Gazelles.

Une course automobile 100% féminine créée il y a plus de trente ans, sans GPS ni téléphones portables avec des concurrentes qui parcourent le désert marocain à la recherche de balises. Le rallye présenté au salon Ever met en avant le courage des femmes, mais il promeut également la mobilité durable et la préservation de l’environnement. Il s’agit en ce sens du premier événement sportif automobile au monde à avoir obtenu la norme environnementale Iso 14001. En effet, la course s’engage à réduire les émissions en CO2 tout en réduisant sa consommation d’eau, son énergie et ses déchets.  

Le prince Albert II a indiqué à Arab News en français être «très heureux que la principauté et la fondation soient liées à ce grand événement, qui promeut de belles valeurs comme l'engagement des femmes de tous horizons avec cette déclinaison depuis pratiquement le début sur la durabilité, sur les énergies renouvelables et sur la mobilité forte». Le prince se félicite également du nombre croissant de véhicules électriques qui prennent part au rallye Aïcha des Gazelles avec la catégorie E-Gazelles et dont le départ se fait à Monaco depuis la place du palais princier. «C'est une aventure formidable et exemplaire, notamment dans ce qu’elle apporte pour la durabilité et pour l'engagement vers une mobilité propre», s’exclame-t-il. 

L’extension de Monaco sur la mer: un projet titanesque 

Le prince Albert II est connu pour son amour de la mer et son engagement en faveur de la protection de l’environnement marin. Il a effectué plusieurs expéditions océanographiques pour sensibiliser à l’importance de la biodiversité marine. Plusieurs initiatives ont été programmées pour protéger les océans, notamment la création de réserves marines et la promotion de la pêche durable. Le célèbre musée océanographique de Monaco, fondé en 1910 par le prince Albert 1er, et dirigé par le commandant Cousteau lui-même pendant trois décennies, est un acteur essentiel dans la sensibilisation du grand public à la protection de l’environnement marin. 

Alors que les bateaux de croisière sont de plus en plus décriés en raison de leurs conséquences néfastes pour l’environnement, leur branchement à un réseau électrique pour réduire leur impact carbone apparaît pour de nombreuses villes portuaires comme une solution pour limiter leurs émissions. C’est en ce sens que le prince Albert II indique à Arab News en français qu’«une norme pour permettre aux navires de croisière lorsqu’ils sont dans les eaux monégasques de se raccorder aux réseaux électriques est en passe d’être finalisée». Le chef de l’État admet toutefois qu’il s’agit «d’un problème technique très difficile à résoudre». 

Lors de son avènement, le 12 juillet 2005, dans son discours évoquant les priorités de son règne, le prince avait déclaré vouloir faire de Monaco, «une société modèle, un modèle de société». 

Le prince souhaiterait donc faire de la cité-État un modèle de développement urbain durable à travers notamment son incroyable projet d’extension sur la mer de six hectares. Près de 60 000 m2 de logements luxueux doivent sortir de l’eau d’ici à 2025. Certains parlent même de la construction d’un opéra sous-marin! Le coût global du projet est estimé à 2 milliards d’euros. 

Ce projet titanesque, véritable défi environnemental, se présente comme écoresponsable avec une attention particulière portée au respect de la biodiversité du site et aux impacts écologiques générés par le chantier. 

Pourrait-il en être autrement lorsque l’on sait à quel point la protection des fonds marins est une cause importante pour le prince Albert II? 

Monaco et la région Mena: un avenir en commun au service de l’environnement 

Si la fondation Prince Albert II de Monaco œuvre à la protection de l’environnement et à la promotion du développement durable à l’échelle locale, elle est aussi fortement engagée sur le plan international. «La fondation apporte son soutien à différents projets à travers des partenariats entre la fondation et d’autres entités, notamment par le partage des bonnes pratiques», indique le prince. Il se félicite de «l’existence de plusieurs projets liés à l'énergie solaire, éolienne ou autres tout autour du bassin méditerranéen, mais aussi au-delà». Selon le prince: «Il est nécessaire de montrer l'importance de ce mix énergétique, même pour les pays en développement.» 

Le prince Albert II souhaite davantage renforcer la coopération entre la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (Mena) et Monaco, précise-t-il à Arab News en français.  

La région Mena et particulièrement l’Arabie saoudite ainsi que les Émirats arabes unis (EAU) ont déployé des efforts considérables pour accélérer la transition vers les énergies renouvelables: l’initiative verte saoudienne comme celle du Moyen-Orient en est notamment le fer de lance. Alors que la prochaine conférence de l’Organisation des nations unies sur le climat (COP) se tiendra en décembre prochain à Dubaï, aux EAU, le prince salue «les projets et initiatives tout à fait remarquables de la région». «J'ai grand plaisir à souligner et à montrer que nous sommes aussi partenaires de nombre de ces projets. Des projets tout à fait admirables, comme Masdar», indique-t-il. Le prince souverain a tenu particulièrement à saluer le travail fourni par Razan al-Moubarak, «l’une des ambassadrices de la prochaine COP, présidente de l’Union internationale pour la conservation de la nature, avec laquelle la fondation est très liée», déclare-t-il avec fierté à Arab News en français

«C’est grâce à ces personnalités, mais aussi grâce à une multitude d'initiatives et de projets non seulement au Moyen-Orient, mais aussi sur la rive Sud de la Méditerranée et dans toute l'Afrique du Nord, que les énergies renouvelables peuvent être mises en œuvre et que les efforts pour une plus grande durabilité peuvent être entrepris.» Le prince souligne ainsi «les efforts tout à fait exemplaires du Maroc, mais aussi d'autres pays» de la région pour lesquels il s’est dit très heureux de pouvoir contribuer «modestement afin que cela se développe encore plus». 

Une collaboration destinée à être renforcée avec les pays de la région Mena dont on connaît aujourd’hui le développement remarquable dans différents secteurs et particulièrement dans la défense de notre environnement. Récemment, l’État monégasque et l’Arabie saoudite ont d’ailleurs établi des relations diplomatiques. Ce qui laisse présager une coopération fructueuse entre ces deux États, soucieux d’allier progrès et respect de l’environnement.


Près de 150 disparus dans le naufrage d'une frégate iranienne au large du Sri Lanka

Près de 150 personnes sont portées disparues et plusieurs corps ont été repêchés après le naufrage d'un navire de guerre iranien mercredi au large du Sri Lanka, à la suite de ce que des membres d'équipage ont décrit comme une explosion, ont indiqué les autorités du pays. (AFP)
Près de 150 personnes sont portées disparues et plusieurs corps ont été repêchés après le naufrage d'un navire de guerre iranien mercredi au large du Sri Lanka, à la suite de ce que des membres d'équipage ont décrit comme une explosion, ont indiqué les autorités du pays. (AFP)
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  • La cause de ce qui pourrait être une explosion survenue à bord de la frégate, qui aurait auparavant participé à un exercice militaire dans le port indien de Visakhapatnam, n'est pas encore déterminée
  • Ce naufrage survient en pleine guerre au Moyen-Orient, après le lancement de frappes contre l'Iran par Israël et les Etats-Unis

COLOMBO: Près de 150 personnes sont portées disparues et plusieurs corps ont été repêchés après le naufrage d'un navire de guerre iranien mercredi au large du Sri Lanka, à la suite de ce que des membres d'équipage ont décrit comme une explosion, ont indiqué les autorités du pays.

La marine sri‑lankaise a secouru 32 marins de la frégate IRIS  Dena, mais l'espoir s'amenuise pour les 148 autres membres d'équipage, a indiqué le ministre des Affaires étrangères de l'île et des responsables de l'armée.

La cause de ce qui pourrait être une explosion survenue à bord de la frégate, qui aurait auparavant participé à un exercice militaire dans le port indien de Visakhapatnam, n'est pas encore déterminée.

Ce naufrage survient en pleine guerre au Moyen-Orient, après le lancement de frappes contre l'Iran par Israël et les Etats-Unis.

Le ministre des Affaires étrangères, Vijitha Herath, a indiqué au parlement que les 32 Iraniens secourus, "grièvement blessés", avaient été transportés vers un hôpital situé au sud de l'île.

Deux navires de la marine et un avion ont été déployés pour rechercher d'éventuels survivants.

Un appel de détresse a été lancé mercredi à l'aube depuis la frégate et, moins d'une heure plus tard, un navire est arrivé sur la zone, à environ 40 kilomètres au sud du port méridional de Galle, a précisé le ministre.

La frégate avait complètement coulé et il ne restait plus qu'une nappe d'hydrocarbure lorsque les bateaux de la marine sri-lankaise sont arrivés sur place.

Les recherches se poursuivent 

"Nous poursuivons les recherches, mais nous ne savons pas encore ce qu'il est advenu du reste de l'équipage", a déclaré à l’AFP un responsable de l'armée.

Le directeur de l'hôpital de Karapitiya, à Galle, S. D. Ranga, a indiqué qu'on lui avait signalé qu'il pourrait y avoir des morts, mais que seuls 32 marins blessés avaient été amenés.

Un député de l'opposition a demandé si le navire avait subi un bombardement dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient mais il n'y a pas eu de réaction immédiate du gouvernement.

Contacté par l'AFP, l'ambassadeur iranien à Colombo, Alireza Delkhosh, n'était pas immédiatement joignable.

"Nous avons répondu à un appel de détresse conformément à nos obligations internationales étant donné que c'est dans notre zone de recherches et de sauvetage de l'océan Indien", a précisé à l'AFP un porte-parole de la marine sri-lankaise Buddhika Sampath.

"Nous avons retrouvé quelques corps dans la zone où le navire a sombré", a-t-il annoncé un peu plus tard.

Le Sri Lanka est resté neutre depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, appelant au dialogue.

Un peu plus d'un million de Sri-Lankais travaillent au Moyen-Orient, représentant une source cruciale de devises pour ce pays qui se relève à peine de sa pire crise économique survenue en 2022.

La marine et l'armée de l'air sri-lankaises ont toutes deux indiqué qu'elles ne diffuseraient pas d'images des opérations de secours car elles concernaient l'armée d'un autre pays.

 


L'attaque américaine «totalement stupide» en pleine négociation 

Ali Bahreini, chef de la mission diplomatique d'Iran à Genève, a assuré que Téhéran n'avait aucun problème avec ses voisins, mais qu'il ne pouvait tolérer que les bases américaines dans le Golfe servent à des attaques contre l'Iran.  "La guerre n'était pas notre option. La guerre a été imposée à l'Iran", a déclaré M. Bahreini devant l'Association des correspondants de l'ONU (Acanu). (AFP)
Ali Bahreini, chef de la mission diplomatique d'Iran à Genève, a assuré que Téhéran n'avait aucun problème avec ses voisins, mais qu'il ne pouvait tolérer que les bases américaines dans le Golfe servent à des attaques contre l'Iran. "La guerre n'était pas notre option. La guerre a été imposée à l'Iran", a déclaré M. Bahreini devant l'Association des correspondants de l'ONU (Acanu). (AFP)
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  • Le 26 février, Washington et Téhéran ont tenu des négociations indirectes à Genève sur le programme nucléaire iranien. Les médiateurs omanais avaient alors fait état de "progrès significatifs"
  • M. Bahreini, qui a assisté à une partie de ces négociations, a rappelé que "tout le monde était optimiste" et que les États-Unis "avaient accepté de poursuivre les négociations" à Vienne cette semaine

GENEVE: Les États-Unis ont pris une décision "totalement stupide" en attaquant l'Iran, alors que les deux pays menaient des pourparlers, a estimé mardi l'ambassadeur iranien auprès des Nations unies.

Ali Bahreini, chef de la mission diplomatique d'Iran à Genève, a assuré que Téhéran n'avait aucun problème avec ses voisins, mais qu'il ne pouvait tolérer que les bases américaines dans le Golfe servent à des attaques contre l'Iran.

"La guerre n'était pas notre option. La guerre a été imposée à l'Iran", a déclaré M. Bahreini devant l'Association des correspondants de l'ONU (Acanu).

"Personne ne doit s'attendre à ce que l'Iran fasse preuve de retenue face à une agression. Nous poursuivrons notre défense jusqu'à ce que cette agression cesse", a-t-il ajouté.

Le 26 février, Washington et Téhéran ont tenu des négociations indirectes à Genève sur le programme nucléaire iranien. Les médiateurs omanais avaient alors fait état de "progrès significatifs".

M. Bahreini, qui a assisté à une partie de ces négociations, a rappelé que "tout le monde était optimiste" et que les États-Unis "avaient accepté de poursuivre les négociations" à Vienne cette semaine.

Mais selon M. Bahreini, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a convaincu le président américain Donald Trump de sacrifier la diplomatie et d'attaquer l'Iran.

"C'était une décision totalement stupide. Ils comprendront plus tard à quel point cette décision était stupide. Ils le comprendront tous les deux, car l'Iran déterminera fermement le cours et l'issue de cette guerre", a-t-il soutenu.

"Tous nos voisins sont aujourd'hui déçus par la trahison des États-Unis, car tout le monde œuvrait pour la voie diplomatique, en particulier Oman. Les États-Unis ont trahi tout le monde", a encore insisté M. Bahreini.

Quand aux frappes de Téhéran contre des pays de la région abritant des bases américaines, il ne s'agit pas selon lui de représailles. "C'est un acte de légitime défense", a-t-il assuré.

"Nous ne pouvons en aucun cas permettre que ces bases soient utilisées pour mener des opérations militaires contre l'Iran", a ajouté M. Bahreini, assurant que les opérations iraniennes visaient "exclusivement "les installations militaires américaines.

Mardi, Trump a affirmé que les dirigeants iraniens "veulent discuter", mais M. Bahreini a affirmé qu'aucune démarche n'avait été entreprise auprès de Washington : "Il n'y a eu aucun contact de notre côté" depuis le début du conflit, a assuré le diplomate iranien.


L'Iran sous le feu israélo-américain, «trop tard» pour discuter selon Trump

De nouvelles puissantes explosions résonnent à Téhéran mardi au quatrième jour de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis, Donald Trump avertissant qu'il est "trop tard" pour discuter. (AFP)
De nouvelles puissantes explosions résonnent à Téhéran mardi au quatrième jour de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis, Donald Trump avertissant qu'il est "trop tard" pour discuter. (AFP)
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  • Radio-télévision publique, sites de production de missiles balistiques, aéroport Mehrabad de la capitale: Israël "continue à frapper l'Iran avec force", a lancé son Premier ministre Benjamin Netanyahu
  • En représailles, l'Iran multiplie de son côté ses attaques contre ses voisins du Golfe, visant des sites clefs, diplomatiques, militaires ou économiques, souvent liés aux intérêts américains

TEHERAN: De nouvelles puissantes explosions résonnent à Téhéran mardi au quatrième jour de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis, Donald Trump avertissant qu'il est "trop tard" pour discuter.

"Leur défense aérienne, leur armée de l'air, leur marine et leur commandement sont anéantis. Ils veulent discuter. J'ai dit: Trop tard !" a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

A Téhéran, ville fantôme désertée par ses habitants,  les frappes de mardi ont selon les médias iraniens notamment touché l'institution chargée d'élire un nouveau guide suprême pour succéder à Ali Khamenei, tué samedi au début de ce conflit sans précédent.

Une vidéo diffusée par l'agence de presse Tasnim montre un nuage de fumée s'élever dans le ciel dans le centre de Téhéran, où se trouvent de nombreux bâtiments gouvernementaux.

"J'ai peur de marcher dans les rues désertes car les bombes continuent de tomber du ciel", témoigne Samireh, une infirmière de 33 ans.

Radio-télévision publique, sites de production de missiles balistiques, aéroport Mehrabad de la capitale: Israël "continue à frapper l'Iran avec force", a lancé son Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le Golfe cible de nouvelles attaques 

En représailles, l'Iran multiplie de son côté ses attaques contre ses voisins du Golfe, visant des sites clefs, diplomatiques, militaires ou économiques, souvent liés aux intérêts américains.

Dans la capitale saoudienne où plusieurs détonations ont été entendues par un journaliste de l'AFP et des témoins, l'ambassade américaine a fermé ses portes après une attaque de drone ayant provoqué un incendie.

A Bahreïn, une base aérienne américaine a été visé par des drones et de missiles, et à Oman et aux Emirats arabes unis, ce sont des installations pétrôlières qui ont été visées.

Comme à Ryad, l'ambassade américaine au Koweït et à Bahrein ont fermé par précaution jusqu'à nouvel ordre, et Washington a ordonné le départ de tout son personnel diplomatique non essentiel d'Irak, de Jordanie et du Bahreïn.

Embrasement 

Depuis le début de la guerre, six militaires américains ont été tués, selon le Pentagone. En Israël d'après les services de secours, dix personnes ont été tuées dans des frappes iraniennes.

Côté iranien, le Croissant-Rouge a annoncé un bilan de plus de 780 personnes tuées depuis le début de l'attaque samedi, un chiffre que l'AFP n'a pu vérifier.

Le Moyen-Orient dans son ensemble s'embrase: au Liban en une journée, le Hezbollah pro-iranien a annoncé des attaques de roquettes contre quatre bases militaires israéliennes de l'autre côté de la frontière.

Une "réponse", a-t-il dit, aux frappes israéliennes qui ont fait 52 morts selon les autorités, et qui faisaient suite à des tirs du Hezbollah.

Selon l'ONU, quelques 30.000 personnes ont été déplacées au Liban, où les ordres d'évacuation israéliens se succèdent.

Et l'agence de l'Union européenne pour l'asile redoute un scénario de "flux de réfugiés d'une ampleur sans précédent" en provenance d'Iran, qui compte près de 90 millions d'habitants.

"Le déplacement de ne serait-ce que 10% de la population iranienne suffirait à rivaliser avec les plus importants flux de réfugiés de ces dernières décennies", a-t-elle averti.

"Viser l'Amérique" 

Au début de l'attaque, qui s'est soldée par la mort de plusieurs hauts responsables iraniens, Donald Trump avait appelé le peuple à renverser la République islamique en place depuis 1979.

Si les Etats-Unis souhaitent la chute du pouvoir actuel, le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a assuré que ce n'était pas "l'objectif" de la guerre, qui pourrait durer des semaines, voire "beaucoup plus", selon Washington.

Il s'agit avant tout d'empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique - intention que Téhéran dement - et de détruire ses capacités balistiques, selon Israël.

Après la guerre de douze jours en juin 2025, les Iraniens "ont commencé à construire de nouveaux sites, des bunkers souterrains qui auraient rendu leurs programmes de missiles balistiques et leurs programmes d'arme atomique intouchables d'ici quelques mois", a assuré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Et alors ils auraient pu viser l'Amérique", a-t-il ajouté.

"M. Rubio a admis ce que nous savions tous: les Etats-Unis sont entrés dans une guerre choisie par et au nom d'Israël. Il n'y a jamais eu de soi-disant +menace+ iranienne", lui a répondu sur X son homologue iranien, Abbas Araghchi.

Inquiétude des marchés 

Face à l'extension de ce conflit protéiforme, l'inquiétude gagne les marchés: les Bourses mondiales creusent leurs pertes, lestées par la flambée des prix du pétrole. Les prix du gaz européen s'envolent aussi, affectés par l'arrêt de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) au Qatar et la paralysie du détroit d'Ormuz.

Les Gardiens de la révolution ont revendiqué lundi l'attaque d'un pétrolier, présenté comme lié aux Etats-Unis, dans ce stratégique détroit qui sépare l'Iran de la Péninsule arabique.

Et un général a menacé de "brûler tout navire" qui tenterait de franchir le détroit, par où transitent 20% du pétrole et du GNL mondiaux.

Quant aux touristes bloqués au Moyen-Orient, certains ont commencé à rentrer dès que l'espace aérien a rouvert.

Tout juste arrivé à l'aéroport de Roissy lundi soir, Aurélien, cadre bancaire de 43 ans, raconte comment l'escale d'une heure à Abou Dhabi que devait faire sa famille après un séjour en Thaïlande "s'est transformée en séjour de trois jours".

"On a entendu beaucoup d'avions de chasse passer... Le bruit des interceptions de missiles iraniens, des débris...", explique-t-il, alors que la France se prépare à affréter des vols pour rapatrier des ressortissants vulnérables.