MARSEILLE: La préfecture des Alpes-Maritimes a autorisé la surveillance par drones de portions de la frontière avec l'Italie, face à la hausse des flux de migrants clandestins, selon des arrêtés consultés jeudi en ligne.
Les deux arrêtés, datés du 10 mai, autorisent pour trois mois, à la demande de la direction départementale de la police aux frontières, "la captation, l'enregistrement et la transmission d'images" prises par drones sur des secteurs délimités des communes de Menton, Castellar, Sospel et Breil-sur-Roya, avec deux caméras opérant simultanément au maximum.
Les textes soulignent notamment que "la difficulté du terrain" et la présence de nombreux sentiers "permettant de contourner le dispositif de lutte contre l'immigration irrégulière clandestine" rendent "matériellement impossible de prévenir le franchissement irrégulier de la frontière (...) sans disposer d'une vision aérienne dynamique" sur l'ensemble des ces "périmètres".
Les arrêtés soulignent également que "depuis le début de l’année 2023, le flux migratoire en provenance de l'Italie a été multiplié par quatre (... et) que 9 000 individus en situation irrégulière ont été interceptés" à la frontière.
Jeudi, l'Assemblée des départements de France (ADF) a réclamé l'aide du gouvernement pour faire face à une "situation explosive" dans le département des Alpes-Maritimes, où se concentrent plus du tiers des mineurs isolés étrangers arrivés en France depuis janvier, soit environ 2 000 sur 5 000 au total, selon l'ADF.
Mi-avril, le député des Alpes-Maritimes et président des Républicains Eric Ciotti avait dénoncé "l'absence de contrôle migratoire à la frontière italienne" et réclamé "la mobilisation de moyens massifs pour enrayer la submersion migratoire en cours à la frontière franco-italienne".