Pourquoi les abeilles d'Arabie saoudite font-elles tant parler d'elles?

Al-Baha, l'une des principales destinations touristiques du Royaume située sur les chaînes de montagnes Sarawat, est également réputée pour sa production de miel et d'apiculture. Chaque année, quelque 800 tonnes de miel sont produites à partir de 125 000 ruches dans la région (Photo, SPA).
Al-Baha, l'une des principales destinations touristiques du Royaume située sur les chaînes de montagnes Sarawat, est également réputée pour sa production de miel et d'apiculture. Chaque année, quelque 800 tonnes de miel sont produites à partir de 125 000 ruches dans la région (Photo, SPA).
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Publié le Mardi 11 avril 2023

Pourquoi les abeilles d'Arabie saoudite font-elles tant parler d'elles?

  • Plus de 16 000 apiculteurs saoudiens déclarés produisent plus de 5 000 tonnes de miel chaque année
  • Certaines variétés de miel du sud-est du Royaume peuvent se vendre à plus de 300 dollars le kilogramme

DJEDDAH: Au milieu du bourdonnement causé par les discours sur le changement climatique, les sécheresses dévastatrices et la perturbation des systèmes alimentaires causée par les conflits, il est facile d'oublier qu'une simple créature – l’abeille – joue un rôle essentiel dans la chaîne alimentaire.

Pour la plupart, qui dit abeille dit miel. Le miel est non seulement ajouté aux mets sucrés et salés, il est également utilisé en médecine traditionnelle pour traiter différentes pathologies telles que l'asthme, les infections oculaires et bien d'autres. La médecine moderne relève quant à elle les propriétés antioxydantes, antimicrobiennes et anti-inflammatoires du miel.

Le miel est cependant loin d'être la raison principale de protéger les abeilles. En effet, ces dernières jouent un rôle crucial dans la pollinisation. Près de 75% des principales cultures mondiales dépendent de la pollinisation animale. Les abeilles restent les principaux pollinisateurs des plantes sauvages et cultivées.

En 2019, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a publié une déclaration soulignant la menace que le déclin du nombre d'abeilles et d'autres pollinisateurs fait peser sur la sécurité alimentaire et la nutrition dans le monde.

Il est difficile de calculer le nombre d'abeilles sur terre; certains experts estiment l'existence d'au moins deux billions d'abeilles dans le monde, réparties en sept familles et environ 20 000 espèces. D'autres experts estiment que la planète abrite entre 80 et 100 millions de ruches, une seule colonie d'abeilles contenant 10 000 à 60 000 abeilles.

EN CHIFFRES

L'industrie mondiale du miel

11 400: le nombre de battements d'ailes d’une abeille en une minute

100 millions d'années: l'âge du plus vieux fossile d'abeille incrusté dans l'ambre

1/2 cuillère à café: la quantité de miel produite par une abeille ouvrière au cours de sa vie

3 à 5 ans: l'espérance de vie de la reine des abeilles

1 500 à 2 000: le nombre d’œufs pondus par jour par la reine des abeilles

Les abeilles sont des pollinisateurs indispensables pour de nombreuses plantes qui autrement ne pourraient survivre. Bien qu'elles soient principalement élevées pour leur miel, toutes les abeilles n'en produisent pas et leur disparition pourrait avoir un impact majeur sur la biodiversité de la planète. La FAO avertit également que le déclin des populations d'abeilles pourrait affecter les cultures nutritives telles que les fruits, les noix et les légumes, qui seraient alors remplacées par des cultures de base telles que le riz, le maïs et les pommes de terre, déséquilibrant ainsi les régimes alimentaires.

Les chercheurs estiment que les gros titres sur les pertes de colonies d'abeilles mellifères ont donné l'impression d'un déclin mondial à grande échelle de la population d'abeilles, mettant en péril l'apiculture. Cependant, ces articles se fondent généralement sur des rapports de recherche limités à quelques pays et sur une période relativement courte, notamment aux États-Unis et en Europe, où les pertes de colonies se sont manifestées au cours de plusieurs hivers rigoureux.

Bien que les abeilles aient résisté à l'épreuve du temps pendant des centaines de millions d'années, le déclin fluctuant de leurs populations au cours des dernières décennies peut également être attribué à de mauvaises pratiques agricoles, au réchauffement climatique et aux maladies.

Conscient de l'impact négatif que le déclin des abeilles peut avoir sur les récoltes, le secteur de l'apiculture progresse partout dans le monde, et le Royaume n'échappe pas à la règle. Bien que le paysage aride de l'Arabie saoudite puisse sembler peu propice à l'apiculture et à la production de miel, ces pratiques sont transmises de génération en génération depuis des siècles.

L'espèce d'abeille la plus répandue dans le Royaume est l'abeille mellifère indigène, Apis mellifera jemenitica, que l'on trouve principalement dans les régions du sud et du sud-ouest du Royaume, un environnement idéal pour les cultivateurs.

Les apiculteurs d'Asir se lancent dans l'aventure du miel saisonnier (Photo, SPA).

La région d'Asir, dans le sud-ouest du pays, est réputée pour sa production de miel d'excellente qualité. Les apiculteurs de la région bénéficient de son climat et de la diversité de sa flore, qui permettent aux abeilles d'extraire le nectar pour créer un miel riche en nutriments. Asir est également connu pour disposer de l'un des sols les plus fertiles du Royaume. La présence des abeilles et la préservation de l'espèce sont essentielles pour le marché agricole florissant de la région, une situation gagnant-gagnant pour les agriculteurs, les abeilles et les apiculteurs.

Le ministère saoudien de l'Environnement, de l'Eau et de l'Agriculture a conçu plusieurs plans pour développer le secteur de l'apiculture et de la production de miel. Il a mis au point des initiatives visant à préserver et à protéger les espèces d'abeilles autochtones, à améliorer la productivité des reines, du miel et d'autres produits apicoles, à développer et à protéger les prairies mellifères, à réglementer leur exploitation et à en améliorer la qualité afin d'obtenir des bénéfices économiques et sociaux.

Un rucher historique avec des ruches traditionnelles d'Apis mellifera jemenitica saoudiennes entretenues depuis plus de 500 ans par la même famille à Taif (Photo, Abdulaziz S. Alqarni, Mohammed A. Hannan, Ayman A. Owayss, Michael S. Engel).

L'apiculture est soutenue par le programme de développement des capacités humaines du Royaume, qui s’inscrit dans le cadre de la Vision 2030 de l'Arabie saoudite, un plan de diversification économique et de réforme sociale annoncé par le prince héritier Mohammed ben Salmane en 2016. Le secteur bénéficie également d'une attention particulière en raison de la promotion et du soutien aux petites et moyennes entreprises locales.

Le Royaume compte environ 16 000 apiculteurs déclarés, un nombre qui devrait atteindre 30 000 d'ici 2030, avec plus d'un million de ruches.

Selon le ministère saoudien de l'Environnement, de l'Eau et de l'Agriculture, le Royaume produit près de 5 000 tonnes de miel et en importe 24 000 tonnes par an. Plus de 20 types de miel sont vendus localement à partir de centaines de ruchers répartis dans tout le pays. La région méridionale produit certaines des catégories de miel les plus riches et les plus rares, comme l'Al-Majra, qui se vend entre 266 et 320 dollars le kilogramme.

Cependant, les apiculteurs se heurtent à plusieurs obstacles.

EN CHIFFRES

L’industrie du miel en Arabie saoudite

16 000 apiculteurs déclarés

1 000 000 de ruches

5 000 tonnes de miel produites annuellement

2 400 tonnes de miel importées chaque année

20 types de miel

50 000 abeilles dans une ruche

Dans un entretien accordé à Arab News, le professeur Ahmad al-Khazim al-Ghamdi, directeur de la chaire de recherche sur les abeilles à l'université du roi Saoud et président de l'Association arabe d'apiculture et de l'Association des apiculteurs d'Albaha, a déclaré que les initiatives et les projets de préservation sont indispensables pour faire face au changement climatique qui entraîne la disparition de l'habitat naturel des abeilles.

«Les rapports internationaux sur le changement climatique indiquent que les températures en Arabie saoudite augmenteront considérablement au cours des vingt prochaines années en raison de la sécheresse de l'air. Lorsque cela se produira, les abeilles indigènes ne seront pas en mesure de supporter ces conditions, et la perte des abeilles aura des retombées économiques et environnementale», a-t-il indiqué.

«Les abeilles importées en grandes quantités remplaceront les abeilles indigènes. L'accouplement d'abeilles locales avec des abeilles importées, en raison du mèlange génétique entre les abeilles indigènes et les abeilles importées, fera perdre aux abeilles leur capacité d'adaptation aux conditions locales», a-t-il ajouté.

Selon le Dr Al-Ghamdi, les abeilles importées peuvent également véhiculer des parasites et des maladies, «en particulier le Varroa destructor (acarien), des maladies virales (neuf virus ont été recensés à ce jour) et des maladies fongiques, dont la plus dangereuse est le Nosema ceranae».

La région d'Al-Baha produit environ 800 tonnes de miel par an à partir de 125 000 ruches (Photo, SPA).

Grâce à l'Association des apiculteurs d'Albaha, 3 000 apiculteurs ont reçu une formation sur les meilleures pratiques de l'apiculture, notamment sur les moyens de résister à des conditions environnementales difficiles afin de préserver les abeilles indigènes saoudiennes, a indiqué le Dr Al-Ghamdi.

Pour soutenir la protection et la préservation des abeilles, planter des arbres appropriés peut contribuer à augmenter considérablement le nombre d'abeilles et à favoriser la prospérité agricole et économique de la région, selon le Dr Al-Ghamdi.

«Nous avons transmis une proposition au ministère de l'Environnement, de l'Eau et de l'Agriculture pour que 10% des 10 milliards d'arbres prévus dans le cadre de l'Initiative verte saoudienne soient des arbres à fleurs afin de fournir du nectar et des sources de pollen aux abeilles, ce qui est essentiel pour lutter contre le stress résultant du réchauffement climatique», a constaté le Dr Al-Ghamdi.

Au fil du temps, les abeilles mellifères indigènes se sont adaptées aux conditions environnementales de la région, comme le climat, la couverture végétale, les maladies courantes, le manque de précipitations, les ravageurs et les prédateurs, et ont coexisté avec eux à travers les années. M. Al-Ghamdi a toutefois déclaré qu'il fallait faire davantage pour préserver les abeilles d'Arabie saoudite.

Cette année, la conférence de l'Association apicole asiatique, qui se tiendra à Albaha du 3 au 6 août sur le thème de l'élevage des abeilles indigènes en vue d'une apiculture durable pour faire face au changement climatique mondial, s'attaquera de front aux préoccupations les plus pressantes des apiculteurs. Des invités de plus de 40 pays participeront et présenteront leurs travaux durant l’événement.

Les abeilles des hauteurs de l'Arabie saoudite attirent les foules. Grâce à elles, les montagnes de Soudah, couvertes de genévriers, sont devenues l'un des modèles les plus intéressants de tourisme durable au Moyen-Orient (Photo fournie).

«Nous avons lancé un projet, en cours depuis trois ans maintenant avec le ministère de l'Environnement, de l'Eau et de l'Agriculture, pour préserver l'abeille indigène dans le Royaume. Nous avons prélevé des échantillons d'abeilles dans différentes régions du Royaume, les avons analysés et avons documenté leur séquence génétique... Nous avons découvert trois génotypes répandus dans le Royaume, qui ont tous été enregistrés dans la National Biotechnology Information Bank des États-Unis», a indiqué le Dr Al-Ghamdi.

«Nous contribuons à la production de 5 000 reines sélectionnées dans les stations d'élevage et de réhabilitation des reines à Jazan, Asir, Albaha et Taif, à l'élaboration d'un programme de sélection et d'élevage de l'abeille indigène au moyen de l'intelligence artificielle et de l'accouplement naturel, et à la création d'une base de données électronique en arabe et en anglais au profit des futurs apiculteurs et chercheurs.»

Il a ajouté que les résultats de l'initiative permettent de préserver les abeilles indigènes et de travailler avec les apiculteurs locaux et le ministère saoudien de l'Environnement, de l'Eau et de l'Agriculture, qui ont alloué des terres aux ruchers afin de s'assurer que les colonies d'abeilles et l'industrie prospèrent et se développent en parallèle.

«Cela permettra de renforcer les capacités des apiculteurs du Royaume, d'offrir un soutien technique et relatif aux données et d'améliorer la production», a déclaré le Dr Al-Ghamdi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël construit des routes et des postes militaires dans le sud du Liban, les négociations à Rome au point mort

 L'impasse diplomatique intervient alors que l'activité militaire israélienne continue d'entraver la mise en œuvre des accords dans le sud du Liban. (Archives/Getty Images)
L'impasse diplomatique intervient alors que l'activité militaire israélienne continue d'entraver la mise en œuvre des accords dans le sud du Liban. (Archives/Getty Images)
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  • Israël « gagne du temps » à l’approche des élections, selon une source
  • Le Liban se montre réticent à négocier alors que Tel-Aviv retarde ses retraits

BEYROUTH : Le Liban n’a reçu aucune réponse israélienne aux propositions soumises lors du dernier cycle de négociations directes à Rome, a déclaré une source officielle libanaise, alors qu’Israël étend ses routes militaires et ses positions défensives dans les zones du Sud-Liban sous son contrôle.

Cette source, proche de la délégation libanaise chargée des négociations, a exclu la tenue imminente d’un huitième cycle de pourparlers, estimant qu’Israël semblait « gagner du temps » à l’approche de ses élections.

« Le Liban n’a reçu aucune réponse israélienne aux demandes et propositions qu’il a soumises lors du septième cycle de négociations de Rome, qui s’est tenu la semaine dernière sous l’égide des États-Unis », a déclaré la source.

« Israël ne semble pas disposé à le faire à court terme. »

La source a également indiqué que le chef du Commandement central américain, l’amiral Brad Cooper, avait reporté une visite prévue cette semaine au Liban et se rendrait à la place en Arabie saoudite.

« Le Liban ne semble pas figurer parmi les priorités de l’agenda américain pour le moment », a ajouté la source.

La chaîne publique israélienne Kan a indiqué que les médiateurs tentaient de réduire les divergences et d’organiser un nouveau cycle de pourparlers le mois prochain.

Elle a attribué ce retard aux tensions entre les deux parties, affirmant que le Liban était réticent à reprendre les négociations car Israël n’avait pas étendu les zones d’où il se retirait.

Israël, quant à lui, s’est plaint auprès de Washington des activités de l’armée libanaise et l’a accusée de coordonner ses actions avec le Hezbollah.

Les responsables libanais rejettent cette accusation.

Cette impasse diplomatique intervient alors que l’activité militaire israélienne continue d’entraver la mise en œuvre des dispositions prévues dans le sud du Liban.

L’armée libanaise n’a pas été en mesure d’achever son déploiement à Zawtar Al-Gharbiyah, dans le district de Nabatieh, première zone pilote relevant de la phase initiale d’un accord-cadre mis en œuvre par le biais d’un mécanisme convenu à Rome.

Le déploiement y a débuté le 21 juillet.

Cependant, les forces israéliennes continuent de procéder à des explosions dans la localité voisine de Zawtar Al-Sharqiyah et ont ouvert le feu sur des unités de l’armée libanaise lorsque celles-ci s’enfonçaient plus profondément dans des zones proches de la ville contrôlée par Israël.

Zawtar Al-Gharbiyah, qui s'étend sur environ 4 km², est l'une des trois villes sélectionnées pour constituer la première zone pilote dans le cadre de cet accord soutenu par les États-Unis.

Le général de brigade à la retraite de l’armée libanaise Khalil Gemayel, ancien commandant du secteur du Litani Sud, a déclaré à Arab News que le Liban avait profité des dernières négociations de Rome pour proposer des retraits israéliens plus importants de Bint Jbeil et de Khiam.

L’objectif, a-t-il précisé, était d’accélérer à la fois le retrait des forces israéliennes et le déploiement de l’armée libanaise.

« Si les retraits ne se font que par petites étapes, il faudra des mois, voire des années, pour débarrasser le sud du Liban de la présence militaire israélienne », a déclaré M. Gemayel.

Il a ajouté que des informations militaires indiquaient qu’Israël avait établi un important centre de commandement à Khiam et construisait des routes militaires, tout en se montrant réticent à se retirer de Bint Jbeil en raison de l’importance symbolique de cette ville pour le Hezbollah.

M. Gemayel a affirmé que l’armée libanaise était capable de prendre le contrôle de la zone située au sud du Litani et a rejeté les allégations israéliennes selon lesquelles elle coordonnerait ses actions avec le Hezbollah.

« L’armée libanaise ne coordonne pas ses actions avec le Hezbollah », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que l’armée avait déjà démantelé environ 200 installations militaires du Hezbollah et scellé les tunnels qu’elle avait découverts, tout en respectant les restrictions légales régissant les perquisitions de propriétés privées.

« Le problème ne réside pas dans la capacité de l’armée à se déployer, malgré son besoin de soutien », a déclaré Gemayel. « Le problème réside dans le mécanisme de suivi de la mise en œuvre des zones pilotes et dans la nécessité de donner à cette expérience une véritable chance de réussir. »

Il a précisé que les troupes libanaises avaient reçu pour instruction d’arrêter toute personne portant ouvertement des armes et qu’elles pouvaient mener des raids, bien que les perquisitions de propriétés privées nécessitent généralement une autorisation judiciaire.

Dans les zones pilotes, a-t-il ajouté, les troupes libanaises facilitaient le retour des habitants non armés, mais la poursuite des explosions et des tirs israéliens rendait difficile le maintien des familles sur place.

« Comment peut-on s’attendre à ce que des familles s’installent dans un climat de peur et d’intimidation constantes ? », a déclaré M. Gemayel.

Le maire de Zawtar Al-Gharbiyah, Abdul Ezzeddine, a récemment déclaré qu’un drone israélien avait pénétré dans la mairie et ordonné aux personnes présentes d’ouvrir les portes pour une inspection, avant de se diriger vers la place de la ville pour surveiller les travaux de déblaiement des décombres.

M. Gemayel a indiqué que certaines installations du Hezbollah découvertes par l’armée libanaise étaient dissimulées au sein de propriétés civiles et reliaient entre eux des immeubles d’habitation.

Il a précisé que des perquisitions pouvaient être menées en cas de constat d’infraction, sur autorisation judiciaire ou pendant un état d’urgence déclaré en vertu de la loi libanaise sur la défense.

Cette dernière option nécessiterait une décision gouvernementale prise par décret.

Ces développements ont alimenté les inquiétudes à Beyrouth : les négociations visant à mettre fin aux opérations militaires, à garantir le retrait israélien et à permettre le retour des résidents déplacés se poursuivent en parallèle des activités israéliennes sur le terrain, sans que celles-ci ne soient restreintes.

Alors que les délégations négocient les cartes et les modalités de retrait, les forces israéliennes continuent de raser au bulldozer, de démolir des structures et d’établir des positions dans le sud.

Une source officielle libanaise a déclaré que Beyrouth restait néanmoins attachée aux négociations.

« Se retirer des pourparlers pourrait s’avérer plus dangereux, car cela laisserait le champ libre à une issue décidée sur le champ de bataille », a déclaré cette source.

La source a accusé Israël d’exercer une pression croissante sur un État libanais qui avait choisi la voie diplomatique comme alternative à une reprise de la guerre.

« Le Hezbollah rejette totalement les négociations et ne propose aucune alternative », a déclaré la source.

Le responsable a également cité les déclarations de responsables politiques israéliens et les incidents impliquant des militants extrémistes israéliens pénétrant sur le territoire libanais comme des facteurs ayant accru les inquiétudes au Liban quant aux intentions à long terme d’Israël.

Ces craintes se sont intensifiées après que le ministère israélien des Affaires étrangères a publié une carte régionale accompagnant des données sur la malnutrition infantile, qui semblait inclure des zones du territoire libanais soit occupées par les forces israéliennes, soit sous le contrôle de tir israélien.

Cette carte a suscité des condamnations au Liban et donné lieu à des contacts diplomatiques avec Washington.

Israël l’a par la suite retirée de son compte officiel en anglais, bien qu’elle soit restée visible sur le compte en arabe.

La source libanaise a qualifié cet épisode de tentative visant à « provoquer le Liban et à détourner son attention de la question fondamentale : le sort des zones occupées ».

Des collines stratégiques sous pression

Les opérations militaires israéliennes se concentrent également autour des collines d’Ali Al-Taher, dans le district de Nabatieh, qui culminent à environ 600 mètres et surplombent Nabatieh, les villages environnants et les zones menant à Jezzine.

Gemayel a déclaré que le cessez-le-feu annoncé en juin avait empêché les forces israéliennes de mener à bien leur avancée vers ces collines, qui, selon les évaluations militaires libanaises, pourraient abriter d’importantes infrastructures du Hezbollah.

Ces collines figuraient parmi les dernières positions dont les forces israéliennes se sont retirées lorsqu’elles ont quitté le Sud-Liban en 2000.

Gemayel a déclaré que les combats autour de la localité voisine de Kfar Tebnit avaient mis au jour ce qui semblait être un vaste réseau de tunnels et démontré le coût potentiel d’une tentative de prise de ces hauteurs.

« L’armée israélienne contrôle les versants arrière des collines à l’aide de robots et de drones de surveillance qu’elle a déployés sur la colline centrale, connue sous le nom d’Al-Dabsha », a-t-il déclaré.

« Elle construit des routes et des fortifications, mais n’a pas encore atteint les tunnels. »

Il a ajouté que les forces israéliennes incendiaient également des zones boisées à travers les collines.

M. Gemayel a indiqué que des informations non vérifiées avaient circulé, suggérant que des robots avaient été envoyés dans les tunnels, mais a souligné que les détails restaient flous.

Il a également mis en avant les travaux de construction militaire israéliens menés ailleurs dans la zone occupée comme preuve d’un éventuel enracinement à plus long terme.

Selon M. Gemayel, les forces israéliennes prolongent des routes et construisent des positions défensives, notamment le long d’un axe reliant la zone frontalière de Taybeh à Yohmor, dans la Bekaa occidentale, et en direction du château de Beaufort, ce qui pourrait leur permettre d’accéder aux zones situées au nord du Litani.

Il a indiqué que plus de 20 pelles mécaniques et bulldozers avaient été observés en train de travailler sur un terrain rocheux difficile.

« Quiconque entreprend des travaux de construction de cette ampleur signale qu’il a l’intention de rester dans la région et ne souhaite pas se retirer », a déclaré Gemayel.

Il a également évoqué Mansouri, une ville côtière du secteur ouest située à environ 12 km de la frontière et à 7 km de Tyr.

M. Gemayel a expliqué que le cessez-le-feu avait empêché l’occupation israélienne de la ville, mais qu’Israël l’avait par la suite classée dans ce qu’il qualifie de « zone jaune » et exerce un contrôle des tirs sur la zone.

L’armée libanaise avait auparavant facilité le retour d’une cinquantaine de familles, car la ville elle-même n’était pas occupée, a-t-il expliqué, mais celles-ci ont ensuite été contraintes de repartir suite à des avertissements d’évacuation lancés par Israël.

Pour le Liban, le fossé de plus en plus visible entre les négociations diplomatiques et l’évolution de la situation sur le terrain devient la préoccupation centrale.

Beyrouth s’est engagée dans le processus de Rome dans l’espoir de trouver un mécanisme permettant de mettre fin aux attaques, de faciliter les retraits israéliens et de permettre le retour des habitants ainsi que la reconstruction.

Alors qu’un nouveau cycle de négociations est désormais incertain, les responsables libanais craignent que le temps ne joue en défaveur de cet objectif — laissant les réalités militaires sur le terrain se cristalliser tandis que les négociations restent suspendues.


Le Liban vote l'abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient

Le parlement libanais a voté mardi l'abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient, dans une décision qualifiée d'"historique" par le ministre de la Justice Adel Nassar. (AFP)
Le parlement libanais a voté mardi l'abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient, dans une décision qualifiée d'"historique" par le ministre de la Justice Adel Nassar. (AFP)
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  • "Le projet de loi visant à abolir la peine de mort au Liban a été approuvé", a annoncé le bureau du président du Parlement
  • Le texte précise que les crimes commis avant l'entrée en vigueur de cette loi seront passibles d'une peine d'emprisonnement à perpétuité

BEYROUTH: Le parlement libanais a voté mardi l'abolition de la peine de mort, une première au Moyen-Orient, dans une décision qualifiée d'"historique" par le ministre de la Justice Adel Nassar.

Le pays n'avait plus procédé à des exécutions depuis 2004.

"Le projet de loi visant à abolir la peine de mort au Liban a été approuvé", a annoncé le bureau du président du Parlement.

Le texte précise que les crimes commis avant l'entrée en vigueur de cette loi seront passibles d'une peine d'emprisonnement à perpétuité.

Le ministre de la Justice a salué une décision "historique", soulignant que grâce à ce vote, Beyrouth ne serait plus débouté de ses demandes d'extradition de suspects de la part de pays où la peine de mort est abolie.

C'est "une étape monumentale pour les droits humains dans le pays, une rupture claire avec une sentence cruelle et arbitraire qui n'aurait jamais dû être prononcée", a déclaré de son côté Ramzi Kaiss, chercheur de l'ONG de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW).

Le vote d'abolition de la peine de mort fait partie d'une série de projets de loi discutés lors de la session parlementaire, dont une loi générale d'amnistie, serpent de mer depuis plusieurs années.


Un navire touché par un «projectile» en mer Rouge, des victimes 

Un "projectile" a frappé un navire près du détroit de Bab el-Mandeb, au large des côtes sud du Yémen, faisant des victimes, a annoncé mardi l'agence maritime britannique UKMTO, sans préciser leur nombre et s'il s'agissait de morts ou de blessés. (AFP)
Un "projectile" a frappé un navire près du détroit de Bab el-Mandeb, au large des côtes sud du Yémen, faisant des victimes, a annoncé mardi l'agence maritime britannique UKMTO, sans préciser leur nombre et s'il s'agissait de morts ou de blessés. (AFP)
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  • Un "projectile" a frappé un navire près du détroit de Bab el-Mandeb, au large des côtes sud du Yémen
  • "Il a été signalé qu'un cargo dans le sud de la mer Rouge a été touché par un projectile d'origine inconnue, qui a causé des victimes"

DUBAI: Un "projectile" a frappé un navire près du détroit de Bab el-Mandeb, au large des côtes sud du Yémen, faisant des victimes, a annoncé mardi l'agence maritime britannique UKMTO, sans préciser leur nombre et s'il s'agissait de morts ou de blessés.

"Il a été signalé qu'un cargo dans le sud de la mer Rouge a été touché par un projectile d'origine inconnue, qui a causé des victimes", a indiqué l'agence dans un communiqué, alors que les rebelles houthis du Yémen, alliés de l'Iran, ont revendiqué plusieurs attaques contre la flotte saoudienne dans la zone depuis juillet.