«La vision de l’Arabie saoudite et sa générosité sont très adaptées» au travail de l’OMS sur les problèmes mondiaux de santé

Des chirurgiens spécialisés séparent des frères siamois dans un hôpital de Riyad, le 15 mai 2022 (Photo/KSrelief).
Des chirurgiens spécialisés séparent des frères siamois dans un hôpital de Riyad, le 15 mai 2022 (Photo/KSrelief).
Des médecins travaillant pour le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane procèdent à des examens de vue au Bangladesh (Agence de presse saoudienne).
Des médecins travaillant pour le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane procèdent à des examens de vue au Bangladesh (Agence de presse saoudienne).
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Publié le Lundi 27 mars 2023

«La vision de l’Arabie saoudite et sa générosité sont très adaptées» au travail de l’OMS sur les problèmes mondiaux de santé

  • Dans la région Mena, on assiste à un certain nombre de crises humanitaires et sanitaires simultanées qui nécessitent à la fois une aide immédiate et des solutions à long terme
  • Dans le cas de l’initiative Vision 2030, l’accent est mis sur les efforts à but non lucratif et sur une culture de philanthropie stratégique

LONDRES: La Fondation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a été créée en 2020 pendant la pandémie de Covid-19 pour mobiliser de nouvelles ressources de philanthropes, de fondations, d’entreprises et de particuliers afin de soutenir la mission de l’OMS.

L’OMS – un organisme spécialisé de l’Organisation des nations unies (ONU) – et la Fondation de l’OMS sont toutes deux basées à Genève, mais cette dernière est un organisme qui octroie des subventions et qui est juridiquement indépendant de l’OMS.

Anil Soni a rejoint la fondation en tant que PDG. Il dispose d’une expérience de vingt ans en matière d’amélioration des soins de santé dans les pays les plus pauvres et il a pour objectif de lever un milliard de dollars (1 dollar = 0,93 euro). Il déclare, dans un entretien accordé à Arab News, comment sa fondation soutient et complète les efforts de l’OMS tout en respectant son caractère intergouvernemental.

Anil Soni, PDG de la fondation de l’OMS. (Photo fournie)
Anil Soni, PDG de la fondation de l’OMS. (Photo fournie)

Arab News: Pouvez-vous décrire comment la Fondation de l’OMS organise le soutien des donateurs et comment l’argent est dépensé par l’OMS?

Anil Soni: Le but de la Fondation de l’OMS est d’être un pont entre le travail vital de l’OMS et les différentes communautés qui peuvent aider à alimenter ce travail grâce à leur engagement, leur partenariat et, bien sûr, leur générosité.

Nous recueillons des ressources auprès de multiples partenaires du secteur privé et au-delà pour aider l’OMS à fournir des produits et des médicaments vitaux aux personnes dans le besoin.

Les défis mondiaux comme les tremblements de terre en Turquie et en Syrie, la crise alimentaire au Sahel et dans la Corne de l’Afrique et le conflit en Ukraine sont d’excellents exemples de situations où nous sommes confrontés à des crises qui nous affectent tous et où nous devons donc tous nous unir.

De tels défis ne peuvent être combattus par un seul secteur. L’OMS fait partie de plusieurs organisations internationales des Nations unies, mais l’ONU et les gouvernements ne sont pas suffisants. Nous devons faire en sorte de collaborer également avec les particuliers et les entreprises.

Une photo prise le 10 juin 2012 montre le Dr Omar Saleh (deuxième à gauche), coordinateur des urgences de l’OMS en Somalie, prenant soin d’un jeune patient dans un hôpital de la région de Hudur. (AFP)
Une photo prise le 10 juin 2012 montre le Dr Omar Saleh (deuxième à gauche), coordinateur des urgences de l’OMS en Somalie, prenant soin d’un jeune patient dans un hôpital de la région de Hudur. (AFP)

Toutes les contributions sont importantes, même les plus petites, car elles s'additionnent pour favoriser la mise en place d’initiatives qui changent la vie. À titre d’exemple, pendant la pandémie de Covid-19, nous avons initié une campagne appelée «Go Give One». Cinq dollars permettaient d’acheter un vaccin, la même somme d’argent qui pourrait être dépensée pour une tasse de café. Les entreprises et les philanthropes ont donné des millions de dollars, ce qui est considérable, mais chaque contribution compte.

Pour ce qui est des moyens de mobiliser l’argent, nous le faisons de plusieurs façons. Nous offrons des moyens incitatifs et novateurs pour collaborer avec des philanthropes et des entreprises qui cherchent des opportunités de contribuer au changement et de participer à la solution.

Dans le cas des tremblements de terre qui ont affecté des millions de personnes et causé plus de 50 000 morts (le plus grand nombre de morts en plus d’une décennie depuis le tremblement de terre en Haïti), l’OMS continue de livrer rapidement des outils vitaux en Turquie et en Syrie.

L’un de nos partenaires les plus proches est Spotify. La plate-forme a donné à ses auditeurs l’occasion de contribuer aux efforts de secours en Turquie et en Syrie en redirigeant les utilisateurs vers notre page Web de dons.

Chaque don soutient directement les efforts de secours pour les personnes touchées, notamment les services de santé mentale, la réadaptation physique, les médicaments et d’autres outils ou produits nécessaires pour réduire le risque ou répondre aux maladies transmissibles en raison d’un accès insuffisant à l’hygiène, à l’eau potable et aux services de santé.

Arab News: Les organismes d’aide humanitaire ont été critiqués dans la perception de la distribution injuste de l’assistance dans les zones touchées par le tremblement de terre, en particulier en ce qui concerne la Syrie et ses différentes zones de contrôle. Comment rendre l’aide dans ce contexte compliqué plus équitable?

Anil Soni: Souvent, les personnes à risque et dans le besoin se trouvent dans des environnements qui font l’objet d’intenses débats politiques ou littéralement au beau milieu d’un conflit. C’est l’une des raisons pour lesquelles le travail de l’OMS est si important, car l’organisation mène ses activités partout. Il s’agit d’un organisme des Nations unies qui est lui-même le fruit d’une collaboration entre les États membres. Ainsi, tous les gouvernements du monde participent aux opérations et à la gouvernance de l’OMS.

En chiffres

501 000 personnes décédées de la tuberculose en Afrique en 2021.

43 000 décès supplémentaires causés par la faim et la mauvaise santé en Somalie en 2022.

57 300 décès en Turquie et en Syrie causés par les tremblements de terre du 6 février.

De plus, les équipes d’urgence de l’OMS sont présentes dans toutes les régions du monde. Elles ont donc continué d’opérer en Syrie pendant les longues années de conflit et elles font partie des rares entités à l’avoir fait. Il est crucial de ne pas prendre parti contre les besoins des gens en raison de la nature d’une situation politique ou d’un conflit. Bien au contraire, il s’agit de soins de santé, de prestation de services médicaux et de médecins dont le travail n’est pas de s’occuper de politique, mais de veiller à ce que les personnes dans le besoin reçoivent des soins de santé adéquats.

J’ai été vraiment inspiré par le Dr Tedros (Adhanom Ghebreyesus), le directeur général de l’OMS, qui s’est rendu en Syrie le mois dernier. Il a été le premier directeur de l’ONU à entrer dans le nord-ouest de la Syrie depuis plus d’une décennie à cause du conflit. Dans les premières heures qui ont suivi les tremblements de terre, l’OMS a distribué 183 tonnes de fournitures à plus de 200 établissements de santé dans le nord-ouest de la Syrie depuis les entrepôts partenaires d’Azaz et d’Idlib.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus (au centre), visite un site pour personnes déplacées par la catastrophe, à Kafr Lusin, près de la frontière turque, le 1er mars 2023, lors de sa toute première visite dans les zones contrôlées par les rebelles de la Syrie ravagée par la guerre. (AFP)
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus (au centre), visite un site pour personnes déplacées par la catastrophe, à Kafr Lusin, près de la frontière turque, le 1er mars 2023, lors de sa toute première visite dans les zones contrôlées par les rebelles de la Syrie ravagée par la guerre. (AFP)

À la suite de cette visite, l’OMS a livré 297 tonnes de fournitures d’urgence et de médicaments essentiels dans les régions du pays touchées par le tremblement de terre, ce qui a permis d’administrer 3 705 000 traitements, notamment pour la prise en charge des traumatismes, du diabète et de la pneumonie.

 Arab News: Quels sont les principaux défis en matière de santé auxquels fait face la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord? Comment la mobilisation de fonds supplémentaires pour l’OMS peut-elle permettre de relever ces défis? Est-ce que cela peut aller au-delà de l’aide financière pour résoudre les problèmes structurels à l’origine des inégalités en matière de santé?

Anil Soni: C'est ce à quoi nous aspirons, faute de quoi nous continuerons à faire face à ces situations d'urgence et à ces besoins inéquitables. Le contexte est particulièrement frappant dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (Mena) en ce moment puisqu’on assiste à un certain nombre de crises humanitaires et sanitaires simultanées qui nécessitent à la fois une aide immédiate et des solutions à long terme.

Des événements tels que les tremblements de terre en Turquie et en Syrie, le conflit en Syrie et les épidémies de choléra au Liban et en Syrie sont particulièrement graves. Ils découlent du changement climatique ou de dynamiques à long terme qui nécessitent une mobilisation et un engagement soutenus.

Aujourd’hui, la région est plus que jamais dans une position unique pour soutenir la prospérité économique naissante des habitants et des secteurs public et privé. Il est essentiel de mobiliser les ressources nécessaires et de faire comprendre à quel point chaque contribution joue un rôle essentiel dans la lutte contre les crises humanitaires, ce que nous faisons à la Fondation de l’OMS.

Un médecin syrien administre le vaccin contre la Covid-19 fourni par l’OMS et le Fonds des nations unies pour l'enfance (Unicef) aux habitants de la ville de Kamichli, dans le nord-est de la Syrie, le 24 mai 2021. (AFP)
Un médecin syrien administre le vaccin contre la Covid-19 fourni par l’OMS et le Fonds des nations unies pour l'enfance (Unicef) aux habitants de la ville de Kamichli, dans le nord-est de la Syrie, le 24 mai 2021. (AFP)

Mais il est tout aussi important de s’attaquer aux problèmes structurels et aux causes systémiques des inégalités et de tirer pleinement parti des ressources de certains de nos partenaires. Nous ne considérons pas seulement nos partenaires comme une source de capital. Nous examinons également comment ils peuvent nous aider à mobiliser les efforts humanitaires grâce à leur plate-forme, leur talent, leurs capacités et leurs propres fournitures.

J’ai précédemment mentionné Spotify qui nous a aidés à mobiliser des millions d’auditeurs pour rassembler des ressources afin de mettre en place des systèmes de santé locaux et de mieux nous préparer aux interventions d’urgence.

Ainsi, une partie de ce que nous essayons de faire en termes de mobilisation de ces ressources et de négociation de ces partenariats n'est pas seulement de répondre à une situation d'urgence, mais également de garantir que les systèmes de santé sous-jacents soient mis en place, en plus de s’assurer qu’il y ait des agents de santé communautaires et des approvisionnements adéquats.

Nous pensons au financement à long terme et à l’établissement de systèmes suffisamment solides pour nous permettre d’intervenir de manière efficace en cas d’urgence ou même de prévoir les crises futures (c’est-à-dire les épidémies potentielles).

Arab News: Comment la Fondation de l’OMS contribue-t-elle à améliorer la préparation à l’échelle mondiale? Cela s’applique-t-il uniquement à la Covid-19 et à la préparation à de futures pandémies ou cela inclut-il d’autres menaces émergentes pour la santé (environnementales, nutritionnelles, etc.)? Comment des pays comme l’Arabie saoudite peuvent-ils se préparer?

Anil Soni: L’OMS et la Fondation de l’OMS collaborent de manière proactive pour améliorer la préparation. À titre d’exemple, nous mettons en place des centres d’urgence au Kenya, au Sénégal et en Afrique du Sud pour renforcer la sécurité sanitaire sur le continent africain. Cela permet de garantir que les fournitures et équipements médicaux vitaux sont expédiés dans les vingt-quatre à quarante-huit heures suivant la déclaration d’une urgence, ce qui réduit jusqu’à soixante jours le temps de déploiement.

Anil Soni, PDG de la Fondation de l’OMS au Kenya. (Photo fournie).
Anil Soni, PDG de la Fondation de l’OMS au Kenya. (Photo fournie).

Ces centres d’urgence régionaux travaillent en étroite collaboration avec les gouvernements en vue d’une réponse commune aux situations d'urgence, d’un prépositionnement de fournitures et d’équipements médicaux, d’installations de formation et d’une surveillance des maladies infectieuses. Mais ces pôles d’urgence ne se limitent pas à la prise en charge des maladies. Ils contribuent également à améliorer la qualité de vie, en assurant par exemple un approvisionnement continu en eau potable pour éviter les risques de maladies d’origine hydrique comme le choléra.

L’OMS se tourne toujours vers l’avenir, qu’il s’agisse d'analyser les tendances du changement climatique ou de prévoir les résultats géopolitiques, afin de mieux anticiper les domaines dans lesquels notre soutien sera le plus nécessaire. Nous travaillons également avec les gouvernements et les responsables de la santé pour les aider à surmonter les crises sanitaires que leur pays pourrait un jour connaître.

Concernant l’Arabie saoudite, la vision et la générosité du Royaume et sa collaboration étroite avec les entreprises et ses habitants sont parfaitement adaptées à cela. Dans le contexte de l’initiative Vision 2030 en particulier, l’Arabie saoudite cherche à mettre en lumière l’interdépendance entre notre bien-être, le bien-être des autres et le bien-être de nos voisins. Le terme «Ubuntu», utilisé en Afrique du Sud, signifie «Je suis parce que tu es».

Cela consiste essentiellement à reconnaître l’interdépendance et que la seule façon pour moi de prospérer est de privilégier également vos besoins parce que nous dépendons les uns des autres. Je pense que cela résonne avec le rôle de leader de l’Arabie saoudite dans la région. Ainsi, le soutien aux pays et aux communautés à l’intérieur et à l’extérieur des frontières du Royaume est essentiel au bien-être du peuple saoudien.

Arab News: Que pensez-vous du programme de transformation du secteur de la santé de l’initiative Vision 2030? Pensez-vous que l'accent mis sur des soins de santé équitables et accessibles coïncide avec la mission et les valeurs de la Fondation de l’OMS?

Anil Soni: Tout comme le programme de transformation du secteur de la santé en Arabie saoudite, la Fondation de l’OMS croit en des soins de santé équitables et accessibles. Pour parler de Vision 2030 au sens plus large, l’accent est également mis sur les efforts à but non lucratif et sur une culture de philanthropie stratégique.

Infographie gracieusement fournie par le site Web de l’initiative Vision 2030 de l’Arabie saoudite.
Infographie gracieusement fournie par le site Web de l’initiative Vision 2030 de l’Arabie saoudite.

Même si le gouvernement joue un rôle moteur, le reste de la nation est encouragé à apporter sa contribution, y compris les entreprises et les particuliers, pour relever les défis nationaux et favoriser le développement. Cette idée que chacun joue un rôle dans la réalisation des objectifs est conforme à notre mission au sein de la Fondation de l’OMS.

Nous avons dû réagir à tellement d’événements ces dernières années, comme une pandémie qu’une grande partie du monde n’avait pas prédite, les effets du changement climatique même s’ils se préparent au fil du temps, ainsi que les catastrophes naturelles qui ont une périodicité et une Histoire.

Si nous nous tournons vers le passé, nous constatons que les tremblements de terre et les tsunamis ont causé énormément de dégâts au fil des décennies. La question est la suivante: nous préparons-nous à de tels événements catastrophiques? Si tout ce que nous faisons est réagir et non nous préparer, les effets seront plus importants et les pertes seraient vaines.

Je dis tout cela parce que, lorsqu’un gouvernement comme celui de l’Arabie saoudite travaille à rebours à partir de 2030, de manière proactive et pas seulement réactive, cela nous sert de leçon importante et montre à quel point nous pourrions progresser en étant simplement préparés.

Des Yéménites déplacés reçoivent des soins médicaux dans un dispensaire géré par le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane (KSrelief) dans la province occidentale de Hodeïda, ravagée par la guerre au Yémen, le 24 février 2021. (AFP)
Des Yéménites déplacés reçoivent des soins médicaux dans un dispensaire géré par le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane (KSrelief) dans la province occidentale de Hodeïda, ravagée par la guerre au Yémen, le 24 février 2021. (AFP)

Arab News: Comment la Fondation de l’OMS évalue-t-elle le rôle de l’Arabie saoudite dans le soutien aux nations de la région au sens large, notamment les interventions médicales du KSrelief? Le Royaume a-t-il un plus grand rôle à jouer à l’avenir concernant l’aide humanitaire et les interventions en cas de catastrophes?

Anil Soni: Ce centre est un modèle remarquable et nous avons beaucoup à apprendre de la collaboration existante entre le KSrelief, l’OMS et d’autres partenaires humanitaires internationaux. La générosité du centre saoudien est considérable, mais ce n’est pas seulement une question d’argent. Les responsables sont également attentifs à la qualité de l’aide et aux cadres politiques nécessaires pour garantir les répercussions positives escomptées. Nous voulons construire à partir de ce type de partenariat et d’engagement.

Arab News: Par quels moyens la Fondation de l’OMS souhaite-t-elle mobiliser davantage de capitaux privés et de partenariats public-privé pour renforcer la mission de l’OMS en Arabie saoudite et à l’échelle de la région?

Anil Soni: Une partie de ce que nous essayons de faire à la Fondation de l’OMS est d’aider les parties prenantes en Arabie saoudite et dans d’autres pays de la région à comprendre le rôle essentiel que joue l’OMS. Bien qu’elle ait joué un rôle important tout au long de la pandémie de Covid-19, l’OMS ne se contente pas de faire face à la pandémie. Elle répond à diverses urgences. Elle mène ses activités dans des cadres où d’autres organismes ne sont pas présents; elle pense aux futures urgences et s’y prépare.

Le mois dernier, l’OMS a publié ses appels mondiaux d’urgence sanitaire, améliorant la préparation et la réponse à 54 urgences sanitaires en cours. Et, bien sûr, il y a tout le travail normatif de l’OMS, la mesure dans laquelle elle agit comme la Food and Drug Administration (FDA), les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et les National Institutes of Health (NIH) à travers le monde.

Des enfants yéménites reçoivent des soins dans un hôpital de la capitale Sanaa, le 11 octobre 2016 lors d’une épidémie de choléra confirmée par l’OMS. (AFP)
Des enfants yéménites reçoivent des soins dans un hôpital de la capitale Sanaa, le 11 octobre 2016 lors d’une épidémie de choléra confirmée par l’OMS. (AFP)

Nous espérons qu’en sensibilisant à l’OMS et à ses initiatives, nous pourrons mobiliser l’immense générosité de la région et les acteurs régionaux pour aider l’OMS à atteindre ses objectifs humanitaires.

Arab News: La philanthropie est un principe essentiel de l’islam. Quel rôle la zakat peut-elle jouer dans le travail de collecte de fonds de la Fondation de l’OMS dans la région?

Anil Soni: J’ai eu la chance de me familiariser avec différentes communautés et religions à travers le monde et d’en être inspiré par plusieurs. La zakat est très inspirante et c’est une pratique courante dans ma vie. Même si je suis hindou et américain, j’alloue chaque année 5% de mon revenu après impôt à des œuvres caritatives et à des causes civiques.

Bien que la zakat et la sadaka soient des éléments particuliers de la foi musulmane, il existe une grande cohérence entre la zakat, la sadaka et la dîme. Cette culture du don est une occasion formidable de combler les lacunes dans les crises sanitaires humanitaires mondiales et de garantir que l’aide soit dirigée là où elle est le plus nécessaire. Je pense que la tradition du don religieux peut inspirer une plus grande philanthropie, générosité et collaboration à l’avenir.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran doit «conclure un accord» avec les Etats-Unis, estime un ex-chef de la diplomatie iranienne

L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
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  • L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit"
  • Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui"

PARIS: L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

L'ex-ministre des Affaires étrangères entre 2013 et 2021, un des architectes de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, n'a plus de rôle officiel au sein du gouvernement, mais c'est la première fois depuis le déclenchement de la guerre par l'offensive militaire américano-israélienne le 28 février qu'une figure de haut rang en Iran se positionne publiquement en faveur d'un accord de paix.

L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit et empêche qu'un nouveau ne survienne", a écrit le diplomate dans une tribune publiée jeudi soir par la revue américaine Foreign Affairs.

Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui", a-t-il écrit.

"L'Iran devrait également être prêt à accepter un pacte de non-agression avec les Etats-Unis, par lequel les deux pays s'engageraient à ne plus s'attaquer à l'avenir", a encore proposé Mohammad Javad Zarif. Il a aussi évoqué des "échanges économiques" entre les deux pays qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis plus de quatre décennies.

Cette tribune a été publiée dans la revue américaine quelques heures après que Donald Trump a menacé mercredi d'intensifier ses frappes et de renvoyer l'Iran "à l'âge de pierre".

"En tant qu'Iranien, indigné par l'agression irresponsable et les insultes grossières de Donald Trump (...) je suis partagé quant à la publication de ce plan de paix dans Foreign Affairs. Je suis néanmoins convaincu que la guerre doit prendre fin à des conditions compatibles avec les intérêts nationaux iraniens", s'est justifié vendredi sur le réseau social X l'ancien chef de la diplomatie.


Le Royaume-Uni déploie un système anti-drones au Koweït

Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
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  • "Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique
  • Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement

LONDRES: Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne.

"Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique.

Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement.

"Le Premier ministre a commencé par condamner l'attaque de drone nocturne irresponsable contre une raffinerie de pétrole koweïtienne", a indiqué Downing Street dans un compte rendu de l'entretien téléphonique entre M. Starmer et le prince héritier du Koweït.

"Ils ont discuté du déploiement du système de défense aérienne britannique Rapid Sentry au Koweït, qui protégera le personnel et les intérêts koweïtiens et britanniques dans la région, tout en évitant une escalade du conflit", a ajouté le communiqué de Downing Street.

Les pays du Golfe, dont le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn, ont été entraînés dans la guerre au Moyen-Orient, visés par des frappes iraniennes en représailles aux attaques lancées par les États-Unis et Israël le 28 février.


Les églises de Dubaï passent les messes de Pâques en ligne pour des raisons de sécurité

Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
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  • Les églises de Dubaï annoncent un passage en ligne des messes pendant le week-end de Pâques pour des raisons de sécurité

DUBAÏ : Les églises aux Émirats arabes unis ont annoncé une fermeture temporaire pendant Pâques en raison de préoccupations liées à la sécurité dans un contexte de tensions régionales.

Les églises, dont l’église catholique St. Mary, l’église catholique St. Francis of Assisi et la cathédrale orthodoxe St. Thomas, ont indiqué qu’elles resteraient fermées suite à une directive du gouvernement et que les offices du Vendredi saint seraient diffusés en ligne via leurs chaînes officielles.

« Les paroissiens sont priés de ne pas se rendre dans les locaux de l’église, dans l’intérêt de la sécurité et du bien-être de la communauté », indique l’annonce.

Cette décision représente un changement majeur pour les communautés chrétiennes, particulièrement pendant l’une des périodes les plus sacrées de l’année.

Traditionnellement, la Semaine Sainte est remplie de prières communautaires, de grandes réunions familiales et de célébrations religieuses menant à Pâques.

Sandra Sabbagh, résidente de Dubaï, a déclaré que la Semaine Sainte est l’un des moments les plus attendus de l’année.

« Nous jeûnons pendant presque cinq semaines, et cette semaine est considérée comme très importante pendant notre période de jeûne. Donc oui, c’est décevant. Nous l’attendons depuis le tout début du Carême », a-t-elle expliqué, ajoutant que cette période est habituellement consacrée à se rassembler à l’église avec d’autres.

« Bien sûr, nous sommes attristés, mais en même temps, le gouvernement n’aurait pas pris une telle décision si ce n’était pas pour le bien des gens et leur sécurité. Et bien sûr, nous soutenons ces décisions. Je prie pour que la paix revienne bientôt, que nous puissions traverser cette situation, et que les gens puissent revenir à une vie sûre et paisible, comme nous en avons l’habitude dans ce pays », a-t-elle ajouté.

Bien que les messes diffusées en direct permettent aux fidèles de maintenir un lien spirituel depuis chez eux, beaucoup estiment que l’absence de participation physique rend les célébrations incomplètes, mais ils comprennent l’importance de respecter les règles gouvernementales.

Rachel Henry, résidente de Dubaï, a déclaré que, même si ne pas pouvoir se rendre à l’église est décevant, elle est reconnaissante que la technologie permette à la communauté de se rassembler virtuellement pour le culte.

« Grâce à la technologie et tout, nous pouvons assister en ligne. Donc, le même sentiment de participation est là, mais la perte de ne pas être physiquement présente à l’église se fait toujours ressentir », a-t-elle dit.

« Nous réalisons que tout cela est pour notre sécurité et notre bien-être, et nous souhaitons respecter les règles », a-t-elle ajouté.

Depuis le 28 février, les Émirats arabes unis sont sous attaque de missiles et drones iraniens. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com