Arabie saoudite: Les meilleures destinations pour profiter des longues nuits du ramadan

Un marché du Ramadan à Al-Ahsa où les habitants et les visiteurs peuvent explorer et apprécier les produits et la nourriture saoudiens pendant le mois sacré. (SPA)
Un marché du Ramadan à Al-Ahsa où les habitants et les visiteurs peuvent explorer et apprécier les produits et la nourriture saoudiens pendant le mois sacré. (SPA)
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Publié le Mardi 28 mars 2023

Arabie saoudite: Les meilleures destinations pour profiter des longues nuits du ramadan

  • Les activités, événements et bazars liés au ramadan dans tout le Royaume sont nombreux
  • De Riyad à Djeddah, de Damman à Yanbu, des festivités spéciales sont organisées pour vivre des expériences joyeuses pendant le mois sacré

DJEDDAH: Pendant le ramadan, contrairement au reste de l’année, les journées en Arabie saoudite sont lentes et calmes, tandis que les soirées qui se déroulent après l’iftar sont pleines de vie et de dynamisme jusqu’à la fin du souhour.

Les activités, événements et bazars liés au ramadan dans tout le Royaume ne manquent pas. Ils sont l’occasion de vivre des expériences joyeuses et d’entrer pleinement dans l’esprit du mois sacré.

Voici une liste pratique de certains des meilleurs endroits et événements du pays où les habitants et les visiteurs peuvent se rassembler pour profiter de l’atmosphère spirituelle et animée du Royaume pendant les longues soirées du ramadan.

Riyad

Qasr al-Hukm est une destination favorite pour de nombreuses personnes pendant le ramadan, car il comprend plusieurs souks traditionnels, notamment les marchés Al-Maigliah, Al-Taamer et Al-Zel, qui offrent une expérience de shopping agréable.

Al-Safarat, ou le quartier diplomatique, est  idéal pour se restaurer, car il regorge de cafés et de restaurants fantastiques, dont beaucoup proposent des offres spéciales pour le ramadan.

Le Gulf Spring Cafe de Diriyah, situé au cœur de l’envoûtante ville historique, est considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs endroits à visiter à Riyad pendant le mois sacré.

Djeddah

Le quartier d’Al-Balad, ou la ville historique de Djeddah, est une destination de choix dans la ville où passé et présent s’entrechoquent pour offrir une large sélection d’art, de culture, de stands de nourriture, d’ateliers, de séminaires, de galeries et de musées, entre autres.

Bisat al-Reeh est une exposition et un marché au Jeddah International Exhibition and Convention Center. Le lieu propose un large éventail de marchandises, dont certaines sont gratuites ou vendues à des prix très raisonnables.

Le front de mer de Djeddah est l’endroit idéal pour assister à des spectacles de lumière divertissants, avec des drones et des feux d’artifice.

Le Tofareya Tent Restaurant, situé au bord du lac Arbaeen, sert une cuisine saoudienne traditionnelle dans un style moderne, avec une vue imprenable sur le lac.

AlUla

La Vieille ville est décorée pour le ramadan et prête à accueillir les visiteurs. Ceux-ci peuvent se promener dans ses ruelles historiques où s’arrêter pour faire du shopping, manger, découvrir l’incroyable histoire de la région, ou simplement se balader et savourer le moment.

Dhahran

Le centre du roi Abdelaziz pour la connaissance et la culture, également connu sous le nom d’«Ithra», accueille de nombreuses festivités, spectacles, ateliers, expositions, laboratoires, cafés, restaurants et autres événements pendant le mois sacré.

Le musée Taybin propose un voyage dans le passé, avec des expositions qui présentent les objets et les produits que les générations précédentes de Saoudiens utilisaient dans leur vie quotidienne.

Al-Khobar

Le Villaggio Restaurant Village est un espace de restauration sur le thème d’un village saoudien traditionnel. Il inclut plus de 30 restaurants proposant une variété de cuisines, une fontaine dansante et des espaces verts, ce qui en fait une destination idéale pour déguster des plats dans une atmosphère urbaine moderne avec plus qu’un soupçon d’histoire.

Dammam

Sur l’île de Murjan, les visiteurs peuvent profiter de la fraîcheur de la brise marine en montant à bord d’un bateau, en nageant, en se promenant ou en dégustant des plats dans un restaurant, entre autres.

Le front de mer de Dammam propose une grande variété d’attractions et d’expériences en un seul lieu, à la fois conçu pour se maintenir en forme, faire du shopping ou simplement retrouver amis et famille.

Le village du patrimoine, composé de cinq étages représentant chacun les traditions et la culture d’une région saoudienne, a été spécialement décoré pour le ramadan.

Les visiteurs du marché traditionnel de Dammam peuvent découvrir l’histoire de la ville tout en achetant des marchandises locales.

Yanbu

Flowers Park, l’un des plus beaux parcs publics de Yanbu, comprend cinq zones spécialisées: le jardin, une aire de jeux, un jardin de papillons, le Rio Team Birds Garden et un espace de restauration.

Le marché Al-Shafa est une destination délicieuse qui propose une expérience gastronomique saoudienne mémorable, avec des plats de toutes les régions.

La zone historique de Yanbu est l’endroit où se déroulent les célébrations culturelles et traditionnelles au cœur de la Vieille ville. Dans cette zone, les artistes et les vendeurs entretiennent l’esprit festif grâce à leurs spectacles, à la nourriture proposée ou aux jeux.

Abha

Le château historique de Shamsan est un site historique extraordinaire situé dans le sud du Royaume. Construit sur une montagne à l’époque de l’Empire ottoman, il a contribué à la défense de la ville. Après avoir découvert l’histoire du site, les visiteurs peuvent explorer les environs, qui comptent de nombreux restaurants.

Al-Habala, ou le «village suspendu», est un village de montagne historique transformé en parc et auquel on accède par un téléphérique. Outre la découverte de maisons traditionnelles et d’autres bâtiments, les visiteurs peuvent faire des descentes en luge, camper et se rapprocher de la nature.

Une visite à Jabal Sawda, ou «montagne Sawda», l’un des plus hauts sommets d’Arabie saoudite, peut se révéler être une aventure unique pendant le ramadan.

Jazan

Jazan compte sept musées: le musée Dr Ali Mohammed Awaji, le musée Ibrahim Montag, le musée Al-Aliyah, le musée Bi’ir, le musée maritime Zayla’I, le musée Mount Texan et le musée de l’archéologie et du patrimoine de Jazan. Ils révèlent chacun une facette différente de la ville de Jazan, de sa culture et de son patrimoine.

Les visiteurs du village du patrimoine de Jazan peuvent découvrir le mode de vie des habitants de la région dans le passé, notamment leurs vêtements, leurs accessoires et leur architecture.

Dans les montagnes d’Al-Fifa, il est possible monter dans un téléphérique, de faire un safari au cœur de la forêt ou simplement de se détendre et de méditer dans la nature.

Al-Qassim

Le château de Jidiyah, un site historique important de la région, mérite une visite.

Il faut également découvrir Garden Talents, une réserve naturelle située à Buraidah, pour observer des centaines d’oiseaux colorés de différentes espèces.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Em Sherif Monte-Carlo, une escale libanaise incontournable sur la Côte d’Azur

 Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine. (AFP)
Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine. (AFP)
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  • Au-delà de la cuisine, Em Sherif Monte-Carlo mise sur une véritable expérience sensorielle
  • Les clients peuvent profiter d’une terrasse offrant une vue imprenable sur la Méditerranée, dans une ambiance animée par des concerts live et des DJ sets organisés du vendredi au dimanche, ainsi que chaque soir durant les mois de juillet et août

MONACO: Sur les hauteurs de Monaco, face à la Méditerranée, Em Sherif Monte-Carlo rouvre ses portes pour une cinquième saison au sein du prestigieux Hôtel de Paris Monte-Carlo. L’établissement, devenu au fil des années une adresse prisée des amateurs de gastronomie levantine, poursuit son hommage à la cuisine libanaise avec une carte enrichie de nouvelles créations et une expérience immersive mêlant saveurs, musique et art de vivre oriental.

Fondé en 2011 par Mireille Hayek, le groupe Em Sherif s’est imposé comme l’un des ambassadeurs de la gastronomie libanaise à travers le monde, avec des établissements à Beyrouth, Londres et Doha. Depuis l’ouverture monégasque en 2022, la table est dirigée par Yasmina Hayek, fille de la fondatrice et diplômée de l’Institut Paul Bocuse.

Sous sa direction, le restaurant continue de faire évoluer sa carte tout en préservant l’ADN culinaire de la maison : une cuisine généreuse, raffinée et profondément ancrée dans les traditions libanaises.

Parmi les nouveautés de cette saison figure « The Lobster », des brochettes de queue de homard bleu mariné accompagnées d’un condiment au fenouil, mais aussi « Le Lahmeh Black Angus », des brochettes de bœuf Black Angus relevées d’un chimichurri au zaatar. Le « Shawarma Lahmeh », un jarret d’agneau confit servi avec des artichauts et de la coriandre, revisite quant à lui un classique du Levant dans une version gastronomique.

La carte fait également la part belle aux mezzés, incontournables de la table libanaise. Houmous, moutabal d’aubergines grillées, Batata Harra épicées ou encore halloumi grillé aux tomates rôties composent une sélection pensée pour le partage et la convivialité.

Les desserts prolongent ce voyage culinaire avec le célèbre « Baklawa Em Sherif », croustillant et généreusement garni de pistaches, mais aussi le Meghli, pudding épicé à base de farine de riz et de fruits secs. Plus contemporain, le « Coconut Riz bi Halib » associe riz au lait à la noix de coco, mangue, fruit de la passion et sorbet à la cardamome.

Au-delà de la cuisine, Em Sherif Monte-Carlo mise sur une véritable expérience sensorielle. Les clients peuvent profiter d’une terrasse offrant une vue imprenable sur la Méditerranée, dans une ambiance animée par des concerts live et des DJ sets organisés du vendredi au dimanche, ainsi que chaque soir durant les mois de juillet et août.

Le Chicha Lounge Bar complète cette immersion orientale avec une sélection de saveurs et de cocktails signatures, proposés avec ou sans alcool. Parmi eux, le « Beirut Mule », mêlant rhum, arak et agrumes, « Oasis on the Rock » à base de gin, thé vert, gingembre et verveine, ou encore le « Rose Royale », associant Champagne, Saint-Germain, citron vert et rose.

Cette saison, le restaurant entend également séduire les amateurs de sport : certains matchs de la FIFA World Cup 2026 seront retransmis dans l’espace lounge.


France: entre nécessité et impuissance, des auteurs libanais au défi de raconter la guerre

L'écrivain Charif Majdalani cherche à saisir les banalités du quotidien que l'actualité ignore.  "Je raconte des petites choses, des anecdotes du quotidien de la guerre qui peuvent paraître très banales mais qui, dans le contexte, sont incroyables", explique ce dernier. (Photo d'archivesAFP)
L'écrivain Charif Majdalani cherche à saisir les banalités du quotidien que l'actualité ignore. "Je raconte des petites choses, des anecdotes du quotidien de la guerre qui peuvent paraître très banales mais qui, dans le contexte, sont incroyables", explique ce dernier. (Photo d'archivesAFP)
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  • "Dans l'absolu, l'art ne sert à rien". Pour Hala Moughanie, invitée ce week-end au festival littéraire de Saint-Malo (nord-ouest), le constat est sans appel: "il ne permet pas de changer les situations, ni de modifier le tracé politique"
  • En revanche, "il a le devoir de témoigner et de dénoncer en posant les formes, qu'elles soient écrites ou artistiques et qui ne [prendront] sens que dans des dizaines d'années"

RENNES: Entre une vie quotidienne en apparence normale à Beyrouth et le bourdonnement des drones, des auteurs libanais, mis à l'honneur au festival français Etonnants voyageurs, racontent leur difficulté à écrire, tiraillés entre le besoin de témoigner et l'impuissance face à une guerre insaisissable.

"Dans l'absolu, l'art ne sert à rien". Pour Hala Moughanie, invitée ce week-end au festival littéraire de Saint-Malo (nord-ouest), le constat est sans appel: "il ne permet pas de changer les situations, ni de modifier le tracé politique de décisions déjà prises".

En revanche, "il a le devoir de témoigner et de dénoncer en posant les formes, qu'elles soient écrites ou artistiques et qui ne [prendront] sens que dans des dizaines d'années", tempère l'autrice à l'AFP.

Comme elle, d'autres auteurs peinent à mettre en récit l'"imprévisible" conflit qui oppose aujourd'hui Israël au Hezbollah libanais.

Si l'illustratrice Michèle Standjofski revendique une démarche  consistant à " raconter ce que l'on voit et ce que l'on vit " dans sa BD "Et toi, comment ça va ?", qui met en dessin ses correspondances avec le dessinateur Charles Berberian, l'écrivain Charif Majdalani cherche à en saisir les banalités du quotidien  que l'actualité ignore.

"Je raconte des petites choses, des anecdotes du quotidien de la guerre qui peuvent paraître très banales mais qui, dans le contexte, sont incroyables", explique ce dernier.

"Car de cette guerre-là, poursuit-il, personne n'en sait absolument rien, ni ce qui se trame, ni ce qu'il y a dessous, ni ce qu'il y a derrière..., on n'en sait rien, ce n'est donc pas la peine de gloser sans arrêt".

Prendre du recul 

Ecrire ou dessiner devient également une manière de prendre du recul face à une réalité écrasante. Michèle Standjofski voit dans le dessin un processus lent et apaisant, qui permet à la fois d'exprimer la colère et de retrouver une forme de calme.

"C'est ce qui manque malheureusement aujourd'hui quand on parle de ce qui se passe dans cette région du monde", déplore-t-elle.

" Pour l'instant, ce n'est pas possible de poser des mots" sur ce qui se passe , estime Hala Moughanie, qui dit observer et "absorber " la situation - "mais je sais que cela va m'amener à écrire".

Au Liban, cette difficulté à dire s'inscrit aussi dans une histoire plus longue . "On n'est pratiquement jamais sortis de la guerre ", rappelle Michèle Standjofski, évoquant la succession de conflits et de crises qui ont jalonné l'histoire du pays et nourrissent un sentiment permanent d'instabilité.

Face à cette complexité, les auteurs interrogés par l'AFP revendiquent avant tout une posture modeste. "Si vous avez compris quelque chose au Liban, c'est qu'on vous l'a mal expliqué ", résume Mme Standjofski, consciente des limites de toute tentative de synthèse.

Une difficulté d'autant plus grande que la guerre se mêle au quotidien  puisque dans la capitale Beyrouth, raconte Charif Majdalani, si la vie est "actuellement tout à fait normale", l'auteur explique être sous le bourdonnement permanent de drones au-dessus des têtes.

Dans ce contexte, et sans prétendre dire la vérité d'un pays fragmenté, Michèle Standjofski s'attache à témoigner " à [sa] petite hauteur ", avec son regard et sa sensibilité, ce qu'il se passe dans son pays.

Une approche que partage Hala Moughanie, qui cherche à englober " autant que possible toutes les nuances " d'un Liban éclaté, composé d'une multitude de réalités sociales et de communautés, sans le réduire à un récit unique.


Le Liban dans toute sa complexité, au festival de Saint-Malo

À Saint-Malo, pays breton jadis bastion des corsaires, le festival Étonnants Voyageurs s’apprête une nouvelle fois à faire dialoguer les imaginaires du monde, en mettant à l’honneur le paysage littéraire et culturel libanais. (Photo Etonnants Voyageurs)
À Saint-Malo, pays breton jadis bastion des corsaires, le festival Étonnants Voyageurs s’apprête une nouvelle fois à faire dialoguer les imaginaires du monde, en mettant à l’honneur le paysage littéraire et culturel libanais. (Photo Etonnants Voyageurs)
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  • Cette année, le Liban s’impose avec une intensité particulière. C’est un choix assumé, réfléchi, presque évident pour le directeur du festival, Jean-Michel Le Boulanger
  • Ce choix, indique Le Boulanger à Arab News en français, découle d’une conviction simple : « Le Liban est un carrefour », un carrefour d’histoires, de cultures, de religions, mais surtout un carrefour du monde contemporain

PARIS: À Saint-Malo, pays breton jadis bastion des corsaires, le festival Étonnants Voyageurs s’apprête une nouvelle fois à faire dialoguer les imaginaires du monde, en mettant à l’honneur le paysage littéraire et culturel libanais.

Cette année, le Liban s’impose avec une intensité particulière. C’est un choix assumé, réfléchi, presque évident pour le directeur du festival, Jean-Michel Le Boulanger.

Ce choix, indique Le Boulanger à Arab News en français, découle d’une conviction simple : « Le Liban est un carrefour », un carrefour d’histoires, de cultures, de religions, mais surtout un carrefour du monde contemporain.

Depuis toujours, Étonnants Voyageurs revendique une approche singulière qui consiste à regarder le monde à travers les écrivains et privilégie l’écoute des romanciers, des poètes et des artistes.

C’est également un concentré des tensions et des espoirs qui traversent notre époque, ajoute-t-il. En invitant 21 auteurs et artistes libanais à participer à son édition 2026, qui se tient du 23 au 25 mai, le festival ne cherche pas à illustrer une actualité, mais à faire entendre une expérience du monde.

Depuis toujours, Étonnants Voyageurs revendique une approche singulière qui consiste à regarder le monde à travers les écrivains et privilégie l’écoute des romanciers, des poètes et des artistes.

« Ce qui nous intéresse, c’est ce que les écrivains font de cette matière complexe », indique Le Boulanger. Et le Liban, plus que tout autre pays peut-être, incarne cette complexité.

Au Liban, précise-t-il, « le pluriel n’est pas une abstraction, il est une réalité quotidienne », avec des identités multiples, des appartenances croisées, des territoires fragmentés. « Les auteurs libanais vivent et écrivent au cœur de ces tensions. »

Parmi eux, Sabyl Ghoussoub, prix Goncourt des lycéens, qui explore les liens entre Beyrouth et Paris ; Charif Majdalani, dont l’œuvre interroge l’histoire et la mémoire ; ou encore Souhaib Ayoub, figure d’une nouvelle génération hybride et audacieuse.

À leurs côtés, des voix singulières comme Sofía Karámpali Farhat, Hala Moughanie ou Lena Merhej dessinent un paysage littéraire en mouvement, traversé par le doute, la colère, mais aussi une formidable énergie créatrice.

Le fil qui relie ces auteurs tient en deux mots : territoire et complexité. Un thème à la fois intime et politique. « Ce sont des relations complexes au territoire », explique le directeur du festival : des territoires multiples, parfois brisés, que chacun tente de se réapproprier.

À travers leurs récits, ces écrivains interrogent une question universelle : « Comment vivre avec l’autre ? Comment maintenir une relation dans un monde fragmenté ? »

Pour donner toute sa place à cette richesse, le festival a imaginé une programmation foisonnante, fidèle à son esprit d’ouverture.

Des formats plus intimes

Les formes se multiplient : il y aura bien sûr les grands entretiens, ces moments où un auteur se livre en profondeur, accompagné d’un modérateur, mais aussi des tables rondes réunissant deux ou trois écrivains pour des échanges croisés.

Il y aura également des formats plus intimes : des petits-déjeuners avec les auteurs, des ateliers d’écriture, autant d’occasions de faire tomber la distance et de créer un lien direct entre les écrivains et leur public.

Étonnants Voyageurs, malgré tout, « reste une fête, celle des livres, des idées, des rencontres », et réunit chaque année près de cinquante mille visiteurs en quête de découvertes et d’émotions.

La poésie trouvera une place particulière avec un « Rima Poésie Club », animé par l’ancienne ministre de la Culture Rima Abdul Malak, consacré aux voix libanaises, ainsi qu’un hommage vibrant à Vénus Khoury-Ghata, décédée récemment.

Le cinéma, lui aussi, participera à cette immersion. Des films de réalisatrices libanaises seront projetés, accompagnés de rencontres, notamment avec Danielle Arbid et Mounia Akl, figures marquantes de la scène cinématographique libanaise.

Reste une question, presque évidente : comment accueillir une telle programmation dans un festival qui se veut aussi festif ? Le Boulanger ne l’élude pas, mais parle d’un « point d’équilibre » à trouver entre « la gravité du monde et le plaisir d’être ensemble ».

Car Étonnants Voyageurs, malgré tout, « reste une fête, celle des livres, des idées, des rencontres », et réunit chaque année près de cinquante mille visiteurs en quête de découvertes et d’émotions.

Et il y a, insiste Le Boulanger, « beaucoup de sourires » et la joie simple de rencontrer un auteur, d’échanger, de partager un moment.

Même lorsque les sujets sont graves, quelque chose circule, souligne-t-il : « une forme d’espoir, peut-être, ou simplement la sensation de ne pas être seul face au monde »