Ukraine: France et Chine ont «le même objectif de contribuer à la paix»

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi serre la main de la ministre française des Affaires étrangères et européennes Catherine Colonna avant leur rencontre à Paris, le 15 février 2023 (Photo, STEPHANE DE SAKUTIN / AFP).
Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi serre la main de la ministre française des Affaires étrangères et européennes Catherine Colonna avant leur rencontre à Paris, le 15 février 2023 (Photo, STEPHANE DE SAKUTIN / AFP).
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Publié le Jeudi 16 février 2023

Ukraine: France et Chine ont «le même objectif de contribuer à la paix»

  • Le président français a reçu Wang Yi après s'être entretenu en novembre en Indonésie avec son homologue chinois Xi Jinping
  • Après la France, Wang Yi doit poursuivre sa tournée en faisant notamment étape à la conférence sur la sécurité de Munich, prévue de vendredi à dimanche, mais aussi à Moscou

PARIS: Emmanuel Macron et le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi ont exprimé mercredi, lors d'une rencontre à Paris, "le même objectif de contribuer à la paix" en Ukraine "dans le respect du droit international", a déclaré l'Elysée.

Le président français a reçu ce haut responsable après s'être entretenu en novembre en Indonésie avec son homologue chinois Xi Jinping, et avant une future visite en Chine dont le principe a été énoncé mais la date pas encore annoncée.

Il ne cache pas son espoir de voir Pékin, allié important de Moscou qui n'a pas condamné l'invasion russe de l'Ukraine lancée il y a près d'un an, faire pression sur la Russie pour qu'elle revienne à la "table des négociations".

Wang Yi s'est aussi entretenu avec la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna. Selon un communiqué du Quai d'Orsay, tous deux "ont rappelé l'attachement de la France et de la Chine, en tant que membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations unies, à l'intégrité territoriale et à la souveraineté de l'Ukraine".

La ministre a aussi appelé son homologue "à intensifier la pression sur la Russie pour permettre un retour au respect des principes fondamentaux de la Charte des Nations unies".

Persuadé que la "stabilité" du monde est primordiale pour la Chine, Emmanuel Macron avait appelé en novembre le président chinois à "unir" leurs "forces" contre ce conflit.

Mercredi, le chef de l'Etat et Wang Yi ont abordé cette guerre "et ses conséquences sur les pays les plus vulnérables, notamment en matière de sécurité alimentaire et de capacité de financement", selon la présidence française. Emmanuel Macron "a rappelé les conséquences de ce conflit sur la paix et la sécurité internationales" ainsi que le "soutien" de Paris "à un pays agressé".

"Ils ont exprimé le même objectif de contribuer à la paix dans le respect du droit international", a assuré l'Elysée, sans préciser quelle pourrait être la contribution de chaque pays.

Après la France, Wang Yi doit poursuivre sa tournée en faisant notamment étape à la conférence sur la sécurité de Munich, prévue de vendredi à dimanche, mais aussi à Moscou.

«L'escalade» iranienne

Le président français a aussi évoqué la coopération avec la Chine face aux "défis mondiaux", comme la crise climatique.

Il a "présenté à son interlocuteur les objectifs du One Forest Summit qu'il co-présidera à Libreville le 2 mars" afin de "proposer des solutions aux Etats forestiers pour tirer profit d’une gestion protectrice des forêts", ainsi que ceux du "Sommet sur le nouveau pacte financier que Paris accueillera en juin".

Evoquant une autre zone de tensions, Mme Colonna a "appelé la Chine à soutenir les efforts engagés pour convaincre l’Iran de mettre un terme à son escalade, au risque d’une crise majeure de prolifération qui aurait des conséquences très négatives sur la stabilité régionale et internationale".

Elle a aussi "rappelé le caractère inacceptable du soutien iranien à la guerre d’agression conduite par la Russie en Ukraine".

Les négociations entre Téhéran et les grandes puissances sur le dossier nucléaire iranien sont suspendues depuis plusieurs mois. Elles avaient été lancées en avril 2021 à Vienne pour ressusciter l'accord sur le programme nucléaire iranien de 2015 après le retrait unilatéral des Etats-Unis de ce pacte en 2018.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a récemment publié un rapport faisant état d'un changement du mode opératoire de l'Iran pour enrichir l'uranium à 60% dans l'usine souterraine de Fordo.

Wang Yi devait encore s'entretenir jeudi avec Emmanuel Bonne, le conseiller diplomatique du chef de l'Etat, pour une session du dialogue stratégique franco-chinois.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».