Un effort mondial pour réparer la couche d'ozone redonne un nouveau souffle à la lutte contre le changement climatique

Une sonde à ozone de l'Administration nationale des océans et de l'atmosphère (Photo, Avec l'aimable autorisation de Yuya Makino/IceCube).
Une sonde à ozone de l'Administration nationale des océans et de l'atmosphère (Photo, Avec l'aimable autorisation de Yuya Makino/IceCube).
La trajectoire d'une sonde d'ozone alors qu'elle s'élève dans l'atmosphère au pôle Sud (Photo, Avec l'aimable autorisation de Robert Schwarz/Pôle Sud, 2017).
La trajectoire d'une sonde d'ozone alors qu'elle s'élève dans l'atmosphère au pôle Sud (Photo, Avec l'aimable autorisation de Robert Schwarz/Pôle Sud, 2017).
Les observations par satellite ont déterminé que le trou dans la couche d'ozone a atteint sa superficie maximale annuelle de 26,4 millions de km2 le 5 octobre 2022 (Image, NOAA).
Les observations par satellite ont déterminé que le trou dans la couche d'ozone a atteint sa superficie maximale annuelle de 26,4 millions de km2 le 5 octobre 2022 (Image, NOAA).
Une sonde d’ozone de la NOAA - un instrument utilisé pour surveiller le trou dans la couche d'ozone de l'Antarctique — s'élève au-dessus du pôle Sud sur cette photo en accéléré (Photo, Avec l'aimable autorisation de Yuya Makino/IceCube).
Une sonde d’ozone de la NOAA - un instrument utilisé pour surveiller le trou dans la couche d'ozone de l'Antarctique — s'élève au-dessus du pôle Sud sur cette photo en accéléré (Photo, Avec l'aimable autorisation de Yuya Makino/IceCube).
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Publié le Dimanche 29 janvier 2023

Un effort mondial pour réparer la couche d'ozone redonne un nouveau souffle à la lutte contre le changement climatique

  • Selon les scientifiques, le trou dans le bouclier de la planète, détecté pour la première fois dans les années 1980, reviendra à la normale vers 2066
  • Pour ralentir le réchauffement de la planète, les experts estiment qu'une coopération identique à celle du protocole de Montréal de 1987 est nécessaire

LONDRES: Vous ne pouvez pas le voir à l'œil nu, mais au-dessus de votre tête, juste au-dessus de l'altitude à laquelle volent les plus gros avions de ligne, se trouve une fragile couche de gaz naturel qui protège toute vie sur Terre des effets mortels des rayons ultraviolets émis par le soleil.

Il s'agit du bouclier d'ozone, une ceinture de gaz — plus précisément l'ozone, ou O3, qui est composé de trois atomes d'oxygène — formée par l'interaction naturelle du rayonnement ultraviolet solaire avec l’O2, l'oxygène que nous respirons.

Sans ce bouclier, nous serions tous cuits. Selon le secrétariat de l'ozone du programme des Nations unies pour l'environnement, «l'exposition à long terme à des niveaux élevés d'UV-B menace la santé humaine et endommage la plupart des animaux, des plantes et des microbes, de sorte que la couche d'ozone protège toute la vie sur Terre». 

Mais aujourd'hui, après des décennies de lutte pour la sauver — et pour nous sauver — les scientifiques ont annoncé que le trou dans la couche d'ozone, qui a été détecté dans les années 1980, se referme.

L'annonce faite ce mois-ci est une victoire pour l'une des plus grandes collaborations scientifiques internationales que le monde n’ait jamais connues. Et, à l'heure où le monde s'efforce de lutter contre le changement climatique, il s'agit d'une démonstration opportune et extrêmement encourageante de ce que la communauté internationale peut accomplir lorsqu'elle se donne vraiment à fond.

Alors que les pays du monde s'apprêtent à se réunir à la conférence des Nations unies sur le changement climatique, la COP28, aux Émirats arabes unis, où ils devront rendre compte en novembre des progrès réalisés en vue d'atteindre les objectifs en matière du changement climatique fixés par l'accord de Paris de 2015, le brillant succès du protocole de Montréal de 1987, qui a permis de sauver la couche d'ozone, ne peut qu'être une source d'inspiration.

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Un scientifique lance un ballon de recherche à la station météorologique de Giles, en Australie (Photo, Shutterstock).

La couche d'ozone ainsi que son rôle dans l'absorption des rayons ultraviolets du soleil, a été identifiée pour la première fois par deux physiciens français, Charles Fabry et Henri Buisson, en 1913, mais ce n'est qu'en 1974 qu'un article paru dans la revue Nature nous a prévenus que nous étions en danger de la détruire.

Les chimistes F. Sherwood Rowland, de l'université de Californie à Irvine, et Mario Molina, du Massachusetts Institute of Technology, ont découvert que les gaz créés par l'homme, tels que les chlorofluorocarbones, ou CFC, utilisés dans les appareils et produits tels que les réfrigérateurs et les aérosols, détruisaient l'ozone.

En 1995, Rowland et Molina, ainsi que le scientifique néerlandais Paul Crutzen, ont reçu le prix Nobel de chimie «pour leurs travaux dans le domaine de la chimie atmosphérique, en particulier concernant la formation et la décomposition de l'ozone».

Mais, poursuit la citation des lauréats du prix Nobel, «le véritable choc a eu lieu» en 1985, lorsque des scientifiques du British Antarctic Survey qui surveillaient la couche d'ozone de l'Antarctique depuis 1957 ont détecté «une réduction radicale de la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique».

EN BREF

La couche d'ozone protège la vie sur Terre des effets mortels des rayonnements ultraviolets émis par le soleil.

Les gaz créés par les activités humaines utilisés dans de nombreux produits, des réfrigérateurs aux aérosols, détruisaient la couche d'ozone.

Le protocole de Montréal de 1987 a réglementé l'utilisation de produits chimiques identifiés comme «substances épuisant la couche d'ozone».

En janvier, les scientifiques ont annoncé que le trou dans la couche d'ozone, détecté dans les années 1980, se referme.

On sait maintenant, explique la British Antarctic Survey, «qu'au cours de l'hiver polaire, des nuages se forment dans la couche d'ozone de l'Antarctique et des réactions chimiques dans les nuages activent des substances qui détruisent l'ozone». 

«Lorsque la lumière du soleil revient au printemps, ces substances — principalement du chlore et du brome provenant de composés tels que les CFC et les halons — participent à des réactions catalytiques efficaces qui détruisent l'ozone à raison d'environ 1% par jour.»

Cette découverte a «changé le monde». Les satellites de la NASA ont été utilisés pour confirmer que «non seulement le trou se trouvait au-dessus des stations de recherche britanniques, mais qu'il couvrait l'ensemble du continent antarctique».

C'est ce qu'on a appelé le «trou d'ozone» et, comme l'a mentionné Crutzen dans sa conférence Nobel de 1995, «il s'en est fallu de peu».

Il a révélé: «Si Joe Farman et ses collègues du British Antarctic Survey n'avaient pas persévéré à effectuer leurs mesures dans l'environnement hostile de l'Antarctique, la découverte du trou dans la couche d'ozone aurait pu être considérablement retardée et il aurait été beaucoup moins urgent de parvenir à un accord international sur l'élimination progressive de la production de CFC.»

Ce sont les travaux de l'enquête qui ont conduit au Protocole de Montréal relatif à des substances qui détruisent la couche d'ozone, un accord adopté en 1987 qui réglemente la production et la consommation de près de 100 substances chimiques artificielles identifiées comme «substances réduisant la couche d'ozone».

«Dans les années 1960 et 1970, il a été suggéré que l'on pouvait introduire dans l'atmosphère des gaz qui détruiraient l'ozone», a déclaré à Arab News le professeur John Pyle, spécialiste des sciences atmosphériques, ancien directeur de la chimie à l'université de Cambridge et l'un des quatre coprésidents internationaux du groupe d'évaluation scientifique du protocole de Montréal.

«À l'époque, on s'inquiétait également des oxydes d'azote provenant des avions supersoniques volant à haute altitude, comme le Concorde, qui pouvaient détruire l'ozone.»

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La trajectoire d'une sonde d’ozone alors qu'elle s'élève dans l'atmosphère au pôle Sud (Photo, Avec l'aimable autorisation de Robert Schwarz/Pôle Sud, 2017).

«Mais après que Rowland et Molina ont publié leur article, indiquant que les gaz CFC pouvaient atteindre des niveaux suffisamment élevés dans l'atmosphère pour détruire l'ozone, il s'est écoulé une dizaine d'années pendant lesquelles ce n'était qu'une idée théorique avant que, grâce au British Antarctic Survey, le trou d'ozone ne soit découvert.»

La réaction mondiale, dirigée par les Nations unies et l'Organisation météorologique mondiale, a été d'une rapidité étonnante.

Le document du British Antarctic Survey a été publié en 1985 et, en 1987, le protocole de Montréal a été adopté. Selon les termes du programme des Nations unies pour l'environnement: «Le protocole est considéré comme l'un des accords environnementaux les plus réussis de tous les temps.»

«Ce que les parties au protocole ont réussi à accomplir depuis 1987 est sans précédent et il continue de fournir un exemple inspirant de ce que la coopération internationale à son meilleur peut réaliser.»

Sans aucun doute, des millions de personnes ont vécu plus longtemps et en meilleure santé grâce au protocole de Montréal. En 2019, l'Agence américaine de protection de l'environnement a estimé que, rien qu'aux États-Unis, le protocole avait permis d'éviter 280 millions de cas de cancer de la peau, 1,6 million de décès et 45 millions de cas de cataractes.

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L'Observatoire de la Terre de la NASA le 1er décembre 2009, montrant la taille et la forme du trou dans la couche d'ozone chaque année en 1979 (à gauche) et en 2009 (Photo, AFP/Archives).

La bataille n'est cependant pas terminée. Il faudra encore quatre décennies pour que la couche d'ozone se reconstitue complètement, selon le dernier rapport quadriennal du groupe d'évaluation scientifique du protocole de Montréal sur les substances détruisant la couche d'ozone, soutenu par les Nations unies, qui a été publié ce mois-ci.

Mais selon le rapport «Évaluation scientifique de la réduction de la couche d'ozone 2022»: «L'élimination progressive de près de 99% des substances détruisant la couche d'ozone interdites a permis de sauvegarder la couche d'ozone, entraînant une reconstitution notable de la couche d'ozone dans la haute stratosphère et une diminution de l'exposition humaine aux rayons ultraviolets (UV) nocifs du soleil.»

Si les politiques actuelles restent en place, ajoute le rapport, «la couche d'ozone devrait retrouver les valeurs de 1980» — c'est-à-dire avant l'apparition du trou d'ozone — «vers 2066 dans l'Antarctique, vers 2045 dans l'Arctique et vers 2040 dans le reste du monde». 

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Chronologie de l'ozone à partir du rapport de l'évaluation scientifique de la réduction de la couche d'ozone du PNUE de 2022 (Photo, Arab News).

C'est une «nouvelle fantastique », a déclaré à Arab News Meg Seki, secrétaire exécutive du secrétariat de l'ozone du programme des Nations unies pour l'environnement. Ceci a eu un avantage supplémentaire dans la lutte contre le réchauffement climatique.

En 2016, un accord supplémentaire, connu sous le nom d'amendement de Kigali au protocole de Montréal, a permis de réduire la production et la consommation d'hydrofluorocarbures, ou HFC, les composés qui ont été introduits pour remplacer les CFC interdits, mais qui se sont révélés être de puissants gaz à effet de serre. On estime que d'ici 2100, l'amendement de Kigali aura permis d'éviter un réchauffement de la planète de 0,5 degré Celsius.

«On ne saurait trop insister sur l'impact du protocole de Montréal sur l'atténuation du changement climatique», a signalé Seki. «Au cours des 35 dernières années, le protocole est devenu un véritable champion de l'environnement.»

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Des délégués discutent lors de la 28e réunion des parties au Protocole de Montréal à Kigali, au Rwanda, le 13 octobre 2016 (Photo, AFP/Archives).

C'est également un exemple brillant de ce qui pourrait être réalisé dans la lutte contre le changement climatique.

Le 16 septembre de chaque année est la Journée internationale de l'ONU pour la préservation de la couche d'ozone. Comme l'a déclaré Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, en marquant l'occasion en 2021: «Le protocole de Montréal a bien fait son travail au cours des trois dernières décennies. La couche d'ozone est sur la voie de la récupération.»

Il a ajouté: «La coopération à laquelle nous avons assisté dans le cadre du protocole de Montréal est exactement ce qu'il faut maintenant pour faire face au changement climatique, une menace tout aussi existentielle pour nos sociétés.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.


Désarmement du Hamas à Gaza: Kushner dit espérer des "progrès" d'ici 30 jours

La feuille de route approuvée par le Hamas le 30 juillet prévoyait que la mise hors service des armes serait supervisée par la Force internationale de stabilisation, une unité en cours de création qui doit se déployer à Gaza si la situation s’apaise. (AFP)
La feuille de route approuvée par le Hamas le 30 juillet prévoyait que la mise hors service des armes serait supervisée par la Force internationale de stabilisation, une unité en cours de création qui doit se déployer à Gaza si la situation s’apaise. (AFP)
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  • Kushner vise un début de désarmement du Hamas sous 30 jours, sous supervision américaine
  • Israël conditionne toute reconstruction de Gaza au désarmement total du Hamas

WASHINGTON: L'émissaire américain Jared Kushner a dit lundi espérer un début de désarmement du Hamas d'ici "30 jours", qui se ferait sous supervision d'un général américain, après avoir rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Nous pourrions constater des progrès d'ici à peine 30 jours, avec, espérons-le, le début du retrait d'une partie des armes, et, espérons-le également, le comblement de certains tunnels au cours des 60 à 90 prochains jours", a-t-il déclaré depuis Tel Aviv à la chaîne américaine Fox News.

"Des progrès pourraient donc intervenir assez rapidement, mais cela nécessite la coopération des deux parties, et nous espérons bien sûr surmonter cette épreuve", a ajouté le gendre de Donald Trump.

Selon un responsable israélien, Israël et les États-Unis sont convenus lundi de charger un général américain de superviser le désarmement du Hamas.

Un tel accord vise à satisfaire Israël, après que M. Netanyahu, confronté à une difficile campagne de réélection, a rejeté publiquement le dernier volet d'un plan américain de sortie de guerre dans la bande de Gaza.

"On a eu une très, très bonne réunion aujourd'hui. On a passé près de quatre heures avec lui et son équipe à passer en revue tous les détails (...) et à dissiper certains malentendus", a affirmé M. Kushner, qui avait rencontré la veille des responsables du Hamas.

Le mouvement islamiste palestinien avait donné son accord fin juillet à ce plan américain prévoyant son désarmement et le retrait israélien du territoire palestinien, occupé à plus de 60% par Israël.

Dimanche, M. Kushner avait rencontré des membres de la direction du Hamas, insistant, selon des sources proches des négociations, sur le désarmement du mouvement et appelant à des mesures "vérifiables".

"Ils ont dit tout ce qu'il fallait mais, à l'évidence, il est très très difficile de leur faire confiance", a dit l'émissaire américain à Fox News au sujet de sa rencontre avec le Hamas.

- "Hors service" -

MM. Netanyahu et Kushner "sont convenus qu'aucun redéploiement ni aucune reconstruction n'auraient lieu dans la bande de Gaza avant que le Hamas ne soit désarmé dans l'ensemble" du territoire, a affirmé à l'AFP un haut responsable israélien.

"Il a également été convenu que la première étape vers la démilitarisation de Gaza consisterait à demander au Hamas de remettre ses armes afin qu'elles soient mises hors service sous la supervision d'un général américain", a ajouté ce responsable.

M. Kushner était accompagné de membres du "Conseil de paix" de Donald Trump, notamment l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Selon un responsable de cet organe, qui n'a pas confirmé l'implication d'un général américain, "chaque arme collectée sera entièrement mise hors service".

- Pressions -

L'administration Trump a déjà nommé le général américain Jasper Jeffers à la tête de la Force internationale de stabilisation (ISF) appelée à se déployer à Gaza aux termes du plan du président américain, avalisé par l'ONU, qui a conduit à un cessez-le-feu, précaire, en octobre 2025.

Telle que rendue publique par le "Conseil de Paix" en juillet, la feuille de route prévoit que le désarmement du Hamas aille de pair avec le retrait israélien et soit supervisé par le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe de technocrates palestiniens censé gérer provisoirement le territoire.

En rejetant ce texte, M. Netanyahu avait exigé un désarmement "véritable" du Hamas, dont l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 en Israël a déclenché la guerre à Gaza.

Au pouvoir dans ce territoire depuis 2007, le mouvement a annoncé en juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au NCAG.

M. Kushner avait insisté dimanche sur l'absence de tout rôle futur du Hamas dans la gouvernance de Gaza, selon les mêmes sources proches des négociations.

Le mouvement palestinien avait de son côté appelé à exercer des pressions sur M. Netanyahu pour débloquer la mise en oeuvre de la feuille de route, avait indiqué un responsable du Hamas à l'AFP.

Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent comme terroriste.

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté et en demande d'aide humanitaire.

Au moins 1.265 Palestiniens y ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont l'ONU juge les chiffres fiables.

Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel du ministère de la Défense tués.