Un effort mondial pour réparer la couche d'ozone redonne un nouveau souffle à la lutte contre le changement climatique

Une sonde à ozone de l'Administration nationale des océans et de l'atmosphère (Photo, Avec l'aimable autorisation de Yuya Makino/IceCube).
Une sonde à ozone de l'Administration nationale des océans et de l'atmosphère (Photo, Avec l'aimable autorisation de Yuya Makino/IceCube).
La trajectoire d'une sonde d'ozone alors qu'elle s'élève dans l'atmosphère au pôle Sud (Photo, Avec l'aimable autorisation de Robert Schwarz/Pôle Sud, 2017).
La trajectoire d'une sonde d'ozone alors qu'elle s'élève dans l'atmosphère au pôle Sud (Photo, Avec l'aimable autorisation de Robert Schwarz/Pôle Sud, 2017).
Les observations par satellite ont déterminé que le trou dans la couche d'ozone a atteint sa superficie maximale annuelle de 26,4 millions de km2 le 5 octobre 2022 (Image, NOAA).
Les observations par satellite ont déterminé que le trou dans la couche d'ozone a atteint sa superficie maximale annuelle de 26,4 millions de km2 le 5 octobre 2022 (Image, NOAA).
Une sonde d’ozone de la NOAA - un instrument utilisé pour surveiller le trou dans la couche d'ozone de l'Antarctique — s'élève au-dessus du pôle Sud sur cette photo en accéléré (Photo, Avec l'aimable autorisation de Yuya Makino/IceCube).
Une sonde d’ozone de la NOAA - un instrument utilisé pour surveiller le trou dans la couche d'ozone de l'Antarctique — s'élève au-dessus du pôle Sud sur cette photo en accéléré (Photo, Avec l'aimable autorisation de Yuya Makino/IceCube).
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Publié le Dimanche 29 janvier 2023

Un effort mondial pour réparer la couche d'ozone redonne un nouveau souffle à la lutte contre le changement climatique

  • Selon les scientifiques, le trou dans le bouclier de la planète, détecté pour la première fois dans les années 1980, reviendra à la normale vers 2066
  • Pour ralentir le réchauffement de la planète, les experts estiment qu'une coopération identique à celle du protocole de Montréal de 1987 est nécessaire

LONDRES: Vous ne pouvez pas le voir à l'œil nu, mais au-dessus de votre tête, juste au-dessus de l'altitude à laquelle volent les plus gros avions de ligne, se trouve une fragile couche de gaz naturel qui protège toute vie sur Terre des effets mortels des rayons ultraviolets émis par le soleil.

Il s'agit du bouclier d'ozone, une ceinture de gaz — plus précisément l'ozone, ou O3, qui est composé de trois atomes d'oxygène — formée par l'interaction naturelle du rayonnement ultraviolet solaire avec l’O2, l'oxygène que nous respirons.

Sans ce bouclier, nous serions tous cuits. Selon le secrétariat de l'ozone du programme des Nations unies pour l'environnement, «l'exposition à long terme à des niveaux élevés d'UV-B menace la santé humaine et endommage la plupart des animaux, des plantes et des microbes, de sorte que la couche d'ozone protège toute la vie sur Terre». 

Mais aujourd'hui, après des décennies de lutte pour la sauver — et pour nous sauver — les scientifiques ont annoncé que le trou dans la couche d'ozone, qui a été détecté dans les années 1980, se referme.

L'annonce faite ce mois-ci est une victoire pour l'une des plus grandes collaborations scientifiques internationales que le monde n’ait jamais connues. Et, à l'heure où le monde s'efforce de lutter contre le changement climatique, il s'agit d'une démonstration opportune et extrêmement encourageante de ce que la communauté internationale peut accomplir lorsqu'elle se donne vraiment à fond.

Alors que les pays du monde s'apprêtent à se réunir à la conférence des Nations unies sur le changement climatique, la COP28, aux Émirats arabes unis, où ils devront rendre compte en novembre des progrès réalisés en vue d'atteindre les objectifs en matière du changement climatique fixés par l'accord de Paris de 2015, le brillant succès du protocole de Montréal de 1987, qui a permis de sauver la couche d'ozone, ne peut qu'être une source d'inspiration.

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Un scientifique lance un ballon de recherche à la station météorologique de Giles, en Australie (Photo, Shutterstock).

La couche d'ozone ainsi que son rôle dans l'absorption des rayons ultraviolets du soleil, a été identifiée pour la première fois par deux physiciens français, Charles Fabry et Henri Buisson, en 1913, mais ce n'est qu'en 1974 qu'un article paru dans la revue Nature nous a prévenus que nous étions en danger de la détruire.

Les chimistes F. Sherwood Rowland, de l'université de Californie à Irvine, et Mario Molina, du Massachusetts Institute of Technology, ont découvert que les gaz créés par l'homme, tels que les chlorofluorocarbones, ou CFC, utilisés dans les appareils et produits tels que les réfrigérateurs et les aérosols, détruisaient l'ozone.

En 1995, Rowland et Molina, ainsi que le scientifique néerlandais Paul Crutzen, ont reçu le prix Nobel de chimie «pour leurs travaux dans le domaine de la chimie atmosphérique, en particulier concernant la formation et la décomposition de l'ozone».

Mais, poursuit la citation des lauréats du prix Nobel, «le véritable choc a eu lieu» en 1985, lorsque des scientifiques du British Antarctic Survey qui surveillaient la couche d'ozone de l'Antarctique depuis 1957 ont détecté «une réduction radicale de la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique».

EN BREF

La couche d'ozone protège la vie sur Terre des effets mortels des rayonnements ultraviolets émis par le soleil.

Les gaz créés par les activités humaines utilisés dans de nombreux produits, des réfrigérateurs aux aérosols, détruisaient la couche d'ozone.

Le protocole de Montréal de 1987 a réglementé l'utilisation de produits chimiques identifiés comme «substances épuisant la couche d'ozone».

En janvier, les scientifiques ont annoncé que le trou dans la couche d'ozone, détecté dans les années 1980, se referme.

On sait maintenant, explique la British Antarctic Survey, «qu'au cours de l'hiver polaire, des nuages se forment dans la couche d'ozone de l'Antarctique et des réactions chimiques dans les nuages activent des substances qui détruisent l'ozone». 

«Lorsque la lumière du soleil revient au printemps, ces substances — principalement du chlore et du brome provenant de composés tels que les CFC et les halons — participent à des réactions catalytiques efficaces qui détruisent l'ozone à raison d'environ 1% par jour.»

Cette découverte a «changé le monde». Les satellites de la NASA ont été utilisés pour confirmer que «non seulement le trou se trouvait au-dessus des stations de recherche britanniques, mais qu'il couvrait l'ensemble du continent antarctique».

C'est ce qu'on a appelé le «trou d'ozone» et, comme l'a mentionné Crutzen dans sa conférence Nobel de 1995, «il s'en est fallu de peu».

Il a révélé: «Si Joe Farman et ses collègues du British Antarctic Survey n'avaient pas persévéré à effectuer leurs mesures dans l'environnement hostile de l'Antarctique, la découverte du trou dans la couche d'ozone aurait pu être considérablement retardée et il aurait été beaucoup moins urgent de parvenir à un accord international sur l'élimination progressive de la production de CFC.»

Ce sont les travaux de l'enquête qui ont conduit au Protocole de Montréal relatif à des substances qui détruisent la couche d'ozone, un accord adopté en 1987 qui réglemente la production et la consommation de près de 100 substances chimiques artificielles identifiées comme «substances réduisant la couche d'ozone».

«Dans les années 1960 et 1970, il a été suggéré que l'on pouvait introduire dans l'atmosphère des gaz qui détruiraient l'ozone», a déclaré à Arab News le professeur John Pyle, spécialiste des sciences atmosphériques, ancien directeur de la chimie à l'université de Cambridge et l'un des quatre coprésidents internationaux du groupe d'évaluation scientifique du protocole de Montréal.

«À l'époque, on s'inquiétait également des oxydes d'azote provenant des avions supersoniques volant à haute altitude, comme le Concorde, qui pouvaient détruire l'ozone.»

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La trajectoire d'une sonde d’ozone alors qu'elle s'élève dans l'atmosphère au pôle Sud (Photo, Avec l'aimable autorisation de Robert Schwarz/Pôle Sud, 2017).

«Mais après que Rowland et Molina ont publié leur article, indiquant que les gaz CFC pouvaient atteindre des niveaux suffisamment élevés dans l'atmosphère pour détruire l'ozone, il s'est écoulé une dizaine d'années pendant lesquelles ce n'était qu'une idée théorique avant que, grâce au British Antarctic Survey, le trou d'ozone ne soit découvert.»

La réaction mondiale, dirigée par les Nations unies et l'Organisation météorologique mondiale, a été d'une rapidité étonnante.

Le document du British Antarctic Survey a été publié en 1985 et, en 1987, le protocole de Montréal a été adopté. Selon les termes du programme des Nations unies pour l'environnement: «Le protocole est considéré comme l'un des accords environnementaux les plus réussis de tous les temps.»

«Ce que les parties au protocole ont réussi à accomplir depuis 1987 est sans précédent et il continue de fournir un exemple inspirant de ce que la coopération internationale à son meilleur peut réaliser.»

Sans aucun doute, des millions de personnes ont vécu plus longtemps et en meilleure santé grâce au protocole de Montréal. En 2019, l'Agence américaine de protection de l'environnement a estimé que, rien qu'aux États-Unis, le protocole avait permis d'éviter 280 millions de cas de cancer de la peau, 1,6 million de décès et 45 millions de cas de cataractes.

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L'Observatoire de la Terre de la NASA le 1er décembre 2009, montrant la taille et la forme du trou dans la couche d'ozone chaque année en 1979 (à gauche) et en 2009 (Photo, AFP/Archives).

La bataille n'est cependant pas terminée. Il faudra encore quatre décennies pour que la couche d'ozone se reconstitue complètement, selon le dernier rapport quadriennal du groupe d'évaluation scientifique du protocole de Montréal sur les substances détruisant la couche d'ozone, soutenu par les Nations unies, qui a été publié ce mois-ci.

Mais selon le rapport «Évaluation scientifique de la réduction de la couche d'ozone 2022»: «L'élimination progressive de près de 99% des substances détruisant la couche d'ozone interdites a permis de sauvegarder la couche d'ozone, entraînant une reconstitution notable de la couche d'ozone dans la haute stratosphère et une diminution de l'exposition humaine aux rayons ultraviolets (UV) nocifs du soleil.»

Si les politiques actuelles restent en place, ajoute le rapport, «la couche d'ozone devrait retrouver les valeurs de 1980» — c'est-à-dire avant l'apparition du trou d'ozone — «vers 2066 dans l'Antarctique, vers 2045 dans l'Arctique et vers 2040 dans le reste du monde». 

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Chronologie de l'ozone à partir du rapport de l'évaluation scientifique de la réduction de la couche d'ozone du PNUE de 2022 (Photo, Arab News).

C'est une «nouvelle fantastique », a déclaré à Arab News Meg Seki, secrétaire exécutive du secrétariat de l'ozone du programme des Nations unies pour l'environnement. Ceci a eu un avantage supplémentaire dans la lutte contre le réchauffement climatique.

En 2016, un accord supplémentaire, connu sous le nom d'amendement de Kigali au protocole de Montréal, a permis de réduire la production et la consommation d'hydrofluorocarbures, ou HFC, les composés qui ont été introduits pour remplacer les CFC interdits, mais qui se sont révélés être de puissants gaz à effet de serre. On estime que d'ici 2100, l'amendement de Kigali aura permis d'éviter un réchauffement de la planète de 0,5 degré Celsius.

«On ne saurait trop insister sur l'impact du protocole de Montréal sur l'atténuation du changement climatique», a signalé Seki. «Au cours des 35 dernières années, le protocole est devenu un véritable champion de l'environnement.»

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Des délégués discutent lors de la 28e réunion des parties au Protocole de Montréal à Kigali, au Rwanda, le 13 octobre 2016 (Photo, AFP/Archives).

C'est également un exemple brillant de ce qui pourrait être réalisé dans la lutte contre le changement climatique.

Le 16 septembre de chaque année est la Journée internationale de l'ONU pour la préservation de la couche d'ozone. Comme l'a déclaré Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, en marquant l'occasion en 2021: «Le protocole de Montréal a bien fait son travail au cours des trois dernières décennies. La couche d'ozone est sur la voie de la récupération.»

Il a ajouté: «La coopération à laquelle nous avons assisté dans le cadre du protocole de Montréal est exactement ce qu'il faut maintenant pour faire face au changement climatique, une menace tout aussi existentielle pour nos sociétés.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Des pourparlers indirects en cours entre les États-Unis et l’Iran, dit le Pakistan

Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar. (AFP)
Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar. (AFP)
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  • M. Dar, qui est également vice-Premier ministre, a qualifié les spéculations sur des "pourparlers de paix" d’"inutiles", ajoutant : "En réalité, des discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran ont lieu par le biais du Pakistan"
  • "Dans ce contexte, les États-Unis ont transmis 15 points, qui sont actuellement examinés par l'Iran", a-t-il poursuivi sur X

ISLAMABAD: Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar.

M. Dar, qui est également vice-Premier ministre, a qualifié les spéculations sur des "pourparlers de paix" d’"inutiles", ajoutant : "En réalité, des discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran ont lieu par le biais de messages transmis par le Pakistan".

"Dans ce contexte, les États-Unis ont transmis 15 points, qui sont actuellement examinés par l'Iran", a-t-il poursuivi sur X.

"Des pays frères comme la Turquie et l'Égypte, entre autres, apportent également leur soutien à cette initiative", a-t-il ajouté.

Les déclarations de M. Dar constituent la première confirmation officielle de la part d'Islamabad que le Pakistan joue un rôle de facilitateur.

Islamabad a été présenté comme un médiateur potentiel, compte tenu de ses liens anciens avec l’Iran voisin et avec les États-Unis, ainsi que de son réseau de contacts dans la région.

Le Premier ministre Shehbaz Sharif et M. Dar sont tous deux en contact régulier avec de hauts responsables du gouvernement iranien, ainsi qu'avec leurs alliés du Golfe, notamment l’Arabie saoudite.

Le puissant chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, est lui aussi impliqué dans ces efforts diplomatiques et a parlé au président américain Donald Trump dimanche dernier, ont indiqué des responsables.

Mais le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a maintenu que l'Iran n'avait "pas l'intention de négocier" et comptait "continuer à résister".

L'Iran veut "mettre fin à la guerre à ses propres conditions", a-t-il souligné. "Parfois, des messages peuvent être transmis (...) mais ça ne peut en aucun cas être qualifié de dialogue ni de négociation".


Trump affirme que l'Iran veut un accord pour mettre fin à la guerre

Donald Trump a assuré que Téhéran, malgré ses dénégations, participe bien à des pourparlers et veut un accord pour mettre fin à la guerre, tandis qu'Israël poursuit jeudi ses frappes sur l'Iran. (AFP)
Donald Trump a assuré que Téhéran, malgré ses dénégations, participe bien à des pourparlers et veut un accord pour mettre fin à la guerre, tandis qu'Israël poursuit jeudi ses frappes sur l'Iran. (AFP)
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  • "Ils négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ils ont peur de le dire" par crainte de "se faire tuer par les leurs"
  • "Ils ont aussi peur qu'on les tue", a lancé Donald Trump, au 27e jour d'un conflit qui embrase le Moyen-Orient et menace l'économie mondiale.

TEHERAN: Donald Trump a assuré que Téhéran, malgré ses dénégations, participe bien à des pourparlers et veut un accord pour mettre fin à la guerre, tandis qu'Israël poursuit jeudi ses frappes sur l'Iran.

"Ils négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ils ont peur de le dire" par crainte de "se faire tuer par les leurs", a affirmé le président américain mercredi soir devant un parterre de parlementaires républicains réunis mercredi soir à Washington.

"Ils ont aussi peur qu'on les tue", a-t-il lancé, au 27e jour d'un conflit qui embrase le Moyen-Orient et menace l'économie mondiale.

Plus tôt dans la journée de mercredi, la Maison Blanche avait prévenu que Donald Trump était "prêt à déchaîner l'enfer" si Téhéran faisait "encore un mauvais calcul".

Aucune information n'est disponible sur le ou les dirigeants iraniens en charge des négociations évoquées par Washington.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a maintenu que l'Iran n'a "pas l'intention de négocier" et compte "continuer à résister".

Une proposition américaine pour faire taire les armes, qui, selon des médias américains et israéliens, contient quinze points, a été transmis à l'Iran par Islamabad, en bons termes avec les deux pays, selon deux hauts responsables pakistanais.

"Parfois, des messages peuvent être transmis (...) mais ça ne peut en aucun cas être qualifié de dialogue ni de négociation", a noté M. Araghchi à la télévision d'Etat.

L'Iran veut "mettre la fin à la guerre à ses propres conditions", a-t-il souligné.

Les initiatives diplomatiques se sont multipliées ces derniers jours pour tenter de mettre un terme à une guerre devenue "hors de contrôle", selon les termes du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

Sans toutefois d'ouverture diplomatique jusqu'ici, même si Pékin a dit jeudi voir "des signaux en faveur de négociations" émis à la fois par les Etats-Unis et l'Iran.

Le conflit sera au menu jeudi d'une réunion en France des chefs de la diplomatie du G7, qui ne seront rejoints que vendredi par l'Américain Marco Rubio.

"Ce qui m’inquiète le plus dans cette guerre, c’est qu’il n’y a pas eu de consultation, il n’y a pas de stratégie, il n’y a pas d’objectif clair et, le pire de mon point de vue, c’est qu’il n’y a pas de stratégie de sortie", a lâché le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius, en visite en Australie.

Installations détruites 

Sur le terrain, les attaques se poursuivent dans un sens et dans l'autre. Tôt jeudi, l'armée israélienne a indiqué avoir achevé des "frappes à grande échelle" sur des infrastructures non spécifiées dans plusieurs zones d'Iran, dont Ispahan dans le centre du pays.

Israël a également dit faire l'objet d'une nouvelle attaque de missiles iraniens. L'Arabie saoudite, le Koweït et Bahreïn, où les infrastructures énergétiques et les intérêts américains sont régulièrement ciblés, ont aussi dit faire face à de nouvelles attaques.

L'armée américaine a assuré avoir endommagé ou détruit "plus des deux tiers" des installations de production de drones et de missiles ainsi que des chantiers navals iraniens, et "92%" de la flotte iranienne.

Le quasi blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal 20% du pétrole et gaz naturel liquéfié mondiaux, a provoqué une hausse d'environ 60% des cours du brut depuis le début de l'attaque israélo-américaine le 28 février.

Jeudi, les cours du baril de pétrole, tant du Brent, référence mondiale, que du WTI, référence américaine, remontaient à nouveau après un léger repli la veille, alors que l'Iran a dit autoriser le passage de navires de pays "non-hostiles".

Dépendant quasiment entièrement de pétrole transitant par Ormuz, le Japon a annoncé jeudi devoir puiser pour la deuxième fois dans ses réserves stratégiques.

Israël poursuit par ailleurs son intervention contre le Hezbollah pro-iranien au Liban, où ses frappes ont fait plus d'un million de déplacés depuis que ce pays a été entraîné dans la guerre.

Jeudi, l'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été grièvement blessé mercredi par un tir de mortier tiré en direction de ses troupes au Liban.

 

 


Iran: Trump fait soudain miroiter une fin du conflit et un «changement de régime»

Donald Trump, ravissant les marchés et prenant de court la communauté internationale, a annoncé lundi que les Etats-Unis négociaient la fin des hostilités avec des responsables iraniens non identifiés, parmi lesquels il espère trouver un futur dirigeant compatible avec Washington. (AFP)
Donald Trump, ravissant les marchés et prenant de court la communauté internationale, a annoncé lundi que les Etats-Unis négociaient la fin des hostilités avec des responsables iraniens non identifiés, parmi lesquels il espère trouver un futur dirigeant compatible avec Washington. (AFP)
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  • Des médias iraniens, citant le ministère des Affaires étrangères, ont démenti lundi l'existence de négociations entre Washington et la République islamique
  • Donald Trump a précisé dans son message sur Truth Social que les discussions "continueraient cette semaine" et a surtout fait part d'un report "de cinq jours" de toute frappe sur des centrales électriques ou des infrastructures énergétiques en Iran

PALM BEACH: Donald Trump, ravissant les marchés et prenant de court la communauté internationale, a annoncé lundi que les Etats-Unis négociaient la fin des hostilités avec des responsables iraniens non identifiés, parmi lesquels il espère trouver un futur dirigeant compatible avec Washington.

Le président américain a parlé sur son réseau Truth Social de "très bonnes et productives discussions pour une cessation totale" des hostilités.

Interrogé par téléphone par l'AFP, il a assuré peu après que "tout se passait très bien" avec Téhéran.

Des médias iraniens, citant le ministère des Affaires étrangères, ont démenti lundi l'existence de négociations entre Washington et la République islamique.

Donald Trump a précisé dans son message sur Truth Social que les discussions "continueraient cette semaine" et a surtout fait part d'un report "de cinq jours" de toute frappe sur des centrales électriques ou des infrastructures énergétiques en Iran.

Khamenei "indisponible" 

Après cette volte-face, il a longuement parlé aux journalistes avant de quitter la Floride pour un déplacement rapide à Memphis (sud), mais ses propos ont suscité plus de questions qu'ils n'ont apporté d'éclaircissements.

Il a évoqué des "points d'accord majeurs" lors de négociations menées sans le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, qu'il a dit être "indisponible".

"Nous négocions avec des gens que je trouve très raisonnables, très solides (...) Ils sont très respectés et peut-être que l'un d’entre eux sera celui que nous cherchons", a-t-il dit.

"Il y a automatiquement un changement de régime" parce que "tous les représentants du régime ont été tués", a encore déclaré le président américain lors de ce dialogue au pied de l'avion.

Le milliardaire, comme souvent quand il évoque l'Iran, a donné l'exemple du Venezuela, où les Etats-Unis ont capturé l'ancien dirigeant Nicolas Maduro et traitent depuis avec l’ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez, qu'il présente régulièrement comme une interlocutrice "formidable".

Uranium enrichi 

Le républicain, coutumier des déclarations contradictoires, a aussi menacé de "continuer à bombarder allègrement" l'Iran si les discussions échouaient, et dit qu'il ne "garantissait rien" quant à une fin des hostilités, débutées le 28 février par des frappes israélo-américaines, suivies de ripostes iraniennes.

"Nous voulons l'uranium enrichi" des Iraniens, a aussi déclaré Donald Trump, mais sans préciser comment il comptait en prendre possession.

Son message sur Truth Social, écrit intégralement en lettres capitales, a eu au moins un effet immédiat, celui de faire baisser le cours du pétrole et grimper les marchés.

"JE SUIS CONTENT DE RAPPORTER QUE LES ETATS-UNIS D'AMERIQUE ET LE PAYS DE L'IRAN ONT EU, CES DEUX DERNIERS JOURS, DE TRES BONNES ET PRODUCTIVES DISCUSSIONS POUR UNE CESSATION TOTALE ET COMPLETE DE NOS HOSTILITES AU MOYEN-ORIENT", a annoncé Donald Trump sur sa plate-forme.

Il avait donné samedi à l'Iran un ultimatum de 48 heures pour rouvrir le détroit d'Ormuz avant de frapper les infrastructures énergétiques iraniennes, et n'avait pas fait état récemment de négociations.

Mines 

Il a précisé que le moratoire de cinq jours sur des frappes sur les sites énergétiques dépendait "DU SUCCES DES REUNIONS ET DES DISCUSSIONS EN COURS", en concluant son annonce par sa formule habituelle: "MERCI DE VOTRE ATTENTION".

Les dernières annonces venues auparavant du Moyen-Orient ne laissaient pas présager d'un apaisement.

Défiant l'ultimatum émis samedi par le président américain, l'Iran a menacé lundi de poser des mines navales dans le Golfe.

Tôt lundi, l'armée israélienne a elle annoncé mener "une large vague d'attaques" à Téhéran, où des agences iraniennes ont signalé des explosions. D'après Fars, les frappes ont touché le nord, le centre, l'est et l'ouest de la capitale.