Un effort mondial pour réparer la couche d'ozone redonne un nouveau souffle à la lutte contre le changement climatique

Une sonde à ozone de l'Administration nationale des océans et de l'atmosphère (Photo, Avec l'aimable autorisation de Yuya Makino/IceCube).
Une sonde à ozone de l'Administration nationale des océans et de l'atmosphère (Photo, Avec l'aimable autorisation de Yuya Makino/IceCube).
La trajectoire d'une sonde d'ozone alors qu'elle s'élève dans l'atmosphère au pôle Sud (Photo, Avec l'aimable autorisation de Robert Schwarz/Pôle Sud, 2017).
La trajectoire d'une sonde d'ozone alors qu'elle s'élève dans l'atmosphère au pôle Sud (Photo, Avec l'aimable autorisation de Robert Schwarz/Pôle Sud, 2017).
Les observations par satellite ont déterminé que le trou dans la couche d'ozone a atteint sa superficie maximale annuelle de 26,4 millions de km2 le 5 octobre 2022 (Image, NOAA).
Les observations par satellite ont déterminé que le trou dans la couche d'ozone a atteint sa superficie maximale annuelle de 26,4 millions de km2 le 5 octobre 2022 (Image, NOAA).
Une sonde d’ozone de la NOAA - un instrument utilisé pour surveiller le trou dans la couche d'ozone de l'Antarctique — s'élève au-dessus du pôle Sud sur cette photo en accéléré (Photo, Avec l'aimable autorisation de Yuya Makino/IceCube).
Une sonde d’ozone de la NOAA - un instrument utilisé pour surveiller le trou dans la couche d'ozone de l'Antarctique — s'élève au-dessus du pôle Sud sur cette photo en accéléré (Photo, Avec l'aimable autorisation de Yuya Makino/IceCube).
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Publié le Dimanche 29 janvier 2023

Un effort mondial pour réparer la couche d'ozone redonne un nouveau souffle à la lutte contre le changement climatique

  • Selon les scientifiques, le trou dans le bouclier de la planète, détecté pour la première fois dans les années 1980, reviendra à la normale vers 2066
  • Pour ralentir le réchauffement de la planète, les experts estiment qu'une coopération identique à celle du protocole de Montréal de 1987 est nécessaire

LONDRES: Vous ne pouvez pas le voir à l'œil nu, mais au-dessus de votre tête, juste au-dessus de l'altitude à laquelle volent les plus gros avions de ligne, se trouve une fragile couche de gaz naturel qui protège toute vie sur Terre des effets mortels des rayons ultraviolets émis par le soleil.

Il s'agit du bouclier d'ozone, une ceinture de gaz — plus précisément l'ozone, ou O3, qui est composé de trois atomes d'oxygène — formée par l'interaction naturelle du rayonnement ultraviolet solaire avec l’O2, l'oxygène que nous respirons.

Sans ce bouclier, nous serions tous cuits. Selon le secrétariat de l'ozone du programme des Nations unies pour l'environnement, «l'exposition à long terme à des niveaux élevés d'UV-B menace la santé humaine et endommage la plupart des animaux, des plantes et des microbes, de sorte que la couche d'ozone protège toute la vie sur Terre». 

Mais aujourd'hui, après des décennies de lutte pour la sauver — et pour nous sauver — les scientifiques ont annoncé que le trou dans la couche d'ozone, qui a été détecté dans les années 1980, se referme.

L'annonce faite ce mois-ci est une victoire pour l'une des plus grandes collaborations scientifiques internationales que le monde n’ait jamais connues. Et, à l'heure où le monde s'efforce de lutter contre le changement climatique, il s'agit d'une démonstration opportune et extrêmement encourageante de ce que la communauté internationale peut accomplir lorsqu'elle se donne vraiment à fond.

Alors que les pays du monde s'apprêtent à se réunir à la conférence des Nations unies sur le changement climatique, la COP28, aux Émirats arabes unis, où ils devront rendre compte en novembre des progrès réalisés en vue d'atteindre les objectifs en matière du changement climatique fixés par l'accord de Paris de 2015, le brillant succès du protocole de Montréal de 1987, qui a permis de sauver la couche d'ozone, ne peut qu'être une source d'inspiration.

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Un scientifique lance un ballon de recherche à la station météorologique de Giles, en Australie (Photo, Shutterstock).

La couche d'ozone ainsi que son rôle dans l'absorption des rayons ultraviolets du soleil, a été identifiée pour la première fois par deux physiciens français, Charles Fabry et Henri Buisson, en 1913, mais ce n'est qu'en 1974 qu'un article paru dans la revue Nature nous a prévenus que nous étions en danger de la détruire.

Les chimistes F. Sherwood Rowland, de l'université de Californie à Irvine, et Mario Molina, du Massachusetts Institute of Technology, ont découvert que les gaz créés par l'homme, tels que les chlorofluorocarbones, ou CFC, utilisés dans les appareils et produits tels que les réfrigérateurs et les aérosols, détruisaient l'ozone.

En 1995, Rowland et Molina, ainsi que le scientifique néerlandais Paul Crutzen, ont reçu le prix Nobel de chimie «pour leurs travaux dans le domaine de la chimie atmosphérique, en particulier concernant la formation et la décomposition de l'ozone».

Mais, poursuit la citation des lauréats du prix Nobel, «le véritable choc a eu lieu» en 1985, lorsque des scientifiques du British Antarctic Survey qui surveillaient la couche d'ozone de l'Antarctique depuis 1957 ont détecté «une réduction radicale de la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique».

EN BREF

La couche d'ozone protège la vie sur Terre des effets mortels des rayonnements ultraviolets émis par le soleil.

Les gaz créés par les activités humaines utilisés dans de nombreux produits, des réfrigérateurs aux aérosols, détruisaient la couche d'ozone.

Le protocole de Montréal de 1987 a réglementé l'utilisation de produits chimiques identifiés comme «substances épuisant la couche d'ozone».

En janvier, les scientifiques ont annoncé que le trou dans la couche d'ozone, détecté dans les années 1980, se referme.

On sait maintenant, explique la British Antarctic Survey, «qu'au cours de l'hiver polaire, des nuages se forment dans la couche d'ozone de l'Antarctique et des réactions chimiques dans les nuages activent des substances qui détruisent l'ozone». 

«Lorsque la lumière du soleil revient au printemps, ces substances — principalement du chlore et du brome provenant de composés tels que les CFC et les halons — participent à des réactions catalytiques efficaces qui détruisent l'ozone à raison d'environ 1% par jour.»

Cette découverte a «changé le monde». Les satellites de la NASA ont été utilisés pour confirmer que «non seulement le trou se trouvait au-dessus des stations de recherche britanniques, mais qu'il couvrait l'ensemble du continent antarctique».

C'est ce qu'on a appelé le «trou d'ozone» et, comme l'a mentionné Crutzen dans sa conférence Nobel de 1995, «il s'en est fallu de peu».

Il a révélé: «Si Joe Farman et ses collègues du British Antarctic Survey n'avaient pas persévéré à effectuer leurs mesures dans l'environnement hostile de l'Antarctique, la découverte du trou dans la couche d'ozone aurait pu être considérablement retardée et il aurait été beaucoup moins urgent de parvenir à un accord international sur l'élimination progressive de la production de CFC.»

Ce sont les travaux de l'enquête qui ont conduit au Protocole de Montréal relatif à des substances qui détruisent la couche d'ozone, un accord adopté en 1987 qui réglemente la production et la consommation de près de 100 substances chimiques artificielles identifiées comme «substances réduisant la couche d'ozone».

«Dans les années 1960 et 1970, il a été suggéré que l'on pouvait introduire dans l'atmosphère des gaz qui détruiraient l'ozone», a déclaré à Arab News le professeur John Pyle, spécialiste des sciences atmosphériques, ancien directeur de la chimie à l'université de Cambridge et l'un des quatre coprésidents internationaux du groupe d'évaluation scientifique du protocole de Montréal.

«À l'époque, on s'inquiétait également des oxydes d'azote provenant des avions supersoniques volant à haute altitude, comme le Concorde, qui pouvaient détruire l'ozone.»

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La trajectoire d'une sonde d’ozone alors qu'elle s'élève dans l'atmosphère au pôle Sud (Photo, Avec l'aimable autorisation de Robert Schwarz/Pôle Sud, 2017).

«Mais après que Rowland et Molina ont publié leur article, indiquant que les gaz CFC pouvaient atteindre des niveaux suffisamment élevés dans l'atmosphère pour détruire l'ozone, il s'est écoulé une dizaine d'années pendant lesquelles ce n'était qu'une idée théorique avant que, grâce au British Antarctic Survey, le trou d'ozone ne soit découvert.»

La réaction mondiale, dirigée par les Nations unies et l'Organisation météorologique mondiale, a été d'une rapidité étonnante.

Le document du British Antarctic Survey a été publié en 1985 et, en 1987, le protocole de Montréal a été adopté. Selon les termes du programme des Nations unies pour l'environnement: «Le protocole est considéré comme l'un des accords environnementaux les plus réussis de tous les temps.»

«Ce que les parties au protocole ont réussi à accomplir depuis 1987 est sans précédent et il continue de fournir un exemple inspirant de ce que la coopération internationale à son meilleur peut réaliser.»

Sans aucun doute, des millions de personnes ont vécu plus longtemps et en meilleure santé grâce au protocole de Montréal. En 2019, l'Agence américaine de protection de l'environnement a estimé que, rien qu'aux États-Unis, le protocole avait permis d'éviter 280 millions de cas de cancer de la peau, 1,6 million de décès et 45 millions de cas de cataractes.

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L'Observatoire de la Terre de la NASA le 1er décembre 2009, montrant la taille et la forme du trou dans la couche d'ozone chaque année en 1979 (à gauche) et en 2009 (Photo, AFP/Archives).

La bataille n'est cependant pas terminée. Il faudra encore quatre décennies pour que la couche d'ozone se reconstitue complètement, selon le dernier rapport quadriennal du groupe d'évaluation scientifique du protocole de Montréal sur les substances détruisant la couche d'ozone, soutenu par les Nations unies, qui a été publié ce mois-ci.

Mais selon le rapport «Évaluation scientifique de la réduction de la couche d'ozone 2022»: «L'élimination progressive de près de 99% des substances détruisant la couche d'ozone interdites a permis de sauvegarder la couche d'ozone, entraînant une reconstitution notable de la couche d'ozone dans la haute stratosphère et une diminution de l'exposition humaine aux rayons ultraviolets (UV) nocifs du soleil.»

Si les politiques actuelles restent en place, ajoute le rapport, «la couche d'ozone devrait retrouver les valeurs de 1980» — c'est-à-dire avant l'apparition du trou d'ozone — «vers 2066 dans l'Antarctique, vers 2045 dans l'Arctique et vers 2040 dans le reste du monde». 

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Chronologie de l'ozone à partir du rapport de l'évaluation scientifique de la réduction de la couche d'ozone du PNUE de 2022 (Photo, Arab News).

C'est une «nouvelle fantastique », a déclaré à Arab News Meg Seki, secrétaire exécutive du secrétariat de l'ozone du programme des Nations unies pour l'environnement. Ceci a eu un avantage supplémentaire dans la lutte contre le réchauffement climatique.

En 2016, un accord supplémentaire, connu sous le nom d'amendement de Kigali au protocole de Montréal, a permis de réduire la production et la consommation d'hydrofluorocarbures, ou HFC, les composés qui ont été introduits pour remplacer les CFC interdits, mais qui se sont révélés être de puissants gaz à effet de serre. On estime que d'ici 2100, l'amendement de Kigali aura permis d'éviter un réchauffement de la planète de 0,5 degré Celsius.

«On ne saurait trop insister sur l'impact du protocole de Montréal sur l'atténuation du changement climatique», a signalé Seki. «Au cours des 35 dernières années, le protocole est devenu un véritable champion de l'environnement.»

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Des délégués discutent lors de la 28e réunion des parties au Protocole de Montréal à Kigali, au Rwanda, le 13 octobre 2016 (Photo, AFP/Archives).

C'est également un exemple brillant de ce qui pourrait être réalisé dans la lutte contre le changement climatique.

Le 16 septembre de chaque année est la Journée internationale de l'ONU pour la préservation de la couche d'ozone. Comme l'a déclaré Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, en marquant l'occasion en 2021: «Le protocole de Montréal a bien fait son travail au cours des trois dernières décennies. La couche d'ozone est sur la voie de la récupération.»

Il a ajouté: «La coopération à laquelle nous avons assisté dans le cadre du protocole de Montréal est exactement ce qu'il faut maintenant pour faire face au changement climatique, une menace tout aussi existentielle pour nos sociétés.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Rubio affirme que les Etats-Unis doivent "réexaminer" leurs relations avec l'Otan

Donald Trump a qualifié l’alliance de l’OTAN de « tigre de papier ». (ARCHIVES/REUTERS)
Donald Trump a qualifié l’alliance de l’OTAN de « tigre de papier ». (ARCHIVES/REUTERS)
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  • Marco Rubio évoque un possible réexamen du rôle des États-Unis dans l’OTAN, après des tensions liées au conflit avec l’Iran et au manque de coopération de certains alliés européens
  • Donald Trump intensifie ses critiques contre l’alliance, remettant en cause l’engagement américain et accusant l’OTAN d’être déséquilibrée au détriment des États-Unis

WASHINGTON: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a remis en cause comme jamais le lien transatlantique avec l'Otan, déclarant mardi que les Etats-Unis devaient "réexaminer" leurs relations avec l'alliance atlantique militaire une fois la guerre contre l'Iran terminée.

"Je pense qu'il ne fait malheureusement aucun doute qu'une fois ce conflit terminé, nous devrons réexaminer cette relation. Nous devrons réexaminer l'intérêt que présente l'Otan pour notre pays dans le cadre de cette alliance", a déclaré M. Rubio sur la chaîne Fox News, ajoutant qu'il reviendrait au président Donald Trump de trancher cette question.

Les Etats-Unis reprochent à des pays de l'Otan dont la France, l'Espagne et l'Italie de ne pas avoir autorisé le survol de leurs territoires ou d'utiliser les bases américaines pour acheminer des équipements militaires à Israël dans le cadre de la guerre contre l'Iran, déclenchée le 28 février.

Donald Trump avait lui-même déclaré vendredi dernier que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide à l'Otan en cas de besoin, réitérant ses critiques contre l'Alliance atlantique, lors d'un forum d'affaires à Miami.

"Nous dépensons des centaines de milliards de dollars par an pour l'Otan, des centaines de milliards, pour les protéger, et nous aurions toujours été là pour eux, mais maintenant, au vu de leurs actions, je suppose que nous n'avons plus à l'être, n'est-ce pas ?", a-t-il dit.

Ces dernières semaines, le président américain a multiplié les prises de parole belliqueuses envers l'Otan, la qualifiant notamment sur son réseau Truth Social de "TIGRE DE PAPIER" et de "LACHES". Les Etats-Unis "s'en souviendront", avait-il déjà déclaré en Conseil des ministres.

"Si nous en sommes arrivés au point où l'alliance de l'Otan nous empêche d'utiliser ces bases, où nous ne pouvons en fait plus les utiliser pour défendre les intérêts des Etats-Unis, alors l'Otan est une voie à sens unique", a déclaré M. Rubio.

"L'Otan se résume alors simplement à la présence de nos troupes en Europe pour défendre l'Europe (...) Lorsque nous avons besoin qu'ils nous autorisent à utiliser leurs bases militaires, leur réponse est +non+ ? Alors pourquoi sommes-nous dans l'Otan ? Il faut se poser cette question", a ajouté le chef de la diplomatie américaine.

Il a encore souligné qu'il revenait aux alliés des Etats-Unis de sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué de facto par l'Iran, dont ils dépendent pour leur pétrole.

Parlant de la guerre en Iran, il a indiqué que "nous sommes proches de la ligne d'arrivée" sans donner de calendrier.

Les relations entre les Etats-Unis, qui en sont membre fondateur et principal acteur, et l'Otan traversent depuis le retour au pouvoir du président américain une zone de fortes turbulences, les premiers accusant les Européens de prendre leur sécurité pour argent comptant, les seconds inquiets d'un éventuel désengagement américain.


Trump dit que la guerre sera finie d'ici deux ou trois semaines, Ormuz n'est plus son problème

Le président Donald Trump s’exprime dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche avant de signer un décret, le mardi 31 mars 2026, à Washington. (AP)
Le président Donald Trump s’exprime dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche avant de signer un décret, le mardi 31 mars 2026, à Washington. (AP)
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  • Donald Trump annonce un retrait imminent des États-Unis d’Iran, avec ou sans accord, tout en minimisant l’importance stratégique du détroit d’Ormuz, malgré les tensions persistantes
  • Le conflit s’intensifie : frappes en Iran, menaces contre des entreprises américaines, positions fermes d’Benjamin Netanyahu et exigences de Massoud Pezeshkian, sans signe de désescalade

WASHINGTON: Dans un nouveau revirement dont il est coutumier, Donald Trump a affirmé que les Etats-Unis quitteraient l'Iran "très bientôt", dans "deux ou trois semaines", peu importe qu'un accord soit conclu, et que le détroit d'Ormuz bloqué par la République islamique n'était plus son problème.

Après plus d'un mois de conflit, la guerre au Moyen-Orient, qui ébranle l'économie mondiale et a fait des milliers de morts, ne présente mercredi pas de signe de désescalade, malgré des tractations diplomatiques.

La journée de mardi a été marquée par des frappes tous azimuts sur l'Iran et une mise en garde des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, envers les entreprises américaines du secteur des hautes technologies implantées dans la région.

Le président américain, de son côté, continue de souffler le chaud et le froid: lui qui avait promis lundi d'"anéantir" la stratégique île iranienne de Kharg et d'autres cibles si un accord n'était pas trouvé "rapidement", a fait machine arrière mardi.

"Tout ce que j'ai à faire c'est partir de l'Iran et nous le ferons très bientôt", a ainsi affirmé Donald Trump. Il a ensuite évoqué un délai de "deux, peut-être trois semaines", et finalement peu importe selon lui qu'un accord soit trouvé avec la République islamique: c'est "sans importance".

"Nous partirons très bientôt. Et si la France ou un autre pays veut avoir son pétrole ou son gaz ils iront tout droit dans le détroit d'Ormuz (...) et ils se débrouilleront tout seuls. Je pense que ce sera un endroit très sûr en réalité, mais nous n'avons rien à voir avec ça", a-t-il poursuivi.

- "Espionnage" -

Il avait déjà affirmé mardi matin que les Etats-Unis "ne seraient plus là pour aider" les pays dont l'approvisionnement en pétrole dépend de ce détroit stratégique, bloqué par l'Iran depuis le début du conflit.

La Maison Blanche a en tout cas annoncé que Donald Trump s'adresserait à la nation mercredi soir à 21H00 (01H00 GMT jeudi) pour "donner de nouvelles informations importantes sur l'Iran".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est quant à lui resté sur une ligne dure: "La campagne n'est pas terminée (...) nous allons continuer d'écraser le régime terroriste, nous renforcerons les zones de sécurité autour de nous et nous atteindrons nos objectifs", a-t-il affirmé lors d'une allocution télévisée.

De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian a réclamé pour mettre fin à la guerre, des "conditions essentielles", en particulier "les garanties nécessaires pour empêcher la répétition de l'agression", le versement de compensations financières et un arrêt des hostilités sur tous les fronts.

En attendant, les Gardiens de la Révolution ont listé dans un communiqué 18 entreprises américaines dont Google, Apple, Meta ou encore Tesla, les accusant d'"espionnage" et menaçant de "destruction" de leurs locaux en représailles à tout nouvel "assassinat" de responsables en Iran.

Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a lui affirmé que les prochains jours seraient "décisifs", tout en assurant que les discussions avec l'Iran "se renforcent".

"Je reçois des messages directement de (l'envoyé spécial américain Steve) Witkoff, comme auparavant, et cela ne signifie pas pour autant que nous soyons en négociations", a tempéré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, sur Al Jazeera.

- "Interdiction de passage" -

Dans la soirée, plusieurs explosions ont été entendues dans le centre de Téhéran et selon les médias iraniens deux gros complexes sidérurgiques ont été frappés. Le gouvernement iranien avait indiqué plus tôt qu'une entreprise pharmaceutique avait été touchée, ainsi qu'une usine de dessalement sur l'île de Qeshm.

L'Union européenne a appelé l'Iran à garantir "la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, alors qu'une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce goulet, selon des médias d'Etat. Le texte inclut une "interdiction de passage" pour les Etats-Unis et Israël.

Au Liban, le ministère de la Santé a annoncé tôt dans la nuit mercredi que des frappes israéliennes avaient fait sept morts, cinq à Beyrouth et deux au sud de la capitale.

Un "haut commandant" du Hezbollah ainsi qu'un "terroriste de haut rang" ont été frappés dans la région de Beyrouth, selon l'armée israélienne.

Dans la capitale libanaise, plus d'un millier de personnes fuyant les bombes ont trouvé refuge dans des tentes sous les gradins de la Cité sportive. "Nous vivions comme des rois dans nos maisons. Notre vie est devenue un calvaire", explique Khodr Salem, un commerçant qui se déplace à l'aide d'une béquille.

Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a déclaré que son pays avait l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, Beyrouth fustigeant une "nouvelle occupation" du pays.


Liban : dix pays européens et l'UE appellent à garantir la «sécurité» de la Finul 

De la fumée et des débris tourbillonnent sur le site d'une frappe israélienne qui a visé un bâtiment situé à proximité de l'autoroute menant à l'aéroport international de Beyrouth, le 31 mars 2026. (AFP)
De la fumée et des débris tourbillonnent sur le site d'une frappe israélienne qui a visé un bâtiment situé à proximité de l'autoroute menant à l'aéroport international de Beyrouth, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • "Nous réaffirmons notre ferme soutien au mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban dans le Sud-Liban et appelons à garantir que les canaux de déconfliction restent ouverts"
  • Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche soir dans le sud du pays, victime selon une source sécuritaire de l'ONU à l'AFP, d'un tir d'un char israélien

PARIS: Dix pays européens et l'Union européenne ont appelé mardi dans une déclaration conjointe à garantir la "sécurité et la sûreté" de la force de maintien de la paix de l'ONU Liban, dont trois militaires ont été tués ces derniers jours.

"Nous exigeons de l'ensemble des parties, en toutes circonstances, qu'elles garantissent la sécurité et la sûreté du personnel et des locaux de la Finul", ont affirmé dans cette déclaration les ministres des Affaires étrangères de la Belgique, de Chypre, de la Croatie, de la France, de la Grèce, de l'Italie, de Malte, des Pays-Bas, du Portugal et du Royaume-Uni ainsi que la haute Représentante de l'Union européenne.

"Nous réaffirmons notre ferme soutien au mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban dans le Sud-Liban et appelons à garantir que les canaux de déconfliction restent ouverts", ajoutent les ministres, qui dénoncent des "pertes humaines inacceptables".

Un Casque bleu indonésien a été tué dimanche soir dans le sud du pays, victime selon une source sécuritaire de l'ONU à l'AFP, d'un tir d'un char israélien. Deux autres Casques bleus indonésiens ont été tués le lendemain dans une explosion, qui pourrait être due à une mine, a indiqué la même source à l'AFP.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir mardi une réunion d'urgence après la mort des Casques bleus au Liban.

Dans leur déclaration, les ministres appellent également "Israël à éviter toute nouvelle aggravation du conflit, notamment par le biais d'une opération terrestre sur le territoire libanais" et condamnent "fermement les attaques du Hezbollah menées contre Israël en soutien à l'Iran".

Ils encouragent également le gouvernement libanais "à maintenir son cap en mettant en œuvre des mesures concrètes et irréversibles, à tous les niveaux, afin de rétablir sa souveraineté sur l'ensemble du territoire libanais, notamment concernant le monopole de l'État sur les armes"

La Finul, qui compte près de 8.200 soldats issus de 47 pays, est prise en étau entre Israël et le groupe chiite pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part, et l'Iran d'autre part, à la suite d'une attaque le 2 mars.