Un effort mondial pour réparer la couche d'ozone redonne un nouveau souffle à la lutte contre le changement climatique

Une sonde à ozone de l'Administration nationale des océans et de l'atmosphère (Photo, Avec l'aimable autorisation de Yuya Makino/IceCube).
Une sonde à ozone de l'Administration nationale des océans et de l'atmosphère (Photo, Avec l'aimable autorisation de Yuya Makino/IceCube).
La trajectoire d'une sonde d'ozone alors qu'elle s'élève dans l'atmosphère au pôle Sud (Photo, Avec l'aimable autorisation de Robert Schwarz/Pôle Sud, 2017).
La trajectoire d'une sonde d'ozone alors qu'elle s'élève dans l'atmosphère au pôle Sud (Photo, Avec l'aimable autorisation de Robert Schwarz/Pôle Sud, 2017).
Les observations par satellite ont déterminé que le trou dans la couche d'ozone a atteint sa superficie maximale annuelle de 26,4 millions de km2 le 5 octobre 2022 (Image, NOAA).
Les observations par satellite ont déterminé que le trou dans la couche d'ozone a atteint sa superficie maximale annuelle de 26,4 millions de km2 le 5 octobre 2022 (Image, NOAA).
Une sonde d’ozone de la NOAA - un instrument utilisé pour surveiller le trou dans la couche d'ozone de l'Antarctique — s'élève au-dessus du pôle Sud sur cette photo en accéléré (Photo, Avec l'aimable autorisation de Yuya Makino/IceCube).
Une sonde d’ozone de la NOAA - un instrument utilisé pour surveiller le trou dans la couche d'ozone de l'Antarctique — s'élève au-dessus du pôle Sud sur cette photo en accéléré (Photo, Avec l'aimable autorisation de Yuya Makino/IceCube).
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Publié le Dimanche 29 janvier 2023

Un effort mondial pour réparer la couche d'ozone redonne un nouveau souffle à la lutte contre le changement climatique

  • Selon les scientifiques, le trou dans le bouclier de la planète, détecté pour la première fois dans les années 1980, reviendra à la normale vers 2066
  • Pour ralentir le réchauffement de la planète, les experts estiment qu'une coopération identique à celle du protocole de Montréal de 1987 est nécessaire

LONDRES: Vous ne pouvez pas le voir à l'œil nu, mais au-dessus de votre tête, juste au-dessus de l'altitude à laquelle volent les plus gros avions de ligne, se trouve une fragile couche de gaz naturel qui protège toute vie sur Terre des effets mortels des rayons ultraviolets émis par le soleil.

Il s'agit du bouclier d'ozone, une ceinture de gaz — plus précisément l'ozone, ou O3, qui est composé de trois atomes d'oxygène — formée par l'interaction naturelle du rayonnement ultraviolet solaire avec l’O2, l'oxygène que nous respirons.

Sans ce bouclier, nous serions tous cuits. Selon le secrétariat de l'ozone du programme des Nations unies pour l'environnement, «l'exposition à long terme à des niveaux élevés d'UV-B menace la santé humaine et endommage la plupart des animaux, des plantes et des microbes, de sorte que la couche d'ozone protège toute la vie sur Terre». 

Mais aujourd'hui, après des décennies de lutte pour la sauver — et pour nous sauver — les scientifiques ont annoncé que le trou dans la couche d'ozone, qui a été détecté dans les années 1980, se referme.

L'annonce faite ce mois-ci est une victoire pour l'une des plus grandes collaborations scientifiques internationales que le monde n’ait jamais connues. Et, à l'heure où le monde s'efforce de lutter contre le changement climatique, il s'agit d'une démonstration opportune et extrêmement encourageante de ce que la communauté internationale peut accomplir lorsqu'elle se donne vraiment à fond.

Alors que les pays du monde s'apprêtent à se réunir à la conférence des Nations unies sur le changement climatique, la COP28, aux Émirats arabes unis, où ils devront rendre compte en novembre des progrès réalisés en vue d'atteindre les objectifs en matière du changement climatique fixés par l'accord de Paris de 2015, le brillant succès du protocole de Montréal de 1987, qui a permis de sauver la couche d'ozone, ne peut qu'être une source d'inspiration.

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Un scientifique lance un ballon de recherche à la station météorologique de Giles, en Australie (Photo, Shutterstock).

La couche d'ozone ainsi que son rôle dans l'absorption des rayons ultraviolets du soleil, a été identifiée pour la première fois par deux physiciens français, Charles Fabry et Henri Buisson, en 1913, mais ce n'est qu'en 1974 qu'un article paru dans la revue Nature nous a prévenus que nous étions en danger de la détruire.

Les chimistes F. Sherwood Rowland, de l'université de Californie à Irvine, et Mario Molina, du Massachusetts Institute of Technology, ont découvert que les gaz créés par l'homme, tels que les chlorofluorocarbones, ou CFC, utilisés dans les appareils et produits tels que les réfrigérateurs et les aérosols, détruisaient l'ozone.

En 1995, Rowland et Molina, ainsi que le scientifique néerlandais Paul Crutzen, ont reçu le prix Nobel de chimie «pour leurs travaux dans le domaine de la chimie atmosphérique, en particulier concernant la formation et la décomposition de l'ozone».

Mais, poursuit la citation des lauréats du prix Nobel, «le véritable choc a eu lieu» en 1985, lorsque des scientifiques du British Antarctic Survey qui surveillaient la couche d'ozone de l'Antarctique depuis 1957 ont détecté «une réduction radicale de la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique».

EN BREF

La couche d'ozone protège la vie sur Terre des effets mortels des rayonnements ultraviolets émis par le soleil.

Les gaz créés par les activités humaines utilisés dans de nombreux produits, des réfrigérateurs aux aérosols, détruisaient la couche d'ozone.

Le protocole de Montréal de 1987 a réglementé l'utilisation de produits chimiques identifiés comme «substances épuisant la couche d'ozone».

En janvier, les scientifiques ont annoncé que le trou dans la couche d'ozone, détecté dans les années 1980, se referme.

On sait maintenant, explique la British Antarctic Survey, «qu'au cours de l'hiver polaire, des nuages se forment dans la couche d'ozone de l'Antarctique et des réactions chimiques dans les nuages activent des substances qui détruisent l'ozone». 

«Lorsque la lumière du soleil revient au printemps, ces substances — principalement du chlore et du brome provenant de composés tels que les CFC et les halons — participent à des réactions catalytiques efficaces qui détruisent l'ozone à raison d'environ 1% par jour.»

Cette découverte a «changé le monde». Les satellites de la NASA ont été utilisés pour confirmer que «non seulement le trou se trouvait au-dessus des stations de recherche britanniques, mais qu'il couvrait l'ensemble du continent antarctique».

C'est ce qu'on a appelé le «trou d'ozone» et, comme l'a mentionné Crutzen dans sa conférence Nobel de 1995, «il s'en est fallu de peu».

Il a révélé: «Si Joe Farman et ses collègues du British Antarctic Survey n'avaient pas persévéré à effectuer leurs mesures dans l'environnement hostile de l'Antarctique, la découverte du trou dans la couche d'ozone aurait pu être considérablement retardée et il aurait été beaucoup moins urgent de parvenir à un accord international sur l'élimination progressive de la production de CFC.»

Ce sont les travaux de l'enquête qui ont conduit au Protocole de Montréal relatif à des substances qui détruisent la couche d'ozone, un accord adopté en 1987 qui réglemente la production et la consommation de près de 100 substances chimiques artificielles identifiées comme «substances réduisant la couche d'ozone».

«Dans les années 1960 et 1970, il a été suggéré que l'on pouvait introduire dans l'atmosphère des gaz qui détruiraient l'ozone», a déclaré à Arab News le professeur John Pyle, spécialiste des sciences atmosphériques, ancien directeur de la chimie à l'université de Cambridge et l'un des quatre coprésidents internationaux du groupe d'évaluation scientifique du protocole de Montréal.

«À l'époque, on s'inquiétait également des oxydes d'azote provenant des avions supersoniques volant à haute altitude, comme le Concorde, qui pouvaient détruire l'ozone.»

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La trajectoire d'une sonde d’ozone alors qu'elle s'élève dans l'atmosphère au pôle Sud (Photo, Avec l'aimable autorisation de Robert Schwarz/Pôle Sud, 2017).

«Mais après que Rowland et Molina ont publié leur article, indiquant que les gaz CFC pouvaient atteindre des niveaux suffisamment élevés dans l'atmosphère pour détruire l'ozone, il s'est écoulé une dizaine d'années pendant lesquelles ce n'était qu'une idée théorique avant que, grâce au British Antarctic Survey, le trou d'ozone ne soit découvert.»

La réaction mondiale, dirigée par les Nations unies et l'Organisation météorologique mondiale, a été d'une rapidité étonnante.

Le document du British Antarctic Survey a été publié en 1985 et, en 1987, le protocole de Montréal a été adopté. Selon les termes du programme des Nations unies pour l'environnement: «Le protocole est considéré comme l'un des accords environnementaux les plus réussis de tous les temps.»

«Ce que les parties au protocole ont réussi à accomplir depuis 1987 est sans précédent et il continue de fournir un exemple inspirant de ce que la coopération internationale à son meilleur peut réaliser.»

Sans aucun doute, des millions de personnes ont vécu plus longtemps et en meilleure santé grâce au protocole de Montréal. En 2019, l'Agence américaine de protection de l'environnement a estimé que, rien qu'aux États-Unis, le protocole avait permis d'éviter 280 millions de cas de cancer de la peau, 1,6 million de décès et 45 millions de cas de cataractes.

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L'Observatoire de la Terre de la NASA le 1er décembre 2009, montrant la taille et la forme du trou dans la couche d'ozone chaque année en 1979 (à gauche) et en 2009 (Photo, AFP/Archives).

La bataille n'est cependant pas terminée. Il faudra encore quatre décennies pour que la couche d'ozone se reconstitue complètement, selon le dernier rapport quadriennal du groupe d'évaluation scientifique du protocole de Montréal sur les substances détruisant la couche d'ozone, soutenu par les Nations unies, qui a été publié ce mois-ci.

Mais selon le rapport «Évaluation scientifique de la réduction de la couche d'ozone 2022»: «L'élimination progressive de près de 99% des substances détruisant la couche d'ozone interdites a permis de sauvegarder la couche d'ozone, entraînant une reconstitution notable de la couche d'ozone dans la haute stratosphère et une diminution de l'exposition humaine aux rayons ultraviolets (UV) nocifs du soleil.»

Si les politiques actuelles restent en place, ajoute le rapport, «la couche d'ozone devrait retrouver les valeurs de 1980» — c'est-à-dire avant l'apparition du trou d'ozone — «vers 2066 dans l'Antarctique, vers 2045 dans l'Arctique et vers 2040 dans le reste du monde». 

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Chronologie de l'ozone à partir du rapport de l'évaluation scientifique de la réduction de la couche d'ozone du PNUE de 2022 (Photo, Arab News).

C'est une «nouvelle fantastique », a déclaré à Arab News Meg Seki, secrétaire exécutive du secrétariat de l'ozone du programme des Nations unies pour l'environnement. Ceci a eu un avantage supplémentaire dans la lutte contre le réchauffement climatique.

En 2016, un accord supplémentaire, connu sous le nom d'amendement de Kigali au protocole de Montréal, a permis de réduire la production et la consommation d'hydrofluorocarbures, ou HFC, les composés qui ont été introduits pour remplacer les CFC interdits, mais qui se sont révélés être de puissants gaz à effet de serre. On estime que d'ici 2100, l'amendement de Kigali aura permis d'éviter un réchauffement de la planète de 0,5 degré Celsius.

«On ne saurait trop insister sur l'impact du protocole de Montréal sur l'atténuation du changement climatique», a signalé Seki. «Au cours des 35 dernières années, le protocole est devenu un véritable champion de l'environnement.»

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Des délégués discutent lors de la 28e réunion des parties au Protocole de Montréal à Kigali, au Rwanda, le 13 octobre 2016 (Photo, AFP/Archives).

C'est également un exemple brillant de ce qui pourrait être réalisé dans la lutte contre le changement climatique.

Le 16 septembre de chaque année est la Journée internationale de l'ONU pour la préservation de la couche d'ozone. Comme l'a déclaré Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, en marquant l'occasion en 2021: «Le protocole de Montréal a bien fait son travail au cours des trois dernières décennies. La couche d'ozone est sur la voie de la récupération.»

Il a ajouté: «La coopération à laquelle nous avons assisté dans le cadre du protocole de Montréal est exactement ce qu'il faut maintenant pour faire face au changement climatique, une menace tout aussi existentielle pour nos sociétés.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Trump exige une "capitulation sans condition" de l'Iran, toujours sous les bombes

Le président américain Donald Trump a exigé vendredi la « capitulation sans condition » de l’Iran, une escalade spectaculaire de ses exigences une semaine après le début de la guerre qu’il a lancée aux côtés d’Israel. (AFP)
Le président américain Donald Trump a exigé vendredi la « capitulation sans condition » de l’Iran, une escalade spectaculaire de ses exigences une semaine après le début de la guerre qu’il a lancée aux côtés d’Israel. (AFP)
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  • Donald Trump exige la « capitulation sans condition » de l’Iran après une semaine de guerre menée avec Israél, alors que de nouvelles explosions secouent Téhéran et que le conflit s’intensifie
  • Les hostilités s’étendent dans la région : l’Iran vise Israël et des pays du Golfe, tandis que les frappes israéliennes au Liban provoquent des centaines de victimes et un déplacement massif de civils

TEHERAN: Donald Trump a exigé la "capitulation sans conditions" de l'Iran après une semaine de guerre, des explosions secouant de nouveau Téhéran vendredi.

"Il n'y aura pas d'accord avec l'Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION! Après cela, et le choix d'un ou plusieurs dirigeants FORMIDABLES ET ACCEPTABLES (...), nous travaillerons sans relâche pour relever l'Iran, le rendre économiquement plus grand, meilleur et plus fort que jamais", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social - faisant s'envoler les cours du pétrole.

"MAKE IRAN GREAT AGAIN!" (Rendez sa grandeur à l'Iran!), a-t-il ajouté, détournant son slogan "Make America Great Again.

Plusieurs nouvelles puissantes explosions ont retenti dans la capitale iranienne vendredi en début de soirée, dans l'est de la ville, régulièrement visé ces derniers jours, et de larges colonnes de fumée noire s’élevaient au dessus des immeubles selon les journalistes de l'AFP sur place.

Dans la journée, pour le premier vendredi - jour de prière - depuis la mort de l'ayatollah Ali Khamenei, des foules d'hommes et femmes en noir se sont rassemblées, certains brandissant des drapeaux iraniens, d'autres des portraits du défunt guide suprême.

La nuit précédente, les explosions se sont enchainées comme jamais encore depuis le début du conflit, déclenché samedi par l'attaque israélo-américaine sur le pays.

"La ville s'est vidée, beaucoup de gens sont partis", assure Robert, 60 ans, un homme d'affaires de Téhéran interrogé par l'AFP alors qu'il franchit la frontière entre Iran et Arménie. "On entend le bruit des explosions (...) au moins cinq ou six fois par jour".

- La banlieue sud de Beyrouth se vide -

L'Iran continue à riposter en ciblant Israël et ses voisins du Golfe, assurant viser des bases et intérêts américains. Des missiles et drones ont visé le Koweït et Bahreïn, l'Arabie saoudite et le Qatar.

L'armée iranienne a affirmé avoir visé un pétrolier américain dans le Golfe, qui était "en feu".

Au Liban, aspiré dans le conflit quand le Hezbollah pro-iranien a attaqué Israël pour "venger" la mort de Ali Khameini, le bilan des bombardements massifs israéliens lancés en riposte ne cesse de s'alourdir: 217 personnes ont été tuées, et 798 blessées depuis lundi, selon les autorités.

Des dizaines de milliers d'habitants fuient les frappes israéliennes à travers le pays, souvent sans savoir où aller.

"Les conséquences de ce déplacement sur le plan humanitaire et politique pourraient être sans précédent", s'est inquiété le Premier ministre libanais, Nawaf Salam.

La veille, Israël avait demandé - c'est une première - aux habitants de toute la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, d'évacuer avant des bombardements nocturnes. Dans la matinée sur place, les images de l'AFP montrent bâtiments éventrés et véhicules calcinés.

Les frappes se sont poursuivies dans la journée de vendredi. L'une a touché un immeuble de dix étages, proche de centres d'accueil de déplacés à Saïda (sud) selon un photographe de l'AFP.

Le mouvement chiite libanais continue de tirer des roquettes sur Israël, 70 vendredi selon l'armée israélienne, qui a elle dit avoir visé "500 cibles" au Liban depuis lundi et tué "70 terroristes" du Hezbollah.

L'armée a aussi accusé le groupe d'attaques "coordonnées" avec Téhéran pendant la nuit, "dans une tentative de submerger nos systèmes de défense" a-t-elle dit.

La crise "constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate", a alerté à Genève Ayaki Ito, directeur des urgences de l'agence de l'ONU pour les réfugiés.

- Enquête sur la frappe d'une école -

La guerre qui a embrasé le Moyen-Orient inquiète d'autant plus chancelleries et opérateurs économiques que la question de sa durée est désormais ouvertement posée.

Un envoi de troupes au sol en Iran représenterait une "perte de temps", a affirmé Donald Trump à la chaîne NBC News. Son ministre de la Défense Pete Hegseth a exclu une issue rapide: "nous ne sommes qu'au début des combats".

Alors que le Kurdistan irakien, où sont basés des groupes kurdes iraniens en exil, est aussi visé par des missiles et drones, le président américain a assuré jeudi être "tout à fait pour" une offensive des milices kurdes contre Téhéran, sans préciser si les Etats-Unis leur fournirait un quelconque soutien.

Les questions se multiplient par ailleurs au sujet d'une frappe qui aurait visé une école à Minab (sud de l'Iran) au premier jour du conflit, tuant 150 personnes selon les autorités du pays.

Une enquête du New York Times, se basant notamment sur des images satellite, suggère que les Etats-Unis pourraient effectivement en être responsables. Ils auraient voulu cibler une base navale voisine.

Reuters, s'appuyant sur deux responsables américaines anonymes, assure que les enquêteurs militaires américains jugent "probable" que les forces américaines en soient "responsables".

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a exigé que l'enquête promise par les Etats-Unis soit "rapide" et "transparente".

Les autorités iraniennes font état d'un bilan d'environ un millier de morts depuis le début de la guerre, un chiffre que l'AFP n'est pas en mesure d'authentifier.

Treize personnes, dont sept civils, ont été tuées dans les pays du Golfe, dont une fillette de 11 ans au Koweït. En Israël, 10 personnes ont été tuées, selon les autorités.


Iran: Madrid campe sur ses positions et exclut "catégoriquement" toute collaboration avec Washington

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez fait une déclaration au palais de La Moncloa le 4 mars 2026 à Madrid en réponse aux propos de Donald Trump. Pedro Sanchez a rejeté les critiques de Donald Trump sur le refus de l’Espagne de laisser des avions américains utiliser ses bases pour frapper l’Iran, affirmant « non à la guerre ». (AFP)
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez fait une déclaration au palais de La Moncloa le 4 mars 2026 à Madrid en réponse aux propos de Donald Trump. Pedro Sanchez a rejeté les critiques de Donald Trump sur le refus de l’Espagne de laisser des avions américains utiliser ses bases pour frapper l’Iran, affirmant « non à la guerre ». (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez maintient fermement la position de l’Espagne : dire « non à la guerre » contre l’Iran et refuser que les États-Unis utilisent les bases espagnoles, malgré les menaces de Donald Trump
  • Sa position reçoit un soutien européen et international, tandis que sur le plan intérieur, elle peut renforcer son électorat de gauche à un an des législatives de 2027

MADRID: Revendiquant son choix de dire "non à la guerre" contre l'Iran malgré les menaces de Donald Trump, le gouvernement espagnol a campé sur ses positions mercredi et démenti "catégoriquement" toute intention de collaborer avec Washington, après des déclarations de la Maison Blanche annonçant une volte-face espagnole.

Lors d'une allocution solennelle prononcée mercredi matin, le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a promis que son pays ne serait "pas complice" des attaques américano-israéliennes menées contre l'Iran "par peur des représailles de certains", une référence directe au dirigeant américain.

Mardi, Donald Trump, déjà agacé depuis plusieurs mois par le refus de l'Espagne de consacrer 5% de son PIB à ses dépenses de défense dans le cadre de l'Otan, avait vertement reproché au gouvernement espagnol de gauche de refuser à l'aviation américaine l'accès à deux bases militaires situées dans le sud du pays pour sa campagne militaire contre l'Iran entamée samedi.

"L'Espagne a été terrible", a cinglé Donald Trump, menaçant directement Madrid de "cesser" complètement les relations commerciales entre les deux pays.

Malgré des difficultés à adopter une position commune très clairement définie face aux attaques menées contre l'Iran, ces tentatives d'intimidation ont valu au chef du gouvernement espagnol une série de marques de soutien de ses homologues européens, du président du Conseil européen Antonio Costa au président français Emmanuel Macron.

- "Pas la moindre idée" -

La prise de position du chef du gouvernement espagnol, qui a pourtant aussi condamné la riposte iranienne et redit son opposition au régime "des ayatollahs", lui a aussi valu un message chaleureux sur X du président iranien, qui a salué la "conduite responsable" de l'Espagne.

Dans la soirée, la porte-parole de la Maison Blanche a cependant semé le doute pendant quelques instants, assurant que l'Espagne avait finalement "accepté de coopérer" avec les forces armées américaines.

"Je pense qu'ils ont entendu haut et fort le message du président hier", a déclaré Karoline Leavitt, avant d'être quasi immédiatement démentie par le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares.

La position de l'Espagne "n'a absolument pas changé", a assuré le ministre sur la radio Cadena Ser, démentant "catégoriquement" toute intention de coopérer avec les Etats-Unis dans ce conflit. "D'où cela peut-il venir (ces déclarations, ndlr)? Je n'en ai pas la moindre idée", a-t-il asséné, réitérant le refus espagnol de laisser les Etats-Unis utiliser les bases andalouses au coeur d'un traité signé entre les deux pays en 1953, quand Franco dirigeait encore l'Espagne.

Sur le plan intérieur, la prise de position de Pedro Sanchez, dont le gouvernement appelle depuis samedi à une cessation des hostilités et une résolution pacifique du conflit, est vue par certains observateurs comme un moyen de resserrer son électorat autour d'une thématique qui fait consensus au sein de la gauche espagnole.

- "Immense animosité" -

Entre défaites dans des scrutins régionaux, affaires judiciaires visant des proches et accusations de harcèlement sexuel au sein de son Parti socialiste (PSOE), le moment politique est en effet délicat pour le dirigeant socialiste, à un an des prochaines législatives attendues au printemps 2027.

Sur X, le patron du Parti populaire (droite), principal parti d'opposition, Alberto Núñez Feijóo, a exhorté Donald Trump à "respecter" l'Espagne, tout en accusant Pedro Sanchez d'utiliser la politique étrangère à des fins "partisanes".

Même le quotidien El País, réputé proche de la gauche, a mis en garde Pedro Sanchez mercredi matin, avant son intervention, en lui suggérant "d'éviter la tentation (...) d'utiliser l'immense animosité qui existe à l'égard de Trump dans la société espagnole pour gagner en popularité".

Le slogan pacifiste "Non à la guerre" avait été utilisé par la gauche espagnole en 2003 lors de l'intervention militaire des Etats-Unis en Irak, où des troupes de Madrid avaient été déployées un temps, sous le gouvernement de droite de José Maria Aznar, alors très aligné sur les positions américaines.

Les attentats jihadistes qui avaient fait 192 morts le 11 mars 2004 dans quatre trains de banlieue à Madrid avaient dans ce contexte été attribués par de nombreux Espagnols à cette intervention en Irak, et la gauche avait remporté les législatives organisées trois jours plus tard.


Près de 150 disparus dans le naufrage d'une frégate iranienne au large du Sri Lanka

Près de 150 personnes sont portées disparues et plusieurs corps ont été repêchés après le naufrage d'un navire de guerre iranien mercredi au large du Sri Lanka, à la suite de ce que des membres d'équipage ont décrit comme une explosion, ont indiqué les autorités du pays. (AFP)
Près de 150 personnes sont portées disparues et plusieurs corps ont été repêchés après le naufrage d'un navire de guerre iranien mercredi au large du Sri Lanka, à la suite de ce que des membres d'équipage ont décrit comme une explosion, ont indiqué les autorités du pays. (AFP)
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  • La cause de ce qui pourrait être une explosion survenue à bord de la frégate, qui aurait auparavant participé à un exercice militaire dans le port indien de Visakhapatnam, n'est pas encore déterminée
  • Ce naufrage survient en pleine guerre au Moyen-Orient, après le lancement de frappes contre l'Iran par Israël et les Etats-Unis

COLOMBO: Près de 150 personnes sont portées disparues et plusieurs corps ont été repêchés après le naufrage d'un navire de guerre iranien mercredi au large du Sri Lanka, à la suite de ce que des membres d'équipage ont décrit comme une explosion, ont indiqué les autorités du pays.

La marine sri‑lankaise a secouru 32 marins de la frégate IRIS  Dena, mais l'espoir s'amenuise pour les 148 autres membres d'équipage, a indiqué le ministre des Affaires étrangères de l'île et des responsables de l'armée.

La cause de ce qui pourrait être une explosion survenue à bord de la frégate, qui aurait auparavant participé à un exercice militaire dans le port indien de Visakhapatnam, n'est pas encore déterminée.

Ce naufrage survient en pleine guerre au Moyen-Orient, après le lancement de frappes contre l'Iran par Israël et les Etats-Unis.

Le ministre des Affaires étrangères, Vijitha Herath, a indiqué au parlement que les 32 Iraniens secourus, "grièvement blessés", avaient été transportés vers un hôpital situé au sud de l'île.

Deux navires de la marine et un avion ont été déployés pour rechercher d'éventuels survivants.

Un appel de détresse a été lancé mercredi à l'aube depuis la frégate et, moins d'une heure plus tard, un navire est arrivé sur la zone, à environ 40 kilomètres au sud du port méridional de Galle, a précisé le ministre.

La frégate avait complètement coulé et il ne restait plus qu'une nappe d'hydrocarbure lorsque les bateaux de la marine sri-lankaise sont arrivés sur place.

Les recherches se poursuivent 

"Nous poursuivons les recherches, mais nous ne savons pas encore ce qu'il est advenu du reste de l'équipage", a déclaré à l’AFP un responsable de l'armée.

Le directeur de l'hôpital de Karapitiya, à Galle, S. D. Ranga, a indiqué qu'on lui avait signalé qu'il pourrait y avoir des morts, mais que seuls 32 marins blessés avaient été amenés.

Un député de l'opposition a demandé si le navire avait subi un bombardement dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient mais il n'y a pas eu de réaction immédiate du gouvernement.

Contacté par l'AFP, l'ambassadeur iranien à Colombo, Alireza Delkhosh, n'était pas immédiatement joignable.

"Nous avons répondu à un appel de détresse conformément à nos obligations internationales étant donné que c'est dans notre zone de recherches et de sauvetage de l'océan Indien", a précisé à l'AFP un porte-parole de la marine sri-lankaise Buddhika Sampath.

"Nous avons retrouvé quelques corps dans la zone où le navire a sombré", a-t-il annoncé un peu plus tard.

Le Sri Lanka est resté neutre depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, appelant au dialogue.

Un peu plus d'un million de Sri-Lankais travaillent au Moyen-Orient, représentant une source cruciale de devises pour ce pays qui se relève à peine de sa pire crise économique survenue en 2022.

La marine et l'armée de l'air sri-lankaises ont toutes deux indiqué qu'elles ne diffuseraient pas d'images des opérations de secours car elles concernaient l'armée d'un autre pays.