Une étude sur le bien-être au travail en Arabie saoudite identifie les enjeux principaux et propose des solutions 

Selon un nouveau rapport, 80% des lieux de travail en Arabie saoudite ne disposent pas de budget pour soutenir la santé mentale de leurs employés. (AFP)
Selon un nouveau rapport, 80% des lieux de travail en Arabie saoudite ne disposent pas de budget pour soutenir la santé mentale de leurs employés. (AFP)
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Publié le Samedi 28 janvier 2023

Une étude sur le bien-être au travail en Arabie saoudite identifie les enjeux principaux et propose des solutions 

  • Le rapport de Tuhoon, une start-up technologique saoudienne fondée en 2021, intègre les remarques de quatre mille employés
  • La culture entourant la santé mentale dans le Royaume semble s'améliorer malgré le peu de données disponibles

DUBAΪ: Bien que les problèmes de santé mentale représentent un défi important pour la productivité, une enquête de référence en Arabie saoudite a révélé des écarts béants entre les services que les départements de ressources humaines prétendent fournir et ce que les employés pensent qu'ils reçoivent réellement, avec des employés peu disposés à discuter du stress au travail.

Pour le rapport, intitulé «State of Wellness at the Workplace», les chercheurs se sont entretenus avec quatre mille employés des secteurs public et privé du Royaume afin de cerner la source des problèmes sur le lieu de travail et trouver comment les résoudre.

L'étude, qui a été compilée par Tuhoon, une start-up technologique saoudienne fondée en 2021, a été réalisée en collaboration avec le Centre national saoudien pour la santé mentale et le ministère de la Santé. 

«Les enquêtes ont été remplies de manière anonyme, les travailleurs étant ainsi plus enclins à parler de leurs problèmes», déclare Fares Ghandour, PDG de Tuhoon, à Arab News.

«Nous avons constaté que les femmes sont plus disposées à parler de leurs problèmes personnels, mais qu'elles évitent de parler de leur santé mentale sur le lieu de travail, car elles ne veulent pas être perçues comme fragiles. Nous avons également constaté que les travailleurs âgés de plus de 45 ans sont moins enclins à parler de leur santé mentale que les jeunes générations.»

Tuhoon a récemment créé une application pour Smartphone conçue pour aider les utilisateurs à améliorer leur santé mentale, à gérer leur stress et à obtenir une meilleure qualité de sommeil grâce à un contenu audio personnalisé et culturellement adapté.

Ce contenu comprend des exercices de méditation, des histoires pour aider à s’endormir, des master class, des résumés de livres, de la musique de concentration et d'urgence. Il a été élaboré par des médecins, des psychologues cliniciens et des coachs certifiés en méditation et en conscience de soi.

L'étude indique que plus de 80% des lieux de travail saoudiens ne disposent pas de budget pour préserver la santé mentale de leurs employés, malgré le nombre croissant de travailleurs signalant une diminution de leur bien-être.

Le rapport indique que le manque de suivi de la santé mentale a eu des répercussions importantes sur les performances culturelles et économiques de nombreuses organisations, et que le secteur privé est perçu comme offrant moins d'aide que le secteur public.

Selon le rapport, la plupart des lieux de travail ne donnent pas la priorité à la santé mentale des employés. Il indique que 78% des organisations ne mesurent pas du tout la santé mentale de leurs employés, que 82% ne consacrent pas de ressources aux services de santé mentale et que 52% n'offrent pas d'assurance maladie pour la santé mentale.

Il indique également qu'au moins quatre employés sur cinq ont connu au moins un problème de santé mentale au cours de l'année écoulée. Les symptômes les plus courants sont l'anxiété, l'épuisement et le stress, ainsi que la dépression, les difficultés relationnelles et la solitude.

Les données disponibles sur la question du bien-être sur les lieux de travail saoudiens, y compris les détails des programmes et des avantages que les employeurs offrent à leurs employés, restent limitées, mais la culture entourant la santé mentale semble s'améliorer.

Cependant, le monde arabe en général est à la traîne à cet égard, ce qui, selon M. Ghandour, est la raison pour laquelle il a fondé Tuhoon.

«J'investis dans les entreprises technologiques depuis neuf ans», déclare-t-il à Arab News. «J'ai décidé que je voulais construire et investir dans quelque chose qui me passionne, et la cause de la santé mentale m'est chère.»

«J'ai approché le Dr Naif Almutawa, un psychologue clinicien, et Aymane Sennoussi, qui sont devenus cofondateurs, et j'ai consacré mon temps, mon énergie et mes efforts à faire de l'Arabie saoudite et du monde arabe un endroit plus heureux et plus sain.»

Les problèmes de santé mentale figurent parmi les principales causes d'invalidité dans le monde, la dépression arrivant en tête de liste. Ils peuvent affecter des personnes indépendamment de leur âge, de leur culture et de leur statut socio-économique.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'un quart de la population mondiale souffrira d'un problème de santé mentale à un moment donné de sa vie, et que près de 12 milliards de journées de travail sont perdues chaque année à cause de la dépression et de l'anxiété, pour un coût annuel de 1 000 milliards de dollars (1 dollar = 0,92 euro) en perte de productivité.

L'enquête de Tuhoon sur les lieux de travail saoudiens posait la question suivante: «Comment évaluez-vous votre santé mentale au cours des douze derniers mois sur une échelle de 0 à 4?» Elle a révélé que 24% des personnes interrogées classaient leur santé mentale comme inférieure à la moyenne.

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Près d'un quart des personnes interrogées ont classé leur santé mentale en dessous de la moyenne. Sur le lieu de travail, 44% des Saoudiennes et 32% des Saoudiens sont sujets à l'épuisement professionnel. (Shutterstock)

Parmi les personnes interrogées, les femmes étaient 62% plus susceptibles de développer un problème de santé mentale que les hommes, tandis que 44% des femmes au travail étaient sujettes à l'épuisement et à l'anxiété, contre 32% des hommes.

L'étude a également révélé que 57% des personnes interrogées pensaient que le stress lié au travail affectait leur bien-être mental.

Sur les cinquante départements de ressources humaines interrogés, 59% ont déclaré que leur organisation n'offrait pas de couverture d'assurance pour la santé mentale, et 82% ont déclaré que leur entreprise ne disposait pas de programme d'aide aux employés (PAE). Les PAE sont conçus pour aider les travailleurs à résoudre les problèmes professionnels et personnels qui peuvent affecter leur productivité.

Les résultats des enquêtes saoudiennes sont comparables aux conclusions d'un rapport sur le lieu de travail de 2022 intitulé «Mental Health in America», dans lequel un tiers des professionnels des ressources humaines ont déclaré que leur entreprise ne fournissait aucun service de santé mentale aux employés, 27% que leur entreprise n’avait pas de stratégie sur les prestations appropriées à fournir, et 18% que leur entreprise ne savait pas quel plan ou quelles assurances offrir aux travailleurs.

Au Royaume-Uni, selon une étude réalisée en 2022 par le Chartered Institute of Personnel Development, le leadership sur la question de la santé mentale en milieu de travail est faible, surtout après la pandémie de Covid-19. Les chiffres montrent que seuls 29% des employeurs sont capables de repérer les signes précoces de problèmes de santé mentale chez leurs employés. Moins de la moitié (42%) des employeurs ont déclaré que leurs dirigeants mettent l'accent sur une santé mentale positive et l'encouragent par leurs actions et leur comportement.

La bonne santé mentale est considérée comme une mesure essentielle de la prospérité et du succès des nations et des organisations.

Le secteur public du Royaume a obtenu un score plus élevé (45%) que le secteur privé (36%) en termes de proportion d'employeurs offrant une couverture d'assurance maladie incluant des services de santé mentale. Fares Ghandour pense que cela est dû au fait que le secteur public joue un rôle majeur dans l'économie saoudienne et que les employés sont relativement bien pris en charge afin de maintenir des niveaux de productivité élevés.

Selon les études du réseau de recherche Arab Barometer, plus de la moitié des résidents du monde arabe ont toutefois du mal à trouver des services de santé mentale décents. Et à l'échelle mondiale, les organisations peinent à mettre en œuvre des politiques en ressources humaines conçues pour préserver la santé mentale.

En 2019, l'enquête nationale saoudienne sur la santé mentale a révélé que 34% des personnes avaient été confrontées à un problème de santé mentale à un moment donné de leur vie, les cols bleus étant plus ouverts à signaler les difficultés auxquelles ils étaient confrontés que leurs homologues en col blanc.

L'enquête a également révélé que les maladies mentales les plus répandues dans le Royaume étaient le trouble d'anxiété de séparation, le trouble d'hyperactivité avec déficit de l'attention, le trouble dépressif majeur, la phobie sociale et le trouble obsessionnel compulsif.

Les Saoudiens les plus instruits sont plus enclins à souffrir de ces troubles.

Quelque 80% des personnes interrogées souffrant d'une maladie mentale grave ont déclaré ne pas avoir cherché à se faire soigner, tandis que 8,9% ont indiqué avoir demandé de l'aide à un conseiller religieux ou à un guérisseur.

Selon les experts, pour promouvoir une culture de travail plus saine, les employeurs doivent donner la priorité au bien-être, s'efforcer de réduire la stigmatisation qui entoure encore la maladie mentale et offrir une couverture de santé mentale aux employés.

Selon la start-up Tuhoon, les espaces professionnels doivent commencer à considérer la santé mentale comme un enjeu collectif plutôt que comme un problème individuel. Tuhoon recommande neuf mesures rentables pour améliorer la santé mentale au travail et, par conséquent, stimuler la productivité.

Ces mesures comprennent des ateliers de sensibilisation à la question et des webinaires sur des sujets tels que la gestion du stress, la lutte contre l'épuisement professionnel et le renforcement de l’échange entre les travailleurs. Le rapport suggère également d'offrir des jours de congé supplémentaires pour améliorer le moral des employés, de former les responsables à repérer les problèmes de santé mentale et de créer un environnement de travail plus accueillant et plus rassurant.

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«J'ai décidé que je voulais construire et investir dans quelque chose qui me passionne, et la cause de la santé mentale me tient à cœur», déclare Fares Ghandour, PDG de Tuhoon. (Fourni)

En outre, Tuhoon exhorte les employeurs à promouvoir des comportements sur le lieu de travail qui réduisent l'épuisement professionnel en encourageant les travailleurs à prendre des congés si nécessaire, en offrant un environnement de travail plus souple, en favorisant un équilibre sain entre le travail et la vie personnelle et en créant une culture de «contrôle».

D'autres recommandations visent à encourager les employeurs à utiliser les évaluations de la santé mentale comme outil pour mesurer le stress et les difficultés, et à mettre les travailleurs en contact avec des ressources utiles si nécessaire.

Selon Tuhoon, des cours de «premiers secours» en matière de santé mentale pourraient également permettre au personnel d'acquérir les compétences nécessaires pour détecter les signes précoces de facteurs de stress et fournir des solutions et des réponses rapides pour aider les travailleurs en détresse.

Il s’agit d’une initiative qui pourrait contribuer à réduire la stigmatisation de la santé mentale sur le lieu de travail. La nomination d’«ambassadeurs de la santé mentale» contribuerait également à une communication plus ouverte et plus solidaire.

En ce qui concerne le bien-être des femmes en particulier, Tuhoon demande instamment aux employeurs d'adapter les politiques du lieu de travail et d'encourager les employées à signaler les cas de harcèlement et d'agression sexuelle en mettant à leur disposition une plate-forme appropriée. Les salaires et les promotions doivent également être déterminés de manière équitable, indépendamment du sexe.

Enfin, les employeurs et les employés sont encouragés à faire preuve de gratitude sur le lieu de travail et à introduire des mécanismes grâce auxquels les travailleurs se sentiraient capables de parler des choses ou des personnes pour lesquelles ils sont reconnaissants au travail et en dehors.

Tuhoon pense que cela pourrait conduire à une plus grande satisfaction au travail, à une diminution des jours de maladie, à la promotion d'un environnement de travail positif et plus sécurisant, et à une augmentation de la productivité.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: nouvelles frappes israéliennes malgré la prolongation de la trêve

Des personnes se tiennent au milieu des décombres et des gravats près de bâtiments endommagés et effondrés après des bombardements israéliens nocturnes sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. (AFP)
Des personnes se tiennent au milieu des décombres et des gravats près de bâtiments endommagés et effondrés après des bombardements israéliens nocturnes sur la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 16 mai 2026. (AFP)
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  • Israël a mené de nouvelles frappes dans le sud du Liban après avoir ordonné l’évacuation de plusieurs villages, malgré la prolongation récente de la trêve entre les deux pays lors de négociations à Washington
  • Les violences continuent d’aggraver la crise humanitaire : plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la trêve et près d’un million de personnes ont été déplacées au Liban depuis le début du conflit régional

BEYROUTH: Israël mène de nouvelles frappes sur le sud du Liban samedi après avoir ordonné aux habitants de neuf villages d'évacuer, malgré la prolongation d'un mois et demi de la trêve lors de négociations entre les deux pays la veille à Washington.

"Les forces de défense israéliennes ont commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans plusieurs zones du sud du Liban", a affirmé l'armée israélienne dans un communiqué.

L'Agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle) a rapporté des frappes sur au moins cinq villages du sud, précédées un mouvement d'exode des habitants vers Saïda, la grande ville du sud, et Beyrouth.

L'armée israélienne avait auparavant ordonné aux habitants de neuf villages des régions de Saïda et Nabatiyé de les évacuer en prévision de frappes.

Ces frappes sur le sud dévasté se poursuivent malgré l'annonce vendredi soir de la prolongation d'une trêve entrée en vigueur le 17 avril entre les deux pays, et qui devait expirer dimanche.

Israël et le Liban mènent des négociations à Washington, les premières depuis des décennies entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Le Hezbollah pro-iranien est opposé à ces négociations et continue de revendiquer des attaques contre l'armée israélienne qui occupe désormais une partie du sud du pays, et épisodiquement contre le nord d'Israël.

Plus de 400 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes au Liban depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Le Liban a été entraîné dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars et près de 3.000 personnes ont été tuées et plus d'un million déplacées depuis, selon les chiffres officiels.


"J'aurais voulu passer le bac": déception après l'annulation des examens au Moyen-Orient et au Mali

Une femme passe devant une école fermée à Beyrouth le 18 novembre 2024, dans le contexte de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Une femme passe devant une école fermée à Beyrouth le 18 novembre 2024, dans le contexte de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
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  • Le ministère français de l’Éducation a annulé les épreuves du brevet et du baccalauréat dans plusieurs pays du Moyen-Orient et au Mali en raison de la situation sécuritaire, remplaçant les examens par les moyennes annuelles des élèves
  • De nombreux élèves et enseignants au Liban expriment leur déception, estimant que le bac représentait une récompense symbolique pour leurs années de travail et craignant une perte du prestige du diplôme français

BEYROUTH: "J'aurais voulu passer le bac comme une récompense de mon travail": des élèves et professeurs expriment leur déception après la récente annonce de l'annulation des épreuves écrites et orales du brevet et du bac dans les établissements français de pays du Moyen-Orient et au Mali.

Cette année, les candidats scolarisés dans les établissements français homologués du Bahreïn, des Émirats arabes unis, d'Irak, d'Iran, d'Israël, du Koweït, du Liban, du Qatar et du Mali, ainsi que ceux inscrits en classes réglementées auprès du Centre national d'enseignement à distance (Cned), "se verront attribuer leur moyenne annuelle dans les enseignements concernés", a indiqué mardi le ministère français de l'Education nationale.

Cette mesure, liée à la guerre au Moyen-Orient et à la situation sécuritaire critique au Mali, concerne les épreuves écrites du diplôme national du brevet, les épreuves anticipées de français, à l'écrit comme à l'oral, et de mathématiques du baccalauréat général et technologique, ainsi que les épreuves de spécialité et de philosophie et le grand oral en classe de Terminale.

"Les candidats se présentant sous statut individuel pourront se présenter à la session de remplacement prévue en septembre 2026", tant pour le brevet que pour le baccalauréat, a précisé le ministère.

"J'aurais voulu faire le bac honnêtement, donc j'étais un peu triste d'apprendre qu'ils vont l'annuler", a réagi Yana Abdallah, 18 ans, élève du Collège des Saints-Coeurs Kfarhbab, au Liban.

Pour cette élève, qui affiche entre 16 et 17/20 de moyenne, se confronter à l'examen aurait marqué symboliquement la fin d'un cycle: "Nous avons travaillé pour le bac depuis notre entrée à l'école", rappelle-t-elle. Le passer aurait été comme une "récompense pour toute la fatigue que m'a valu mon travail".

Son école, qui se basera sur les notes du contrôle continu, n'a pas exclu la possibilité d'organiser un second bac blanc pour ne pas léser les élèves.

Les examens organisés "étaient jusqu'à présent comme une préparation mais sans que les élèves n'y mettent toute leur concentration", souligne Yana Abdallah, jugeant que son établissement essaye de les aider "autant que possible".

- "Suite désastreuse" -

Selon les chiffres de l'ambassade de France, le Liban compte en Terminale 3.166 élèves dans des établissements officiellement reconnus par les autorités et 402 élèves en candidats libres.

"Je suis contre l'annulation de ce diplôme, chaque fois que le bac a été annulé, la suite a été désastreuse", a témoigné auprès de l'AFP Hyam Merheb, 73 ans, à la retraite, ancienne enseignante de français pendant 45 ans au Liban.

"Le bac français a gardé son prestige malgré tous les événements par lesquels on est passé", juge-t-elle. "C'est la seule image encore positive que l'on peut avoir de notre pays et de l'enseignement tel qu'il était auparavant".

La décision du gouvernement est "incompréhensible", "tout le monde était prêt" pour faire passer les épreuves, avec des aménagements (moins de textes à préparer pour l'oral de français, par exemple), a aussi réagi auprès de l'AFP une enseignante et représentante syndicale du Grand lycée franco-libanais de Beyrouth, qui souhaite rester anonyme.

"Personne ne s'attendait à cette décision, les élèves de terminale avaient reçu leur convocation ce (mardi) matin", a-t-elle rapporté, déplorant avoir appris la nouvelle par la presse.

A Bamako au Mali, l’école française "Liberté" comptait à la rentrée de septembre 1.380 élèves, dont 600 en classe d'examens. "Mais, nous en avons perdu 80 en cours d'année, partis à cause de l’insécurité", a appris l'AFP auprès de membres de l’association des parents d’élèves de l’établissement.

"Notre combat est de faire en sorte que le lycée puisse ouvrir à la rentrée de septembre prochain", poursuit-on de même source.

En raison de la situation sécuritaire critique, les cours sont désormais assurés uniquement en ligne.

Selon le ministère, des mesures d'aménagement pourront également être décidées dans d'autres pays, jusqu'à 15 jours avant le début des épreuves, si les conditions locales ne permettent pas leur organisation.

Le coup d'envoi du baccalauréat sera donné le 11 juin avec l'épreuve écrite anticipée de français pour les élèves de Première.


Le Liban et Israël prolongent leur cessez-le-feu de 45 jours

Des délégations du Liban et d’Israël participent cette semaine à des discussions à Washington qui ont conduit à une prolongation du cessez-le-feu existant. (Département d’État)
Des délégations du Liban et d’Israël participent cette semaine à des discussions à Washington qui ont conduit à une prolongation du cessez-le-feu existant. (Département d’État)
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  • Le Liban et Israël ont accepté de prolonger leur cessez-le-feu de 45 jours après des discussions jugées « positives » à Washington
  • Malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril, les frappes israéliennes contre le Hezbollah au Liban ont continué, causant des centaines de morts selon les autorités libanaises

WASHINGTON: Israël et le Liban ont donné leur accord à une prolongation d'un mois et demi du cessez-le-feu pendant de nouvelles négociations entre les deux pays à Washington, même si de nouvelles frappes israéliennes ont visé le sud du Liban vendredi.

Côté iranien, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dit avoir "reçu des messages" de Washington en faveur de la reprise des négociations pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient, ajoutant être ouvert à une aide de Pékin.

Le cessez-le-feu israélo-libanais, qui arrivait à expiration dimanche, "va être prolongé de 45 jours afin de permettre de nouveaux progrès", a annoncé la diplomatie américaine après une nouvelle session de négociations directes entre des représentants d'Israël et du Liban jeudi et vendredi.

Le département d'Etat américain a précisé qu'il organiserait un nouveau cycle de discussions les 2 et 3 juin. D'ici là, le Pentagone réunira des délégations militaires des deux pays le 29 mai.

L'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, a déclaré à l'issue des pourparlers qu'il serait essentiel de garantir la sécurité de son pays.

"Il y aura des hauts et des bas, mais les chances de réussite sont grandes ", a-t-il écrit sur le réseau X.

La délégation libanaise a salué de son côté une prolongation qui ouvre la voie "à une stabilité durable", mais insisté sur la nécessité d'un "processus par étapes et vérifiable", soutenu par Washington.

- "Irresponsable" -

S'exprimant depuis le Liban, le Premier ministre Nawaf Salam a accusé le Hezbollah pro-iranien d'avoir entraîné le pays dans une nouvelle guerre "irresponsable".

"Assez de ces aventures irresponsables servant des projets ou intérêts étrangers", a-t-il lancé, appelant au soutien des pays arabes, et plus largement de la communauté internationale, dans les négociations avec Israël.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël poursuit ses frappes au Liban, disant viser le Hezbollah, et le mouvement chiite continue de tirer des roquettes sur des positions israéliennes.

Le Liban a annoncé la mort de six personnes, dont trois secouristes du Comité islamique de santé, affilié au Hezbollah, dans un bombardement israélien dans le sud du pays.

Plus de 400 personnes ont péri dans des frappes israéliennes au Liban depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Au moment des discussions à Washington vendredi, l'armée israélienne a émis des ordres d'évacuation pour une dizaine de secteurs dans le sud du Liban et annoncé "mener des frappes contre l'infrastructure du Hezbollah dans la région de Tyr".

- "Des femmes et enfants" -

"Il n'y a ici que des femmes, des enfants et des personnes âgées. Cette frappe cause de nouveaux déplacements de personnes", a déclaré à l'AFP Hafez Ramadan, qui vit près de l'immeuble visé par la frappe, qui abritait selon lui surtout des déplacés.

Les frappes à Tyr ont fait 37 blessés, dont six membres du personnel médical de l'hôpital, quatre enfants et neuf femmes, selon le ministère de la Santé.

Le Hezbollah a revendiqué des attaques de drones contre des casernes dans le nord d'Israël, ainsi que d'autres contre les forces israéliennes positionnées dans plusieurs localités libanaises frontalières. L'armée israélienne est déployée dans cette zone pour pouvoir, selon elle, protéger la population du nord d'Israël des tirs du mouvement pro-iranien.

Israël, comme les Etats-Unis, appelle Beyrouth à désarmer le Hezbollah.

"Le Liban négocie pour un avenir dans lequel ses frontières seront respectées (et) sa souveraineté assurée seulement" par son armée,  a souligné aussi la délégation libanaise à Washington.

Un des hauts responsables du mouvement pro-iranien, Mahmoud Qomati, a qualifié les négociations avec Israël "d'humiliantes" et dénoncé "un complot contre le pays".

- "Bonnes intentions" -

Du côté de Téhéran, le ministre des Affaires étrangères, en visite en Inde, s'est dit ouvert à une aide de la Chine pour mettre fin au conflit, au lendemain de propos à Pékin de Donald Trump, selon qui son homologue chinois Xi Jinping a proposé d'aider à rouvrir le détroit d'Ormuz.

"Nous savons que (les) Chinois ont de bonnes intentions. Toute initiative de leur part susceptible de soutenir la diplomatie serait donc la bienvenue", a déclaré M. Araghchi.

Les Gardiens de la Révolution iraniens permettent désormais à davantage de navires de passer par le détroit, quasi paralysé par Téhéran depuis le début de la guerre, a affirmé la télévision publique.

La veille, la chaîne avait fait état de plus de 30 navires autorisés à transiter par le détroit, qui voit passer d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

De son côté, le porte-avions français Charles-De-Gaulle et son escorte sont arrivés "sur zone" au large de la péninsule arabique où ils sont prépositionnés en cas de déclenchement d'une mission "neutre" pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz, a annoncé la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo.