Une étude sur le bien-être au travail en Arabie saoudite identifie les enjeux principaux et propose des solutions 

Selon un nouveau rapport, 80% des lieux de travail en Arabie saoudite ne disposent pas de budget pour soutenir la santé mentale de leurs employés. (AFP)
Selon un nouveau rapport, 80% des lieux de travail en Arabie saoudite ne disposent pas de budget pour soutenir la santé mentale de leurs employés. (AFP)
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Publié le Samedi 28 janvier 2023

Une étude sur le bien-être au travail en Arabie saoudite identifie les enjeux principaux et propose des solutions 

  • Le rapport de Tuhoon, une start-up technologique saoudienne fondée en 2021, intègre les remarques de quatre mille employés
  • La culture entourant la santé mentale dans le Royaume semble s'améliorer malgré le peu de données disponibles

DUBAΪ: Bien que les problèmes de santé mentale représentent un défi important pour la productivité, une enquête de référence en Arabie saoudite a révélé des écarts béants entre les services que les départements de ressources humaines prétendent fournir et ce que les employés pensent qu'ils reçoivent réellement, avec des employés peu disposés à discuter du stress au travail.

Pour le rapport, intitulé «State of Wellness at the Workplace», les chercheurs se sont entretenus avec quatre mille employés des secteurs public et privé du Royaume afin de cerner la source des problèmes sur le lieu de travail et trouver comment les résoudre.

L'étude, qui a été compilée par Tuhoon, une start-up technologique saoudienne fondée en 2021, a été réalisée en collaboration avec le Centre national saoudien pour la santé mentale et le ministère de la Santé. 

«Les enquêtes ont été remplies de manière anonyme, les travailleurs étant ainsi plus enclins à parler de leurs problèmes», déclare Fares Ghandour, PDG de Tuhoon, à Arab News.

«Nous avons constaté que les femmes sont plus disposées à parler de leurs problèmes personnels, mais qu'elles évitent de parler de leur santé mentale sur le lieu de travail, car elles ne veulent pas être perçues comme fragiles. Nous avons également constaté que les travailleurs âgés de plus de 45 ans sont moins enclins à parler de leur santé mentale que les jeunes générations.»

Tuhoon a récemment créé une application pour Smartphone conçue pour aider les utilisateurs à améliorer leur santé mentale, à gérer leur stress et à obtenir une meilleure qualité de sommeil grâce à un contenu audio personnalisé et culturellement adapté.

Ce contenu comprend des exercices de méditation, des histoires pour aider à s’endormir, des master class, des résumés de livres, de la musique de concentration et d'urgence. Il a été élaboré par des médecins, des psychologues cliniciens et des coachs certifiés en méditation et en conscience de soi.

L'étude indique que plus de 80% des lieux de travail saoudiens ne disposent pas de budget pour préserver la santé mentale de leurs employés, malgré le nombre croissant de travailleurs signalant une diminution de leur bien-être.

Le rapport indique que le manque de suivi de la santé mentale a eu des répercussions importantes sur les performances culturelles et économiques de nombreuses organisations, et que le secteur privé est perçu comme offrant moins d'aide que le secteur public.

Selon le rapport, la plupart des lieux de travail ne donnent pas la priorité à la santé mentale des employés. Il indique que 78% des organisations ne mesurent pas du tout la santé mentale de leurs employés, que 82% ne consacrent pas de ressources aux services de santé mentale et que 52% n'offrent pas d'assurance maladie pour la santé mentale.

Il indique également qu'au moins quatre employés sur cinq ont connu au moins un problème de santé mentale au cours de l'année écoulée. Les symptômes les plus courants sont l'anxiété, l'épuisement et le stress, ainsi que la dépression, les difficultés relationnelles et la solitude.

Les données disponibles sur la question du bien-être sur les lieux de travail saoudiens, y compris les détails des programmes et des avantages que les employeurs offrent à leurs employés, restent limitées, mais la culture entourant la santé mentale semble s'améliorer.

Cependant, le monde arabe en général est à la traîne à cet égard, ce qui, selon M. Ghandour, est la raison pour laquelle il a fondé Tuhoon.

«J'investis dans les entreprises technologiques depuis neuf ans», déclare-t-il à Arab News. «J'ai décidé que je voulais construire et investir dans quelque chose qui me passionne, et la cause de la santé mentale m'est chère.»

«J'ai approché le Dr Naif Almutawa, un psychologue clinicien, et Aymane Sennoussi, qui sont devenus cofondateurs, et j'ai consacré mon temps, mon énergie et mes efforts à faire de l'Arabie saoudite et du monde arabe un endroit plus heureux et plus sain.»

Les problèmes de santé mentale figurent parmi les principales causes d'invalidité dans le monde, la dépression arrivant en tête de liste. Ils peuvent affecter des personnes indépendamment de leur âge, de leur culture et de leur statut socio-économique.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'un quart de la population mondiale souffrira d'un problème de santé mentale à un moment donné de sa vie, et que près de 12 milliards de journées de travail sont perdues chaque année à cause de la dépression et de l'anxiété, pour un coût annuel de 1 000 milliards de dollars (1 dollar = 0,92 euro) en perte de productivité.

L'enquête de Tuhoon sur les lieux de travail saoudiens posait la question suivante: «Comment évaluez-vous votre santé mentale au cours des douze derniers mois sur une échelle de 0 à 4?» Elle a révélé que 24% des personnes interrogées classaient leur santé mentale comme inférieure à la moyenne.

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Près d'un quart des personnes interrogées ont classé leur santé mentale en dessous de la moyenne. Sur le lieu de travail, 44% des Saoudiennes et 32% des Saoudiens sont sujets à l'épuisement professionnel. (Shutterstock)

Parmi les personnes interrogées, les femmes étaient 62% plus susceptibles de développer un problème de santé mentale que les hommes, tandis que 44% des femmes au travail étaient sujettes à l'épuisement et à l'anxiété, contre 32% des hommes.

L'étude a également révélé que 57% des personnes interrogées pensaient que le stress lié au travail affectait leur bien-être mental.

Sur les cinquante départements de ressources humaines interrogés, 59% ont déclaré que leur organisation n'offrait pas de couverture d'assurance pour la santé mentale, et 82% ont déclaré que leur entreprise ne disposait pas de programme d'aide aux employés (PAE). Les PAE sont conçus pour aider les travailleurs à résoudre les problèmes professionnels et personnels qui peuvent affecter leur productivité.

Les résultats des enquêtes saoudiennes sont comparables aux conclusions d'un rapport sur le lieu de travail de 2022 intitulé «Mental Health in America», dans lequel un tiers des professionnels des ressources humaines ont déclaré que leur entreprise ne fournissait aucun service de santé mentale aux employés, 27% que leur entreprise n’avait pas de stratégie sur les prestations appropriées à fournir, et 18% que leur entreprise ne savait pas quel plan ou quelles assurances offrir aux travailleurs.

Au Royaume-Uni, selon une étude réalisée en 2022 par le Chartered Institute of Personnel Development, le leadership sur la question de la santé mentale en milieu de travail est faible, surtout après la pandémie de Covid-19. Les chiffres montrent que seuls 29% des employeurs sont capables de repérer les signes précoces de problèmes de santé mentale chez leurs employés. Moins de la moitié (42%) des employeurs ont déclaré que leurs dirigeants mettent l'accent sur une santé mentale positive et l'encouragent par leurs actions et leur comportement.

La bonne santé mentale est considérée comme une mesure essentielle de la prospérité et du succès des nations et des organisations.

Le secteur public du Royaume a obtenu un score plus élevé (45%) que le secteur privé (36%) en termes de proportion d'employeurs offrant une couverture d'assurance maladie incluant des services de santé mentale. Fares Ghandour pense que cela est dû au fait que le secteur public joue un rôle majeur dans l'économie saoudienne et que les employés sont relativement bien pris en charge afin de maintenir des niveaux de productivité élevés.

Selon les études du réseau de recherche Arab Barometer, plus de la moitié des résidents du monde arabe ont toutefois du mal à trouver des services de santé mentale décents. Et à l'échelle mondiale, les organisations peinent à mettre en œuvre des politiques en ressources humaines conçues pour préserver la santé mentale.

En 2019, l'enquête nationale saoudienne sur la santé mentale a révélé que 34% des personnes avaient été confrontées à un problème de santé mentale à un moment donné de leur vie, les cols bleus étant plus ouverts à signaler les difficultés auxquelles ils étaient confrontés que leurs homologues en col blanc.

L'enquête a également révélé que les maladies mentales les plus répandues dans le Royaume étaient le trouble d'anxiété de séparation, le trouble d'hyperactivité avec déficit de l'attention, le trouble dépressif majeur, la phobie sociale et le trouble obsessionnel compulsif.

Les Saoudiens les plus instruits sont plus enclins à souffrir de ces troubles.

Quelque 80% des personnes interrogées souffrant d'une maladie mentale grave ont déclaré ne pas avoir cherché à se faire soigner, tandis que 8,9% ont indiqué avoir demandé de l'aide à un conseiller religieux ou à un guérisseur.

Selon les experts, pour promouvoir une culture de travail plus saine, les employeurs doivent donner la priorité au bien-être, s'efforcer de réduire la stigmatisation qui entoure encore la maladie mentale et offrir une couverture de santé mentale aux employés.

Selon la start-up Tuhoon, les espaces professionnels doivent commencer à considérer la santé mentale comme un enjeu collectif plutôt que comme un problème individuel. Tuhoon recommande neuf mesures rentables pour améliorer la santé mentale au travail et, par conséquent, stimuler la productivité.

Ces mesures comprennent des ateliers de sensibilisation à la question et des webinaires sur des sujets tels que la gestion du stress, la lutte contre l'épuisement professionnel et le renforcement de l’échange entre les travailleurs. Le rapport suggère également d'offrir des jours de congé supplémentaires pour améliorer le moral des employés, de former les responsables à repérer les problèmes de santé mentale et de créer un environnement de travail plus accueillant et plus rassurant.

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«J'ai décidé que je voulais construire et investir dans quelque chose qui me passionne, et la cause de la santé mentale me tient à cœur», déclare Fares Ghandour, PDG de Tuhoon. (Fourni)

En outre, Tuhoon exhorte les employeurs à promouvoir des comportements sur le lieu de travail qui réduisent l'épuisement professionnel en encourageant les travailleurs à prendre des congés si nécessaire, en offrant un environnement de travail plus souple, en favorisant un équilibre sain entre le travail et la vie personnelle et en créant une culture de «contrôle».

D'autres recommandations visent à encourager les employeurs à utiliser les évaluations de la santé mentale comme outil pour mesurer le stress et les difficultés, et à mettre les travailleurs en contact avec des ressources utiles si nécessaire.

Selon Tuhoon, des cours de «premiers secours» en matière de santé mentale pourraient également permettre au personnel d'acquérir les compétences nécessaires pour détecter les signes précoces de facteurs de stress et fournir des solutions et des réponses rapides pour aider les travailleurs en détresse.

Il s’agit d’une initiative qui pourrait contribuer à réduire la stigmatisation de la santé mentale sur le lieu de travail. La nomination d’«ambassadeurs de la santé mentale» contribuerait également à une communication plus ouverte et plus solidaire.

En ce qui concerne le bien-être des femmes en particulier, Tuhoon demande instamment aux employeurs d'adapter les politiques du lieu de travail et d'encourager les employées à signaler les cas de harcèlement et d'agression sexuelle en mettant à leur disposition une plate-forme appropriée. Les salaires et les promotions doivent également être déterminés de manière équitable, indépendamment du sexe.

Enfin, les employeurs et les employés sont encouragés à faire preuve de gratitude sur le lieu de travail et à introduire des mécanismes grâce auxquels les travailleurs se sentiraient capables de parler des choses ou des personnes pour lesquelles ils sont reconnaissants au travail et en dehors.

Tuhoon pense que cela pourrait conduire à une plus grande satisfaction au travail, à une diminution des jours de maladie, à la promotion d'un environnement de travail positif et plus sécurisant, et à une augmentation de la productivité.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

 


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.