« Wasta » tourne en dérision le clientélisme, un jeu équitable pour les Libanais

L'homme d'affaires libanais Elie Kesrouwany, créateur du jeu de société Wasta. (Photo de Firas Haidar pour Arab News)
L'homme d'affaires libanais Elie Kesrouwany, créateur du jeu de société Wasta. (Photo de Firas Haidar pour Arab News)
A Antélias, une petite ville à 5 kilomètres de Beyrouth, les clients jouent à Wasta dans On Board, le restaurant d'Elie Kesrouwany, l'un des rares endroits qui sont restés ouverts. (Fourni)
A Antélias, une petite ville à 5 kilomètres de Beyrouth, les clients jouent à Wasta dans On Board, le restaurant d'Elie Kesrouwany, l'un des rares endroits qui sont restés ouverts. (Fourni)
L'homme d'affaires libanais Elie Kesrouwany, créateur de Wasta. (Fourni)
L'homme d'affaires libanais Elie Kesrouwany, créateur de Wasta. (Fourni)
 l'intérieur du restaurant On Board à Antelias, une petite ville à 5 kilomètres de Beyrouth. (Fourni)
l'intérieur du restaurant On Board à Antelias, une petite ville à 5 kilomètres de Beyrouth. (Fourni)
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Publié le Samedi 21 novembre 2020

« Wasta » tourne en dérision le clientélisme, un jeu équitable pour les Libanais

  • Le jeu de société d'Elie Kesrouwany propose une approche satirique des dérèglements politiques et du népotisme dans le pays
  • Inspiré par les manifestations de la « thawra » d'octobre 2019, le jeu présente des illustrations réalisées par le dessinateur de BD, Bernard Hage

BEYROUTH : Entouré de piles de jeux de société et sirotant son café du matin, Elie Kesrouwany est assis à une table dans le centre Zero 4 d'Antélias, une petite ville située à 5 kilomètres de Beyrouth.

Dans un contexte économique précaire au Liban et avec la flambée du coronavirus qui contraint les magasins à fermer, On Board, l'entreprise de Kesrouwany, est l'une des rares à avoir survécu.

 

Sur la table, un jeu de cartes humoristiques de sa dernière création : Wasta.

 

Sur la table, un jeu de cartes humoristiques de sa dernière création : Wasta.

Inspiré des manifestations contre le gouvernement qui ont balayé tout le Liban en octobre 2019, ce jeu est un exercice empreint de sérieux amusant et d'humour noir. Les illustrations, réalisées par le célèbre dessinateur de BD, Bernard Hage, mettent en évidence ce que de nombreux Libanais perçoivent comme le fléau de leur existence : la corruption, le clientélisme et le népotisme.

Certains aspects de cette culture bien ancrée sont également jugés être derrière l'explosion du port de Beyrouth survenue le 4 août dernier, lorsque près de 3 000 tonnes de nitrate d'ammonium mal stockées ont sauté, faisant plus de 200 morts et 300 000 personnes sans abri.

« Je voulais critiquer la société, en particulier la société libanaise d'aujourd'hui», explique Kesrouwany, qui a perdu des amis dans l'explosion. « Notre douleur est immense jour après jour. Ma génération endure les conséquences de la situation où nous sombrons actuellement et les seigneurs de guerre présents au gouvernement sont là depuis des années, à sucer le sang de notre pays ».

Wasta, un mot arabe signifiant « piston ou influence politique et sociale », est couramment utilisé pour désigner les relations puissantes qu'une personne exploite pour profiter des occasions qui se présentent.

Le jeu a été mis sur le marché pour la première fois en juin, deux mois avant l'explosion du port. Le premier lot de 500 unités a été vendu en deux semaines à peine.

Illustrations par le célèbre dessinateur de BD, Bernard Hage. (Fourni)

Wasta a connu un si grand succès, notamment auprès de la diaspora libanaise, que M. Kesrouwany prépare actuellement une version anglaise et une deuxième édition plus développée, comprenant de nouveaux personnages illustrés pour refléter les événements qui ont récemment marqué le pays.

M. Kesrouwany a travaillé comme bibliothécaire pendant 17 ans avant de créer son entreprise. Il raconte qu'il a longtemps été passionné par ces jeux de table modestes - un passe-temps en voie de disparition à l'ère des smartphones et des consoles de jeu.

« J'ai commencé par collectionner des jeux de société dans le coffre de ma voiture, puis j'allais dans les cafés pour proposer aux gens de jouer », confie M. Kesrouwany à Arab News. « Par la suite, j'ai organisé des soirées de jeux de société. À l'époque, c'était une activité secondaire qui me passionnait ».

Une visite à Londres, où il a rencontré une communauté d'amateurs de jeux de société, motive M. Kesrouwany à créer ses propres locaux. C'est ainsi, que le 22 décembre 2019, en pleine révolution libanaise - connue en arabe sous le nom de « thawra » - il a inauguré On Board, un café pour les amateurs de jeux de société.

« Je rêvais de créer une communauté de jeu au Liban accessible à toutes les ethnies et aux différentes confessions sous le thème de l'amusement », explique-t-il. « C'est donc un espace anti-sectaire ».

Ainsi, c'est lors du confinement imposé au Liban par le coronavirus en début d'année, que l'idée de Wasta a surgi. C'est une façon à la fois créative et agréable de s'exprimer. « S'amuser est une façon intelligente de glisser des idées dans l'esprit des gens avec qui on a du mal à communiquer », affirme M. Kesrouwany.

Les joueurs de Wasta s'affrontent avec des cartes à points, chacune représentant une facette différente de la société libanaise. Les personnages représentés sont notamment le voyou sectaire, le banquier, la mère, le journaliste, le soldat et les moutons (qui suivent aveuglément le gouvernement).

Si chaque carte  symbolise parfaitement les différents personnages qui constituent la société libanaise, la particularité du jeu repose sur l'interaction entre les cartes lorsqu'elles sont jouées.

 

EN CHIFFRES

89 % des Libanais considèrent que la corruption au sein du gouvernement est un problème de taille en 2019.

68% des Libanais estiment que la majorité ou la totalité des responsables gouvernementaux sont impliqués dans la corruption.

28% est le score du Liban selon l'Indice de perception de la corruption en 2019, qui mesure la corruption dans le secteur public.

Le joueur qui commence (un Libanais évidemment) est la dernière personne qui a réussi à retirer de l' « argent frais » ou des dollars américains des banques. « C'est un revers ironique, vu que récemment, les banques refusent de se séparer des dollars américains », selon M. Kesrouwany.

Depuis le mois d'avril de cette année, les banques libanaises obligent les clients disposant d'un compte en dollars à retirer les dollars en livres libanaises à un prix inférieur à celui du marché noir. Les Libanais, toujours créatifs dans leur réaction aux changements brusques et à l'instabilité, échangent désormais leur « dollars frais », lorsqu'ils en ont, sur le marché noir pour en tirer la meilleure valeur, tandis que la livre libanaise poursuit sa chute.

« Le jeu consiste à mettre les autres joueurs hors-jeu et l'objectif est soit de disposer du chiffre le plus élevé, soit d'être le dernier à la table. La carte la plus puissante du jeu est le drapeau libanais, qui porte le numéro 8. Donc, si vous avez cette carte en main, quand toutes les cartes ont été jouées, vous gagnez la partie.

« Cependant, on peut lire sur la carte une petite phrase qui dit que, si vous vous débarrassez du drapeau libanais, vous perdrez votre dignité et serez éliminé ».Le dessinateur de BD, Bernard Hage, dans son studio. (Photo de Firas Haidar pour Arab News)

Le dessinateur de BD, Bernard Hage, dans son studio. (Photo de Firas Haidar pour Arab News)

Ce jeu reflète en partie le système de patronage politique du Liban. « Le joueur qui a le mouton choisit son chef politique (un autre joueur) et il le suit aveuglément. Si ce leader gagne la partie, le joueur qui possède le mouton gagne lui aussi un tour et gagne un tarbouche », explique-t-il.

Lorsque les joueurs gagnent une main, ils gagnent un tarbouche - le célèbre chapeau en feutre du Moyen-Orient –. Le premier joueur à obtenir trois tarbouches remporte la partie.Le jeu comprend une carte « influence politique extérieure » - un autre exemple du clientélisme bien ancré au Liban- qui permet d'échanger des cartes entre joueurs. « Puisque les deux joueurs savent quelles cartes possède l'autre, ils doivent s'affronter », dit-il.

Si vous obtenez la carte « immunité politique », vous devenez alors immunisé contre l'influence des autres cartes. « Cela illustre comment les politiciens libanais abusent du pouvoir pour échapper à la loi et à la justice parce qu'ils bénéficient d'une immunité politique », précise M. Kesrouwany.

« Et bien sûr, il y a la carte « wasta ». Elle peut illégalement copier une carte qui a déjà été jouée. C'est comme une carte de triche ».

Étant donné le style insolent de Wasta, il serait difficile d’échapper aux réactions violentes.

La vue à l'extérieur du café On Board à Antélias, une petite ville située à 5 kilomètres de Beyrouth. (Fourni)

La vue à l'extérieur du café On Board à Antélias, une petite ville située à 5 kilomètres de Beyrouth. (Fourni)

 « Bernard (le dessinateur de BD) a assez de culot pour réaliser tout ce qui est requis à travers son art et transmettre le bon message », affirme M. Kesrouwany, qui a également fait l'objet de critiques. « C'était gênant pour certaines personnes. J'ai même reçu des appels, mais je n'ai pas réagi ».

Comme pour bien des choses au Liban, le jeu de société de Kesrouwany insuffle du charme et de l'humour dans une situation pourtant sombre, mais qui porte un grain d'espoir.

« Dans la version développée (créée à la suite de l'explosion du port de Beyrouth), je me suis efforcé de garder le caractère ludique du jeu et de faire oublier aux gens un peu de la douleur qu'ils ont endurée », ajoute-t-il. « Dans le même temps, le jeu doit sensibiliser les gens, toujours avec une certaine positivité. J'ai donc créé des cartes qui représentent la diaspora libanaise ».

La nouvelle version n'entre pas dans les détails de l'explosion, des pertes en vies humaines, des destructions et des maisons démolies. « C'était trop douloureux ; nous, les Libanais, avons l'impression de vivre une période de funérailles durant le mois dernier », souligne-t-il.

« Le Liban traverse actuellement une situation très compliquée, mais nous allons nous en sortir et la surmonter progressivement grâce à notre volonté de vivre ».

 

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Twitter: @rebeccaaproctor

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


« Theater Tour », une initiative pour célébrer la culture locale dans toute l'Arabie saoudite

Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
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  • La pièce primée Bahr est jouée pour la première fois à Bahreïn, puis à Jubail, Dammam et Al-Ahsa.
  • Ce nouveau projet vise à stimuler le théâtre local, l'engagement communautaire et la sensibilisation culturelle dans tout le pays.

RIYAD : Jeudi, la Commission saoudienne du théâtre et des arts du spectacle a lancé l'initiative « Theater Tour », qui vise à présenter des représentations théâtrales exceptionnelles dans les villes, les gouvernorats et les villages du Royaume.

Le projet a pour objectif de promouvoir la scène culturelle et les arts du spectacle, tout en encourageant l'engagement communautaire, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

La première phase débutera avec la pièce Bahr (Mer), qui se déroulera du 3 avril au 3 mai, a ajouté l'agence de presse saoudienne.

La production débutera à Baha du 3 au 5 avril au théâtre du prince Sultan bin Abdulaziz du centre culturel, avant de se rendre à Jubail du 17 au 19 avril dans la salle de conférence de la commission royale à Al-Fanateer.

Elle se poursuivra à Dammam du 24 au 26 avril au théâtre de l'université Imam Abdulrahman bin Faisal, puis se terminera à Al-Ahsa du 1^(er) au 3 mai au théâtre de la Société pour la culture et les arts. 

Ce projet s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par la Commission pour mieux faire connaître le secteur du théâtre et des arts du spectacle, tout en veillant à ce que les services culturels soient accessibles dans les zones mal desservies et auprès des communautés marginalisées.

Il vise également à soutenir les troupes de théâtre locales, à stimuler la production théâtrale et à renforcer la contribution du secteur culturel au produit intérieur brut national.

L'initiative favorise également les opportunités d'investissement et sert de plateforme pour découvrir et soutenir les talents émergents, a rapporté la SPA.

La pièce Bahr, écrite par Abdulrahman Al-Marikhi et mise en scène par Sultan Al-Nawa, a été saluée par la critique et a remporté plusieurs prix prestigieux, notamment ceux du meilleur acteur, du meilleur scénario et de la meilleure production globale lors du premier festival de théâtre de Riyad, ainsi que ceux des meilleurs effets musicaux et du meilleur metteur en scène lors du 19ᵉ festival de théâtre du Golfe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Semaine de l'Art à Riyad : « Une constellation d'événements » qui redéfinit les frontières de l'art

La première édition de la Semaine de l'art de Riyad commence le 6 avril dans la capitale du Royaume, au JAX District. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels d'Arabie saoudite).
La première édition de la Semaine de l'art de Riyad commence le 6 avril dans la capitale du Royaume, au JAX District. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels d'Arabie saoudite).
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  • Cet évènement s'appuie sur la communauté artistique déjà florissante de la ville tout en invitant les artistes internationaux et les amateurs d'art à se joindre à elle.
  • La princesse Adwaa bent Yazeed ben Abdullah a expliqué que l'art a le pouvoir de nous inspirer, de nous interpeller et de nous relier les uns aux autres.

RIYAD : La première édition de la Semaine de l'Art à Riyad débute le 6 avril dans la capitale du Royaume. Initiative non commerciale, cet évènement s'appuie sur la communauté artistique déjà florissante de la ville tout en invitant les artistes internationaux et les amateurs d'art à se joindre à elle.

Dans un communiqué, la princesse Adwaa bent Yazeed ben Abdullah, responsable de la Semaine de l'Art à Riyad, a expliqué les inspirations et les objectifs de l'événement: "La Semaine de l'Art de Riyad est née de la conviction que l'art a le pouvoir de nous inspirer, de nous interpeller et de nous relier les uns aux autres. Riyad est depuis longtemps une ville en pleine croissance et, grâce à cette plateforme, nous espérons contribuer à son avenir culturel - un avenir ouvert, dynamique et profondément enraciné dans le patrimoine et l'innovation".

La conservatrice Vittoria Mataresse est à la tête d'une équipe comprenant les conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à cet événement.

La conservatrice Vittoria Mataresse (photo) dirige une équipe composée des conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et de la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à l'événement. (Photo Fournie)
La conservatrice Vittoria Mataresse (photo) dirige une équipe composée des conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et de la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à l'événement. (Photo Fournie)

"Il était très important pour nous d'être ludique et de ne pas avoir le type de structure ou de format rigide que nous avons l'habitude de voir. La Semaine de l'Art de Riyad se situe entre une exposition et une foire d'art. Il s'agit en fait d'une constellation d'événements", explique M. Matarrese à Arab News. "Contrairement aux grands événements artistiques qui imposent souvent des thèmes universels et s'appuient sur des artistes mondialement établis, nous voulions travailler dans le cadre d'un écosystème artistique régional, en embrassant les textures, les urgences et les sensibilités de la péninsule arabique. Nous essayons de retracer quelque chose de très spécifique et, de cette manière, nous proposons un écart critique (par rapport au format normal)".

Le thème de l'édition inaugurale de cet événement est « At the Edge ». Il réunit plus de 45 galeries provenant du Royaume-Uni, du monde arabe et d’autres régions du globe. Trois sous-thèmes principaux sont explorés : « Vie quotidienne », « Paysages » et « Motifs ».

Le quartier de JAX de Diriyah accueillera trois expositions majeures offrant un aperçu de l'identité culturelle de l'Arabie saoudite. Un certain nombre d'artistes saoudiens établis dont les studios sont basés à JAX ouvriront également leurs portes au public. Au centre de Riyad, plus de 15 galeries hébergées dans le centre Al-Mousa présenteront également des expositions, et un programme plus large à travers la ville proposera plusieurs conférences et collaborations.  

« La Semaine de l'Art de Riyad est vraiment différente », explique Gandit-Lelandais, qui travaille dans la région depuis plus de vingt ans et se concentre sur l'art arabe contemporain, dans une interview accordée à Arab News. « Le marché et l'écosystème sont uniques ici. Je pense qu'il est important d'arrêter d'appliquer les formats européens et américains dans d'autres contextes, car ils n'ont pas nécessairement besoin de s'adapter. Le format lui-même peut être réinventé pour mieux correspondre à l'identité locale ».

L'équipe a conçu l'événement comme "un parapluie sous lequel tout le monde peut se rassembler", explique Gandit-Lelandais. "Il s'adresse au public, aux amateurs d'art et aux collectionneurs".

"Avec la croissance rapide de Riyad, le type de dialogue que nous avons établi est très important pour attirer les gens ici, mais pas avec un regard occidental sur la façon dont l'art devrait être", ajoute-t-elle.

« Je suis très enthousiaste à l'idée de relier nos artistes locaux et notre scène locale (au reste du monde). Je pense qu'une fondation éducative est très excitante et très nécessaire à l'heure actuelle pour les artistes, les praticiens de l'art, les jeunes collectionneurs et tous ceux qui en font partie. Nous voulions permettre à ces générations d'artistes d'Arabie saoudite de se raconter, au-delà du cadre habituel », a expliqué Mme Harasani, seule Saoudienne de l'équipe de commissaires, à Arab News.

Lamya Gargash, Lions, The Architect, Bath, UK, 2024, tirage au pigment d'archives, 90 x 120 cm, édition de 3, 1AP. (Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de The Third Line, Dubaï)
Lamya Gargash, Lions, The Architect, Bath, UK, 2024, tirage au pigment d'archives, 90 x 120 cm, édition de 3, 1AP. (Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de The Third Line, Dubaï)

Bien qu'aucun des commissaires ne vive à Riyad, ils offrent tous un regard nuancé et sensible sur la capitale.

“J'ai tellement travaillé à Riyad que je m'y sens chez moi”, explique Mme Harasani. « Riyad est culturellement différente de Djeddah, ma ville d'origine, et il a été fascinant de découvrir la scène artistique locale. Je pensais que cela ressemblerait à la scène de la région du Hedjaz, mais c'est totalement autre chose. J'ai énormément appris en réalisant qu'étant tous originaires d'Arabie saoudite, il existe une multitude de façons de travailler, de créer et de communiquer ». 

Maha Malluh, Sky Clouds, 2009-2015, 100 gants noirs en polyester remplis de polyester et de sables du désert, tapis de prière. (Avec l'aimable autorisation de la Galerie Krinzinger et de Maha Malluh)
Maha Malluh, Sky Clouds, 2009-2015, 100 gants noirs en polyester remplis de polyester et de sables du désert, tapis de prière. (Avec l'aimable autorisation de la Galerie Krinzinger et de Maha Malluh)

L'expansion rapide de Riyad, tant sur le plan physique que culturel, au cours de la dernière décennie, contribue à la richesse et à la diversité présentées à la Semaine de l’Art, affirment les commissaires.

"C'est là toute la beauté du Moyen-Orient : dix ans ici équivalent à cent ans ailleurs", explique Mme Matarrese. "Je pense que ce qui est vraiment astucieux dans ce que fait l'Arabie saoudite en ce moment, c'est qu'elle a appris des erreurs commises par d'autres et qu'elle cherche activement à mieux gérer la situation."

"Il y a une chose qui est importante dans l'ADN de ce que nous faisons", poursuit-elle. "Nos visiteurs ne sauront pas à quoi s'attendre. Nous avons vraiment repoussé les limites de ce qui pourrait être montré ; nous essayons de déconstruire les modèles d'exposition conventionnels, d'expérimenter quelque chose d'autre et de réarticuler le dialogue entre les différentes parties du monde de l'art".

Pour Mme Harasani, cet événement constitue un nouveau jalon dans les progrès artistiques accomplis par le Royaume au cours de ces dernières années. 

« Cela n'existait pas quand j'étais enfant », confie-t-elle. « Le fait que nous puissions aujourd'hui voir nos rêves se réaliser, et assister à des projets d'envergure comme la Semaine de l'Art de Riyad, me fait me sentir extrêmement chanceuse et privilégiée d'en faire partie ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Alia Kong utilise le métavers pour tisser des liens entre des étudiants chinois et saoudiens

Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
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  • Le projet Superbund Alpha permet aux étudiants de créer des avatars virtuels et d'enseigner leur culture aux autres.
  • La jeune fondatrice a pour objectif d'organiser un voyage d'études en Arabie saoudite pour ses camarades.


RIYAD: A tout juste 13 ans, l'étudiante chinoise Alia Kong est à l'origine d'une initiative qui utilise le pouvoir de la technologie pour présenter la culture saoudienne à ses camarades de Hong Kong.

Le projet Superbund Alpha, qui vise à créer un espace ouvert permettant aux étudiants internationaux d'entrer en contact les uns avec les autres, permet aux utilisateurs de créer des avatars virtuels dans le métavers.

Les étudiants des deux pays pourront créer un espace personnalisé et promouvoir leur culture dans le cadre d'un atelier virtuel. La jeune visionnaire espère que cela contribuera à tisser des liens solides entre eux. 

« J'aimerais créer ce lien entre Riyad et Hong Kong », a déclaré M. Kong à Arab News. « Imaginez que vous puissiez créer votre propre patrimoine culturel et l'améliorer grâce à l'informatique spatiale, avec seulement des messages et des images.

En outre, dans le cadre de ce projet, elle a mis en place une expérience immersive pour présenter la culture saoudienne à ses camarades de classe.

L'histoire de Mme Kong a commencé il y a cinq ans, lorsque, à l'âge de huit ans, elle a décidé, avec 25 amis, de créer une organisation à but non lucratif appelée Kids Power Society. L'objectif du groupe était d'éduquer les élèves aux différentes cultures, d'améliorer le bien-être mental et de promouvoir la positivité.

L'adolescente prévoit maintenant d'organiser la journée Superbund Event Day, qui se tiendra simultanément à Hong Kong et en Arabie saoudite, en réalité virtuelle et dans la réalité. 

Mme Kong a souligné l'importance d'adopter les technologies émergentes, affirmant que la génération Alpha pouvait envisager le mode de vie qu'elle souhaitait grâce au métavers.

Son admiration pour l'Arabie saoudite lui vient des histoires que lui a racontées son parrain, Alaudeen Alaskary, ancien consul général d'Arabie saoudite à Hong Kong. Il est aujourd'hui conseiller honoraire du programme d'échange virtuel Superbund.

Mme Kong, qui a déjà visité le Royaume, a déclaré qu'elle prévoyait d'organiser un voyage d'étudiants destiné à enseigner à ses pairs l'histoire culturelle de l'Arabie saoudite.

« Il (Alaskary) m'a fait découvrir la culture et le mode de vie des Saoudiens. J'adore assister à ses réunions et à ses fêtes du samedi. (Ils sont) très chaleureux, aimants et nous apprécions tous la compagnie des autres », a-t-elle déclaré.

En juillet 2024, le groupe organisera un événement virtuel, Superbund Virtual Society, qui devrait rassembler plus de 100 participants venus de Hong Kong, de Chine continentale, du Canada et d'Arabie saoudite.

« Ce nouvel écosystème basé sur la technologie blockchain nous permettra d'enregistrer nos actifs numériques avec nos identités d'avatars... Les choses peuvent être créées dans le virtuel et avoir un impact sur la réalité », a déclaré M. Kong.

« J'ai un concept où l'ancienne génération crée le matériel technologique, ou le matériel dont nous avons besoin pour accéder au logiciel qui pourrait être créé par les jeunes générations, et avec le contenu, le logiciel et le matériel finalisés, nous pouvons nous réunir et combler ce fossé entre les générations. »

Au cours des cinq dernières années, Kids Power Society a publié quatre livres de science-fiction, avec la contribution de 125 enfants du monde entier. Les bénéfices ont été reversés à l'hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique à Vancouver et à l'association Sowers Action de Hong Kong.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com