AlUla se prépare à accueillir la prochaine vague de touristes

AlUla regorge de trésors historiques, parmi lesquels la cité nabatéenne de Hégra (le premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco) et les tombes de Dadan, la capitale en pierre qui date des royaumes dadanite et lihyanite. (Shutterstock)
AlUla regorge de trésors historiques, parmi lesquels la cité nabatéenne de Hégra (le premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco) et les tombes de Dadan, la capitale en pierre qui date des royaumes dadanite et lihyanite. (Shutterstock)
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Publié le Lundi 02 janvier 2023

AlUla se prépare à accueillir la prochaine vague de touristes

  • Le monument le plus célèbre de la ville est le Tantora; les anciens habitants de la Vieille Ville s'en servaient pour marquer le début des quarante jours de la saison des cultures d'hiver
  • La Maraya Concert Hall d'AlUla a accueilli de nombreux artistes internationaux et arabes comme le chanteur britannique Seal ou le comédien canadien Russell Peters

RIYAD: L'histoire d'AlUla remonte à plus de deux cent mille ans, ce qui en fait une destination particulièrement prisée, riche d’un patrimoine humain et naturel exceptionnel. Elle regorge de trésors historiques, parmi lesquels la cité nabatéenne de Hégra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. On y trouve également les tombes de Dadan, la capitale en pierre qui date des royaumes dadanite et lihyanite.
Le monument le plus célèbre de la ville est le Tantora; les anciens habitants de la Vieille Ville s'en servaient pour marquer le début des quarante jours de la saison des cultures d'hiver. Le festival Winter at Tantora porte le nom de ce lieu.
Après le succès rencontré par cet événement, qui s'est achevé en février 2022, le PDG de la Commission royale d'AlUla, Amr AlMadani, a annoncé que la destination accueillerait les touristes toute l'année. Il a précisé que la ville se préparait à recevoir deux cent cinquante mille visiteurs en 2023.
Lors d'une interview exclusive accordée à Arab News, M. AlMadani a indiqué que la commission du festival Winter at Tantora avait déjà permis de tester le potentiel d'AlUla.
Cette saison festive revêt une grande importance culturelle et s'accompagne de nombreuses célébrations. Fière de ses traditions ancestrales, la communauté continue de les célébrer chaque année.

Points forts

Ces sites historiques ont accueilli des ateliers culturels et archéologiques, tandis que la Vieille Ville et l'oasis ont proposé des spectacles à caractère historique.
C'est le 13 février que la ville a inauguré le 1er Festival des arts d'AlUla, qui proposait aux visiteurs de découvrir une série captivante d'expositions minutieusement conçues ainsi que de gigantesques installations en plein air réalisées par de nombreux artistes locaux et internationaux.

Le Festival des arts a enflammé l'hiver et il a prolongé la fête jusqu'à la fin du mois de mars.
La Commission royale d'AlUla a conclu un accord de partenariat avec le groupe français Accor dans le cadre de sa stratégie qui vise à transformer AlUla en une destination touristique axée sur la nature, la culture et le patrimoine.
AlUla se caractérise par un climat légèrement plus frais en été que les autres régions du Royaume.

 

 

Le festival a été relancé le 22 décembre 2022 et il se poursuivra jusqu'au 21 janvier 2023. Il propose une multitude d'activités équestres, dont un nouvel événement qui se consacre à la haute couture dédiée aux chevaux (Ikmah Fashion Cavalry), ainsi que la compétition Fursan Endurance Race Cup et l’AlUla Desert Polo.

Quand la beauté épouse l'art
En février dernier, la ville-oasis a accueilli un événement de quatre jours qui, grâce à la beauté des paysages, a rencontré un vif succès. Il mettait à l’honneur les agrumes de la région et proposait le panorama exceptionnel d'AlUla du sommet du Harrat Uwayrid.
Les sites du patrimoine ont accueilli des ateliers culturels et archéologiques. La Vieille Ville et l'oasis, quant à elles, ont présenté des spectacles historiques.
Bien entendu, la beauté ne va pas sans l'art. Ainsi, la ville a inauguré le 13 février le 1er Festival des arts d'AlUla. Les visiteurs ont pu découvrir un ensemble envoûtant d'expositions soigneusement organisées et de gigantesques installations à ciel ouvert réalisées par de nombreux artistes locaux et internationaux.
Le Festival des arts a enflammé l'hiver et il a prolongé la fête jusqu'à la fin du mois de mars.
La Maraya Concert Hall d'AlUla a accueilli de nombreux artistes internationaux et arabes comme le chanteur britannique Seal, le comédien canadien Russell Peters, l'auteur-compositeur-interprète international et phénomène d'Internet Naïka et la chanteuse irakienne Rahma Riad.
L'exposition «What Lies Within» a présenté dans la salle de concert Maraya d'AlUla des œuvres qui venaient de la collection privée de Basma al-Soulaimane, une collectionneuse saoudienne.
«Ce moment est une véritable fête pour nous», explique à Arab News l'artiste saoudienne et commissaire de l'exposition, Lulwa al-Homoud. «Basma al-Soulaimane s'est employée pendant des années à collecter et à préserver l'art contemporain saoudien.»
Desert X AlUla 2022, une autre exposition internationale d'art à ciel ouvert, se déroulait dans le canyon du désert d'AlUla. Elle a accueilli gratuitement les visiteurs de tous horizons.
Du 11 février au 30 mars, l'exposition a présenté quinze œuvres extraordinaires réalisées par autant d’artistes et créées spécialement pour AlUla.
Sur le thème «Sarab» («mirage»), l'exposition s’emparait des notions de mirage et d'oasis, qui font partie intégrante de l'histoire et de la culture du désert.
Cette exposition revêtait un caractère spirituel lorsqu'AlUla a proposé des forfaits spéciaux aux familles pendant le mois sacré du ramadan (avril 2022), notamment à l’occasion de l'iftar et du sahur, ainsi qu'une série d'activités nocturnes en plein air.

Destination touristique
À l'écart des lumières de la ville, les déserts reculés permettent d'admirer un ciel noir qui compte parmi les plus admirés du monde. AlUla est en effet, grâce à ses formations rocheuses spectaculaires, un lieu idéal pour contempler les étoiles et la lune.
La Commission royale d'AlUla a conclu ce même mois un accord de partenariat avec le groupe français Accor dans le cadre de sa stratégie qui vise à transformer AlUla en une destination touristique axée sur la nature, la culture et le patrimoine.
Le groupe hôtelier français exploitera un centre de villégiature agrandi baptisé «Ashar Resort». Il sera géré par la chaîne Banyan Tree.
Grâce à cet accord, quatre-vingt-deux villas de luxe, un spa de prestige et des restaurants gastronomiques accueilleront les touristes.
Le design propose des villas qui épousent subtilement le paysage naturel saisissant de la vallée de l'Ashar, située à 15 km de Hégra.
En juillet, AlUla a annoncé que trois vols directs par semaine étaient assurés au départ de Riyad. Ce nombre a ensuite été porté à cinq. Le trajet entre la ville et Djeddah est également assuré grâce à des vols effectués six jours par semaine. En outre, AlUla est reliée à Dammam par des vols réguliers en semaine.
AlUla se caractérise par son climat légèrement plus frais en été que les autres régions du Royaume.
Cette caractéristique en fait un lieu de prédilection pour les touristes qui souhaitent pratiquer des activités de plein air telles que le vélo, les randonnées à dos de chameau, la natation, les randonnées en journée et l'observation des étoiles la nuit.
Les passionnés de culture et de patrimoine peuvent participer à des visites guidées dans des lieux historiques tels que Hégra (la Vieille Ville d'AlUla) et dans six autres sites, situés notamment autour de Dadan et de Jabal Ikmah.
Pour les touristes plus aventureux ou plus actifs est également proposée la descente en tyrolienne, l'escalade, la randonnée sur le sentier de la vallée cachée ou un tour en hélicoptère pour apprécier le paysage à partir des airs.
L'observation des étoiles représente l'une des activités favorites des personnes qui veulent se détendre et passer leurs vacances de manière plus tranquille. L’Old Market Town a également été le théâtre de spectacles et de concerts.
La Commission royale d'AlUla a signé le 2 juillet un accord qui porte sur la conception d'un tramway avec la société française Systra, leader du secteur des transports. Le tramway d'AlUla reliera le gouvernorat à plusieurs stations, circuits, routes, points de repère et sites historiques.
Ce projet de tramway permettra de renforcer la durabilité des moyens de transport d'AlUla en réduisant les bouchons routiers et le bruit qui en résulte. Il vise en outre à exploiter l'énergie électrique durable de manière efficace et à relier les centres, les quartiers, les monuments historiques et les sites touristiques.
Au mois d'août, la ville a annoncé ses principaux événements et festivals pour 2022: le festival de musique Azimuth, AlUla Wellness Festival et Winter at Tantora.
Le groupe hôtelier français Accor a ouvert en octobre son premier complexe portant la marque Banyan Tree dans la ville d'AlUla, en Arabie saoudite.
John Northen, directeur exécutif des hôtels et des centres de villégiature auprès de la Commission royale d'AlUla, s’exprime en ces termes: «L'inauguration du Banyan Tree AlUla marque la réalisation de la dernière phase de développement de l'Ashar Valley, qui abrite également le fameux Maraya Hall.»
Le complexe AlManshiyah Plaza accueille désormais les visiteurs. Il s'agit d'une communauté animée où l'on trouve des restaurants et des cafés, des aires de jeu et des espaces communs. Elle propose des soirées musicales tous les vendredis.
La Commission s'emploie également à développer la Vieille Ville d'AlUla, où une boutique-hôtel de trente chambres ouvrira bientôt ses portes. «Ce projet revêt une dimension particulière; il vous donnera l'impression de voyager dans le temps et de vivre une expérience inédite», confie M. Northen à Arab News.
La ville a également rénové sa vaste réserve naturelle de Sharaan, qui s'étend sur 2 000 km² et abrite les léopards d'Arabie. «Nous construisons dans cette zone deux hôtels fascinants. L'un d'eux, conçu par l'architecte français Jean Nouvel, sera niché au creux de la montagne», précise M. Northen.
Entre le 30 septembre et le 22 octobre, le Festival des dattes d'AlUla a proposé une série d'activités culturelles. Les visiteurs ont pu apprendre comment les dattes étaient préservées grâce à la méthode Al-Shannah, une méthode exclusivement utilisée à AlUla (elle consiste à farcir des peaux d'animaux séchées avec des dattes lavées et séchées que l'on stocke pendant une longue période, de quatre mois à quatre ans, NDLR).
Le Festival des royaumes d'antan (Ancient Kingdoms Festival) s'est déroulé au mois de novembre. Il avait pour objectif d'intégrer le passé au présent grâce à des expériences inspirées par les civilisations qui se sont succédé pendant sept mille ans dans la péninsule Arabique.
Le festival a proposé une série d'événements artistiques ainsi que des événements à ciel ouvert sur les principaux monuments d'AlUla.
La Commission royale d'AlUla s'est également lancée dans le monde des métavers avec un modèle immersif en 3D de la tombe de Lihyan, fils de Kuza, à Hégra. Ce modèle a permis de recréer pour la première fois un site du patrimoine mondial de l'Unesco dans le monde des métavers.
Les visiteurs pourront accéder à ce site en ligne sur la plate-forme virtuelle Decentraland, qui propose à ses utilisateurs d'acheter et de parcourir virtuellement certains lieux. Les visiteurs pourront également effectuer un tour à 360 degrés de cette tombe haute de 72 pieds (près de 22 mètres, NDLR). Il s'agit d'une reconstitution fidèle du désert d'AlUla.
Mais les projets ne s'arrêtent pas là. Au mois de novembre, la fondation Catmosphere a lancé son deuxième Catwalk après succès que l'événement a connu en 2021, avec plus de vingt-sept mille participants venus de cent deux pays.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La French Fab accélère le MRO intelligent et durable au Moyen-Orient

Le Pavillon France à l’AIME/MRO Middle East 2026 à Dubaï : 21 entreprises françaises présentent des solutions de maintenance aéronautique intelligentes, durables et data-driven pour répondre aux besoins du marché du Moyen-Orient. (Photo: fournie)
Le Pavillon France à l’AIME/MRO Middle East 2026 à Dubaï : 21 entreprises françaises présentent des solutions de maintenance aéronautique intelligentes, durables et data-driven pour répondre aux besoins du marché du Moyen-Orient. (Photo: fournie)
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  • La France s’impose comme un partenaire clé du MRO au Moyen-Orient, en apportant des solutions durables, digitales et à forte valeur ajoutée, alignées avec les stratégies aviation des Émirats et de l’Arabie saoudite
  • Le Pavillon France à AIME/MRO Middle East 2026 illustre la montée en puissance d’un écosystème MRO innovant, couvrant l’ensemble du cycle de vie des aéronefs

​​​​​​DUBAÏ: À l’occasion du salon AIME/MRO Middle East, qui se tient les 4 et 5 février 2026, au Dubai World Trade Centre (DWTC), le Pavillon France, porté par la marque French Fab, réunit 21 entreprises françaises. Celles-ci y présentent des solutions de maintenance aéronautique (MRO) intelligentes, à faible impact environnemental et fondées sur la donnée, adaptées aux besoins croissants du marché régional.

Un marché MRO en pleine accélération au Moyen-Orient

La demande en MRO au Moyen-Orient continue de croître fortement. Les dépenses régionales ont atteint 16 milliards de dollars en 2025 et devraient dépasser 20 milliards de dollars d’ici 2035. La flotte commerciale progresse à un rythme annuel de 5,1 %, pour atteindre près de 2 600 appareils, soit 6,7 % de la flotte mondiale.

Cette dynamique est portée par la forte reprise du trafic aérien et par les stratégies nationales de l’aviation aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite, qui stimulent la demande pour la maintenance prédictive, la réduction des temps d’immobilisation (TAT), la sécurisation des composants critiques et la décarbonation des opérations.

Dans ce contexte, Etihad Engineering a lancé le plan stratégique Al Massar (« le chemin »), visant à doubler son chiffre d’affaires d’ici 2030, avec une expansion majeure des hangars à Abou Dhabi et un élargissement significatif de ses capacités MRO.

Partenariats stratégiques : la France au cœur des écosystèmes MRO régionaux

L’expertise aéronautique française est déjà solidement ancrée dans les écosystèmes MRO des Émirats et du Royaume d'Arabie saoudite. Plusieurs partenariats structurants illustrent cette intégration :

  • EPCOR, filiale d’AFI KLM E&M et partenaire du Pavillon France, a signé un contrat de maintenance long terme avec Riyadh Air pour les APU APS5000 de sa flotte de Boeing 787 Dreamliner.
  • Safran Test Cells (Safran Aero Boosters) a remporté un contrat auprès de Sanad (Mubadala) pour la conception et la construction d’une cellule d’essais moteurs au futur centre MRO GTF d’Al Ain.
  • Satys Aerospace et ExecuJet MRO Services Middle East ont inauguré une nouvelle installation dédiée à la peinture aéronautique à Dubai South (DWC).
  • Thales, Emirates et Dubai Air Navigation Services (dans) co-développent un système basé sur l’IA permettant de réduire les circuits d’attente jusqu’à 40 %, de diminuer la consommation de carburant et d’améliorer la ponctualité des vols.

« La réputation mondiale de la France dans l’aéronautique, combinée à une forte intégration locale, fait de nos entreprises des partenaires naturels pour l’avenir du MRO au Moyen-Orient », souligne Axel Baroux, directeur général de Business France Moyen-Orient.

« Les acteurs français apportent excellence opérationnelle, réduction des TAT et maintenance plus verte, déjà visibles dans de nombreux projets régionaux », ajoute-t-il.

Des solutions françaises alignées avec la vision régionale

La délégation française couvre l’ensemble du cycle de vie de l’avion, de la maintenance aux intérieurs, en passant par la digitalisation et la logistique.

Dans le MRO composants et les services de cycle de vie, REVIMA, Domusa, AMC Aviation, Tarmac Aerosave, EOLE Aero et Air Châteaudun démontrent une expertise reconnue.

ImaginAir, BT2i Group, SELA et Latécoère réinventent les aménagements cabine et l’expérience passager.

ABC, Techman Head, TEI, Usimat Sermees et Manitou fournissent des outillages critiques, bancs d’essais et équipements de soutien au sol.

Aquarese Industries et GMI Aero innovent dans le traitement de surface et la réparation de composites.

AirInt Services et SkinPack Solutions améliorent l’efficacité grâce à des logiciels de maintenance cabine, des jumeaux numériques et du kitting optimisé, tandis que Prodex Aerospace Solutions garantit une réponse AOG fiable et une logistique aéronautique performante.

Les visiteurs sont invités à découvrir ces solutions et à rencontrer les équipes du Pavillon France, situé dans les Sheikh Saeed Halls du DWTC, les 4 et 5 février 2026.


Energie: le gouvernement veut lever le pied sur l'éolien terrestre et le solaire

Le ministre français de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, s’exprime lors d’une séance de questions au Gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 3 février 2026. (AFP)
Le ministre français de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, s’exprime lors d’une séance de questions au Gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 3 février 2026. (AFP)
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  • La prochaine Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit moins d’éolien terrestre et de solaire que prévu, en raison d’une électrification plus lente que prévu en France
  • Le gouvernement met l’accent sur des investissements majeurs dans le nucléaire et l’éolien offshore, tout en annonçant un grand plan d’électrification des usages (mobilité, bâtiment, industrie)

PARIS: La prochaine feuille de route énergétique de la France prévoit moins d'éolien terrestre et de solaire que prévu parce que l'électrification avance moins vite que prévu, a déclaré le ministre de l'Economie Roland Lescure mardi.

Attendue depuis deux ans et demi, la sortie de ce document stratégique pour les 10 ans à venir a été retardée en raison de divisions politiques sur le partage entre nucléaire et renouvelables, mais devrait être dévoilée dans les prochains jours, selon le ministre.

Interrogé sur RMC BFMTV sur la publication de cette prochaine Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) , le ministre a mis en avant le besoin d'"investissements majeurs dans le nucléaire", avec la construction de "six nouveaux réacteurs".

Il a également évoqué des "investissements majeurs" dans l'éolien offshore (ou marin), avec derrière des filières industrielles qui produisent".

"Donc il faut équilibrer tout ça: du nucléaire, de l'éolien marin, - du terrestre également, du solaire" mais "sans doute moins qu'initialement prévu", a-t-il ajouté sans avancer de chiffre.

Selon lui, la France est tenue de lever le pied sur le déploiement de l'électricité solaire et éolienne terrestre "parce qu'on électrifie moins" en France, "on consomme moins d'électricité qu'on avait prévu".

Ce constat a été dressé par le gestionnaire du réseau électrique à haute tension RTE, qui relève dans son bilan prévisionnel publié en décembre que la France accuse aujourd'hui un "retard" dans la dynamique d'électrification.

Or, souligne RTE, elle "dispose de l'avantage quasi-unique en Europe d'une production d'électricité particulièrement abondante et déjà décarbonée à 95%", grâce aux renouvelables et surtout au nucléaire, qui représente un atout considérable pour l'aider à réduire ses dépendances aux énergies fossiles importées (pétrole et gaz), qui pèsent lourd dans sa balance commerciale chaque année.

Le gouvernement a dans la foulée de ce rapport promis d'accompagner la publication de la PPE d'un "grand plan autour de l'électrification des usages" (mobilité, bâtiment, industrie), mais attendait l'adoption du Budget avant d'ouvrir ce chapitre. Selon Roland Lescure, celui-ci sera publié dans les toutes prochaines semaines.

"On va annoncer aussi avec le Premier ministre (Sébastien Lecornu) un grand plan d'électrification pour qu'à la fois on puisse investir dans l'offre, mais aussi investir dans la demande", a-t-il assuré sur RMC BFMTV.

"C'est vraiment une question de jours" pour la PPE "et de semaines pour le plan d'électrification. On veut consulter tout le monde", a-t-il dit.

Interrogé par l'élue écologiste Cyrielle Chatelain à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé qu'il n'y aurait "pas de moratoire sur le renouvelable".

"Ce n'est pas notre objectif que d'interrompre le développement de filières industrielles qui contribuent à la décarbonation de la France", a souligné de son côté M. Lescure, devant les députés.

"Le nucléaire, l'éolien offshore sont d'énormes projets industriels. Il y en a d'autres qui sont plus petits, plus locaux, qui nous permettent effectivement d'accélérer ou de ralentir l'installation de capacités en fonction de la demande", a-t-il poursuivi.


Prêt à porter enfant: Okaïdi en difficulté, demande son placement en redressement judiciaire

Le groupe nordiste IDKIDS, spécialiste de l'univers de l'enfant, va demander mardi son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Lille Métropole pour la plupart de ses marques en France, dont son enseigne phare pour enfants Okaïdi. (AFP)
Le groupe nordiste IDKIDS, spécialiste de l'univers de l'enfant, va demander mardi son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Lille Métropole pour la plupart de ses marques en France, dont son enseigne phare pour enfants Okaïdi. (AFP)
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  • La procédure concerne ses marques Obaïbi (vêtements pour les 0 à 3 ans), Okaïdi (3-14 ans), Oxybul (jeux d'éveil) et la plateforme logistique IDLOG, précise le groupe qui emploie 2.000 personnes en France
  • En revanche, elle ne concerne pas sa marque haut de gamme Jacadi Paris, ni "les filiales étrangères et l'ensemble des franchises du groupe"

LILLE: Le groupe nordiste IDKIDS, spécialiste de l'univers de l'enfant, va demander mardi son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Lille Métropole pour la plupart de ses marques en France, dont son enseigne phare pour enfants Okaïdi.

L'audience est prévue à 16h00.

La procédure concerne ses marques Obaïbi (vêtements pour les 0 à 3 ans), Okaïdi (3-14 ans), Oxybul (jeux d'éveil) et la plateforme logistique IDLOG, précise le groupe qui emploie 2.000 personnes en France.

En revanche, elle ne concerne pas sa marque haut de gamme Jacadi Paris, ni "les filiales étrangères et l'ensemble des franchises du groupe".

La direction explique que cette demande de protection doit permettre de "redonner du temps et de la capacité financière" au groupe, qui doit "accélérer" sa "transformation".

Okaïdi, marque historique du groupe dont le siège est basé à Roubaix (Nord), réalise 600 millions d'euros de chiffre d'affaires dans le monde, dont 300 millions en France, selon une porte-parole du groupe.

Au total, IDKIDS est présent dans 70 pays, pour un chiffre d'affaires global de 800 millions d'euros et 6.000 salariés dans le monde.

Dans le centre de Lille, Carine Prestaut, retraitée venue acheter des vêtements pour ses petits-enfants chez Okaïdi, salue le bon rapport qualité-prix de l'enseigne. Mais elle reconnaît que la concurrence en ligne, "moins chère", est difficile à contrer: "tout le monde regarde au budget".

"On va bientôt devoir s'habiller uniquement sur internet. C'est bien triste, j'aime bien choisir, j'aime bien voir", regrette aussi Claude, une cliente de 70 ans.

A Marseille, Ana, mère de deux filles, estime qu'Okaïdi représente "la qualité, des vêtements bien coupés, des matières agréables", et craint la fermeture des boutiques car "les enfants ont besoin d'essayer".

"Impact salarial" 

IDKIDS dit subir un "effet sablier": le segment premium résiste en haut du marché, tandis que "le low-cost et l'ultra fast-fashion prospèrent" en bas, ce qui étrangle les enseignes du milieu de gamme comme Okaïdi.

"Okaïdi-Obaïbi subissent depuis plusieurs années la pression des coûts et de la concurrence (généralistes low-cost, fast-fashion, seconde main) qui ont fortement pesé sur les résultats de la marque en 2025", souligne encore le groupe.

Farida Khelifi, déléguée syndicale CGT chez IDKIDS, redoute un "impact salarial" avec "la fermeture de magasins", sans en connaître l'ampleur.

Selon elle, Okaïdi reste "une bonne marque", mais la baisse des ventes s'explique aussi par des collections jugées "moins tendances", avec un style "trop carnavalesque" et "cher pour la classe moyenne".

L'enseigne avait déjà annoncé en mars 2024 une "stratégie de simplification" qui s'était traduite par la suppression de 250 emplois dans le réseau et 50 au siège, selon une porte-parole du groupe.

A l'inverse, IDKIDS se félicite de la "trajectoire de croissance" de Jacadi, sa marque premium qui a réalisé en 2025 la "meilleure performance de son histoire" avec une rentabilité en hausse (+35%).

Le secteur français de l'habillement est confronté à des difficultés depuis plusieurs années: après le développement du commerce en ligne, le Covid-19 et l'inflation, le secteur subit désormais la concurrence de la seconde main et de la mode ultra-éphémère, symbolisée notamment par la plateforme asiatique Shein.

L'activité habillement/textile a reculé de 1,3% en 2025 et de 8,5% depuis 2019, selon l'Institut français de la mode (IFM).

De nombreuses autres entreprises françaises de prêt-à-porter ont connu de graves difficultés ces dernières années: IKKS, Camaïeu, Kookaï, Gap France, Pimkie, Comptoir des Cotonniers, Princesse Tam Tam... Cette crise a été fatale pour certaines d'entre elles, liquidées comme Kaporal et Jennyfer.