AlUla se prépare à accueillir la prochaine vague de touristes

AlUla regorge de trésors historiques, parmi lesquels la cité nabatéenne de Hégra (le premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco) et les tombes de Dadan, la capitale en pierre qui date des royaumes dadanite et lihyanite. (Shutterstock)
AlUla regorge de trésors historiques, parmi lesquels la cité nabatéenne de Hégra (le premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco) et les tombes de Dadan, la capitale en pierre qui date des royaumes dadanite et lihyanite. (Shutterstock)
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Publié le Lundi 02 janvier 2023

AlUla se prépare à accueillir la prochaine vague de touristes

  • Le monument le plus célèbre de la ville est le Tantora; les anciens habitants de la Vieille Ville s'en servaient pour marquer le début des quarante jours de la saison des cultures d'hiver
  • La Maraya Concert Hall d'AlUla a accueilli de nombreux artistes internationaux et arabes comme le chanteur britannique Seal ou le comédien canadien Russell Peters

RIYAD: L'histoire d'AlUla remonte à plus de deux cent mille ans, ce qui en fait une destination particulièrement prisée, riche d’un patrimoine humain et naturel exceptionnel. Elle regorge de trésors historiques, parmi lesquels la cité nabatéenne de Hégra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. On y trouve également les tombes de Dadan, la capitale en pierre qui date des royaumes dadanite et lihyanite.
Le monument le plus célèbre de la ville est le Tantora; les anciens habitants de la Vieille Ville s'en servaient pour marquer le début des quarante jours de la saison des cultures d'hiver. Le festival Winter at Tantora porte le nom de ce lieu.
Après le succès rencontré par cet événement, qui s'est achevé en février 2022, le PDG de la Commission royale d'AlUla, Amr AlMadani, a annoncé que la destination accueillerait les touristes toute l'année. Il a précisé que la ville se préparait à recevoir deux cent cinquante mille visiteurs en 2023.
Lors d'une interview exclusive accordée à Arab News, M. AlMadani a indiqué que la commission du festival Winter at Tantora avait déjà permis de tester le potentiel d'AlUla.
Cette saison festive revêt une grande importance culturelle et s'accompagne de nombreuses célébrations. Fière de ses traditions ancestrales, la communauté continue de les célébrer chaque année.

Points forts

Ces sites historiques ont accueilli des ateliers culturels et archéologiques, tandis que la Vieille Ville et l'oasis ont proposé des spectacles à caractère historique.
C'est le 13 février que la ville a inauguré le 1er Festival des arts d'AlUla, qui proposait aux visiteurs de découvrir une série captivante d'expositions minutieusement conçues ainsi que de gigantesques installations en plein air réalisées par de nombreux artistes locaux et internationaux.

Le Festival des arts a enflammé l'hiver et il a prolongé la fête jusqu'à la fin du mois de mars.
La Commission royale d'AlUla a conclu un accord de partenariat avec le groupe français Accor dans le cadre de sa stratégie qui vise à transformer AlUla en une destination touristique axée sur la nature, la culture et le patrimoine.
AlUla se caractérise par un climat légèrement plus frais en été que les autres régions du Royaume.

 

 

Le festival a été relancé le 22 décembre 2022 et il se poursuivra jusqu'au 21 janvier 2023. Il propose une multitude d'activités équestres, dont un nouvel événement qui se consacre à la haute couture dédiée aux chevaux (Ikmah Fashion Cavalry), ainsi que la compétition Fursan Endurance Race Cup et l’AlUla Desert Polo.

Quand la beauté épouse l'art
En février dernier, la ville-oasis a accueilli un événement de quatre jours qui, grâce à la beauté des paysages, a rencontré un vif succès. Il mettait à l’honneur les agrumes de la région et proposait le panorama exceptionnel d'AlUla du sommet du Harrat Uwayrid.
Les sites du patrimoine ont accueilli des ateliers culturels et archéologiques. La Vieille Ville et l'oasis, quant à elles, ont présenté des spectacles historiques.
Bien entendu, la beauté ne va pas sans l'art. Ainsi, la ville a inauguré le 13 février le 1er Festival des arts d'AlUla. Les visiteurs ont pu découvrir un ensemble envoûtant d'expositions soigneusement organisées et de gigantesques installations à ciel ouvert réalisées par de nombreux artistes locaux et internationaux.
Le Festival des arts a enflammé l'hiver et il a prolongé la fête jusqu'à la fin du mois de mars.
La Maraya Concert Hall d'AlUla a accueilli de nombreux artistes internationaux et arabes comme le chanteur britannique Seal, le comédien canadien Russell Peters, l'auteur-compositeur-interprète international et phénomène d'Internet Naïka et la chanteuse irakienne Rahma Riad.
L'exposition «What Lies Within» a présenté dans la salle de concert Maraya d'AlUla des œuvres qui venaient de la collection privée de Basma al-Soulaimane, une collectionneuse saoudienne.
«Ce moment est une véritable fête pour nous», explique à Arab News l'artiste saoudienne et commissaire de l'exposition, Lulwa al-Homoud. «Basma al-Soulaimane s'est employée pendant des années à collecter et à préserver l'art contemporain saoudien.»
Desert X AlUla 2022, une autre exposition internationale d'art à ciel ouvert, se déroulait dans le canyon du désert d'AlUla. Elle a accueilli gratuitement les visiteurs de tous horizons.
Du 11 février au 30 mars, l'exposition a présenté quinze œuvres extraordinaires réalisées par autant d’artistes et créées spécialement pour AlUla.
Sur le thème «Sarab» («mirage»), l'exposition s’emparait des notions de mirage et d'oasis, qui font partie intégrante de l'histoire et de la culture du désert.
Cette exposition revêtait un caractère spirituel lorsqu'AlUla a proposé des forfaits spéciaux aux familles pendant le mois sacré du ramadan (avril 2022), notamment à l’occasion de l'iftar et du sahur, ainsi qu'une série d'activités nocturnes en plein air.

Destination touristique
À l'écart des lumières de la ville, les déserts reculés permettent d'admirer un ciel noir qui compte parmi les plus admirés du monde. AlUla est en effet, grâce à ses formations rocheuses spectaculaires, un lieu idéal pour contempler les étoiles et la lune.
La Commission royale d'AlUla a conclu ce même mois un accord de partenariat avec le groupe français Accor dans le cadre de sa stratégie qui vise à transformer AlUla en une destination touristique axée sur la nature, la culture et le patrimoine.
Le groupe hôtelier français exploitera un centre de villégiature agrandi baptisé «Ashar Resort». Il sera géré par la chaîne Banyan Tree.
Grâce à cet accord, quatre-vingt-deux villas de luxe, un spa de prestige et des restaurants gastronomiques accueilleront les touristes.
Le design propose des villas qui épousent subtilement le paysage naturel saisissant de la vallée de l'Ashar, située à 15 km de Hégra.
En juillet, AlUla a annoncé que trois vols directs par semaine étaient assurés au départ de Riyad. Ce nombre a ensuite été porté à cinq. Le trajet entre la ville et Djeddah est également assuré grâce à des vols effectués six jours par semaine. En outre, AlUla est reliée à Dammam par des vols réguliers en semaine.
AlUla se caractérise par son climat légèrement plus frais en été que les autres régions du Royaume.
Cette caractéristique en fait un lieu de prédilection pour les touristes qui souhaitent pratiquer des activités de plein air telles que le vélo, les randonnées à dos de chameau, la natation, les randonnées en journée et l'observation des étoiles la nuit.
Les passionnés de culture et de patrimoine peuvent participer à des visites guidées dans des lieux historiques tels que Hégra (la Vieille Ville d'AlUla) et dans six autres sites, situés notamment autour de Dadan et de Jabal Ikmah.
Pour les touristes plus aventureux ou plus actifs est également proposée la descente en tyrolienne, l'escalade, la randonnée sur le sentier de la vallée cachée ou un tour en hélicoptère pour apprécier le paysage à partir des airs.
L'observation des étoiles représente l'une des activités favorites des personnes qui veulent se détendre et passer leurs vacances de manière plus tranquille. L’Old Market Town a également été le théâtre de spectacles et de concerts.
La Commission royale d'AlUla a signé le 2 juillet un accord qui porte sur la conception d'un tramway avec la société française Systra, leader du secteur des transports. Le tramway d'AlUla reliera le gouvernorat à plusieurs stations, circuits, routes, points de repère et sites historiques.
Ce projet de tramway permettra de renforcer la durabilité des moyens de transport d'AlUla en réduisant les bouchons routiers et le bruit qui en résulte. Il vise en outre à exploiter l'énergie électrique durable de manière efficace et à relier les centres, les quartiers, les monuments historiques et les sites touristiques.
Au mois d'août, la ville a annoncé ses principaux événements et festivals pour 2022: le festival de musique Azimuth, AlUla Wellness Festival et Winter at Tantora.
Le groupe hôtelier français Accor a ouvert en octobre son premier complexe portant la marque Banyan Tree dans la ville d'AlUla, en Arabie saoudite.
John Northen, directeur exécutif des hôtels et des centres de villégiature auprès de la Commission royale d'AlUla, s’exprime en ces termes: «L'inauguration du Banyan Tree AlUla marque la réalisation de la dernière phase de développement de l'Ashar Valley, qui abrite également le fameux Maraya Hall.»
Le complexe AlManshiyah Plaza accueille désormais les visiteurs. Il s'agit d'une communauté animée où l'on trouve des restaurants et des cafés, des aires de jeu et des espaces communs. Elle propose des soirées musicales tous les vendredis.
La Commission s'emploie également à développer la Vieille Ville d'AlUla, où une boutique-hôtel de trente chambres ouvrira bientôt ses portes. «Ce projet revêt une dimension particulière; il vous donnera l'impression de voyager dans le temps et de vivre une expérience inédite», confie M. Northen à Arab News.
La ville a également rénové sa vaste réserve naturelle de Sharaan, qui s'étend sur 2 000 km² et abrite les léopards d'Arabie. «Nous construisons dans cette zone deux hôtels fascinants. L'un d'eux, conçu par l'architecte français Jean Nouvel, sera niché au creux de la montagne», précise M. Northen.
Entre le 30 septembre et le 22 octobre, le Festival des dattes d'AlUla a proposé une série d'activités culturelles. Les visiteurs ont pu apprendre comment les dattes étaient préservées grâce à la méthode Al-Shannah, une méthode exclusivement utilisée à AlUla (elle consiste à farcir des peaux d'animaux séchées avec des dattes lavées et séchées que l'on stocke pendant une longue période, de quatre mois à quatre ans, NDLR).
Le Festival des royaumes d'antan (Ancient Kingdoms Festival) s'est déroulé au mois de novembre. Il avait pour objectif d'intégrer le passé au présent grâce à des expériences inspirées par les civilisations qui se sont succédé pendant sept mille ans dans la péninsule Arabique.
Le festival a proposé une série d'événements artistiques ainsi que des événements à ciel ouvert sur les principaux monuments d'AlUla.
La Commission royale d'AlUla s'est également lancée dans le monde des métavers avec un modèle immersif en 3D de la tombe de Lihyan, fils de Kuza, à Hégra. Ce modèle a permis de recréer pour la première fois un site du patrimoine mondial de l'Unesco dans le monde des métavers.
Les visiteurs pourront accéder à ce site en ligne sur la plate-forme virtuelle Decentraland, qui propose à ses utilisateurs d'acheter et de parcourir virtuellement certains lieux. Les visiteurs pourront également effectuer un tour à 360 degrés de cette tombe haute de 72 pieds (près de 22 mètres, NDLR). Il s'agit d'une reconstitution fidèle du désert d'AlUla.
Mais les projets ne s'arrêtent pas là. Au mois de novembre, la fondation Catmosphere a lancé son deuxième Catwalk après succès que l'événement a connu en 2021, avec plus de vingt-sept mille participants venus de cent deux pays.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le pétrole repart en hausse avec les menaces renouvelées de Washington contre Téhéran

Des automobilistes font le plein dans une station Leclerc à Saint-Étienne-de-Montluc, dans l’ouest de la France, le 15 avril 2026, alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran fait flamber les prix du pétrole après la fermeture de fait du détroit d’Ormuz. (AFP)
Des automobilistes font le plein dans une station Leclerc à Saint-Étienne-de-Montluc, dans l’ouest de la France, le 15 avril 2026, alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran fait flamber les prix du pétrole après la fermeture de fait du détroit d’Ormuz. (AFP)
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  • Le pétrole repart à la hausse face au durcissement américain envers l’Iran : Brent à 88,52 dollars et WTI à 82,40 dollars
  • Washington menace d’un isolement économique inédit et d’un blocus prolongé d’Ormuz, tandis que le marché européen du gaz reste sous forte tension

WASHINGTON: Les cours du pétrole ont progressé vendredi, portés par le durcissement de ton des Etats-Unis à l'encontre de l'Iran, Washington évoquant la possibilité d'un isolement économique "comme le monde n'en a jamais vu".

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, a gagné 1,67% à 88,52 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, a pris 1,42% à 82,40 dollars.

S'exprimant sur la chaîne conservatrice Newsmax, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a menacé jeudi Téhéran d'une "combinaison d'un isolement économique comme le monde n'en a jamais vu et de la poursuite du blocus dans le détroit d'Ormuz, qui empêchera quoi que ce soit d'entrer ou de sortir des ports iraniens".

"Restez à l'écoute, d'autres annonces arrivent la semaine prochaine", a-t-il promis.

Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a, lui, assuré que le blocus des ports iraniens pourrait être maintenu "aussi longtemps que nécessaire", affirmant qu'il n'y a "pas de date butoir".

En quelques jours à peine, le ton a changé: Washington promettait début août un accord imminent pour rouvrir le détroit d'Ormuz, faisant reculer les cours du brut.

"Les États-Unis et l'Iran continuent d'avancer des affirmations contradictoires quant au contrôle du détroit d'Ormuz et à l'état du trafic maritime dans cette voie navigable", souligne David Morrison, un analyste de Trade Nation.

Le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, a récemment assuré que "près de 9 millions de barils par jour" quittent le Golfe en passant par le détroit d'Ormuz.

"C'est environ deux fois plus de pétrole que n'en estiment la plupart des analystes indépendants qui surveillent le trafic dans le détroit", note Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

Ces chiffres "sont discutables", abonde Norman Liebke, de Commerzbank. L'analyste note cependant que les navires sont nombreux à circuler dans la zone en laisser leur transpondeur éteint, ce qui complique leur suivi.

Par ailleurs, "la situation sur le marché européen du gaz est actuellement plus tendue que sur le marché pétrolier", ajoute M. Liebke.

Les exportations du Qatar, un des plus grands exportateurs de gaz naturel liquéfié au monde, restent "coupées" par la guerre au Moyen-Orient, souligne-t-il.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne du gaz, prenait 0,66%, à 60,80 euros le mégawattheure. Son cours a pratiquement doublé depuis le début du conflit.


Après un été dévastateur, l'agriculture écartelée face au mur de la transition

Le 3 août 2026, à Beynost, dans l’est de la France, une culture de maïs est irriguée afin de limiter les effets de la sécheresse avant la récolte. (AFP)
Le 3 août 2026, à Beynost, dans l’est de la France, une culture de maïs est irriguée afin de limiter les effets de la sécheresse avant la récolte. (AFP)
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  • Après un été marqué par les sécheresses et les pertes agricoles, les syndicats alertent sur un possible regain de colère à l’automne
  • Les agriculteurs dénoncent des injonctions contradictoires entre productivité, compétitivité et transition écologique, sur fond de crise climatique

PARIS: Vers un automne de colère? L'été dévastateur pour les cultures comme pour l'élevage, juste après l'adoption de la loi d'urgence agricole, exacerbe les clivages autour de la transformation des agriculteurs, ballottés par les crises et perdus au milieu d'injonctions à produire mieux mais toujours plus.

Pour la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, il y a un "risque majeur d'une crise humaine inédite à l'automne". La Confédération paysanne, troisième syndicat, prévient que les "braises de la colère" pourraient se raviver.

Mais les solutions proposées sont bien différentes. Habituée des actions coup de poing, la Coordination rurale appelle notamment à irriguer sans respecter les restrictions et à la réintroduction de pesticides interdits. Quand la Confédération paysanne appelle à une "bifurcation agroécologique indispensable" et soutient les appels à manifester en octobre contre les pesticides.

Interrogé sur l'adaptation des fermes au changement climatique, le président de la FNSEA, syndicat dominant, a affirmé qu'elle était en cours mais prendrait des années. "Avant de parler du moyen et long terme, encore faut-il survivre à cette crise", a ajouté Arnaud Rousseau, tout en assurant ultérieurement que son syndicat n'a pas pour l'instant en tête de manifester.

- Injnctions "contradictoires" -

Pour Claire Ruault, sociologue spécialiste de l'agriculture, le contexte "exacerbe les clivages idéologiques" et entraîne plus des réponses d'urgence pour "compenser financièrement au lieu d'une réflexion globale sur l'adaptation en prenant en compte la complexité du monde agricole".

"On demande aux agriculteurs de changer depuis la période de modernisation de l'après-guerre. Ce qui est différent aujourd'hui, c'est que les orientations ne sont pas claires", ajoute la coordinatrice du Gerdal, association de recherche sur le développement agricole.

"Il y a des objectifs de maintien de la productivité, des exportations sur un marché ultra compétitif. Les agriculteurs doivent produire beaucoup, à bas coût. C'est assez peu compatible avec les exigences de la transition agro-écologique affichées par ailleurs par le gouvernement mais pour lesquelles les moyens ne sont pas en adéquation".

Pour la sociologue, le malaise dans les fermes face à ces injonctions contradictoires est renforcé par une "culpabilisation individuelle" des agriculteurs, face aux résultats d'études sur les dangers de résidus de pesticides, d'additifs ou de PFAS dans les produits.

- "Déconnexion" -

Pour Eve Fouilleux, directrice de recherche au CNRS en science politique, "les politiques publiques ont favorisé depuis des décennies l'agrandissement et l'hyperspécialisation des exploitations agricoles par l'utilisation massive d'engrais et de pesticides, ce qui les rend plus vulnérables aux crises tout en générant des problèmes environnementaux et sanitaires majeurs".

La sécheresse record et les canicules à répétition vont créer à la rentrée des "situations dramatiques". Les agriculteurs ont "très peu de marges de manoeuvre du fait d'un endettement massif" alors qu'ils sont "en première ligne des conséquences du réchauffement climatique", affirme cette agroéconomiste de formation.

Dans les campagnes, nombre d'agriculteurs se disent "assommés" par les pertes et l'inquiétude grandit sur le risque de suicides dans la profession, qui s'est déjà mobilisée trois hivers d'affilée.

Si Eve Fouilleux n'exclut pas une mobilisation des agriculteurs indépendante des syndicats - comme en 2024 pour demander des revenus -, ou à l'initiative de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne - comme en 2025 pour protester contre la gestion gouvernementale de la dermatose bovine -, elle rappelle que ces mobilisations ont été "récupérées" in fine par l'alliance syndicale dominante de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs.

Selon la chercheuse, "la FNSEA a les ressources politiques et économiques pour mobiliser des troupes et réorienter le débat public autour de la fausse idée selon laquelle la souveraineté alimentaire serait menacée en France. Et donc de défendre ce qu'ils appellent les moyens de production: les pesticides et l'accès prioritaire à l'eau, dans un but principal d'exportation", comme en témoignent les grands thèmes de la loi d'urgence agricole.

Les deux chercheuses soulignent que l'alliance a toutefois perdu sa majorité aux dernières élections professionnelles et que les dirigeants de la FNSEA sont "déconnectés" de la base, ce qui participe au malaise des agriculteurs.

Claire Ruault ajoute qu'au niveau local, les agriculteurs peinent à construire un point vue collectif, et à le porter dans leurs interactions avec les autres acteurs, pour alimenter les politiques agricoles.

"Quand on interroge les agriculteurs individuellement sur la transition écologique, ils sont massivement pour", souligne Eve Fouilleux, "mais le système ne les incite pas à changer".


Les cours du pétrole baissent, les craintes sur l'approvisionnement s'atténuent

Le 3 avril 2026, à Toulouse, une station-service affiche tous ses carburants comme indisponibles, sur fond de tensions au Moyen-Orient et de flambée des prix du pétrole. (AFP)
Le 3 avril 2026, à Toulouse, une station-service affiche tous ses carburants comme indisponibles, sur fond de tensions au Moyen-Orient et de flambée des prix du pétrole. (AFP)
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  • Le Brent recule de 2,15 % à 87,07 dollars et le WTI de 2,43 % à 81,25 dollars, sur fond d’espoir d’une offre suffisante
  • L’AIE prévoit une baisse de la demande mondiale de pétrole de 1,6 million de barils par jour en 2026

WASHINGTON: Les cours du pétrole ont reculé jeudi, accrochés à l'espoir que les flux pétroliers mondiaux - y compris ceux en provenance du Moyen-Orient - suffisent à satisfaire une demande estimée en baisse.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, a baissé de 2,15% à 87,07 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, a diminué de 2,43% à 81,25 dollars.

Les analystes restent partagés sur la quantité de pétrole qui parvient à franchir le détroit d'Ormuz, alors que les Etats-Unis et l'Iran multiplient les déclarations en affirmant chacun contrôler ce passage stratégique.

"On ne sait pas très bien aujourd'hui quelle quantité de pétrole transite réellement par le détroit d'Ormuz", souligne Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management.

Mais pour les experts d'Eurasia Group, ce qui est certain c'est que "les flux clandestins transitant par Ormuz soulagent la pression" du marché.

Une part croissante des tankers choisit de franchir ce passage avec les transpondeurs AIS - des appareils permettant la localisation des navires - éteints.

Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB. juque qu'il passe "quotidiennement beaucoup plus de pétrole qu'on ne le pensait auparavant".

Le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, avait affirmé mardi que "près de 9 millions de barils par jour" quittent actuellement le Golfe en passant par Ormuz, une estimation bien supérieure à celle de nombreux analystes.

La perspective de flux pétroliers importants s'ajoute à celle d'une demande moins importante que précédemment anticipé.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a indiqué mercredi tabler pour 2026 sur une baisse de la consommation mondiale de pétrole de 1,6 million de barils par jour (mb/j) sur un an.

Sa précédente estimation envisageait un recul moindre, à hauteur de 1 mb/j.

Le opérateurs continuent aussi de surveiller les évolutions du côté des produits raffinés.

Les attaques houthies - une frappe de drones sur une raffinerie saoudienne a été revendiquée jeudi - et les frappes ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques russes en mer Noire renchérissent le prix de certains dérivés du brut.

Mais "il est peu probable que des pénuries de produits surviennent à court terme", anticipent les analystes d'Eurasia Group.