Les écologistes d'EELV élisent leur nouvelle cheffe

La future secrétaire nationale, Marine Tondelier, qui a fait campagne sur le "collectif" en dénonçant les querelles intestines qui divisent le parti, n'aura pas réussi à s'épargner des tensions internes. (AFP).
La future secrétaire nationale, Marine Tondelier, qui a fait campagne sur le "collectif" en dénonçant les querelles intestines qui divisent le parti, n'aura pas réussi à s'épargner des tensions internes. (AFP).
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Publié le Samedi 10 décembre 2022

Les écologistes d'EELV élisent leur nouvelle cheffe

  • Les 400 délégués du Congrès doivent choisir Marine Tondelier, 36 ans, peu connue du grand public mais issue de la direction sortante du mouvement, qui est arrivée largement en tête du premier tour, le 26 novembre, avec 47% des voix des adhérents
  • Forte de sa confortable avance, Marine Tondelier a engagé des négociations avec ses concurrentes, pour s'assurer samedi une majorité forte dans l'équipe dirigeante

RUNGIS : Les écologistes d'EELV désignent officiellement samedi à Rungis leur nouvelle secrétaire nationale, Marine Tondelier, connue pour son combat contre le RN dans le Pas-de-Calais, qui aura la lourde tâche de redresser un parti fragilisé par ses divisions et "l'affaire" Julien Bayou.

La nouvelle cheffe prendra les rênes d'un parti en crise après le résultat décevant de Yannick Jadot à la présidentielle (4,6%), mais aussi empêtré dans un duel entre l'ex-candidat et la députée écofeministe Sandrine Rousseau, et enfin dans la tourmente des accusations de violences psychologiques envers une ex-campagne portées contre le secrétaire national sortant Julien Bayou, qui s'en défend.

Sans surprise, les 400 délégués du Congrès doivent choisir Marine Tondelier, 36 ans, peu connue du grand public mais issue de la direction sortante du mouvement, qui est arrivée largement en tête du premier tour, le 26 novembre, avec 47% des voix des adhérents.

Parmi les cinq autres têtes de listes, toutes des femmes, seulement deux ont obtenu plus de 10%: Sophie Bussière (18%), soutenue par Yannick Jadot; Mélissa Camara (13,5%), soutenue par Sandrine Rousseau et une partie de l'aile gauche d'EELV.

Forte de sa confortable avance, Marine Tondelier a engagé des négociations avec ses concurrentes, pour s'assurer samedi une majorité forte dans l'équipe dirigeante.

Mais la future secrétaire nationale, qui a fait campagne sur le "collectif" en dénonçant les querelles intestines qui divisent le parti, n'aura pas réussi à s'épargner des tensions internes.

Elle espérait déposer une motion de synthèse unique à l'heure du vote final des 400 délégués, mais pourrait ne pas réunir autour de sa ligne toutes les autres motions.

Gages de solidarité

Melissa Camara pourrait en effet déposer sa propre motion.

Son équipe était sortie insatisfaite des négociations engagées depuis plusieurs jours, notamment sur la question toujours épineuse de la répartition des 15 postes du bureau exécutif et sur le rapport avec l'alliance de gauche Nupes conclue en mai entre LFI, EELV, le PS et le PCF.

Jugeant que la ligne a été clairement choisie au premier tour par les militants, Marine Tondelier a en effet posé ses exigences: une motion de synthèse basée sur sa motion initiale, et sans évolution possible sur la question des alliances et des élections européennes.

Un point de blocage pour l'équipe de Melissa Camara, qui veut porter haut les couleurs de la Nupes et prône de ne pas fermer la porte à une liste commune de gauche aux Européennes de 2024.

A l'inverse, Marine Tondelier promet une liste EELV indépendante aux Européennes et, sans rejeter la Nupes, veut donner la priorité à la création d'un "grand mouvement de l'écologie politique".

L'équipe Camara dénonce aussi les postes qui lui ont été proposés au sein du bureau exécutif, et rejette les "gages de solidarité", que Marine Tondelier demande.

"S'ils veulent représenter le parti, ils ne peuvent pas le critiquer à l'extérieur", explique l'entourage de la future cheffe, qui veut un parti "bienveillant et inclusif".

"Les voix divergentes n'ont plus le droit d'exprimer leurs divergences", a déploré Alain Coulombel, numéro 2 sur la liste de Melissa Camara.

Les trois autres motions, qui pouvaient négocier avec elle, devraient pour leur part se rallier à la nouvelle direction.

Marine Tondelier a pour ambition de refonder EELV -dont elle souhaite changer le nom-, en modifiant ses règles internes, souvent considérées comme complexes et peu propices à la conquête du pouvoir.

L'élue nordiste, qui défend une "écologie populaire", souhaite "massifier" le parti, surtout en direction des territoires ruraux et des quartiers populaires, et rassembler un million de sympathisants écologistes d’ici la fin de son mandat.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».