Dans les égouts de Paris, une nouvelle source d'énergie

Une opération de descente d'un grand bateau de curage dans les égouts de Paris (Photo, AFP).
Une opération de descente d'un grand bateau de curage dans les égouts de Paris (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 06 décembre 2022

Dans les égouts de Paris, une nouvelle source d'énergie

  • Pour l'heure, pendant six mois, l'écoulement des eaux usées est interrompu par un barrage afin de libérer la cunette, le fond de la canalisation, et d'y installer le dispositif
  • A Paris, c'est même le deuxième projet de récupération de chaleur dans les égouts

PARIS: Se chauffer grâce aux eaux usées des toilettes, de la douche ou du lave-vaisselle? La ville de Paris, au réseau d'égouts incomparable, s'y met avec l'ambition de faire tourner les radiateurs de cinq bâtiments publics, et bien plus à l'avenir.

Près de la place du Colonel-Fabien, dans le Xe arrondissement de la capitale française, une dizaine d'ouvriers en combinaison blanche, équipés de harnais de sécurité, casques de chantier, gants et bottes effectuent d'intrigants allers-retours entre la chaussée et le sous-sol, via une plaque d'égouts.

Quatre mètres et une double volée d'échelons plus bas, c'est une partie de l'avenir énergétique de Paris et de ses 2 millions d'habitants qui se joue peut-être.

Retenu pour mener le chantier et exploiter le site, pour un montant de 2 millions d'euros, Suez y installe un double échangeur thermique de 60 mètres de long, un sur chaque côté du collecteur d'eau, afin de fournir 60% du chauffage de cinq bâtiments publics voisins: un collège, deux écoles, un gymnase et une piscine pour enfants.

Pour l'heure, pendant six mois, l'écoulement des eaux usées est interrompu par un barrage afin de libérer la cunette, le fond de la canalisation, et d'y installer le dispositif.

Plus simple qu'il n'y paraît: l'échangeur thermique, une fine plaque d'un centimètre d'épaisseur, est intégré avec du ciment à la paroi verticale, le bajoyer.

C'est au contact de ces échangeurs que l'eau viendra "libérer ses calories, transportées jusqu'aux deux pompes à chaleur installées dans les bâtiments", explique Damien Balland, responsable innovation et performance énergétique à la Ville de Paris.

Une technologie "réversible", précise l'ingénieur, puisque l'eau des égouts a une température qui varie entre 13°C l'hiver et 20°C l'été, soit respectivement plus et moins que la température extérieure. Ainsi, l'exploitant "peut produire du chaud l'hiver et du frais l'été", dit M. Balland.

Dans un contexte de crise énergétique et climatique, la mairie pense avoir trouvé là un filon, vantant une ressource urbaine, continue et "peu utilisée", l'absence de gaz à effet de serre et un seuil de rentabilité "relativement bas".

Une vingtaine de projets en France

Ce n'est pas une première nationale, Bordeaux et Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) expérimentent ce système depuis une décennie déjà. A Paris, c'est même le deuxième projet de récupération de chaleur dans les égouts, la mairie du XIe et une école voisine ayant été les pionniers en 2019.

Les égouts leur fournissent 30% de leur consommation d'énergie depuis, selon la mairie centrale.

S'il y a "une vingtaine de projets en France", la capitale s'y prête particulièrement avec son réseau souterrain de 2.600 km, souligne Cédric Reboulleau, chef du service des projets d'énergies renouvelables de la ville.

L'installation de ces plaques nécessite en effet, outre "des bâtiments à alimenter à proximité", des égouts suffisamment vastes, sans virage, et la présence d'un collecteur principal afin d'avoir "de l'eau tout le temps", liste Damien Balland.

L'exploitant doit aussi surveiller l'éventuel ensablement de la cunette qui peut nuire à la productivité des échangeurs. Et ceux de Paris sont "très régulièrement inspectés", assure M. Balland.

Une aubaine, donc, pour la maire socialiste Anne Hidalgo, qui a fait de la transition écologique la priorité numéro 1 de son second mandat. La Ville étudie 14 autres sites pour des projets similaires.

"On était dans l'expérimentation, on est dans la généralisation", résume l'adjoint à la Construction publique Jacques Baudrier. L'élu communiste rappelle les "130 millions d'euros par an pour la transition écologique du bâti" qui en font le "premier poste d'investissement" de la mairie.

L'objectif: permettre une économie d'énergie "de 40% en 2030 par rapport à 2010, et 60% en 2050", souligne l'élu PCF. "On est actuellement à 7% d'énergies renouvelables produites localement, on doit passer à 10% d'ici 2030", ajoute l'adjoint EELV à la Transition écologique Dan Lert.

Voté en 2018, le plan climat de la ville de Paris prévoit la neutralité carbone en 2050.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».