L’histoire du cimetière non musulman de Djeddah est entourée de mystère

Le cimetière est situé à proximité de l'une des rues les plus fréquentées de la ville, mais la plupart des passants ignorent que derrière les hauts murs se trouve le dernier lieu de repos de nombreux chrétiens et personnes d'autres confessions. (Photo fournie)
Le cimetière est situé à proximité de l'une des rues les plus fréquentées de la ville, mais la plupart des passants ignorent que derrière les hauts murs se trouve le dernier lieu de repos de nombreux chrétiens et personnes d'autres confessions. (Photo fournie)
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Publié le Samedi 14 novembre 2020

L’histoire du cimetière non musulman de Djeddah est entourée de mystère

  • La paix et la sérénité du cimetière non musulman de Djeddah ont été troublées mercredi par le bruit d’une explosion. C’est la première fois, semble-t-il, que ce lieu fait l’objet d’une attaque
  • Des mystères et des rumeurs circulent depuis des années au sujet du cimetière et de ses origines; personne ne sait réellement à quelle époque remontent les premiers enterrements

DJEDDAH: La paix et la sérénité du cimetière non musulman de Djeddah ont été troublées mercredi par le bruit d’une explosion. C’est la première fois, semble-t-il, que ce lieu fait l’objet d’une attaque. 

Le cimetière est situé à proximité de l'une des rues les plus fréquentées de la ville, au sud du centre-ville, mais la plupart des passants ignorent que derrière ses hauts murs se trouve le dernier lieu de repos de nombreux chrétiens et personnes d'autres confessions. Dans le cimetière, trois cents sépultures environ portent des inscriptions, mais certains historiens pensent que des milliers de personnes y ont été enterrées au fil des années.

Des mystères et des rumeurs circulent depuis des années au sujet du cimetière et de ses origines; personne ne sait réellement à quelle époque remontent les premiers enterrements. À un moment donné, l'endroit est devenu connu localement sous le nom de « Khawajat », terme arabe désignant les étrangers.

Certains chercheurs et certains historiens pensent que le cimetière a été créé il y a environ deux cents ans. Djeddah était à cette époque sous la domination ottomane et de nombreux marchands étrangers passaient par la ville, qui était un centre commercial florissant et une porte d'entrée vers la péninsule Arabique.

D'autres pensent que son origine remonte encore plus loin, au xvie siècle, et plus précisément au temps de la bataille menée pour prendre contrôle de la ville, en 1517, entre l'Empire portugais, dirigé par Lopo Soares de Albergaria, et le gouverneur mamelouk de la ville, Amir Husain al-Kurdi.

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Pour commémorer le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, les consuls généraux européens déposent ensemble des couronnes, dans l'esprit de la coopération européenne, sur les tombes du cimetière non musulman de Djeddah, le 11 novembre 2018. (GermanyinKSA)

Certains historiens pensent que les Portugais ont encerclé la ville pendant trois mois, d'autres disent que le siège a duré jusqu'à treize mois. Il y a eu des victimes des deux côtés et on pense que les soldats portugais tombés au combat ont été enterrés en dehors des limites de la ville. Les habitants de la région ont plus tard pris la décision de préserver la zone comme lieu de sépulture pour les non-musulmans.

Djeddah accueille depuis des siècles des visiteurs de nombreuses nationalités et de différentes confessions. Certains ne font que passer, tandis que d'autres ont décidé de s'installer dans la ville. Historiquement, il aurait été difficile et coûteux de transporter les corps des étrangers qui y sont morts vers leur pays d'origine. Cet endroit est donc devenu, pour beaucoup d’entre eux, un lieu de repos définitif.

Pendant des années, les consulats de pays comme le Royaume-Uni, les États-Unis, la France, l'Allemagne et l'Éthiopie ont entretenu le cimetière et ses tombes, et ont fourni les fonds nécessaires pour payer un gardien.

Depuis plus de dix-huit ans, c'est Younis, un musulman africain, qui se charge, entre autres choses, de polir les tombes, de retirer les ornements floraux en décomposition, et de tailler les arbres qui offrent de l'ombre aux visiteurs.

« Beaucoup trouvent que le cimetière est un endroit étrange, pour des raisons qu’eux seuls connaissent », explique-t-il. «cIl est comme tous les cimetières. Il y a des gens enterrés ici depuis cinquante ou soixante ans et plus. »

« De nombreuses personnes passent, rendent hommage aux personnes enterrées et prient selon leurs cultures et leurs traditions. Certains allument des bougies, tandis que d'autres recouvrent la tombe de riz; c'est un endroit où les non-musulmans peuvent rendre hommage aux défunts. »

Un responsable du consulat éthiopien révèle à MBC qu'il en coûte 2 500 riyals saoudiens (1 SR = 0,23 euro) pour enterrer un adulte dans le cimetière et 1 500 SR pour enterrer un enfant. Les historiens disent que le cimetière contient des tombes de soldats de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que celles de capitaines, de consuls généraux et d'enfants. Il compte des défunts de plusieurs confessions, notamment des hindous, des bouddhistes et des chrétiens.

L'attaque de mercredi, qualifiée de «lâche et ratée», serait la première à viser le cimetière. Les résidents qui vivent à proximité comprennent que c'est un site sacré et respectent sa sainteté et les morts qui y sont enterrés comme s'ils étaient les leurs.

« Le cimetière était autrefois situé à l'extérieur de la ville de Djeddah – l'urbanisation l'a touché il y a quelques décennies seulement », déclare Ameen al-Sabein, âgé de 80 ans, qui vit dans le quartier Ash Shati. « Ceux qui connaissent l’ancienne Djeddah savent que le cimetière était à l'origine situé hors de ses murs. »

Il ajoute que le cimetière est également connu sous le nom de « cimetière chrétien » et que, jusqu'à présent, c’était un lieu paisible et respecté.

« Il est entouré d'une clôture et aucune personne étrangère au pays qui l’administre n'est autorisée à entrer », déclare-t-il encore. « L'urbanisation est venue jusqu’à lui et l'a placé au cœur de la ville de Djeddah, mais il n’a jamais été menacé. »

Une enquête est en cours sur l'attaque qui a eu lieu alors que des résidents étrangers et des dignitaires, dont le consul général français, organisaient une cérémonie du Jour du souvenir pour commémorer le 102e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale. Un employé du consulat grec et un agent de sécurité saoudien ont été blessés dans l'explosion.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


L'Égypte condamne les attaques iraniennes contre la Jordanie, Bahreïn et le Koweït

La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
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  • L'Egypte met en garde contre les attaques qui menacent la stabilité régionale et réaffirme son soutien aux Etats arabes du Golfe
  • Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe

DUBAI : L'Egypte a condamné mercredi les attaques iraniennes visant la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, les décrivant comme une escalade dangereuse et une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des trois pays.

Le Koweït, Bahreïn et la Jordanie ont signalé des interceptions de drones, des sirènes de raids aériens et des tirs de missiles dans le cadre des attaques iraniennes contre des cibles liées aux États-Unis dans la région.

Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe et a affirmé son soutien aux mesures visant à protéger leur sécurité, leur stabilité et leurs biens nationaux.

Le ministère a déclaré que les attentats menaçaient la sécurité et la stabilité de l'ensemble de la région, soulignant que la sécurité des États arabes faisait "partie intégrante" de la sécurité nationale égyptienne et arabe.

L'Égypte a également réitéré son rejet de toute action qui porte atteinte à la souveraineté des États ou menace l'intégrité territoriale, tout en appelant à la désescalade et au respect du droit international afin de préserver la stabilité régionale.


Gaza: les discussions du Caire butent sur la question clef du désarmement

Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
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  • Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs"
  • Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté

LE CAIRE: Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes.

"Les consultations se poursuivent [...] dans un contexte de divergences nettes de vision [...] la question des armes restant le seul point de discorde", a déclaré à l'AFP une source politique palestinienne au fait des pourparlers.

Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs", soit l'Egypte, le Qatar et la Turquie.

Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté.

Validé par l'ONU, le plan de paix par étapes du président américain Donald Trump en vue de mettre fin à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas sur Israël, n'entrevoit au contraire qu'à très long terme la possibilité d'un retrait total des troupes israéliennes, qui contrôlent aujourd'hui environ 60% de ce territoire.

Et Israël continue d'exiger un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route fixée par M. Trump.

Plus tôt mardi, plusieurs sources palestiniennes impliquées dans les discussions avaient fait état d'un accord entre les différents mouvements pour que les groupes militarisés de la bande de Gaza remettent une partie de leurs armes à une instance palestinienne ad hoc, restant à créer.

Une telle proposition n'ayant a priori aucune chance d'être acceptée par Israël, "l'Egypte et les médiateurs travaillent à élaborer une nouvelle formule acceptable tenant compte de ce consensus", avait indiqué un des participants.

Parmi les mouvements présents au Caire figurent le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) parmi les plus importants, mais pas le Fatah, la formation du président palestinien Mahmoud Abbas.

Les discussions du Caire se tiennent alors que les frappes israéliennes - visant, selon Israël, des membres de groupes armés - se poursuivent à un rythme quasi-quotidien en dépit du cessez-le-feu annoncé en octobre 2025.

Les parties se renvoient mutuellement la responsabilité de la situation, le Hamas accusant Israël de ne pas respecter ses engagements, notamment humanitaires.

Les pourparlers entre le Hamas et les médiateurs doivent reprendre mercredi, selon un dirigeant du mouvement islamiste.

Le Hamas a déjà plusieurs fois déclaré ne pas être opposé à rendre une partie de son arsenal, mais uniquement dans le cadre d'un processus politique palestinien.

Son ancien numéro un, Khaled Mechaal, a aussi évoqué un "gel" ou un "stockage" des armes, ce qui avait été immédiatement rejeté par Israël.


Mort d'un bébé palestinien: une ONG contredit la version de l'armée israélienne, vidéo à l'appui

Une capture d'écran montre Sam Abu Haikal, âgé de sept mois, porté par son père quelques instants après qu'un soldat israélien a tiré sur la voiture dans laquelle ils se trouvaient, à Hébron, le 5 juin 2026. (B’Tselem via Reuters)
Une capture d'écran montre Sam Abu Haikal, âgé de sept mois, porté par son père quelques instants après qu'un soldat israélien a tiré sur la voiture dans laquelle ils se trouvaient, à Hébron, le 5 juin 2026. (B’Tselem via Reuters)
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  • Dimanche, l'armée israélienne avait dit que "sur la base des conclusions de l'enquête préliminaire, il a(vait) été décidé d’ouvrir une enquête par la Division des enquêtes criminelles de la police militaire"
  • L'ONG a en outre accusé les soldats de ne pas être venus en aide aux blessés

JERUSALEM: L'organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem a diffusé mardi une vidéo contredisant, selon elle, la version de l'armée sur la mort d'un bébé palestinien, tué par des tirs israéliens en Cisjordanie occupée la semaine dernière.

Sam Fahd Abou Haikal, sept mois, est décédé et ses parents ont été légèrement blessés lorsque les forces israéliennes ont ouvert le feu vendredi sur la voiture de la famille dans la ville de Hébron, selon des sources palestiniennes.

L'armée avait indiqué, après une enquête préliminaire, qu'un de ses soldats avait ouvert le feu "sur des civils" non suspects, après que leur véhicule avait accéléré en direction de troupes.

Toutefois, selon une vidéo publiée par B'Tselem sur X, la voiture a ralenti et s'est arrêtée à l'approche de deux soldats israéliens. Les images ne montrent pas le moment des tirs, mais les instants d'après, la famille palestinienne se tenant près de leur voiture tandis que le bébé saigne dans les bras de son père.

Dimanche, l'armée israélienne avait dit que "sur la base des conclusions de l'enquête préliminaire, il a(vait) été décidé d’ouvrir une enquête par la Division des enquêtes criminelles de la police militaire".

L'ONG a en outre accusé les soldats de ne pas être venus en aide aux blessés.

"Après les tirs, le soldat qui avait ouvert le feu et un autre soldat qui l'accompagnait ont quitté les lieux sans vérifier le véhicule ni aider le bébé et sa mère, grièvement blessés", a affirmé B'Tselem, toujours sur X.

Sollicitée mardi soir, l'armée israélienne a indiqué à l'AFP qu'elle "vérifiait" la vidéo publiée par l'ONG.

Lors des funérailles du nourrisson samedi, son père a dit rejeter l'idée que les tirs résultaient d'une erreur: "quand plus d'une balle est tirée, qu'il n'y a pas de tir de sommation et aucun avertissement, ça ne peut pas être une erreur".

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967.

Les violences liées au conflit israélo-palestinien ont explosé dans ce territoire en marge de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur Israël le 7 octobre 2023.

Depuis lors, au moins 1.080 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l'AFP à partir de données de l'Autorité palestinienne.

Dans le même temps, d'après des données officielles israéliennes, au moins 46 Israéliens, parmi lesquels des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.