Le Sahel après le retrait militaire français du Mali

Des soldats de la mission militaire française au Sahel connue sous le nom de «Barkhane» plient un drapeau français dans une installation militaire non divulguée, au milieu du retrait militaire français avec des troupes quittant les dernières bases au Mali, le 11 aout 2022. (AFP)
Des soldats de la mission militaire française au Sahel connue sous le nom de «Barkhane» plient un drapeau français dans une installation militaire non divulguée, au milieu du retrait militaire français avec des troupes quittant les dernières bases au Mali, le 11 aout 2022. (AFP)
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Publié le Samedi 12 novembre 2022

Le Sahel après le retrait militaire français du Mali

  • Si cette région a été le théâtre de rivalités extérieures bien avant l’avènement de la guerre d’Ukraine, le vent de l’Est fait bouger de plus en plus les lignes, en particulier avec l’implantation du groupe russe Wagner
  • Les pays du Sahel affectés par le changement climatique, la montée du terrorisme et l’érosion de fragiles structures étatiques, subissent pleinement l’impact de la guerre d’Ukraine et notamment les deux chocs alimentaires et énergétiques

PARIS: L’année 2022 représente un tournant dans l’histoire contemporaine du Sahel. L’instabilité en a été le fait marquant, avec le retrait militaire français de Mali, les troubles chroniques au Tchad, le coup d’État au Burkina Faso, la persistance de la menace terroriste, l’effritement des États, la poursuite des campagnes antifrançaises et la percée de la Russie.

Effets des tensions géopolitiques 

Les pays du Sahel, affectés par le changement climatique, la montée du terrorisme et l’érosion de structures étatiques fragiles, subissent pleinement l’impact de la guerre d’Ukraine avec, notamment, les chocs alimentaires et énergétiques qu’elle a provoqués.

Ces données accentuent la tentation de l’instrumentalisation des pays et des populations du Sahel par des acteurs internationaux. Si cette région a été le théâtre de rivalités extérieures bien avant l’avènement de la guerre d’Ukraine, le vent de l’Est fait bouger les lignes de plus en plus, en particulier avec l’implantation du groupe russe Wagner. Ce dernier agit comme un bouclier pour les nouveaux personnages au pouvoir, en l’occurrence les militaires du Mali et du Burkina Faso.

Sans doute cette instabilité géopolitique menace-t-elle une unité sahélienne cristallisée depuis la décolonisation et institutionnalisée en 2014 avec la naissance, sous l’influence de la France, du G5 (Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie et Niger), destiné à lutter contre la montée du terrorisme.

Cependant, le coup d’État à Bamako et le retrait du Mali du G5 mettait pratiquement un terme à cette expérience. Ainsi, dans ce Sahel soumis à rude épreuve, les colonels reviennent sur le devant de la scène en cultivant la contestation contre la France, l’ex-puissance coloniale, décrétant que l’heure des comptes avec Paris avait sonné tout en s’appuyant sur le groupe Wagner, qui représente les intérêts de la Russie.

Retour des putschistes

Le bilan de l’action militaire française au Sahel, ces neuf dernières années, est mitigé. Même si l'opération Barkhane, qui, en 2013, a succédé à l'opération Serval, a obtenu de beaux succès tactiques en éliminant de nombreux chefs djihadistes et en entravant la marge de manœuvre des groupes armés, les revendications régionalistes et partisanes (cas des Touaregs) ont envenimé la situation et entraîné le chaos. De fait, l'État malien n'a jamais transformé l'essai en apportant des réponses politiques. Cela a conduit à l’intensification de la violence et à la montée du sentiment antifrançais.

Par la suite, le désordre en Afrique de l’Ouest a produit des coups d’État ces deux dernières années: au Mali (en août 2020 et en mai 2021), au Tchad (putsch avorté en avril 2021), en Guinée (en septembre 2021) et au Burkina Faso (en janvier 2022, puis en septembre-octobre 2022).

Au Mali, en Guinée et au Burkina Faso, les putschistes (tous des colonels et des capitaines) ont été acclamés par une partie de la population, notamment dans les capitales, et certains ont même été érigés en hérauts d’un nouveau panafricanisme.

Certes, la prise du pouvoir par les militaires apparaissait comme le fruit d'une forte désillusion démocratique. Mais elle s’explique comme une réaction à la désintégration de l’État ou encore par le fait qu’elle soit influencée par des facteurs extérieurs.

Le facteur Wagner en Afrique

Sur un continent riche de ressources naturelles, avec ses immenses réserves de minerais et son jeune potentiel humain, la compétition internationale bat son plein et la France se trouve affaiblie, notamment dans son carré d’influence historique au Sahel.

La présence du groupe Wagner s’est d’abord manifestée en République centrafricaine, devenue un modèle de présence bénéfique à travers la promotion d'un contrôle sécuritaire implacable accompagné d’un remplacement de la France dans la formation de l'armée et des forces de l’ordre – en échange d'un partage de l'extraction de diamants, d'or et d'autres minerais (la France dépend de l’uranium au Niger, devenu le pays pilote de Barkhane).

Notons que le groupe Wagner est bien présent dans de nombreux pays africains, dont la Libye, l'Angola, la Guinée, le Mozambique, l'Afrique du Sud et le Congo. Le cas Wagner est typique. Il est fondé par l’homme d’affaires Evgueni Prigojine; après que ce dernier a opéré dans la clandestinité pendant des années, la guerre en Ukraine a changé la donne et Wagner s’est imposé comme une force paramilitaire bien présente, véritable bras armé de Moscou.

L’impasse de l’instabilité chronique

Avec les actions militaires menées à Bamako et à Ouagadougou ainsi que les attaques terroristes qui ont frappé le Niger et dans toute la sous-région, le Tchad est marqué par des troubles liés aux luttes pour le pouvoir, après l’élimination «suspecte» d’Idriss Déby au cours du printemps 2021 et la montée contestée de son fils.

Sur le plan de la lutte antiterroriste, les défis sont multiples avec la persistance de menaces venues des sections régionales d’Al-Qaïda et de Daech. En outre, on assiste à une guerre intestine entre deux chefs «djihadistes»: Iyad Ag Ghali, fondateur et chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM); et Abou al-Bara al-Sahraoui, chef de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS). Cette sous-guerre entre les deux principales nébuleuses djihadistes complique la lutte antiterroriste et montre combien il est difficile de mener cette guerre sans la neutralisation ou la négociation avec les groupes rebelles et claniques qui se détachent des entreprises terroristes.

En conclusion, les récents développements accentuent le désordre et pèsent sur une sous-région qui souffre de pauvreté et d’absence de gouvernance et victime de la compétition internationale. Dans ce cadre, il n’est pas certain que le recul de l’influence française soit une bonne nouvelle.


France Volontaires et l’Institut du monde arabe renforcent leur coopération 

Yann Delaunay, directeur général de France Volontaires et Anne-Claire Legendre,  présidente de l’Institut du monde arabe. (Photo fournie)
Yann Delaunay, directeur général de France Volontaires et Anne-Claire Legendre, présidente de l’Institut du monde arabe. (Photo fournie)
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  • Pour l’IMA, le partenariat doit permettre de renforcer les collaborations avec de jeunes professionnels et talents du monde arabe, en les associant à ses équipes et à ses projets
  • Pour France Volontaires, il ouvre un nouveau cadre de coopération avec l’une des principales institutions françaises consacrées aux relations entre la France et le monde arabe

PARIS : France Volontaires et l’Institut du monde arabe (IMA) ont signé lundi 31 août un accord visant à développer les échanges de volontaires entre la France et les pays arabes, avec l’objectif de renforcer les liens entre les sociétés civiles et de favoriser la circulation des compétences et des savoirs.

Cette convention structure leur coopération autour du volontariat international d’échange et de solidarité (V.I.E.S.), avec une attention particulière portée au principe de réciprocité. Celui-ci permet de développer des missions de volontariat dans les deux sens, en accueillant notamment au sein d’organisations françaises des jeunes issus des pays partenaires.

Pour l’IMA, le partenariat doit permettre de renforcer les collaborations avec de jeunes professionnels et talents du monde arabe, en les associant à ses équipes et à ses projets. Pour France Volontaires, il ouvre un nouveau cadre de coopération avec l’une des principales institutions françaises consacrées aux relations entre la France et le monde arabe.

Deux premières missions au sein de l’Institut du monde arabe

La convention prévoit la mise en place de deux premières missions de volontariat au sein de l’IMA.

La première sera confiée à Layan Qarain, une Jordanienne de 28 ans, dans le cadre d’une mission de Volontariat de solidarité internationale (VSI). Trilingue en arabe, français et anglais, elle apportera son expertise à la communication en langue arabe de l’Institut.

Son parcours comprend notamment des expériences à l’Ambassade de France en Jordanie et à l’Institut français de Jordanie, dans des fonctions liées à la communication institutionnelle. Son profil se situe ainsi à la croisée de la coopération internationale, de la culture et du dialogue entre la France et le monde arabe.

Selon France Volontaires, cette mission doit permettre à Qarain de mettre ses compétences au service de projets favorisant les échanges et la compréhension mutuelle entre les sociétés françaises et arabes.

La deuxième mission prévoit l’accueil d’un volontaire dans le cadre du Service Civique de réciprocité. Celui-ci travaillera notamment sur les relations avec les fondations et les acteurs de la philanthropie dans les pays du Golfe.

L’association La Guilde, membre de France Volontaires, accompagnera la mise en œuvre de ces deux missions pour le compte de l’Institut du monde arabe.

Un partenariat inscrit dans la durée

Au-delà de ces deux premières expériences, France Volontaires et l’IMA souhaitent utiliser cette convention pour identifier et développer de nouveaux projets communs.

France Volontaires accompagnera notamment les équipes de l’Institut et ses partenaires dans la découverte des différents dispositifs de volontariat international. Des sessions d’information et des ressources pratiques doivent permettre de faciliter la conception et la mise en œuvre de futures missions.

La convention est conclue pour une durée de quatre ans et fera l’objet d’un suivi annuel. Celui-ci permettra notamment de recenser les projets réalisés, de suivre le nombre de volontaires mobilisés et d’évaluer les résultats de la coopération.

Pour Anne-Claire Legendre, présidente de l’Institut du monde arabe, ce partenariat traduit concrètement la vocation de l’institution à rapprocher la France et le monde arabe.

« La réciprocité et le partage des compétences sont au cœur de cette démarche », a-t-elle déclaré.

De son côté, Yann Delaunay, directeur général de France Volontaires, considère le volontariat comme un outil permettant de transformer le dialogue entre les sociétés en expériences concrètes.

« Nous souhaitons créer des opportunités d’engagement qui permettent aux jeunes de France et des pays arabes de se rencontrer, de mettre leurs compétences au service de projets communs et de construire ensemble de nouvelles formes de coopération engagée et réciproque », a-t-il affirmé.

À travers cet accord, les deux organisations entendent ainsi donner une dimension plus concrète aux échanges franco-arabes, en misant sur la mobilité des jeunes, le partage d’expertises et la coopération entre les sociétés civiles.


Interdiction du voile: critiqué de toute part, le RN assure ne pas «attaquer un symbole religieux»

Le RN "n'attaque pas un symbole religieux" mais celui d'une "idéologie", avec sa proposition, critiquée de toute part, d'interdire le port du voile islamique en public, a assuré mardi le député Jean-Philippe Tanguy qui a défendu l'organisation d'un référendum en dépit des doutes sur sa constitutionnalité. (Combo/AFP)
Le RN "n'attaque pas un symbole religieux" mais celui d'une "idéologie", avec sa proposition, critiquée de toute part, d'interdire le port du voile islamique en public, a assuré mardi le député Jean-Philippe Tanguy qui a défendu l'organisation d'un référendum en dépit des doutes sur sa constitutionnalité. (Combo/AFP)
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  • La candidate à la présidentielle, Marine Le Pen, a confirmé lundi soir qu'elle proposerait "aux Français par référendum une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes avec de nombreuses mesures puissantes, y compris la pénalisation du voile"
  • Le candidat LR Bruno Retailleau, qui veut interdire le voile dans les compétitions sportives et les sorties scolaires, a dénoncé sur RTL "des populistes" qui "trahiront leurs promesses parce qu'ils savent parfaitement que c'est inapplicable"

PARIS: Le RN "n'attaque pas un symbole religieux" mais celui d'une "idéologie", avec sa proposition, critiquée de toute part, d'interdire le port du voile islamique en public, a assuré mardi le député Jean-Philippe Tanguy qui a défendu l'organisation d'un référendum en dépit des doutes sur sa constitutionnalité.

"Nous n'avons jamais stigmatisé les femmes qui portent le voile" mais "il peut arriver qu'on doive malheureusement parfois abandonner un certain nombre de symboles parce qu'ils ont été accaparés par une idéologie", a justifié sur franceinfo M. Tanguy, qui avait évoqué dimanche le projet de son parti de soumettre à des amendes les femmes portant le voile dans la sphère publique.

La candidate à la présidentielle, Marine Le Pen, a confirmé lundi soir qu'elle proposerait "aux Français par référendum une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes avec de nombreuses mesures puissantes, y compris la pénalisation du voile islamiste dans l'espace public".

Cette proposition a été critiquée de toute part à la fois comme une atteinte à la liberté religieuse et pour son applicabilité pratique par les policiers.

Le candidat LR Bruno Retailleau, qui veut interdire le voile dans les compétitions sportives et les sorties scolaires, a dénoncé sur RTL "des populistes" qui "trahiront leurs promesses parce qu'ils savent parfaitement que c'est inapplicable".

"Cela patauge dur au RN entre l'expression de M. Bardella (qui ne veut pas "mettre en place une police du vêtement") et l'expression de Mme Le Pen", a-t-il fait remarquer.

Le candidat Renaissance Gabriel Attal s'est dit "en désaccord radical avec cette proposition" à l'occasion de la visite d'une école de sa circonscription.

"Le respect des valeurs de la République passe aussi par une liberté de croyance, une liberté de culte, et donc le respect du choix qui est fait par certaines femmes", a-t-il estimé.

M. Attal avait aussi suscité la polémique il y a quelques mois en proposant l'interdiction du voile aux moins de 15 ans mais "au nom de la protection de l'enfance".

Un référendum nécessiterait au préalable une révision de la Constitution qui limite le champ du référendum dans son article 11. Mais M. Tanguy considère que "l'article 11 est extensif" et pense que "les Français doivent pouvoir se prononcer sur tous les sujets".

Si elle est élue, Marine Le Pen entend de toute façon procéder dès son arrivée à une grande révision de la Constitution pour y introduire des dispositions sur l'immigration, la nationalité ou la primauté du droit national.

Elle veut réaliser cette révision directement par référendum par cet article 11, ce qui serait probablement dénoncé comme un coup de force par le Conseil constitutionnel.

Celui-ci considère que la seule procédure de la révision de la Constitution est l'article 89 qui exige l'accord des deux chambres du Parlement (Assemblée nationale et Sénat) sur un même texte avant ensuite un Congrès à Versailles ou un référendum.

 


Entre excitation et stress, 11,6 millions d'élèves de retour en classe

Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, regarde à travers une clôture lors d'une visite à l'école primaire publique Annette Zaidman, le jour de la rentrée scolaire de l'année 2025-2026, après les vacances d'été, à Paris, le 1er septembre 2026. (Photo : SIMON WOHLFAHRT / AFP)
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, regarde à travers une clôture lors d'une visite à l'école primaire publique Annette Zaidman, le jour de la rentrée scolaire de l'année 2025-2026, après les vacances d'été, à Paris, le 1er septembre 2026. (Photo : SIMON WOHLFAHRT / AFP)
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  • Après plusieurs années marquées par des réformes successives et quelques mois avant la présidentielle, cette rentrée apparaît toutefois relativement calme
  • "Ça fait un peu l'effet d'une rentrée plan-plan", constate même Aurélie Gagnier, du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire

PARIS: Les cartables ressortent du placard: 11,6 millions d'écoliers, collégiens et lycéens font mardi leur rentrée, marquée par quelques nouveautés, comme l'interdiction du portable au lycée, et pour certains par des perturbations après une importante cyberattaque ayant visé l'Éducation nationale.

Devant le collège Pasteur, à Strasbourg, Zuhal Chams est venue accompagner son fils Elham, qui rentre en sixième. "Je suis un peu stressée et lui aussi", confie la mère de famille.

A quelques mètres de là, Jawhara, 11 ans, arrivée seule pour sa rentrée en sixième, affiche un mélange d'inquiétude et d'impatience. "J'ai un peu peur mais j'ai aussi hâte", dit l'adolescente au sac à dos rose et au jogging gris.

Elham, petit brun de 12 ans, se dit aussi "un peu excité et stressé aussi". Plus habitué aux lieux, Rafi, 16 ans, qui effectue sa rentrée en troisième, assure se sentir "très bien". "J'en avais marre de rester à la maison", explique-t-il, se disant "très content" de retrouver ses camarades.

Pour cette première rentrée en tant que ministre de l'Education, et vraisemblablement sa dernière, Édouard Geffray se rend mardi au lycée Chaptal de Mende (Lozère) avec le président Emmanuel Macron.

Ils échangeront avec élèves et enseignants sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, principale nouveauté de cette rentrée.

Son application s'annonce complexe dans certains établissements, qui doivent encore adapter leur règlement intérieur et définir les dérogations autorisant l'usage des smartphones dans certains cas (paiement de la cantine, activités pédagogiques, etc.).

Parmi les autres grandes nouveautés de cette rentrée, des questions sur les violences sexistes et sexuelles seront ajoutées au questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire distribué chaque année aux élèves, de la grande section à la terminale.

Rentrée "plan-plan" 

Après plusieurs années marquées par des réformes successives et quelques mois avant la présidentielle, cette rentrée apparaît toutefois relativement calme. "Ça fait un peu l'effet d'une rentrée plan-plan", constate même Aurélie Gagnier, du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire.

"Il n'y aura pas de réforme Geffray", a répété la semaine dernière lors de première conférence de rentrée le ministre. Cette année, le ministre a mis l'accent sur sur la maîtrise du langage et du raisonnement scientifique.

"Quand on regarde nos évaluations nationales, on a encore beaucoup de travail à faire. Il y a un effritement du niveau notamment sur les années collège depuis maintenant très longtemps", a-t-il reconnu lundi sur France Inter alors que seront dévoilés la semaine prochaine les résultats de l'étude Pisa qui évalue le niveau des élèves de 15 ans en français et en sciences.

Pour cette rentrée, Edouard Geffray met toutefois  en avant une amélioration du recrutement enseignant grâce au déplacement du concours à bac+3. "On a fait le plein cette année" grâce à cette réforme, s'est-il félicité lundi.

Les syndicats appellent néanmoins à la prudence, jugeant ces résultats en partie "en trompe-l'oeil" en raison de la coexistence cette année des concours à bac+3 et à bac+5. Plusieurs disciplines, comme les lettres classiques ou l'allemand, restent en tension.

Cyberattaque 

Cette rentrée est également marquée par les suites d'une importante cyberattaque révélée fin juillet par le ministère. Le piratage a entraîné la suspension préventive de nombreux outils numériques. Si un retour à la normale a été annoncé dans 28 des 30 académies, celles de Toulouse et de Nantes restent fortement perturbées.

"Nous ferons l'appel à partir de listes papier. C'est +Retour vers le futur+", ironise auprès de l'AFP Joeffrey Renaud, professeur d'histoire-géographie dans l'académie de Nantes et représentant du Snes-FSU, principal syndicat dans le second degré.

A Toulouse, les emplois du temps seront distribués en version papier.

Les personnels doivent encore composer avec l'absence d'accès aux messageries professionnelles, aux bases de données des élèves et des familles ou à certaines applications administratives.

Dans les deux académies, "la rentrée se fait dans des conditions techniquement difficiles pour les personnels de direction notamment, mais elle se fait évidemment dans des conditions ordinaires pour les élèves", a assuré lundi M. Geffray.

"Chacun fait de son mieux pour que cette rentrée se déroule dans les meilleures conditions possibles", abonde Yvon Manac'h, secrétaire académique du SNPDEN-UNSA, principal syndicat des chefs d'établissement, dans l'académie de Toulouse.