Cinemed, le rendez-vous annuel des cinématographies des deux rives

La 44e édition du Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier (Cinemed), qui s’est déroulée du 21 au 29 octobre, a rassemblé de nombreux cinéastes des deux rives de la Méditerranée (Photo, fournie).
La 44e édition du Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier (Cinemed), qui s’est déroulée du 21 au 29 octobre, a rassemblé de nombreux cinéastes des deux rives de la Méditerranée (Photo, fournie).
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Publié le Jeudi 03 novembre 2022

Cinemed, le rendez-vous annuel des cinématographies des deux rives

  • «Le festival n’est pas seulement révélateur, mais acteur de la production méditerranéenne; nombre de films soutenus par Cinemed portent nos couleurs dans les festivals de cinéma internationaux»
  • La présidence du jury Antigone 2022, assurée par le couple Rachida Brakni et Éric Cantona, a attribué la plus prestigieuse récompense, l’Antigone d’or, et le prix de la Critique au film tunisien Ashkal de Youssef Chebbi

PARIS: La 44e édition du Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier (Cinemed), qui s’est déroulée du 21 au 29 octobre, a rassemblé de nombreux cinéastes des deux rives de la Méditerranée. Parmi eux, le talentueux réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche aux multiples distinctions, dont le Lion d’or à Venise, la Palme d’or à Cannes, et de nombreuses distinctions aux César; la cinéaste espagnole engagée Iciar Bollain; ou encore la Franco-Arabe de confession juive Simone Bitton, figure emblématique du féminisme, qui réalise des documentaires témoignant de l’Histoire des cultures issues d’Afrique du Nord ou du Moyen-Orient.

«Abdellatif Kechiche marque incontestablement l’Histoire du cinéma d’une empreinte majeure, sa filmographie est profondément ancrée sur notre territoire: de Sète, où il a tourné trois films, à Montpellier. C’est tout naturellement à Cinemed, chez lui, qu’il fait son retour après plusieurs années d’absence», souligne Christophe Leparc, directeur du festival. De son côté, Michaël Delafosse, président de Montpellier Méditerranée Métropole, et maire de la ville, a indiqué que «les cinéastes témoignent du monde qui les entoure» et qu’il faudra «veiller à la circulation de leurs œuvres, les protéger du formatage, valoriser la richesse de leur outil d’expression». Il a salué le professionnalisme de Cinemed qui s’est «considérablement développé ces dernières années autour notamment de la jeune création. Le festival n’est pas seulement révélateur, mais acteur de la production méditerranéenne. Nombre de films soutenus par Cinemed portent nos couleurs dans les festivals de cinéma internationaux.»

Le programme 2022 a proposé parmi ses projections une rétrospective en quinze films du scénariste et réalisateur napolitain Francesco Rosi (Photo, fournie).
Le programme 2022 a proposé parmi ses projections une rétrospective en quinze films du scénariste et réalisateur napolitain Francesco Rosi (Photo, fournie).

Avant-premières et projections spéciales

Le programme 2022 a proposé parmi ses projections une rétrospective en quinze films du scénariste et réalisateur napolitain Francesco Rosi. Elle a permis au public de découvrir les tiraillements et les déchirements de la société italienne de la deuxième partie du XXe siècle. Les avant-premières ont, quant à elles, affiché complet durant les neuf jours du festival.

Parmi les films présentés en avant-premières durant la 44e édition du Cinemed:

Houria de Mounia Meddour (France, Belgique, Algérie)

Les Repentis d’Iciar Bollain (Espagne)

Couleurs de l’incendie de Clovis Cornillac (France)

Le Monde de Kaleb de Vasken Toranian (France)

Neneh superstar de Ramzi ben Sliman (France)

Sous les figues d’Erige Sehiri (Tunisie, France)

Tirailleurs de Mathieu Vadepied (France)

Les Miens du comédien et réalisateur Roschdy Zem (France)

Nos frangins de Rachid Bouchareb (Algérie)

Palmarès

 La présidence du jury Antigone 2022, assurée par le couple Rachida Brakni et Éric Cantona, a attribué la plus prestigieuse récompense, l’Antigone d’or, et le prix de la Critique au film tunisien Ashkal de Youssef Chebbi. «C’est un film qui s’est imposé comme une évidence, tant sur le fond que sur la forme», a souligné Rachida Brakni lors de la cérémonie de clôture. «C’est un film d’une très grande maîtrise de la narration, un profond sens du cadre, un travail sonore remarquable et servi par des acteurs prodigieux.» Dans la catégorie documentaires, le prix Ulysse a été attribué à Gardien des mondes de Leila Chaïbi (France, Tunisie, Qatar).

 

Neuf films étaient en compétition pour l’Antigone d’or de Montpellier Méditerranée Métropole 

 

- Dirty Difficult Dangerous de Wissam Charaf (France, Italie, Liban) avec Clara Couturet et Ziad Jallad

- Pour la France de Rachid Hami (France) avec Shaïn Boumedine, Karim Leklou et Lubna Azabal

- Ashkal de Youssef Chebbi (Tunisie), avec Fatma Oussaifi et Mohamed Houcine Grayaa

- La Stranezza de Roberto Ando (Italie) avec Toni Servillo, Salvatore Ficarra et Valentino Picone

- La Dernière Reine d’Adila Bendimerad et Damien Ounouri (Algérie, France, Arabie saoudite, Qatar, Taïwan) avec Adila Bendimerad, Dali Benssalah et Tahar Zahoui

- Lullaby d’Alauda Ruiz de Azua (Espagne) avec Laia Costa, Susi Sanchez et Ramon Barea

- Abdelinho de Hicham Ayouch (Maroc) avec Abderrahim Tamimi, Ines Monteiro et Ali Suliman

- Tant que le soleil frappe de Phillipe Petit (France) avec Swann Arlaud, Sarah Adler et Grégoire Oestermann

- Fièvre méditerranéenne de Maha Haj (Palestine, Allemagne, France, Chypre, Qatar) avec Amer Hlehel, Ashraf Farah et Anat Hadid


Gaza à l’IMA: lumière de l’histoire sur un champ de ruine et de désespoir

Equipes franco-palestiniennes dans les fouilles de Blakhiya. (IMA)
Equipes franco-palestiniennes dans les fouilles de Blakhiya. (IMA)
Détail d'une mosaïque byzantine, site de Jabaliya. (IMA)
Détail d'une mosaïque byzantine, site de Jabaliya. (IMA)
Photo de l'exposition. (IMA)
Photo de l'exposition. (IMA)
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  • A défaut d’un avenir lisible, Gaza possède un passé glorieux, qu’une exposition exceptionnelle organisée par l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris cherche aujourd’hui à rappeler au monde
  • Les pièces exposées – environ 130 sur un total de 500 – sont elles-mêmes le reflet du sort de Gaza

PARIS: Depuis 2007, date à laquelle Israël a imposé un blocus sur Gaza, l’enclave palestinienne, coupée hermétiquement du reste du monde, était déjà souvent décrite comme une prison à ciel ouvert.

Au lendemain du 7 octobre 2023, cette prison s’est tragiquement transformée en cimetière à ciel ouvert : des dizaines de milliers de morts et de blessés, des familles déplacées sans cesse, fuyant d’un point à l’autre de l’enclave sous les frappes de l’armée israélienne.

Aujourd’hui, Gaza n’est plus qu’un champ de ruines. Les images qui nous parviennent sont insoutenables : des corps déchiquetés, des femmes, des hommes, des enfants tirés des décombres à mains nues, des files interminables de civils poussant des charrettes de fortune ou marchant sans fin, à la recherche d’un abri. Deux millions de personnes y survivent dans une précarité absolue, entre famine, insécurité et insalubrité.

Gaza est devenue synonyme de mort, de misère, de désespoir. Et pourtant, à défaut d’un avenir lisible, Gaza possède un passé glorieux, qu’une exposition exceptionnelle organisée par l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris cherche aujourd’hui à rappeler au monde. Intitulée « Trésors de Gaza, 5000 ans d’histoire », elle offre une plongée saisissante dans la richesse historique et culturelle de ce territoire meurtri.

Alors que, depuis le début de la guerre, certains discours tentent de déshumaniser la population gazaouie, cette exposition répond par l’Histoire. Elle témoigne de l’ancrage profond de Gaza dans la civilisation, de son rôle de carrefour entre l’Asie, l’Afrique, l’Arabie et la Méditerranée.

Les pièces exposées – environ 130 sur un total de 500 – sont elles-mêmes le reflet du sort de Gaza. Propriété de l’Autorité palestinienne, elles étaient en exil depuis 2006, stockées au Musée d’Art et d’Histoire de Genève, comme des centaines de milliers de Palestiniens loin de leur terre.

Parmi ces œuvres : des amphores, statuettes, stèles funéraires, lampes à huile, figurines, mosaïques… datant de l’âge du bronze jusqu’à l’époque ottomane. Un ensemble archéologique devenu d’autant plus précieux à mesure que les sites originels sont détruits.

Grâce à la coopération du musée genevois et au soutien de l’Autorité nationale palestinienne, l’IMA a pu présenter une sélection de chefs-d’œuvre issus des fouilles franco-palestiniennes menées depuis 1995. La spectaculaire mosaïque d’Abu Baraqeh, ainsi que des pièces de la collection privée de Jawdat Khoudary (offerte à l’Autorité palestinienne en 2018) sont exposées pour la première fois en France.

Cette exposition donne à voir un visage trop souvent ignoré de Gaza : celui d’un territoire prestigieux, vanté dans l’Antiquité pour sa douceur de vivre, convoité pour sa position stratégique entre les empires égyptien et perse, prisé par les commerçants caravaniers, port des richesses venues d’Orient, d’Afrique et d’Arabie.

Cartographie des bombardements

Mais ce patrimoine est aujourd’hui menacé. Depuis octobre 2023, l’Unesco a documenté, via des images satellitaires, des dommages sur 69 sites culturels à Gaza : 10 sites religieux – dont l’église grecque orthodoxe de Saint-Porphyre, détruite le 19 octobre 2024 – 43 bâtiments à intérêt historique ou artistique, 7 sites archéologiques, 6 monuments, 2 dépôts de biens culturels mobiliers et 1 musée.

L’exposition inclut également une cartographie des bombardements, élaborée par plusieurs groupes de recherche, un recensement des récentes découvertes archéologiques, ainsi qu’une série de photographies rares de Gaza au début du XXe siècle, issues des archives de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem.

Pour Jack Lang, président de l’IMA, « Rien n’est pire que l’abandon et l’oubli. Cette exposition, que je qualifierais de salut public, rend hommage à Gaza, vibrante et merveilleusement jeune. » Il ajoute : « Plus que jamais aujourd’hui, en particulier depuis le 7 octobre, Gaza mérite que l’on raconte son Histoire. »

En conclusion, Lang revendique l’exposition, comme un acte militant en souhaitant qu’elle puisse « contribuer à redonner espoir dans l’avenir de Gaza loin des projets déments de Riviera et des déplacements forcés des palestiniens.

Organisée en partenariat avec le ministère du Tourisme et des Antiquités de Palestine et le Musée d’Art et d’Histoire de Genève, l’exposition est visible à l’Institut du Monde Arabe jusqu’au 2 novembre prochain.

 


L'huile de peregrina d'Arabie saoudite, nouvelle perle du monde de la beauté

Un agriculteur d'AlUla récolte de la peregrina. (Photo fournie)
Un agriculteur d'AlUla récolte de la peregrina. (Photo fournie)
La société AlUla Peregrina Trading Company s'apprête à présenter son huile active et ses extraits de peregrina au salon in-cosmetics Global, qui se tiendra ce mois-ci à Amsterdam. (Photo fournie)
La société AlUla Peregrina Trading Company s'apprête à présenter son huile active et ses extraits de peregrina au salon in-cosmetics Global, qui se tiendra ce mois-ci à Amsterdam. (Photo fournie)
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  • L'huile vierge de peregrina d'APTC est légère mais profondément nourrissante
  • Ella aide à hydrater la peau, à améliorer l'élasticité, à réduire les ridules et à stimuler la densité des cheveux

DUBAÏ: Un joyau caché dans le désert fait sensation sur la scène mondiale, et il se trouve au cœur de l'Arabie saoudite.  L'AlUla Peregrina Trading Company (APTC) s'apprête à présenter ses huiles actives et ses extraits de peregrina à in-cosmetics Global – un salon professionnel sur les ingrédients cosmétiques – qui se tiendra à Amsterdam ce mois-ci.   

L'histoire de l'ingrédient phare d'APTC est aussi riche que le désert lui-même. L'arbre peregrina, originaire d'AlUla, pousse dans le rude climat arabe. Il produit des graines riches en nutriments qui sont appréciées depuis des siècles et l'APTC donne aujourd'hui à ce trésor ancien une tournure moderne.

Abobakar Alanazi, président-directeur général d'APTC, voit dans cet arbre un symbole de résilience et de beauté. «C'est un véritable joyau de la nature», a-t-il déclaré à Arab News. «Ce qui le rend exceptionnel pour les soins de la peau et des cheveux, c'est la composition unique de son huile et de ses extraits qui regorgent d'antioxydants, d'acides gras essentiels et de composés bioactifs qui nourrissent, protègent et rajeunissent la peau.»

L'huile vierge de peregrina d'APTC est «légère mais profondément nourrissante», a-t-il ajouté, «aidant à hydrater la peau, à améliorer l'élasticité, à réduire les ridules et à stimuler la densité des cheveux».

Pour Alanazi, cette huile «illustre l'essence de l'héritage du désert et de la longévité en matière de beauté, mêlant la sagesse ancienne à l'innovation moderne en matière de soins de la peau pour un équilibre parfait».

L'APTC travaille directement avec 159 agriculteurs locaux, ce qui garantit la traçabilité de chaque bouteille d'huile de peregrina, de la ferme à la peau. Alanazi a également indiqué que 90 % des employés d'APTC sont des locaux, dont 70 % sont des femmes.  

«Nous sommes fiers de faire de la peregrina un atout pour AlUla et l'Arabie saoudite, en mettant l'accent sur l'autonomisation des communautés locales», a-t-il déclaré.

Mais il n'a pas été facile de se faire une place sur la scène internationale de la beauté. «L'un de nos plus grands défis a été de positionner le désert d'Arabie sur la carte du marché mondial des ingrédients», a déclaré M. Alanazi.

Mais l'APTC a désormais conclu des partenariats avec des marques internationales, notamment un accord exclusif avec Cartier pour le lancement de produits de soins de la peau utilisant l'huile de peregrina hivernée. Il s'agit de trois produits cosmétiques haut de gamme: une huile pure pour le visage et les cheveux, une crème pour le visage et des huiles aromatiques.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Theater Tour », une initiative pour célébrer la culture locale dans toute l'Arabie saoudite

Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
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  • La pièce primée Bahr est jouée pour la première fois à Bahreïn, puis à Jubail, Dammam et Al-Ahsa.
  • Ce nouveau projet vise à stimuler le théâtre local, l'engagement communautaire et la sensibilisation culturelle dans tout le pays.

RIYAD : Jeudi, la Commission saoudienne du théâtre et des arts du spectacle a lancé l'initiative « Theater Tour », qui vise à présenter des représentations théâtrales exceptionnelles dans les villes, les gouvernorats et les villages du Royaume.

Le projet a pour objectif de promouvoir la scène culturelle et les arts du spectacle, tout en encourageant l'engagement communautaire, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

La première phase débutera avec la pièce Bahr (Mer), qui se déroulera du 3 avril au 3 mai, a ajouté l'agence de presse saoudienne.

La production débutera à Baha du 3 au 5 avril au théâtre du prince Sultan bin Abdulaziz du centre culturel, avant de se rendre à Jubail du 17 au 19 avril dans la salle de conférence de la commission royale à Al-Fanateer.

Elle se poursuivra à Dammam du 24 au 26 avril au théâtre de l'université Imam Abdulrahman bin Faisal, puis se terminera à Al-Ahsa du 1^(er) au 3 mai au théâtre de la Société pour la culture et les arts. 

Ce projet s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par la Commission pour mieux faire connaître le secteur du théâtre et des arts du spectacle, tout en veillant à ce que les services culturels soient accessibles dans les zones mal desservies et auprès des communautés marginalisées.

Il vise également à soutenir les troupes de théâtre locales, à stimuler la production théâtrale et à renforcer la contribution du secteur culturel au produit intérieur brut national.

L'initiative favorise également les opportunités d'investissement et sert de plateforme pour découvrir et soutenir les talents émergents, a rapporté la SPA.

La pièce Bahr, écrite par Abdulrahman Al-Marikhi et mise en scène par Sultan Al-Nawa, a été saluée par la critique et a remporté plusieurs prix prestigieux, notamment ceux du meilleur acteur, du meilleur scénario et de la meilleure production globale lors du premier festival de théâtre de Riyad, ainsi que ceux des meilleurs effets musicaux et du meilleur metteur en scène lors du 19ᵉ festival de théâtre du Golfe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com