France: la précarité des jeunes migrants en quête d'un sésame de minorité

Par petits groupes, les jeunes vont et viennent dans le bâtiment, transformé en un vaste dortoir délimité par de larges paravents (Photo, AFP).
Par petits groupes, les jeunes vont et viennent dans le bâtiment, transformé en un vaste dortoir délimité par de larges paravents (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 01 novembre 2022

France: la précarité des jeunes migrants en quête d'un sésame de minorité

  • Dans son projet de budget présenté fin septembre, le gouvernement prévoit de financer 186 000 places d'hébergement d'urgence fin 2023, contre 193 000 fin 2022
  • La semaine dernière, dix maires de grandes villes de France se sont alarmés de cette baisse dans une lettre à la Première ministre Elisabeth Borne

LYON: "Je ne m'attendais pas à être à la rue, ici. Je veux juste vivre normalement", soupire Michel, un jeune Camerounais. Comme des dizaines de migrants isolés de Lyon dans le centre de la France, il espère être reconnu comme mineur pour être pris en charge.

Si la ville fait figure d'exception en offrant un toit à des dizaines de jeunes en errance, associations et élus réclament la "présomption de minorité" qui ouvrirait des droits à ces migrants plongés dans un flou juridique dans l'attente de l'établissement de leur statut de mineur.

"Avant de venir ici il y a une semaine, je dormais dehors", raconte à l'AFP Michel, silhouette longiligne, le visage marqué par l'acné. Ce fils d'instituteur, natif de Yaoundé, dit avoir "16 ans et demi" et être arrivé il y a "quatre-cinq mois" à Lyon, la troisième ville la plus peuplée de France.

"Je viens de lire des messages de mon père sur mon téléphone. Il me dit de rester fort", raconte le jeune homme, qui profite depuis peu d'un lit de camp comme 65 autres garçons - tous originaires d'Afrique subsaharienne - dans un gymnase municipal.

Par petits groupes, les jeunes vont et viennent dans le bâtiment, transformé en un vaste dortoir délimité par de larges paravents.

La distribution des repas, la lessive, l'inscription en cours de français et les rendez-vous avec des avocats rythment désormais leur quotidien, avec l'aide de plusieurs collectifs citoyens et associations dont LAHSo, spécialisée dans l'inclusion sociale.

"On est tranquille. On nous donne à manger, on peut prendre notre douche", raconte Lamine, bientôt 17 ans selon lui, qui est arrivé en mai dernier de sa Guinée natale. Comme Michel, il est peu disert sur son parcours migratoire.

«Gymnase tampon»

Avant l'ouverture du gymnase fin septembre par la municipalité écologiste, le jeune homme vivait avec des dizaines de compagnons d'infortune dans des squats et sous des tentes dans un parc proche du centre-ville, avec le soutien de riverains et associations.

Au terme d'une évaluation sociale de cinq jours menée avec l'aide de l'association Forum Réfugiés, Lamine n'a pas été reconnu Mineur non accompagné (MNA). Il n'a donc pas droit à un hébergement ou à une prise en charge.

Lamine n'est pas non plus considéré comme majeur en vertu de son recours auprès du juge des enfants, qui sera examiné au mieux "dans quatre mois", selon les associations. Il se trouve donc dans un brouillard juridique total.

"Nous n'avons normalement aucune compétence pour la mise à l'abri de ces jeunes mais nous ne pouvons pas les laisser dormir dehors", souligne Sandrine Runel, adjointe au maire, qui a lancé l'hiver dernier le plan "Zéro enfant à la rue" à Lyon.

"Il faut faire en sorte qu'il y ait une loi imposant à l'État de prendre en charge ces jeunes pendant la période de leur recours", souligne-t-elle.

"Aujourd'hui, ce gymnase fait tampon, le temps de pouvoir orienter ces jeunes vers des structures spécialisées", salue Damien Delahaye, directeur général de LAHSo.

Dans son projet de budget présenté fin septembre, le gouvernement prévoit de financer 186 000 places d'hébergement d'urgence fin 2023, contre 193 000 fin 2022. La semaine dernière, dix maires de grandes villes de France se sont alarmés de cette baisse dans une lettre à la Première ministre Elisabeth Borne.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.