Comment les saoudiennes affrontent -elles l'impact psychologique du cancer du sein ?

La campagne de sensibilisation au cancer du sein a été lancée dans la région de Qassim au début du mois afin d'informer les gens des dangers et des causes du cancer du sein, ainsi que des méthodes de prévention (Photo, SPA).
La campagne de sensibilisation au cancer du sein a été lancée dans la région de Qassim au début du mois afin d'informer les gens des dangers et des causes du cancer du sein, ainsi que des méthodes de prévention (Photo, SPA).
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Publié le Dimanche 30 octobre 2022

Comment les saoudiennes affrontent -elles l'impact psychologique du cancer du sein ?

  • Des Saoudiennes partagent leurs histoires de douleur, d'amitié et de force intérieure retrouvée dans leur combat contre le cancer
  • Trouver les bonnes stratégies d'adaptation mentale après le diagnostic peut influencer directement les résultats du traitement

DJEDDAH : Le cancer du sein a affecté la vie de 2,3 millions de femmes dans le monde en 2020, tuant 685 000 personnes cette année-là seulement, selon l'Organisation mondiale de la santé. Ce qui est moins bien documenté, c'est la pression psychologique que la maladie fait peser sur les survivantes et leurs familles.   

En Arabie saoudite, le cancer du sein représente 31 % de tous les diagnostics de cancer, ce qui en fait la forme la plus courante de la maladie. Bien que la mammographie ait été introduite dans le Royaume en 2002, 55 % des cas sont détectés à un stade tardif, ce qui réduit les chances de guérison.

Plusieurs études indiquent que 20 à 30 % des femmes diagnostiquées, traitées et déclarées indemnes d'un cancer du sein invasif local ou régional subiront une récidive. Il existe donc une crainte constante chez les survivantes que leur cancer ne revienne.

Trouver les bonnes stratégies d'adaptation à la suite d'un diagnostic et au cours de l'évolution d'un cancer peut exercer une influence directe sur les résultats du traitement et les taux de survie.

Le cancer a un impact considérable sur toutes les sphères de la vie, provoquant une variété de réactions émotionnelles et comportementales, ce qui signifie qu'il n'existe pas d'approche «universelle» pour aider les patients à faire face à la situation.

Le docteur Ali Zairi, consultant en psychiatrie à Djeddah, a déclaré à Arab News que l'adaptation psychosociale d'une patiente pendant et après un cancer du sein n'est pas différente de celle des personnes qui apprennent à vivre avec un handicap ou qui sont en phase terminale.

En effet, un diagnostic peut être psychologiquement dévastateur, déclenchant des sentiments d'incertitude, d'anxiété, de désespoir et de détresse. La détresse psychologique, notamment la dépression, est fréquente.

Le Dr Zairi classe les patientes atteintes de cancer en deux grandes catégories : Celles qui ont de meilleures capacités d'adaptation, qui sont capables d'accepter leur diagnostic et de s'adapter au traitement, et celles qui passent une longue période dans la phase de déni, qui souffrent généralement d'un bouleversement émotionnel intense.

«Les premières sont moins susceptibles de souffrir de dépression ou d'anxiété, de problèmes de sommeil, de labilité émotionnelle ou de problèmes d'humeur», a signalé le Dr Zairi. «Ces patientes s'adaptent mieux, par exemple en maintenant leurs activités quotidiennes aussi normales que possible. Ce comportement contribue à équilibrer leur stress ou à le réduire au minimum.»

Ces dernières, ne coopèrent souvent pas avec leur traitement, ne font pas de suivi auprès des médecins, nient ou refusent d'arrêter les modes de vie à risque, et sont sujets à la dépression et à l'anxiété, aux troubles émotionnels, aux problèmes de sommeil et aux troubles alimentaires, a-t-il indiqué.

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Dessin (Image, Shutterstock).
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«Ces patientes sont très susceptibles de développer une mauvaise gestion de la colère car elles ne peuvent pas contrôler leurs émotions. Elles ont tendance à s'isoler ou à devenir irritables et problématiques dans leurs relations avec les autres.»

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Chaque année, l'emblématique Tour du Royaume à Riyad se pare de rose pour sensibiliser au cancer du sein (Photo, AN /Archives).

Pour Elaf Baghdadi, 36 ans et mère de deux enfants, elle ne lui est jamais venu à l'esprit que ses antécédents de lymphadénite, une infection d'un ou plusieurs ganglions lymphatiques, pouvaient conduire à un problème plus grave.

«Pendant la majeure partie de ma vie d'adulte, j'ai examiné régulièrement mes ganglions lymphatiques car ils ont tendance à s'infecter et je n'ai jamais eu qu'une ou deux interventions invasives comme la chirurgie», a-t-elle expliqué à Arab News.

«En 2019, lors d'un examen de routine, j'ai reçu la fin d'alerte et j'ai retardé mon retour pour d'autres examens car nous avons été frappés par la pandémie de la Covid-19.

«Il y a quelques mois, je me suis sentie très faible et très malade, j'avais constamment froid, j'ai eu de la fièvre à un moment donné, puis une série de symptômes étranges se sont fait sentir et finalement une bosse est apparue et c'était assez étrange pour augmenter mon inquiétude mais seulement d'une fraction.»

Pensant qu'il s'agissait d'un autre ganglion lymphatique enflammé, Baghdadi a consulté son médecin pendant l'été. Cette fois, cependant, «pour être sûre» elle a demandé plus de tests et de scanners. Quelques semaines plus tard, on lui a diagnostiqué un cancer du sein.

«Il n'y a pas eu de choc initial, car j'étais constamment en train de rechercher la terminologie sur mes tests de laboratoire, en essayant de déchiffrer le code qui figurait sur les résultats des tests, en me préparant au pire. J'étais préparée et prête à accepter tout ce que l'oncologue me disait.

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Un diagnostic peut être psychologiquement dévastateur, explique le psychiatre Ali Zairi (Photo, Shutterstock).

«Elle a pris son temps, a été aimable et gentille, et j'ai reçu les bonnes explications afin de me calmer non seulement moi, mais aussi ma famille, car nous étions tous dans la même situation.»

C'est grâce à son attitude calme que Baghdadi a pu relever les défis du diagnostic, de la biopsie, des interventions chirurgicales et du traitement.

«La première fois que j'ai craqué, c'était juste après ma mammectomie. C'était le deuxième jour, j'avais le Coran à côté de moi, et un verset a libéré mes larmes», a-t-elle dévoilé.

«Je savais que ça allait être difficile et j'étais prêt, mais on n'est jamais assez prêt. Un court verset m'a rappelé à quel point nous sommes faibles en tant qu'êtres humains et cela a joué avec mon psychisme.

«Je ne peux pas le minimiser. C'est un processus difficile. Et dans mon cas, une chose a mené à une autre. Je dois commencer ma chimiothérapie à la fin du mois. Mais j'ai une vision optimiste de la vie et le fait d'être entourée de personnes chères m'aide à garder l'espoir», a-t-elle indiqué.

Il y a quelques années, Omayma Al-Tamami, une personnalité des médias devenue écrivaine, a également entamé une bataille contre le cancer du sein, qui avait été détecté tardivement en raison d'un mauvais diagnostic. Le soutien de ses amis et de sa famille l'a aidée à s'en sortir, mais la prise en charge mentale s'est avérée essentielle.

«Je devais être forte, positive, contente et de bonne humeur tout au long de mon parcours dans le but de donner de la force à ceux qui m'entourent et adopter la même approche que moi vis-à-vis de ma maladie », a-t-elle déclaré à Arab News.

En effet, les amis, les familles et les collègues doivent être attentifs à l'environnement émotionnel qu'ils offrent aux patients atteints de cancer. La première réaction de la plupart est la sympathie, qui peut avoir un effet amplificateur complexe sur les patients.

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Le soutien des personnes qui s'en soucient le plus peut aider les patients atteints de cancer à tolérer la douleur, dit un survivant (Photo, Shutterstock).

Selon Al-Tamami, les patients atteints de cancer n'ont pas besoin de pitié. Ils ont plutôt besoin d'une conversation honnête et ouverte afin d’aborder la maladie de front.

Pour certains, cependant, une telle conversation ouverte est plus facile à dire qu'à faire.

«Mes pensées étaient sombres, suicidaires, je n'avais aucun seuil de tolérance à la douleur, et je n'allais pas bien», a déclaré à Arab News Rajaa Al-Khateeb, une retraité du secteur public de 55 ans.

Consciente des antécédents familiaux de cancer du sein, Al-Khateeb a toujours prévu de passer une mammographie annuelle et a adopté un mode de vie plus sain afin de réduire le risque. Elle a néanmoins subi un choc dévastateur lorsqu'elle a été diagnostiquée.

«Le choc était trop fort pour moi », a-t-elle affirmé. «Je me suis isolée, j'étais en colère, j'étais fatiguée et j'étais en pagaille tout le temps. Dès que je voyais une lumière au bout du tunnel, je m'enfuyais en rampant.»

Un an après son diagnostic, Al-Khateeb a commencé à s'accepter, à s'éduquer et à s'entourer d'un noyau de personnes qui l'ont aidée à trouver une force intérieure.

«J'ai dû couper les liens avec près de 80 % des personnes que je connaissais», a-t-elle affirmé. «Celles que j'appelais autrefois des amies proches sont devenus des étrangers et j'ai trouvé refuge auprès de personnes qui savaient comment traiter les patients atteints de cancer, car leurs propres proches en avaient péri».

«Le cancer est cruel. Vous devenez chauve, votre teint et vos traits disparaissent, vous vous reconnaissez à peine, et votre corps est rempli de toxines à cause de la chimio.

«À travers tout cela, c'est le soutien des personnes qui se soucient le plus de vous qui vous pousse à tolérer la douleur, à pousser plus fort pour sortir, voir le monde et sortir de la prison.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L'armée israélienne appelle à évacuer de nouveaux villages du sud du Liban

L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
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  • La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations
  • Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune"

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours.

"Les violations répétées de l'accord de cessez-le-feu par le Hezbollah obligent l'armée israélienne à opérer", écrit sur son compte X le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, quelques jours après la tenue de discussions à Washington entre représentants israéliens et libanais et l'annonce de la prolongation de la trêve entre les deux pays.

La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations afin de protéger la population du nord d'Israël des tirs du Hezbollah.

Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune".

Selon l'agence nationale d'information libanaise ANI, des frappes israéliennes ont visé mardi "plusieurs localités dans le sud" du pays.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir visé un rassemblement de soldats et de véhicules dans le nord d’Israël avec "un essaim de drones d'attaque".

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué plus de 3.000 personnes au Liban selon les autorités libanaises.

Côté israélien, 20 soldats et un contractuel travaillant pour l'armée ont été tués au Liban depuis le début de la guerre, le 2 mars.


Le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz remonte

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
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  • Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin
  • Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février

LONDRES: Le trafic dans le détroit d’Ormuz a légèrement augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le début du conflit au Moyen-Orient, après avoir atteint un plus bas en temps de guerre.

Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin.

Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février.

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer.

Malgré cette hausse, les traversées de la semaine dernière restent globalement conformes aux moyennes observées en temps de guerre. Depuis le 1er mars, Kpler a recensé 663 navires de marchandises transitant par le détroit, soit une moyenne de 55 par semaine.

Environ la moitié des pétroliers ayant traversé la semaine dernière transportaient des liquides. Parmi eux figuraient trois superpétroliers, vraisemblablement à destination de la Chine, d’Oman et du Japon.

Les données de Kpler montrent également que 15 vraquiers de matières premières sèches et 16 méthaniers de gaz de pétrole liquéfié (GPL) ont franchi le détroit la semaine dernière. Un seul méthanier de gaz naturel liquéfié transportant du gaz qatari vers le Pakistan a traversé, le 12 mai. Cela porte à huit le nombre total de traversées de méthaniers GNL depuis le début de la guerre.

En temps de paix, le détroit d’Ormuz assure le transit d’environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de GNL, ainsi que d’autres matières premières majeures, dont les engrais.

L’Iran a répété à plusieurs reprises que le trafic maritime dans ce couloir ne "reviendrait pas à son niveau d’avant-guerre".

Lundi, Téhéran a annoncé la création d’un nouvel organisme chargé de superviser le détroit et de faire payer des droits de passage aux navires, ce que l’Iran aurait commencé à faire dès le début de la guerre.

Des responsables iraniens ont déclaré jeudi que des navires chinois avaient été autorisés à transiter, après un ralentissement constaté la semaine précédente.

Selon Kpler, seuls trois navires de marchandises liés à la Chine par leur pavillon, leur propriétaire ou leur cargaison ont franchi le détroit la semaine dernière. Deux navires battant pavillon de Hong Kong ont également transité et se dirigeaient vers Oman et les Émirats arabes unis.

Les données ne donnent toutefois pas nécessairement une image complète, les navires ne déclarant pas toujours leur destination finale au moment de la traversée.

Depuis le début de la guerre, le trafic dans le détroit dépend de la nationalité, l’Iran ayant indiqué le 10 mai que les pays respectant les sanctions américaines contre la République islamique rencontreraient des difficultés pour traverser.

Depuis le début du conflit, la Chine et l’Inde figurent parmi les destinations ou points de départ non situés dans le Golfe les plus fréquemment signalés pour les navires de marchandises empruntant le détroit.

Parmi les autres destinations hors Golfe mentionnées dans les données de Kpler figurent le Brésil, le Pakistan, la Thaïlande et la Malaisie, tandis que relativement peu de navires déclarent des pays occidentaux comme destination.

Le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz demeure l’un des enjeux centraux des négociations avec les États-Unis, qui n’ont toujours pas débouché.


Les Emirats disent que les drones ayant ciblé la centrale nucléaire provenaient d'Irak

Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak
  • "Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak, où des groupes soutenus par l'Iran mènent des attaques contre la région du Golfe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien", a affirmé le ministère de la Défense émirati dans un communiqué.