Covid-19: «effondrement» des financements privés vers les pays pauvres (OCDE)

Les pays pauvres sont confrontés à un « risque d'effondrement des financements privés externes », alerte l'Organisation de coopération et de développement économiques dans sa dernière édition des Perspectives mondiales du financement du développement durable. (AFP)
Les pays pauvres sont confrontés à un « risque d'effondrement des financements privés externes », alerte l'Organisation de coopération et de développement économiques dans sa dernière édition des Perspectives mondiales du financement du développement durable. (AFP)
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Publié le Mercredi 11 novembre 2020

Covid-19: «effondrement» des financements privés vers les pays pauvres (OCDE)

  • C'est un aspect de la crise sanitaire mondiale peu connu: tandis que les pays développés dépensent des « milliards de dollars » pour s'en sortir, les pays pauvres sont confrontés, eux, à un « risque d'effondrement des financements privés externes »
  • L'OCDE rappelle que rien qu'au mois de mars 2020, les sorties nettes de fonds sur les marchés émergents ont atteint un record de 83 milliards de dollars

PARIS : Les pays pauvres ont subi en 2020 une baisse de 700 milliards de dollars de leurs financements privés extérieurs du fait de la pandémie de Covid-19, qui « efface des années de progrès en matière de développement », estime l'OCDE dans un rapport publié mercredi.

C'est un aspect de la crise sanitaire mondiale peu connu: tandis que les pays développés dépensent des « milliards de dollars » pour s'en sortir, les pays pauvres sont confrontés, eux, à un « risque d'effondrement des financements privés externes », alerte l'Organisation de coopération et de développement économiques dans sa dernière édition des Perspectives mondiales du financement du développement durable.

« Le présent rapport prévoit, au total, une réduction estimée à 700 milliards de dollars des apports de capitaux privés en 2020 par rapport à 2019 dans les pays admissibles au bénéfice de l'Aide publique au développement – soit une chute supérieure de 60% à celle enregistrée après la crise financière mondiale ». 

L'OCDE rappelle que rien qu'au mois de mars 2020, les sorties nettes de fonds sur les marchés émergents ont atteint un record de 83 milliards de dollars. 

A la chute des investissements de portefeuille et des investissements directs étrangers (IDE) s'est ajouté un recul de 20% des transferts de fonds depuis l'étranger par les travailleurs émigrés. A cet égard, les frais de transfert, de 7% en moyenne  - soit environ 30 milliards de dollars qui vont chaque année dans la poche des intermédiaires financiers – « représentent une déperdition de financements pourtant cruciaux », note l'organisation basée à Paris. 

Pour l'OCDE, « il ne faut pas se contenter de maintenir les niveaux actuels d'aide publique au développement », mais mieux l'orienter pour éviter qu'elle ne serve, comme cela a été le cas en 2017, à financer des activités liées aux combustibles fossiles.

Mais elle suggère aussi de mettre à contribution la finance mondiale. Ainsi, « à 379.000 milliards de dollars, la valeur des actifs financiers dans le monde n'a jamais été aussi élevée depuis la crise financière mondiale », mais seulement 20% de ces actifs sont détenus dans des pays en développement, où vivent plus de quatre habitants sur cinq.

Or « la réorientation de seulement 1,1% du total des actifs détenus par les banques, les investisseurs institutionnels ou les gestionnaires d'actifs (soit 4.200 milliards de dollars) suffirait à combler le déficit de financement » des 17 Objectifs de développement durable (ODD) fixés par l'Onu pour 2030.

 


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com