À l'approche du sommet COP27, l'Égypte s'attaque aux déchets plastiques à usage unique

Des volontaires au Caire ramassent du plastique sur le Nil dans le cadre d'une campagne de nettoyage (Photo, AFP).
Des volontaires au Caire ramassent du plastique sur le Nil dans le cadre d'une campagne de nettoyage (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 23 octobre 2022

À l'approche du sommet COP27, l'Égypte s'attaque aux déchets plastiques à usage unique

  • Des millions de tonnes de déchets plastiques sont jetés chaque année dans le Nil, détruisant les communautés de pêcheurs
  • La station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh accueillera la 27e conférence des Nations unies sur le changement climatique en novembre

LE CAIRE: Pendant des millénaires, le Nil a nourri les grandes civilisations égyptiennes en leur fournissant une eau douce abondante, de riches dépôts de limon, des poissons en abondance et des moyens de navigation et de commerce. Cependant, de nos jours, le fleuve transporte une autre abondance bien moins attrayante – les déchets plastiques.

Selon l'Organisation égyptienne pour les droits de l'homme, environ 4,5 millions de tonnes de déchets se déversent chaque année dans le Nil.

Le centre Helmholtz pour la recherche environnementale a également constaté que le Nil est l'un des dix fleuves qui contribuent à 90% des déchets plastiques entrant dans les océans du monde. Une autre étude réalisée par Sky News en 2021 a révélé que 75% des poissons du Nil contiennent des microplastiques.

Pour souligner à la fois les dommages environnementaux et la laideur de ce tas d'ordures flottant, des écologistes et des bénévoles ont récemment uni leurs efforts afin de construire une pyramide géante – sur le modèle de celles du plateau de Gizeh tout proche – entièrement constituée de plastique jeté. 

Construite pour coïncider avec la Journée mondiale du nettoyage, le 17 septembre, la pyramide est fabriquée à partir de plus de 7 500 kilogrammes de plastique provenant d’environ 250 000 bouteilles recyclées recueillies sur le Nil par une équipe de 60 pêcheurs pendant 45 jours.

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Une pyramide de déchets met en évidence l'ampleur du problème. (Photo, fournie).

La Journée mondiale du nettoyage est une action mondiale qui rassemble des millions de bénévoles dans le but de retirer les ordures et autres déchets mal gérés des plages, des rivières, des forêts et des rues du monde entier.

Conçue et construite par l'éco-initiative VeryNile établie depuis cinq ans, la pyramide se compose de 170 blocs, pesant chacun environ 45 kilogrammes. 

En assemblant ces blocs sous la forme et à l'échelle d'une pyramide, les organisateurs espéraient démontrer l’ampleur du problème des déchets plastiques, encourager le recyclage et la gestion responsable des déchets et promouvoir une réduction des matériaux à usage unique.

De plus, en imitant les monuments les plus connus d'Égypte, les organisateurs espéraient également montrer que les déchets plastiques sont une plaie pour la beauté et le patrimoine du pays.

Pour marquer la Journée mondiale du nettoyage, les organisateurs ont organisé un événement intitulé «Jouer à travers la plus grande pyramide de plastique du monde». Des bénévoles, des influenceurs et des célébrités ont participé au nettoyage à l’aide de kayaks, créé des œuvres d'art et tenu des ateliers de recyclage en utilisant des sacs en plastique à usage unique jetés.

La pyramide sera finalement démontée et envoyée à une usine locale qui utilise le plastique pour fabriquer des cordes et des housses pour les sièges de voiture.

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La Journée mondiale du nettoyage est une action mondiale qui rassemble des millions de bénévoles pour retirer les ordures et autres déchets mal gérés des plages, des rivières, des forêts et des rues du monde entier (Photo, Fournie).

«Notre objectif est d'atteindre et de nettoyer chaque centimètre du Nil en Égypte en débarrassant les déchets plastiques car ils nuisent réellement à la vie marine et les pêcheurs ont parfois du mal à trouver du poisson», a déclaré à Arab News Hanaa Farouk, chef de projet chez Bassita, l'entreprise sociale égyptienne à l'origine de VeryNile.

«Notre succès au cours des dernières années n'aurait pas été le même sans la collaboration de notre formidable équipe de pêcheurs locaux et de femmes talentueuses.»

Aujourd'hui encore, les pêcheurs dépendent du fleuve pour leur subsistance. Cependant, les déchets plastiques tuent les réserves de poissons autrefois abondants du Nil. C'est pour cette raison que VeryNile œuvre à la restauration de l'industrie de la pêche en désignant 40 pêcheurs locaux comme ambassadeurs du Nil sur l'île de Qursaya, au Caire.

L'île de Qursaya, au cœur du Nil, abrite aujourd'hui plusieurs ateliers de recyclage et un espace de travail permettant aux femmes locales de fabriquer des accessoires au crochet comme des chapeaux, des sacs, des étuis pour ordinateurs portables et d'autres produits à partir de sacs en plastique à usage unique recyclés.

VeryNile offre à ces communautés une aide financière, en payant aux pêcheurs 10 livres égyptiennes (1 livre égyptienne = 0,052 euro) pour chaque bouteille en plastique qu'ils collectent. L'initiative engage également des pêcheurs pour trier et compacter ces bouteilles avant qu'elles ne soient envoyées à des usines pour être recyclées et réutilisées.

VeryNile mène une campagne de sensibilisation à l'environnement par le biais de ses événements de nettoyage qui se déroulent à différents endroits le long des berges du fleuve, à l'intérieur et à l'extérieur du Caire, et rassemblent des volontaires de diverses entreprises, banques et autres entités.

EN CHIFFRE

7 500 kilogrammes de plastique provenant de 250 000 bouteilles recyclées recueillies sur le Nil.

Ces événements se tiennent à l’aide de kayaks ou d’un bateau de nettoyage qui est le premier en Afrique et qui peut collecter 500 kilogrammes de déchets solides par semaine.

La région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord est confrontée à une pléthore de défis dans la lutte contre l'accumulation de déchets plastiques. Selon la Banque mondiale, plus de 570 000 tonnes de plastique sont jetées chaque année dans la mer Méditerranée, ce qui entraîne des conséquences désastreuses sur les industries qui dépendent de la mer, notamment la pêche et le tourisme.

En outre, la consommation de masse dans les pays du Golfe a entraîné la mise au rebut de grandes quantités de plastique à usage unique. Cinq pays du Conseil de coopération du Golfe (l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït) se classent parmi les dix premiers producteurs de déchets solides par habitant. L'Arabie saoudite produit 15 millions de tonnes de déchets par an, dont seulement 5% sont recyclés.

L'Égypte n'est pas le seul pays à s'attaquer au problème des déchets plastiques. Le Liban, le Maroc, la Jordanie, Oman, Bahreïn, les Émirats arabes unis et la Tunisie ont tous mis en œuvre des lois locales et nationales limitant l'importation et l'utilisation de sacs en plastique à usage unique. Sharjah, Dubaï et Abu Dhabi ont tous instauré des taxes sur les sacs en plastique et se sont engagés à les interdire d'ici 2024.

Le Koweït, l'Égypte, le Qatar et l'Arabie saoudite ont élaboré des lois ou formulé des recommandations politiques visant à interdire les sacs en plastique à usage unique ou à les remplacer par des sacs biodégradables.

Conformément à la stratégie de réforme de la Vision 2030 de l'Arabie saoudite, le Royaume prévoit d'investir environ 6 milliards d’euros dans le recyclage d'ici 2035. Des groupes de la société civile saoudienne encouragent également les gens à recycler – le groupe Mawakeb Alajer a mis en place des installations de recyclage où les gens peuvent tout déposer, du papier usagé aux meubles et vêtements non désirés. 

La Saudi Investment Recycling Company, fondée en 2017 pour développer les capacités de recyclage dans le Royaume, prévoit de répondre aux objectifs de la Vision 2030 en permettant la création d'une économie circulaire – en d’autres termes, une économie dans laquelle les matières premières et les produits finis sont réutilisés, réparés et recyclés le plus longtemps possible.

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Une photo prise le 29 septembre 2022 montre du plastique et des déchets flottant sur la rive du Nil au Caire (Photo, AFP).

En mars de l'année dernière, le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a annoncé l'Initiative saoudienne verte et l'Initiative du Moyen-Orient vert. Bien qu'elles soient principalement axées sur la réduction des émissions de carbone, la préservation et la restauration des habitats naturels sont des objectifs hautement prioritaires.

Le prince héritier a ensuite annoncé la création d'un organisme gouvernemental chargé de surveiller la violation des réglementations environnementales du Royaume, promettant de tenir les pollueurs responsables.

L'Égypte s'efforce de réduire la consommation de plastique dans les années à venir grâce à une stratégie nationale qui vise à éliminer l'impact négatif du plastique sur la santé, l'environnement, l'économie et la société. Le pays vise à réduire la consommation de sacs en plastique à 100 sacs par personne d'ici 2025 et à 50 sacs par personne d'ici 2030.

La volonté d'interdire le plastique à usage unique commence souvent au niveau local, comme dans le gouvernorat égyptien de la mer Rouge, qui a interdit en juin 2019 l'usage unique des sacs en plastique, des couverts en plastique utilisés dans les restaurants, les cafés, les supermarchés, les épiceries, les boucheries, les pêcheries et les pharmacies, ainsi que lors des safaris et des excursions en bateau.

Suivant les pas du gouvernorat de la mer Rouge, Dahab, dans le sud du Sinaï, a annoncé l'interdiction de l'utilisation des sacs en plastique dans toute la ville en juillet 2021.

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Des femmes recyclent du plastique à usage unique en articles de mode et autres produits dans le cadre d'une initiative écologique de VeryNile (Photo, Fournie).

Le projet de pyramide de VeryNile intervient peu avant la COP27, la conférence des Nations unies sur le changement climatique, qui se tiendra à Charm el-Cheikh, en Égypte, pendant la deuxième semaine de novembre.

Lors de la COP26 à Glasgow l'année dernière, des centaines de pays se sont engagés à soutenir les transitions énergétiques et l'atténuation du changement climatique dans les pays les plus pauvres du monde – ceux qui contribuent très peu aux émissions de carbone et à la pollution mais qui sont les plus touchés par le changement climatique. 

En mai, le représentant spécial égyptien du président de la COP27, Wael Aboulmagd, a affirmé que l'aide aux pays en développement pour qu'ils s'adaptent au changement climatique serait une priorité lors de la prochaine conférence, bien que les pays riches aient déclaré qu'ils ne fourniraient pas les 100 milliards de dollars américains (1 dollar américain = 1,01 euro) par an promis pour les objectifs déclarés.

À la fin septembre, l'Égypte a appelé tous les pays participants à la COP27 à mettre de côté leurs différences politiques. Certains pays ont organisé un débrayage en juin pour protester contre la présence de la Russie à une réunion des Nations unies sur le climat à Bonn.

Bien que 90 chefs d'État aient confirmé leur présence à la conférence, la pression économique mondiale engendrée par les efforts de rétablissement du coronavirus et le conflit en Ukraine pourrait faire passer les préoccupations environnementales au second plan.


L'Iran offre 30.000 dollars pour tuer ou capturer des soldats américains

L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
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  • "Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans"
  • En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire

TEHERAN: L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme.

Le chef d'état-major de l'armée, Amir Hatami, a affirmé que ce dispositif avait été mis en place à la suite d'un "grand nombre de demandes" de personnes souhaitant contribuer financièrement, selon l'agence officielle Irna.

"Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans", a-t-il déclaré, en utilisant cette unité monétaire informelle équivalant à 10.000 rials iraniens.

En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire.

Aucun déploiement connu de troupes américaines au sol n'a eu lieu en Iran pendant la guerre au Moyen-Orient, à l'exception d'une mission de sauvetage menée en avril pour porter secours à un pilote américain dont l'appareil s'était écrasé.

"Les courageuses femmes iraniennes qui accompliront une telle action recevront le double de cette récompense", a-t-il ajouté.

La guerre entre Téhéran et Washington a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre la République islamique qui a répliqué en lançant des frappes sur les pays du Golfe alliés de Washington.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un accord-cadre en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats.

L'Iran et les Etats-Unis ont depuis échangé sporadiquement des frappes qui se concentrées principalement autour du stratégique détroit d'Ormuz.


L'émissaire de Trump se rendra en Israël pour tenter d'aplanir les divergences sur Gaza

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
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  • M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer
  • Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route"

JERUSALEM: Jared Kushner, l'émissaire et gendre de Donald Trump, se rendra en Israël la semaine prochaine pour tenter d'aplanir les divergences entre les deux alliés sur le plan américain pour la bande de Gaza, a déclaré une source au sein du "Conseil de paix".

Il se rendra avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour ce territoire palestinien du "Conseil de paix" créé par le président américain, en Israël et en Egypte, un pays médiateur-clé.

Cette visite interviendra après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté publiquement le 9 août la feuille de route américaine en 15 points annoncée fin juillet par M. Mladenov, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien de la bande de Gaza.

Si ce mouvement islamiste palestinien l'a acceptée, Israël a dit lier tout départ de ses soldats à un "véritable" désarmement du Hamas.

Selon une source au sein du "Conseil de Paix", MM. Kushner et Mladenov espèrent "des discussions constructives" sur le plan de paix global de Donald Trump pour la bande de Gaza, dont le premier jalon a été le cessez-le-feu décrété en octobre 2025. Depuis, les frappes israéliennes ont diminué en intensité, sans s'arrêter pour autant.

"Les Etats-Unis et Israël s'accordent sur l'issue souhaitée à Gaza, c'est-à-dire un Hamas démilitarisé", a précisé la même source, qui a requis l'anonymat.

"Nous allons écouter les préoccupations soulevées et discuter des prochaines étapes", a-t-elle poursuivi.

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien.

Mais M. Mladenov est ensuite revenu sur ses propos et a déclaré qu'Israël n'aurait pas à retirer ses forces tant que le Hamas ne se serait pas entièrement désarmé.

M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer, exigeant que celui-ci détruise ses armes de manière vérifiable.

Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route", a dit à l'AFP Bassem Naim, membre du bureau politique de ce mouvement islamiste.

Il a appelé les Etats-Unis à "empêcher la perturbation du processus (de mise en oeuvre) de l'accord de cessez-le-feu pour des raisons politiques et électorales".

 


Kushner doit rencontrer le Hamas en Egypte

Hassan Rashad (2e à droite), chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré dimanche une délégation du Hamas. (ARCHIVES/AFP)
Hassan Rashad (2e à droite), chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré dimanche une délégation du Hamas. (ARCHIVES/AFP)
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  • Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan américain, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien
  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas

LE CAIRE: Des sources au sein du Hamas ont indiqué dimanche que l'émissaire américain Jared Kushner allait rencontrer des dirigeants du mouvement islamiste palestinien en Egypte, avant sa visite en Israël, au moment les Etats-Unis cherchent à faire avancer le plan de paix à Gaza.

L'entretien, qui n'a pas été confirmé par les Etats-Unis, devrait se tenir à Al-Alamein, dans le nord de l'Egypte, un pays qui fait office depuis des années de médiateur dans le conflit israélo-palestinien.

M. Kushner, également gendre du président Donald Trump, s'est déjà entretenu dimanche à Al-Alamein avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, alors que le chef du Hamas, Khalil al-Hayya, a rencontré de son côté le chef du renseignement égyptien, Hassan Rachad.

Ces rencontres surviennent au moment où les Etats-Unis tentent d'aplanir les divergences entre Israël et le Hamas sur la mise en oeuvre du plan du président américain Donald Trump pour mettre fin durablement à la guerre à Gaza.

Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan américain, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas.

Visite américaine en Israël 

"Les médiateurs ont informé le Hamas que l'émissaire américain Jared Kushner rencontrerait sa direction, en présence de responsables égyptiens et qataris", a déclaré une source du Hamas, qui a demandé à garder l'anonymat, sans donner de date.

Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent parmi les organisations terroristes et qui a mené l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 contre Israël, déclenchant la guerre de Gaza.

Une deuxième source du Hamas a indiqué que les Etats-Unis avaient demandé au mouvement des précisions sur plusieurs points, notamment sur "la collecte, le regroupement et le stockage des armes de manière réelle, et non simplement symbolique, ainsi que sur le renoncement total du Hamas à gouverner Gaza".

Le Hamas, qui gouverne Gaza depuis 2007, a annoncé début juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe créé par le "Conseil de Paix" composé de technocrates palestiniens et chargé d'assurer la transition dans le territoire palestinien.

Lors de la rencontre entre M. Sissi et Jared Kushner, il a été "rappelé la nécessité pour toutes les parties de respecter leurs obligations au titre de l'accord de cessez-le-feu" à Gaza, a déclaré le porte-parole de M. Sissi, Mohamed al-Chennawi, dans un communiqué.

De son côté, la délégation dirigée par Khalil al-Hayya, dont c'est la première visite en Egypte depuis sa nomination fin juillet, "a réaffirmé son engagement à mener à bien le plan" américain, selon l'agence officielle égyptienne Mena.

La réunion avec M. Rachad portait sur "les efforts déployés pour contraindre Israël à respecter l'accord, qui comprend la feuille de route en 15 points, et à entamer sa mise en œuvre", a précisé un responsable du mouvement islamiste palestinien à l'AFP.

Le "Conseil de Paix", chargé de mettre en œuvre le plan de paix, avait indiqué que M. Kushner devait, outre l'Egypte, se rendre la semaine prochaine en Israël avec Nikolaï Mladenov, haut représentant pour Gaza de cet organe créé par M. Trump.

Blessés dans des frappes 

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu d'octobre 2025 dans le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre.

Sur le terrain, plusieurs personnes ont été blessées dimanche après des frappes israéliennes sur une maison dans le centre de la bande de Gaza, a rapporté Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du Hamas.

L'armée israélienne a déclaré qu'elle répondait à une menace émanant du Jihad islamique.

D'autres personnes ont été blessées après des tirs israéliens sur des tentes abritant des personnes déplacées dans le sud, selon la même source.

Au moins 1.262 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués.