Épidémie d'Ébola en Ouganda, à quoi faut-il s’attendre ?

Selon le ministère ougandais de la Santé, au 9 octobre, 1049 personnes ayant été en contact avec une personne infectée ont été inscrites sur la liste des personnes à suivre, tandis que 14 cas actifs ont été admis à l'hôpital pour un suivi. (AFP).
Selon le ministère ougandais de la Santé, au 9 octobre, 1049 personnes ayant été en contact avec une personne infectée ont été inscrites sur la liste des personnes à suivre, tandis que 14 cas actifs ont été admis à l'hôpital pour un suivi. (AFP).
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Publié le Dimanche 16 octobre 2022

Épidémie d'Ébola en Ouganda, à quoi faut-il s’attendre ?

  • Le ministère ougandais de la santé a signalé 58 cas confirmés au 16 octobre, dont 18 ont été mortels. Mais il est probable que ces chiffres continuent d'augmenter
  • Le taux de létalité d'Ébola est d'environ 50 %, ce qui signifie qu'environ la moitié des personnes qui contractent la maladie en mourront

PARIS : Une pandémie pourrait être de retour. Le 20 septembre, l'Ouganda a enregistré son premier cas vérifié d'Ébola chez un homme de 24 ans. Cependant, les responsables de la santé du pays soupçonnent qu'il ne s'agit pas du cas le plus ancien.

Le ministère ougandais de la santé a signalé 58 cas confirmés au 16 octobre, dont 18 ont été mortels. Mais il est probable que ces chiffres continuent d'augmenter.

Le taux de létalité d'Ébola est d'environ 50 %, ce qui signifie qu'environ la moitié des personnes qui contractent la maladie en mourront.

La plus grande épidémie d'Ébola depuis l'identification initiale du virus en 1976 s'est produite en Afrique de l'Ouest de 2014 à 2016. L'épidémie a débuté en Guinée et s'est ensuite déplacée à travers les frontières terrestres vers la Sierra Leone et le Liberia.

Comment la maladie se développe-t-elle ?

Les chauves-souris frugivores de la famille des Pteropodidae sont considérées comme des hôtes naturels du virus Ébola. Un contact étroit avec le sang, les sécrétions, les organes ou d'autres fluides corporels d'animaux infectés, comme les chauves-souris frugivores, les chimpanzés, les gorilles, les singes, les antilopes de forêt ou les porcs-épics trouvés malades, morts ou dans la forêt tropicale, peut transmettre la maladie à l'homme.

Ébola se transmet ensuite entre les personnes par contact direct (à travers des déchirures de la peau ou des muqueuses) de l'une des deux manières suivantes : soit par le sang ou les fluides corporels d'un patient Ébola ou d'un patient ayant succombé à la maladie, soit par contact avec des matériaux infectés tels que des vêtements ou de la literie.

Les malades restent contagieux tant que leur sang contient le virus.

Quels en sont les symptômes ?

La période d'incubation, c'est-à-dire l'intervalle de temps entre l'infection par le virus et l'apparition des symptômes, est de 2 à 21 jours. Une personne infectée par le virus Ébola ne peut pas transmettre la maladie tant qu'elle n'a pas développé de symptômes.

Les symptômes de l'EVD peuvent être soudains et comprennent la fièvre, la fatigue, les douleurs musculaires, les maux de tête et le mal de gorge.

Ils sont ensuite suivis de symptômes plus graves, tels que des vomissements, des diarrhées, une éruption cutanée. Dans certains cas, des saignements internes et externes (par exemple, suintement des gencives ou sang dans les selles).

Comment traite-t-on le virus ?

Les soins de soutien - réhydratation par voie orale ou intraveineuse - et le traitement des symptômes spécifiques améliorent la survie. Une série de traitements potentiels, y compris des produits sanguins, des thérapies immunitaires et des thérapies médicamenteuses, sont actuellement en cours d'évaluation.

Lors de l'épidémie d'Ebola de 2018-2020 en République démocratique du Congo, le tout premier essai contrôlé randomisé multi-médicaments a été mené pour évaluer l'efficacité et la sécurité des médicaments utilisés dans le traitement des patients atteints d'Ebola dans un cadre éthique élaboré en consultation avec des experts du domaine et de la RDC.

Quelle est la stratégie du gouvernement ougandais ?

Bien que les autorités sanitaires ougandaises tentent de rassurer le public malgré l'absence de vaccins approuvés, le décès d'au moins quatre agents de santé - dont un médecin et une sage-femme - suscite des inquiétudes quant à la sécurité des agents de santé de première ligne qui répondent à l'épidémie.

Selon le ministère ougandais de la Santé, au 9 octobre, 1049 personnes ayant été en contact avec une personne infectée ont été inscrites sur la liste des personnes à suivre, tandis que 14 cas actifs ont été admis à l'hôpital pour un suivi.

Pour éviter toute propagation, la stratégie d'intervention consiste à identifier et à isoler rapidement les personnes infectées. Ensuite, ces personnes sont prises en charge dans des centres de traitement, en impliquant la communauté pour que les individus prennent des mesures préventives et en s'assurant que les personnes se conforment aux interventions de santé publique.

Avec l'aide d'organisations internationales telles que Médecins Sans Frontières (MSF), une mini unité de traitement d'Ébola a été installée au centre de santé Madudu III. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Ouganda a également déployé un générateur à Madudu pour assurer une alimentation électrique ininterrompue de l'ETU et du laboratoire. L'installation a été achevée hier.  

Le président ougandais Yoweri Museveni a ordonné samedi le confinement de deux districts à l'épicentre de l'épidémie d'Ebola en cours, avec interdiction des déplacements, couvre-feu et fermeture des lieux accueillant du public.

Cinq districts de l'Ouganda ont déjà détecté des cas d'Ebola. Le virus pourrait bien se propager dans les pays voisins, comme le Kenya, la Tanzanie et la République démocratique du Congo. (avec OMS)


Nombre d'exécutions record dans le monde en 2025, l'Iran en tête, selon Amnesty

Le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé, selon le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi. (AFP)
Le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé, selon le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi. (AFP)
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  • A elle seule, l'Iran représente 80% des exécutions recensées en 2025 par Amnesty. Quelque 2.159 personnes y ont été exécutées par pendaison, contre 972 en 2024
  • "Les autorités iraniennes ont intensifié leur recours à la peine de mort comme outil de répression et de contrôle politiques, alimentant une hausse sans précédent du nombre d'exécutions", note l'ONG dans son rapport

PARIS: Le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé, selon le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi.

L'organisation de défense des droits humains basée à Londres a dénombré au moins 2.707 exécutions dans le monde en 2025, mais "n'inclut pas les milliers d'exécutions qui (...) ont eu lieu en Chine – pays ayant procédé cette année encore au plus grand nombre d'exécutions au monde", précise-t-elle.

Le nombre de personnes exécutées dans le monde est en hausse de 78% par rapport à 2024 et atteint un niveau record depuis 1981, année au cours de laquelle 3.191 exécutions -hors Chine- avaient été comptabilisées par l'ONG.

A elle seule, l'Iran représente 80% des exécutions recensées en 2025 par Amnesty. Quelque 2.159 personnes y ont été exécutées par pendaison, contre 972 en 2024.

"Les autorités iraniennes ont intensifié leur recours à la peine de mort comme outil de répression et de contrôle politiques, alimentant une hausse sans précédent du nombre d'exécutions", note l'ONG dans son rapport.

Le recours aux exécutions a été particulièrement marqué après la guerre des 12 Jours qui a opposé l'Iran à Israël et aux Etats-Unis en juin: 654 exécutions avaient été comptabilisées avant ce conflit, contre 1.505 entre juillet et décembre.

Les condamnations à mort et exécutions en Iran à la suite du mouvement de protestation dans le pays en janvier et le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février ne sont pas comptabilisés dans le rapport d'Amnesty.

Selon l'ONU, au moins 21 personnes ont été exécutées en Iran depuis fin février pour des motifs politiques ou liés à la sécurité nationale.

Près de la moitié (998) des exécutions en Iran en 2025 sont liées à des infractions à la législation sur les stupéfiants, note par ailleurs Amnesty. Elles ont elles aussi doublé par rapport à l'année précédente.

Au total, 17 pays ont procédé à des exécutions.

"Cette minorité éhontée (d'Etats, ndlr) se sert de la peine capitale pour instiller la peur, écraser la contestation et montrer la force qu’exercent les institutions sur les personnes défavorisées et les populations marginalisées" dénonce la secrétaire générale d’Amnesty International Agnès Callamard, citée dans un communiqué.


Iran: nouvelles menaces de Trump, frappe près d'un site nucléaire émirati

 Donald Trump a proféré de nouvelles menaces d'anéantissement de l'Iran, deux mois et demi après le début du conflit avec Téhéran, tandis qu'un drone s'est abattu près d'un site nucléaire aux Emirats, générant lundi une nouvelle hausse des prix du pétrole. (AFP)
Donald Trump a proféré de nouvelles menaces d'anéantissement de l'Iran, deux mois et demi après le début du conflit avec Téhéran, tandis qu'un drone s'est abattu près d'un site nucléaire aux Emirats, générant lundi une nouvelle hausse des prix du pétrole. (AFP)
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  • "Il ne restera rien" de l'Iran si ce pays n'arrive pas rapidement à un accord avec les Etats-Unis, a averti dimanche le président américain sur sa plateforme Truth Social
  • "Pour l'Iran, le temps presse", a prévenu Donald Trump. Les Iraniens "feraient mieux d'agir rapidement, sinon il ne restera plus rien d'eux"

WASHINGTON: Donald Trump a proféré de nouvelles menaces d'anéantissement de l'Iran, deux mois et demi après le début du conflit avec Téhéran, tandis qu'un drone s'est abattu près d'un site nucléaire aux Emirats, générant lundi une nouvelle hausse des prix du pétrole.

"Il ne restera rien" de l'Iran si ce pays n'arrive pas rapidement à un accord avec les Etats-Unis, a averti dimanche le président américain sur sa plateforme Truth Social, alors que les deux pays ne se sont plus parlé directement depuis des entretiens au Pakistan mi-avril.

"Pour l'Iran, le temps presse", a prévenu Donald Trump. Les Iraniens "feraient mieux d'agir rapidement, sinon il ne restera plus rien d'eux", a ajouté le milliardaire républicain, qui avait déjà menacé début avril d'anéantir "une civilisation entière", avant de conclure un cessez-le-feu avec Téhéran.

Après plus d'un mois de trêve, la perspective d'un règlement du conflit, qui a débuté le 28 février, reste lointaine, et le président américain a qualifié le 10 mai de "totalement inacceptable" la dernière proposition iranienne pour régler le conflit.

Alors que les ministres des Finances du G7 se réunissent lundi et mardi à Paris pour tenter de rapprocher leurs positions face aux répercussions économiques du conflit, les prix du pétrole sont repartis à la hausse lundi à l'ouverture des marchés asiatiques, le baril de Brent prenant 1,28% à 110,26 dollars.

Avant même le message de Donald Trump, Téhéran avait lancé dimanche un avertissement à Washington.

"Le président américain devrait savoir que si (...) l'Iran est de nouveau agressé, les ressources et l'armée de son pays seront confrontées à des scénarios inédits, offensifs, surprenants et tumultueux", a averti le porte-parole des forces armées, Abolfazl Shekarchi.

Le vice-président du Parlement, Hamidreza Haji-Babaï, a déclaré que si les installations pétrolières iraniennes étaient visées, l'Iran frapperait des sites pétroliers dans la région.

Attaque "terroriste" 

Sur l'autre rive du Golfe, un incendie s'est déclaré dimanche après une frappe de drone près de la centrale nucléaire de Barakah, aux Emirats arabes unis.

La frappe n'a pas fait de blessés ni provoqué de hausse de la radioactivité, mais les autorités ont dénoncé une "escalade dangereuse" et l'Arabie saoudite une "menace pour la sécurité et la stabilité de la région".

Deux autres drones ont été interceptés, selon le ministère émirati de la Défense.

Un conseiller du président émirati a dénoncé une attaque "terroriste", semblant suggérer une implication de l'Iran, qui a frappé des pays de la région à plusieurs reprises depuis le début du conflit, sans l'accuser nommément.

L'Agence internationale de l'énergie atomique a exprimé sa "profonde préoccupation".

L'Arabie saoudite a par ailleurs annoncé dimanche soir avoir intercepté trois drones en provenance d'Irak.

"Source d'insécurité" 

Malgré ces tensions, la diplomatie n'est pas totalement éteinte et le ministre pakistanais de l'Intérieur, Mohsin Naqvi, dont le pays tente de jouer un rôle de médiateur, a rencontré à Téhéran le principal négociateur iranien et président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Dans un message sur les réseaux sociaux à l'issue de cet entretien, ce dernier n'a pas prononcé de paroles d'apaisement.

"Certains Etats de la région pensaient que la présence des Etats-Unis leur apporterait la sécurité, mais les événements récents montrent que cette présence est non seulement incapable d'apporter la sécurité mais est en plus source d'insécurité", a dénoncé M. Ghalibaf.

Les médias iraniens ont fait savoir dimanche que les Etats-Unis n'avaient accordé "aucune concession concrète" dans leur réponse à des propositions iraniennes.

"Washington a également exigé des restrictions très strictes et de longue durée sur le secteur nucléaire iranien", selon l'agence iranienne Mehr.

Selon l'agence iranienne Fars, Washington a présenté une liste en cinq points exigeant notamment que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Sur le front libanais, en dépit de la prolongation vendredi d'une trêve théorique pour un mois et demi supplémentaire, de nouvelles frappes israéliennes ont tué sept personnes, dont deux enfants, dans le sud du pays.

Parmi les victimes: un chef du Jihad islamique palestinien et sa fille de 17 ans.

Un responsable militaire israélien a déclaré que le Hezbollah pro-iranien avait tiré environ 200 projectiles sur Israël et sur les troupes israéliennes au Liban au cours du week-end.


Le pétrole monte fasse à l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
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  • "Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous"
  • "L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown

LONDRES: Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars.

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

"L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, "pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe", rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre "ce chiffre s'approche du milliard de barils" perdus pour le marché.

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record.

"On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés", juge M. Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, "nous devrons peut‑être commencer à nous inquiéter d'une ré‑escalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région", a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier "n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser", a précisé M. Patterson.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.