Donald Trump, quelle vie après la Maison Blanche?

Donald Trump, privé d'un second mandat par la victoire de Joe Biden (AFP)
Donald Trump, privé d'un second mandat par la victoire de Joe Biden (AFP)
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Publié le Dimanche 08 novembre 2020

Donald Trump, quelle vie après la Maison Blanche?

  • Privé d'un second mandat par la victoire de Joe Biden, il va désormais devoir se pencher sur une question épineuse: à quoi ressemblera sa vie après son départ de la Maison Blanche le 20 janvier 2021?
  • A l'heure de la reconversion, Donald Trump pourrait être de nouveau tenté par le petit écran

WASHINGTON : A l'entendre en campagne, Donald Trump n'avait jamais envisagé la défaite. 

Privé d'un second mandat par la victoire de Joe Biden, il va désormais devoir se pencher sur une question épineuse: à quoi ressemblera sa vie après son départ de la Maison Blanche le 20 janvier 2021?

S'il évoque régulièrement sa vie d'avant la politique – « J'avais une vie si magnifique » - il est moins bavard sur celle d'après.

Sa passion revendiquée du golf pourrait le pousser à fréquenter les greens avec encore plus d'assiduité. Samedi, au moment même où les chaînes de télévision américaines annonçaient sa défaite, il se trouvait dans son club de Sterling, en Virginie, non loin de Washington.

A l'aune des quatre années écoulées, un seul scénario semble difficile à imaginer: le retrait discret et l'anonymat.

Le retour à la télévision ?

A l'heure de la reconversion, Donald Trump pourrait être de nouveau tenté par le petit écran.

Si son nom comme promoteur immobilier était connu dans les années 80 et 90, c'est « The Apprentice » qui lui a permis de pousser la porte de tous les foyers américains.

Co-producteur de cette émission de télé-réalité qu'il a présentée entre 2004 et 2015, il a réussi, en dépit des hauts et des bas de son empire immobilier, à projeter une image d'homme d'affaires à poigne et charismatique.

Dans une grande salle de réunion de la Trump Tower, le magnat de l'immobilier recevait les candidats et en écartait un par émission, en usant de sa phrase devenue rituelle: « You're fired » (« Vous êtes viré ! »).

A plusieurs reprises depuis son arrivée à la Maison Blanche, il a déploré le positionnement de Fox News, pas assez trumpiste à son goût.

Les téléspectateurs « veulent une alternative maintenant. Et moi aussi! », tweetait-il il y a quelques mois.

2021 pourrait être l'occasion de se lancer, soit à partir d'une feuille blanche (mais l'investissement initial pourrait être prohibitif), soit à partir de chaînes existantes "amies", telles que One America News et NewsMax TV.

 Les tribunaux ?

Une fois la Maison Blanche quittée, l'horizon judiciaire de Donald Trump pourrait s'assombrir grandement.

A New York, il est visé par deux enquêtes qui pourraient chacune lui valoir des poursuites.

La première, pénale et initiée par le procureur de Manhattan, Cyrus Vance, vise de possibles faits de fraude fiscale, d'escroquerie à l'assurance et manipulations comptables.

La seconde, civile, a été lancée par la procureure de l'Etat de New York Letitia James et cherche à déterminer si la Trump Organization a menti sur la taille de ses actifs pour obtenir des prêts et des avantages fiscaux.

D'autres procédures pourraient refaire surface lorsqu'il aura quitté le 1600 Pennsylvania Avenue.

La tentation 2024 ?

Si, à l'inverse de ses trois prédécesseurs - Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton - il a échoué à obtenir un second mandat, il n'a pas subi la déroute dans les urnes que lui prédisaient certains.

Dans une élection à la participation-record, il a obtenu 70 millions de voix (contre 74 millions pour Joe Biden) et pourrait donc être tenté de rester au coeur des débats.

En théorie, rien ne l'empêche de tenter de nouveau sa chance dans quatre ans.

La Constitution interdit de faire plus de deux mandats, mais en faire deux non-consécutifs est une possibilité.

Un seul homme a réussi ce pari: Grover Cleveland, à la fin du XIXe siècle. Elu en 1884, il fut battu en 1888, puis élu de nouveau en 1892. Il est, dans les livres d'histoire, à la fois le 22e et le 24e président des Etats-Unis.

Au-delà des innombrables obstacles politiques à surmonter (le « Grand Old Party » pourrait être tenté de tourner la page du trumpisme), la question de l'âge pourrait aussi se poser.

Grover Cleveland avait 56 ans début de son deuxième mandat. Donald Trump en aurait 78.

Mick Mulvaney, l'un de ses anciens directeurs de cabinet, aujourd'hui envoyé spécial des États-Unis en Irlande du Nord, a ouvertement évoqué cette idée dès jeudi.

« Je m'attends clairement à ce que le président reste impliqué en politique et je pense qu'il fera partie des gens qui seront probablement candidats en 2024 », a-t-il déclaré.

Prendre la route? 

Sur le ton à la fois provocateur et ironique qu'il affectionne, le 45e président de l'histoire a évoqué plusieurs « pistes » ces derniers mois.

En juin à la Maison Blanche il avait évoqué, sur le ton de l'humour, la possibilité d'un road trip avec sa femme Melania Trump.

« Peut-être que j'irai à New York par la route avec la Première dame. Je pense que je vais acheter un camping-car et voyager avec la Première dame ».

Dans un registre moins romantique, il s'est interrompu il y a quelques jours lors d'un meeting de campagne en Pennsylvanie pour admirer les camions garés à distance.

« Jolis camions! Vous pensez que je pourrais grimper dans l'un d'eux et filer? J'adorerais ça, juste conduire et tailler la route ».

Lors d'un déplacement à The Villages, la plus grande communauté de retraités en Floride, il avait évoqué une option plus paisible.

« Je vais déménager dans The Villages. Ce n'est pas une mauvaise idée. Elle me plaît même beaucoup! ».

Reste une option plus radicale.

« Je ne vais pas me sentir très bien », déclarait-il, il y a quelques semaines évoquant l'humiliation que représenterait selon lui une défaite face à «Joe l'Endormi ».

« Peut-être que je vais devoir quitter le pays ».

 


L'Otan en plein doute sur son avenir face à la tempête Trump

Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence et d'une réunion avec des étudiants de l'École d'économie de Varsovie (SGH), à Varsovie (Pologne), le 26 mars 2025. (Photo Wojtek RADWANSKI / AFP)
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence et d'une réunion avec des étudiants de l'École d'économie de Varsovie (SGH), à Varsovie (Pologne), le 26 mars 2025. (Photo Wojtek RADWANSKI / AFP)
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  • Sous les coups de butoir de Donald Trump et de son équipe, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, vieille dame de plus de 75 ans, doit rapidement changer.
  • les États-Unis restent membres de l'OTAN, y compris pour la dissuasion nucléaire, mais se désengagent des forces conventionnelles, comme l'a évoqué le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. 

BRUXELLES : Les tirs de barrage américains contre les pays européens de l'Otan ébranlent jusqu'aux fondements de l'Alliance atlantique, qui a cependant toutes les peines du monde à imaginer un avenir sans les États-Unis.

Sous les coups de butoir de Donald Trump et de son équipe, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, vieille dame de plus de 75 ans, doit rapidement changer. Un diplomate interrogé sous couvert d'anonymat décrit l'agressivité de la nouvelle administration américaine comme un « traumatisme ».

Ce changement se fera-t-il avec ou sans les États-Unis ? La question agite les couloirs du siège de l'Alliance à Bruxelles.

« On connaît la direction : moins d'États-Unis et plus d'Europe », résume un diplomate sous couvert d'anonymat. Cependant, de nombreuses questions restent en suspens.

En deux mois, Donald Trump s'en est pris au Canada qu'il entend voir devenir le 51ᵉ État américain, et au Danemark, dont il revendique l'un des territoires, le Groenland. 

Plusieurs responsables américains, dont le vice-président J. D. Vance, n'ont pas caché leur mépris à l'égard des Européens, considérés comme des « profiteurs » et des passagers clandestins d'une alliance où, dénoncent-ils, ils ne paient pas leur dû.

Depuis le 20 janvier, date du retour de Donald Trump à la Maison Blanche, « l'optimisme est de moins en moins de mise », confie un diplomate. « Les États-Unis n'ont pas encore pris de décisions concrètes, mais on dirait que chaque jour est porteur d'un nouveau coup contre les fondations de l'Alliance. »

- Transition « désordonnée » -

Pour Camille Grand, ancien secrétaire général adjoint de l'Otan et chercheur auprès de l'ECFR, trois scénarios sont possibles.

Celui de la transition ordonnée : les Américains se désengagent, mais en bon ordre, à la suite d'une négociation qui donne aux Européens le temps de se préparer. « Cela permet d'éviter les incertitudes », assure-t-il dans un entretien avec l'AFP.

Celui de la transition « désordonnée » : les États-Unis restent membres de l'OTAN, y compris pour la dissuasion nucléaire, mais se désengagent des forces conventionnelles, comme l'a évoqué le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. 

Le retrait se fait « en mode crise », avec des « menaces et des annonces désordonnées ». C'est « le scénario dominant » aujourd'hui, estime l'analyste.

Il y a aussi le scénario cauchemar pour nombre d'Alliés : le retrait « de facto ou de jure ». Les États-Unis se désintéresseront de la défense du continent européen.

Donald Trump exige que les Européens et les Canadiens consacrent au moins 5 % de leur PIB à cette défense, alors qu'ils sont à moins de 2 % pour l'Italie ou l'Espagne. La marche est très haute. Mais tous savent qu'il faudra « annoncer » quelque chose au sommet de l'OTAN en juin, selon un diplomate.

Le Secrétaire général de l'Alliance Mark Rutte a évoqué un chiffre entre 3,5 et 3,7 %. Ce sera difficile, mais c'est une question de priorités dans les dépenses nationales, ajoute-t-il. 

Personne ne sait si ce chiffre sera suffisant pour Donald Trump.

- "Cinq ans" -

En attendant, beaucoup à Bruxelles et dans les autres capitales européennes s'interrogent sur un "après" Etats-Unis.

"Nous avons toujours su que le moment viendrait où l'Amérique se retirerait en quelque sorte et où l'Europe devrait faire davantage", rappelle ainsi Jamie Shea, ancien porte-parole de l'Otan et expert auprès du think tank londonien Chatam House.

Et le calendrier est très serré. Les Européens ont "cinq ans" pour recréer une dissuasion face à la menace russe, juge ainsi Camille Grand. Un calcul basé sur le temps jugé nécessaire, selon plusieurs services de renseignement, pour que la Russie reconstitue son armée et soit en mesure de menacer un pays de l'Otan, explique-t-il. 

Selon cet expert français, les Européens en sont capables, même si un investissement substantiel sera nécessaire pour combler l'apport américain en termes de renseignement, de satellites ou de logistique. « Il n'y a pas de raison que 500 millions d'Européens ne puissent pas dissuader 140 millions de Russes », assure-t-il.

Plusieurs pays en doutent. « Les États-Unis restent indispensables pour une dissuasion crédible », estime ainsi un diplomate européen auprès de l'Otan.


Le Wisconsin, théâtre d'une première défaite électorale pour Trump et Musk

 Donald Trump et Elon Musk. (Photo AFP)
Donald Trump et Elon Musk. (Photo AFP)
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  • Le président américain Donald Trump a essuyé mardi son premier revers électoral avec l'élection d'une juge démocrate dans le Wisconsin,
  • En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l'escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias

WASHINGTON : Le président américain Donald Trump a essuyé mardi son premier revers électoral avec l'élection d'une juge démocrate dans le Wisconsin, un scrutin habituellement d'ampleur locale, marqué cette fois-ci par la forte implication d'Elon Musk.

Selon les projections de plusieurs médias américains, Susan Crawford, soutenue par les démocrates, a remporté un siège pour dix ans à la Cour suprême de cet État de la région des Grands Lacs.

Elle faisait face à Brad Schimel, soutenu par Donald Trump et par le multimilliardaire Elon Musk, et dont la victoire aurait fait basculer la haute instance du Wisconsin du côté conservateur.

En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l'escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias.

Mardi soir, le président a mis à profit sa plateforme Truth Social pour se féliciter des deux « larges » victoires de son camp en Floride, mettant en avant son « soutien » aux candidats.

Il n'a en revanche pas commenté le résultat pour la Cour suprême du Wisconsin, préférant y retenir l'adoption, par un référendum organisé le même jour, d'une mesure obligeant les électeurs à présenter une pièce d'identité avec photo afin de pouvoir voter.

« C'est une grande victoire pour les républicains, peut-être la plus grande de la soirée », a-t-il écrit.

« Le plus important » 

Elon Musk n'a pas non plus réagi à la défaite de Brad Schimel, et a plutôt salué l'issue du référendum local. « C'était le plus important », a-t-il affirmé sur son réseau social X.

Le patron de Tesla et Space X s'inquiétait d'un potentiel rééquilibrage par la Cour suprême locale dans le découpage des circonscriptions électorales, en faveur des démocrates. État pivot, le Wisconsin avait été remporté par Donald Trump à la présidentielle de novembre.

« C'est l'une de ces situations étranges où une petite élection en apparence pourrait déterminer le destin de la civilisation occidentale », avait lancé Elon Musk mardi.

Le président républicain avait, lui, publié lundi sur Truth Social un message de soutien à Brad Schimel. Il s'en était surtout pris à Susan Crawford, qui serait, selon lui, « un désastre pour le Wisconsin et pour les États-Unis d'Amérique ».

Un peu plus de deux mois après le début de son mandat, les enquêtes d'opinion indiquent une baisse relative de la popularité de Donald Trump. Ces élections dans le Wisconsin et en Floride étaient les premières véritables épreuves auxquelles il faisait face dans les urnes depuis novembre.

Campagne onéreuse 

Mardi, le trumpiste Randy Fine a bien remporté le siège en jeu à la Chambre des représentants face au démocrate Josh Weil, mais avec une avance bien plus mince qu'il y a quelques mois.

Ces résultats ont « de quoi donner des sueurs froides à mes collègues républicains », a déclaré sur la chaîne MSNBC Hakeem Jeffries, responsable de la minorité démocrate à la Chambre des représentants. Cela fait écho à la difficulté de l'opposition à se faire entendre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Dans le Wisconsin, les deux camps avaient sorti l'artillerie lourde pour une élection qui, d'ordinaire, passe inaperçue dans le reste du pays.

Selon le Centre Brennan de l'université de New York, c'est « le scrutin judiciaire le plus coûteux de l'histoire américaine », avec plus de 98 millions de dollars déversés dans la campagne, dont 53 millions en faveur du candidat conservateur.

Elon Musk n'est pas étranger à cela.

« Il a dépensé plus de 25 millions de dollars pour essayer de m'empêcher de siéger à la Cour suprême du Wisconsin », a lancé dimanche Susan Crawford lors d'un rassemblement.

Son équipe de campagne avait récemment accusé Elon Musk de vouloir « acheter un siège à la Cour suprême du Wisconsin afin d'obtenir une décision favorable » dans des poursuites engagées par Tesla, son entreprise de véhicules électriques, contre les autorités du Wisconsin.


Amnesty International demande à la Hongrie d'arrêter M. Netanyahou

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. (Photo d'archives de l'AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. (Photo d'archives de l'AFP)
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  • Le Premier ministre israélien doit se rendre cette semaine dans un pays membre de la Cour pénale internationale
  • Cette visite " ne doit pas devenir un indicateur de l'avenir des droits humains en Europe "

LONDRES : Amnesty International a demandé à la Hongrie d'arrêter le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, à la suite d'informations selon lesquelles il se rendra dans cet État membre de l'UE mercredi à l'invitation de son homologue hongrois Viktor Orban.

M. Netanyahou fait l'objet d'un mandat d'arrêt délivré en novembre par la Cour pénale internationale en raison de la conduite d'Israël à Gaza.

M. Orban, proche allié de M. Netanyahu, a déclaré qu'il n'exécuterait pas le mandat. En tant qu'État membre, la Hongrie est tenue d'exécuter tout mandat d'arrêt délivré par la CPI.