Dans cet épisode d’Enquête, Arab News plonge dans l’histoire d’Al-Andalus

Vue générale d'Al-Hambra, Grenade en Espagne. (Shutterstock)
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Publié le Mardi 17 novembre 2020

Dans cet épisode d’Enquête, Arab News plonge dans l’histoire d’Al-Andalus

  • Huit siècles de règne musulman dans ce qui est aujourd’hui l’Espagne ont contribué à un âge d’or en termes de culture et de science dans tous les émirats de la péninsule ibérique
  • Une enquête menée par la nouvelle unité de recherche et d’études d’Arab News recherche certains descendants de familles qui ont été expulsées à la fin de cette époque

RIYAD: Le tout dernier épisode de la série Enquête d’Arab News propose de découvrir Al-Andalus, cette terre de la péninsule Ibérique que les musulmans ont gouvernée pendant huit siècles. Il se penche également sur son riche héritage, qui a durablement marqué l’Espagne contemporaine.

L’enquête, qui s’est déroulée sur plusieurs mois, a été menée par le département de journalisme spécialisé, au sein de la nouvelle unité de recherche et d’études d’Arab News. Enquête plonge les lecteurs dans un reportage audiovisuel qui comprend des vidéos et des graphiques interactifs.

Faisal J. Abbas, rédacteur en chef d’Arab News, nous explique: «Nous espérons que cet épisode d’Enquête, comme les autres épisodes que nous avons produits, permettra aux gens de mieux comprendre les minorités sous-représentées dans la région. En effet, l’objectif est de créer un environnement plus tolérant. Nous sommes donc persuadés que cet épisode constituera également une ressource précieuse pour tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur Al-Andalus, l’âge d’or du monde arabe et musulman.»

Dans ce nouvel épisode de Jonathan Gornall et Mouna el-Haimoud, Enquête retrace l’aube d’Al-Andalus au XVIIIe siècle avant de conclure par les histoires de familles issues de ceux qui ont été contraints de se convertir au christianisme ou qui se sont exilés après la fin du règne musulman en Espagne en 1492.

La journaliste marocaine Mouna el-Haimoud, correspondante d’Arab News à Madrid, s’est rendue à Cordoue et à Grenade, au cœur d’Al-Andalus, pour s’entretenir avec les habitants. Elle a obtenu la permission de filmer dans le légendaire édifice de l’Alhambra et a interviewé l’un des derniers Andalous présents en Espagne, Abd Samad Romero.

 «Il est fascinant de découvrir les similitudes entre les cultures marocaine et andalouse, en raison de l’influence des Maures et des Andalous qui sont arrivés du Maroc», souligne Mme El-Haimoud. «Dès mon arrivée en Espagne il y a vingt-trois ans, j’ai toujours ressenti le besoin de me plonger davantage dans l’histoire d’Al-Andalus et d’en savoir plus sur cette période cruciale.»

«Lorsque Arab News m’a demandé, en août dernier, de faire un reportage sur l’art Guadameci à Cordoue, j’ai ressenti une fois de plus la connexion. J’ai eu par la suite l’idée de trouver des descendants maures pour qu’ils racontent leur histoire. Le voyage a été beau et semé de surprises. Il m’a permis de comprendre bien des choses sur les traditions que nous avons connues au Maroc dans notre enfance ; j’ai renoué avec mes racines.»

Cet épisode d’Enquête met en lumière un sujet perçu comme de plus en plus important en Espagne.

Fatima Roldan Castro, professeur au département d’études arabes et islamiques de l’université de Séville, est l’une des chercheuses principales du groupe de recherche sur le patrimoine andalou. Elle explique que l’«arabisme», en tant que discipline universitaire, est une longue tradition en Espagne en raison de la présence arabe et islamique au cours de son histoire.

«L’histoire et la culture d’Al-Andalus font partie du programme éducatif dès le cycle primaire. Pourtant, elles ne sont pas traitées en profondeur et en détail comme elles le méritent, compte tenu de leur importance», poursuit-t-elle.

«Le passé andalou fait l’objet d’une attention particulière dans d’autres secteurs ne relevant pas du monde universitaire, mais souvent étroitement liés à lui. L’Andalousie en est un exemple. En effet, le tourisme exploite cette étape de l’histoire ainsi que la culture qui en découle, comme l’un des principaux attraits touristiques. Il valorise le patrimoine historique, artistique et culturel du passé qui caractérise à la fois le territoire et ses habitants.»

 Le Dr Julio Navarro Palazon, archéologue et scientifique chevronné en archéologie islamique auprès du Conseil national espagnol de la recherche à Madrid, estime que l’Espagne a déployé des efforts pour retrouver son passé andalou.

«Ces efforts se traduisent par l’investissement économique et scientifique consacré à la restauration des monuments restants, ainsi que par les nombreuses fouilles archéologiques qui visent à récupérer et, dans de nombreux cas, à muséifier les vestiges de cette période.»

Malgré ces efforts, les racines islamiques d’Al-Andalus ne sont pas toujours manifestes.

«La majeure partie de la société espagnole est à peine consciente de son passé islamique; ce dernier est en grande partie ignoré», explique Umar del Pozo Cadenas, président de la Fondation de la mosquée de Grenade.

«Cependant, les recherches universitaires permettent de recueillir de plus en plus d’informations, et les gens prennent conscience du vaste héritage qui relie l’Espagne moderne à son passé islamique. Cette évolution est très lente, car des efforts pour effacer tout aspect de l’islam de l’Espagne catholique ont été menés de manière très approfondie et consciencieuse.»

«Nous savons que l’Espagne islamique a apporté de grandes contributions à la science, à la technologie, à l’algèbre, à l’ingénierie, à la médecine et à bien d’autres domaines. Elle a également érigé un grand nombre de monuments et de constructions toujours visibles de nos jours.»

Sabrina Amrani, propriétaire d’une galerie qui porte son nom à Madrid, rejoint cet avis.

 «Vous pouvez encore respirer la culture islamique d’Al-Andalus dans l’Espagne contemporaine. Plus vous allez vers le Sud, plus elle est visible. Même au niveau national, ses traces nous entourent: dans la langue espagnole, les pâtisseries, les plats régionaux et dans l’architecture.»

Originaire de Grenade, l’artiste espagnol Eduardo Gorlat, alias EduArtGranada, estime que l’influence d’Al-Andalus est incontournable.

«Mon style se réfère clairement au passé andalou, à la culture arabe et perse. Pour moi, ce ne sont pas des étrangers, mais ils font plutôt partie de notre patrimoine, celui dont nous avons hérité et qui doit être valorisé», explique-t-il. «J’essaie de procéder dans une perspective moderne pour intégrer notre époque, en apportant une touche de fraîcheur qui atteint le spectateur; c’est une tentative de relier le passé à l’avenir. J’aime travailler en partant du sentiment de nostalgie pour ce qui a disparu et en y ajoutant une touche de joie colorée. Un peu comme l’Andalousie, mon art est très heureux mais nostalgique.»

Toutefois, tout n’est pas heureux en Andalousie. Le professeur Jamal ben Ammar al-Ahmar, professeur à l’université algérienne Ferhat Abbas, confie que de nombreux activistes travaillent pour que l’Espagne reconnaisse les descendants de ceux qu’elle a expulsés.

«La cause de l’Andalousie a son propre drapeau et exprime ses revendications dans la diaspora du monde entier, déclare-t-il. Notre activité s’est manifestée à plusieurs reprises, notamment le 2 janvier de chaque année pour commémorer la chute de l’Andalousie sous le coup des rois catholiques.»

En 2015, le gouvernement espagnol a offert la citoyenneté aux descendants des juifs qui ont vécu en harmonie avec les musulmans d’Al-Andalus. Ils ont été expulsés par les chrétiens au Moyen Âge. En dépit des promesses faites par les monarques catholiques victorieux après la chute de Grenade en 1492, les musulmans ont également été exilés de la terre qui leur appartenait depuis huit cents ans. Pourtant, leurs descendants n’ont jamais reçu la même offre.

Hossain Bouzineb, professeur émérite de l’université Mohammed V de Rabat, spécialisé dans l’histoire d’Al-Andalus, rappelle que les descendants d’Al-Andalus sont parvenus à redécouvrir leurs origines familiales grâce à des recherches. «Aujourd’hui, nous disposons d’une riche base documentaire sur la communauté maure, qui met en lumière les nombreux aspects de la trajectoire de vie de cette communauté déracinée de ses terres et dispersée à travers la planète», affirme-t-il.

Pour Iman Alyauhariah Travieso, une musulmane espagnole convertie qui vit à Grenade, même si on a pu mieux connaître Al-Andalus après la mort en 1975 du général Francisco Franco, son histoire n’est toujours pas bien connue, notamment chez les jeunes générations. «Mon intérêt pour l’histoire d’Al-Andalus s’est accru, évidemment, à mesure que je devenais musulmane», affirme-t-elle. «Auparavant, j’éprouvais simplement une certaine curiosité, car je me sentais historiquement liée au passé musulman de l’Espagne. Je crois que la majorité des Espagnols de ma génération sont de cet avis, mais d’un autre côté, dans l’Espagne où j’ai grandi, le passé islamique est pratiquement gommé de l’histoire du pays.»

L’Andalousie revisitée
Huit siècles de domination musulmane en Espagne, au cours desquels la culture et la science arabes ont prospéré, se reflètent non seulement dans l'art et les bâtiments magnifiques de l’Andalousie, mais aussi dans l’âme et l'ADN de ses descendants.
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Au moins 9 morts dans des raids israéliens contre le sud du Liban

Des secouristes arrivent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
Des secouristes arrivent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 9 morts et plusieurs blessés, tandis que des ordres d’évacuation ont été donnés dans la banlieue sud de Beyrouth
  • Les tensions s’intensifient : Israël affirme cibler des infrastructures du Hezbollah, tandis que le mouvement riposte par des attaques de roquettes vers le nord d’Israël

BEYROUTH: Au moins neuf personnes, selon les médias officiels libanais, ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans trois raids israéliens contre des localités du sud du Liban, qu'Israël considère comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah.

D'après l'Agence nationale d'information (ANI), une attaque israélienne a fait au moins trois morts et 18 blessés dans la région de Nabatiyeh, et une autre quatre morts et un blessé à Aadloun, au sud de la ville de Saïda, également appelée Sidon.

Selon la même source, une frappe israélienne contre un appartement du camp de réfugiés de Mieh Mieh, également près de Saïda, a par ailleurs fait deux morts et quatre blessés.

L'armée israélienne a en outre ordonné aux habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, autre fief du Hezbollah, d'évacuer en prévision d'actions militaires.

Elle a aussi annoncé avoir, au cours de son opération terrestre dans le sud du Liban, avoir "démantelé des centres de commandement du Hezbollah" ainsi qu'un dépôt d'armes, et avoir tué plusieurs combattants du mouvement, sans en préciser le nombre.

De son côté, le Hezbollah a affirmé mercredi matin avoir attaqué un char et des soldats israéliens près de la frontière, et tiré un "barrage de roquettes" vers Kiryat Shmona, dans le nord d'Israël.

Les sirènes d'alerte ont retenti dans cette ville de la vallée de la Houla, proche de la frontière libanaise. Les autorités israéliennes n'ont fait état d'aucune victime.

Mardi, une Israélienne d'une trentaine d'années avait été tuée dans le nord du pays par un autre tir de roquettes depuis le Liban.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, les frappes israéliennes ont tué plus de mille personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mardi que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière.

"Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée", a-t-il prévenu.

- Traces de sang -

Après avoir envahi le Liban en 1982, Israël avait maintenu une zone tampon de 10 à 20 kilomètres de profondeur, jusqu'à son retrait total en 2000, sous les coups de boutoir du Hezbollah.

"La bataille contre le Hezbollah (...) ne fait que commencer", a averti lundi la porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Ella Waweya.

Mardi, des frappes israéliennes avaient déjà tué cinq personnes dans le sud du pays et trois autres dans une zone résidentielle proche de Beyrouth, après des raids sur la banlieue sud.

"Ma maison a été entièrement détruite. Il ne reste plus rien, tout a brûlé", dit à l'AFP Abbas Qassem, 55 ans, dont l'appartement voisin du sien a été visé par la frappe à Bchamoun, un village dans les montagnes au sud-est de Beyrouth qui est pourtant à l'écart des zones contrôlées par le Hezbollah.

"Qu'est-ce que j'ai fait pour que ma maison soit détruite? Je suis une personne normale", ajoute-t-il en pleurant, comme sa femme, découvrant l'appartement dévasté.

Un journaliste de l'AFP a vu des traces de sang et des restes d'un projectile dans l'appartement visé.

A Haret Hreik, l'un des quartiers de la banlieue sud désertée par une majorité d'habitants, un photographe de l'AFP a vu des immeubles effondrés et des rues jonchées de débris.

Beyrouth accuse les Gardiens de la révolution iraniens de diriger les opérations du Hezbollah contre Israël, et a interdit leurs activités sur son territoire.

Mardi, la décision des autorités d'expulser l'ambassadeur d'Iran a provoqué une vive réaction du Hezbollah, qui leur a demandé de se rétracter.

"Nous demanderons à l’ambassadeur iranien de rester à Beyrouth et de considérer la mesure comme nulle et non avenue", a affirmé une source de l'organisation à l'AFP.


Nouvelles vagues d'attaques au Moyen-Orient, les négociations Washington-Téhéran restent à confirmer

Les frappes aériennes israéliennes menées dans la nuit du 24 mars 2026 ont causé d’importants dégâts dans le quartier de Haret Hreik, une banlieue densément peuplée du sud de Beirut, considérée comme un bastion du Hezbollah. (AFP)
Les frappes aériennes israéliennes menées dans la nuit du 24 mars 2026 ont causé d’importants dégâts dans le quartier de Haret Hreik, une banlieue densément peuplée du sud de Beirut, considérée comme un bastion du Hezbollah. (AFP)
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  • L’Iran a intensifié les frappes (missiles et drones) contre Israël et plusieurs pays du Golfe, tandis qu’Israël poursuit ses bombardements en Iran et au Liban, aggravant le conflit régional
  • Les États-Unis proposent un plan de paix incluant un cessez-le-feu temporaire, des restrictions sur le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions, alors que le détroit d’Ormuz rouvre partiellement, faisant baisser les prix du pétrole

TEHERAN: L'Iran a tiré mercredi des salves de missiles et de drones contre ses voisins du Golfe et Israël, et celui-ci continue de bombarder Téhéran et le Liban, malgré la promesse américaine de négociations de paix qui a calmé les marchés.

Iran et Etats-Unis négocient "en ce moment" pour tenter de mettre un terme au conflit, a affirmé mardi Donald Trump, ajoutant que son émissaire Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le vice-président JD Vance et le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio participent au processus.

Plusieurs médias, dont le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12, avancent que l'administration Trump a proposé un plan de paix en 15 points à l'Iran par l'entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties.

Selon trois sources non identifiées citées par Channel 12, les Etats-Unis proposent un cessez-le-feu d'un mois, le temps que les autorités iraniennes étudient leurs demandes.

Toujours selon la chaîne israélienne, parmi les 15 points, cinq concernent le programme nucléaire iranien, d'autres imposent l'abandon du soutien aux alliés de l'Iran dans la région, comme le Hezbollah ou le Hamas, et un point insiste pour que le détroit d'Ormuz reste ouvert à la navigation maritime. En contrepartie l'Iran obtiendrait une levée des sanctions internationales à son encontre et un soutien pour son programme nucléaire civil.

- L'Iran desserre l'étreinte sur Ormuz -

L'Iran a justement affirmé que les "navires non hostiles" pouvaient désormais "bénéficier d'un passage sûr par le détroit d'Ormuz en coordination avec les autorités compétentes", selon l'Organisation maritime internationale (OMI).

Près de 20% de la production mondiale d'hydrocarbures transite par ce détroit stratégique, dont le blocage de fait par Téhéran ces dernières semaines a fait flamber les prix du pétrole.

Donald Trump a évoqué mardi "un très gros cadeau" lié aux hydrocarbures, sans donner de précisions, qui pourrait justement être lié à cette réouverture partielle du détroit.

En réaction à ces informations les cours du pétrole retombent mercredi, et les Bourses d'Asie sont revenues dans le vert.

Mais l'Iran, pour l'heure, n'a pas confirmé la moindre négociation.

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien - présenté par le site d'informations Axios comme l'interlocuteur des Etats-Unis - a démenti en bloc. La diplomatie iranienne a juste reconnu en début de semaine avoir reçu, via des "pays amis", des "messages transmettant une demande américaine de négociations".

- Incendie à l'aéroport de Koweït -

La presse américaine évoque en outre l'envoi de 3.000 soldats parachutistes en renfort au Moyen-Orient, où la guerre ne donne aucun signe d'accalmie avec de nouvelles vagues d'attaques israéliennes contre l'Iran et le Liban, et de nouveaux tirs de missiles et de drones iraniens vers Israël, la Jordanie et plusieurs pays du Golfe.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir lancé des attaques contre le nord et le centre d'Israël, dont la région de Tel-Aviv, ainsi que sur deux bases militaires américaines au Koweït, une en Jordanie et une au Bahreïn.

Selon les secours israéliens, 12 personnes ont été blessées mardi soir près de Tel-Aviv par un ou plusieurs missiles iraniens.

Au Koweït, une attaque de drones a mis le feu à un réservoir de carburant à l'aéroport international de l'émirat, selon l'Autorité de l'aviation civile du pays, qui n'a pas fait état de victime.

De son côté, comme au cours des nuits précédentes, l'armée israélienne a annoncé avoir "lancé une série de frappes visant les infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran".

"Les bruits, les explosions et les missiles font désormais partie de notre vie quotidienne", a confié à l'AFP par téléphone une femme de 35 ans, originaire du Kurdistan iranien et résidant à Téhéran.

- Au moins 9 morts au Liban -

Israël poursuit également son offensive au Liban, où au moins neuf personnes ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans trois raids dans le sud du pays, région considérée par Israël comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'agence de presse officielle libanaise ANI.

L'armée israélienne a en outre ordonné aux habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, autre fief du Hezbollah, d'évacuer en prévision d'actions militaires.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, les frappes israéliennes y ont tué plus de mille personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mardi que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière.


Liban: Israël veut s'emparer d'une zone du sud, trois morts près de Beyrouth

Des poupées gisent sur un lit jonché de petits débris sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un appartement à Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, le 24 mars 2026. (AFP)
Des poupées gisent sur un lit jonché de petits débris sur le site d'une frappe aérienne israélienne menée dans la nuit et qui a visé un appartement à Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • "Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée"
  • Mardi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani

BEYROUTH: Israël a annoncé mardi qu'il allait s'emparer d'une large zone du sud du Liban pour assurer sa sécurité, alors qu'il poursuit ses frappes sur le reste du territoire libanais, faisant trois morts près de Beyrouth et cinq autres dans le sud.

Après avoir envahi le Liban en 1982, Israël avait maintenu une zone tampon de 10 à 20 kilomètres de profondeur, jusqu'à son retrait total en 2000, sous les coups de boutoir du Hezbollah pro-iranien.

Mardi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière.

"Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée", a-t-il prévenu.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale, Israël mène des frappes massives à travers le pays, qui ont fait plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés.

"La bataille contre le Hezbollah (...) ne fait que commencer", a averti lundi la porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Ella Waweya.

Mardi à l'aube, des frappes israéliennes ont tué cinq personnes dans le sud du pays et trois autres dans une zone résidentielle proche de Beyrouth, après des raids sur la banlieue sud de la capitale, bastion du Hezbollah.

"Qu'est-ce que j'ai fait?" 

"Ma maison a été entièrement détruite. Il ne reste plus rien, tout a brûlé", dit à l'AFP Abbas Qassem, 55 ans, dont l'appartement voisin du sien a été visé par la frappe à Bchamoun, au sud-est de Beyrouth.

"Qu'est-ce que j'ai fait pour que ma maison soit détruite? Je suis une personne normale", ajoute-t-il en pleurant, comme sa femme, découvrant l'appartement dévasté.

La frappe a notamment tué une fillette de quatre ans et fait quatre blessés, selon le ministère de la Santé.

Bchamoun n'est pas un bastion du Hezbollah, dont l'armée israélienne dit viser les combattants.

Un journaliste de l'AFP a vu des traces de sang et des restes d'un projectile dans l'appartement visé.

Lundi après-midi, une frappe ciblée avait visé un immeuble de la ville d'Hazmieh, dans une zone résidentielle surplombant Beyrouth, proche du palais présidentiel et abritant de nombreuses ambassades, faisant un mort.

Un porte-parole de l'armée israélienne a affirmé qu'un "terroriste de la force al-Qods", la branche des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, était visé.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré que des membres des Gardiens de la Révolution iraniens, se trouvant au Liban, dirigeaient les opérations du Hezbollah.

L'accréditation de l'ambassadeur d'Iran a été retirée, Beyrouth lui donnant jusqu'à dimanche pour quitter le pays.

Incursion 

Dans la nuit, une série de frappes a visé des quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

A Haret Hreik, l'un des quartiers de la banlieue sud désertée par une majorité d'habitants, un photographe de l'AFP a vu des immeubles effondrés et des rues jonchées de débris.

L'Ani a aussi rapporté des frappes sur plusieurs régions de l'est et du sud, où des stations essence de la société al-Amana, qui selon Israël finance le Hezbollah, ont été visées.

Dans le sud, l'armée israélienne a visé la région de la ville côtière de Tyr, faisant cinq morts selon le ministère de la Santé.

Dans le même temps, elle a à nouveau frappé un pont sur le Litani, visé la veille, dans le cadre de son opération de destruction de plusieurs ponts sur ce fleuve reliant une partie du sud au reste du pays.

Le Hezbollah a pour sa part annoncé s'opposer à la progression des forces israéliennes dans des localités frontalières, revendiquant notamment des attaques contre des soldats dans le village de al-Qaouzah ainsi que sur le nord d'Israël.

Selon l'Ani, une unité israélienne a effectué une incursion dans le village frontalier de Halta, où les soldats "ont effectué des perquisitions dans plusieurs maisons et ouvert le feu sur les habitants", tuant l'un d'entre eux et en blessant un autre.