Dans cet épisode d’Enquête, Arab News plonge dans l’histoire d’Al-Andalus

Vue générale d'Al-Hambra, Grenade en Espagne. (Shutterstock)
Vue générale d'Al-Hambra, Grenade en Espagne. (Shutterstock)
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Publié le Mardi 17 novembre 2020

Dans cet épisode d’Enquête, Arab News plonge dans l’histoire d’Al-Andalus

  • Huit siècles de règne musulman dans ce qui est aujourd’hui l’Espagne ont contribué à un âge d’or en termes de culture et de science dans tous les émirats de la péninsule ibérique
  • Une enquête menée par la nouvelle unité de recherche et d’études d’Arab News recherche certains descendants de familles qui ont été expulsées à la fin de cette époque

RIYAD: Le tout dernier épisode de la série Enquête d’Arab News propose de découvrir Al-Andalus, cette terre de la péninsule Ibérique que les musulmans ont gouvernée pendant huit siècles. Il se penche également sur son riche héritage, qui a durablement marqué l’Espagne contemporaine.

L’enquête, qui s’est déroulée sur plusieurs mois, a été menée par le département de journalisme spécialisé, au sein de la nouvelle unité de recherche et d’études d’Arab News. Enquête plonge les lecteurs dans un reportage audiovisuel qui comprend des vidéos et des graphiques interactifs.

Faisal J. Abbas, rédacteur en chef d’Arab News, nous explique: «Nous espérons que cet épisode d’Enquête, comme les autres épisodes que nous avons produits, permettra aux gens de mieux comprendre les minorités sous-représentées dans la région. En effet, l’objectif est de créer un environnement plus tolérant. Nous sommes donc persuadés que cet épisode constituera également une ressource précieuse pour tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur Al-Andalus, l’âge d’or du monde arabe et musulman.»

Dans ce nouvel épisode de Jonathan Gornall et Mouna el-Haimoud, Enquête retrace l’aube d’Al-Andalus au XVIIIe siècle avant de conclure par les histoires de familles issues de ceux qui ont été contraints de se convertir au christianisme ou qui se sont exilés après la fin du règne musulman en Espagne en 1492.

La journaliste marocaine Mouna el-Haimoud, correspondante d’Arab News à Madrid, s’est rendue à Cordoue et à Grenade, au cœur d’Al-Andalus, pour s’entretenir avec les habitants. Elle a obtenu la permission de filmer dans le légendaire édifice de l’Alhambra et a interviewé l’un des derniers Andalous présents en Espagne, Abd Samad Romero.

 «Il est fascinant de découvrir les similitudes entre les cultures marocaine et andalouse, en raison de l’influence des Maures et des Andalous qui sont arrivés du Maroc», souligne Mme El-Haimoud. «Dès mon arrivée en Espagne il y a vingt-trois ans, j’ai toujours ressenti le besoin de me plonger davantage dans l’histoire d’Al-Andalus et d’en savoir plus sur cette période cruciale.»

«Lorsque Arab News m’a demandé, en août dernier, de faire un reportage sur l’art Guadameci à Cordoue, j’ai ressenti une fois de plus la connexion. J’ai eu par la suite l’idée de trouver des descendants maures pour qu’ils racontent leur histoire. Le voyage a été beau et semé de surprises. Il m’a permis de comprendre bien des choses sur les traditions que nous avons connues au Maroc dans notre enfance ; j’ai renoué avec mes racines.»

Cet épisode d’Enquête met en lumière un sujet perçu comme de plus en plus important en Espagne.

Fatima Roldan Castro, professeur au département d’études arabes et islamiques de l’université de Séville, est l’une des chercheuses principales du groupe de recherche sur le patrimoine andalou. Elle explique que l’«arabisme», en tant que discipline universitaire, est une longue tradition en Espagne en raison de la présence arabe et islamique au cours de son histoire.

«L’histoire et la culture d’Al-Andalus font partie du programme éducatif dès le cycle primaire. Pourtant, elles ne sont pas traitées en profondeur et en détail comme elles le méritent, compte tenu de leur importance», poursuit-t-elle.

«Le passé andalou fait l’objet d’une attention particulière dans d’autres secteurs ne relevant pas du monde universitaire, mais souvent étroitement liés à lui. L’Andalousie en est un exemple. En effet, le tourisme exploite cette étape de l’histoire ainsi que la culture qui en découle, comme l’un des principaux attraits touristiques. Il valorise le patrimoine historique, artistique et culturel du passé qui caractérise à la fois le territoire et ses habitants.»

 Le Dr Julio Navarro Palazon, archéologue et scientifique chevronné en archéologie islamique auprès du Conseil national espagnol de la recherche à Madrid, estime que l’Espagne a déployé des efforts pour retrouver son passé andalou.

«Ces efforts se traduisent par l’investissement économique et scientifique consacré à la restauration des monuments restants, ainsi que par les nombreuses fouilles archéologiques qui visent à récupérer et, dans de nombreux cas, à muséifier les vestiges de cette période.»

Malgré ces efforts, les racines islamiques d’Al-Andalus ne sont pas toujours manifestes.

«La majeure partie de la société espagnole est à peine consciente de son passé islamique; ce dernier est en grande partie ignoré», explique Umar del Pozo Cadenas, président de la Fondation de la mosquée de Grenade.

«Cependant, les recherches universitaires permettent de recueillir de plus en plus d’informations, et les gens prennent conscience du vaste héritage qui relie l’Espagne moderne à son passé islamique. Cette évolution est très lente, car des efforts pour effacer tout aspect de l’islam de l’Espagne catholique ont été menés de manière très approfondie et consciencieuse.»

«Nous savons que l’Espagne islamique a apporté de grandes contributions à la science, à la technologie, à l’algèbre, à l’ingénierie, à la médecine et à bien d’autres domaines. Elle a également érigé un grand nombre de monuments et de constructions toujours visibles de nos jours.»

Sabrina Amrani, propriétaire d’une galerie qui porte son nom à Madrid, rejoint cet avis.

 «Vous pouvez encore respirer la culture islamique d’Al-Andalus dans l’Espagne contemporaine. Plus vous allez vers le Sud, plus elle est visible. Même au niveau national, ses traces nous entourent: dans la langue espagnole, les pâtisseries, les plats régionaux et dans l’architecture.»

Originaire de Grenade, l’artiste espagnol Eduardo Gorlat, alias EduArtGranada, estime que l’influence d’Al-Andalus est incontournable.

«Mon style se réfère clairement au passé andalou, à la culture arabe et perse. Pour moi, ce ne sont pas des étrangers, mais ils font plutôt partie de notre patrimoine, celui dont nous avons hérité et qui doit être valorisé», explique-t-il. «J’essaie de procéder dans une perspective moderne pour intégrer notre époque, en apportant une touche de fraîcheur qui atteint le spectateur; c’est une tentative de relier le passé à l’avenir. J’aime travailler en partant du sentiment de nostalgie pour ce qui a disparu et en y ajoutant une touche de joie colorée. Un peu comme l’Andalousie, mon art est très heureux mais nostalgique.»

Toutefois, tout n’est pas heureux en Andalousie. Le professeur Jamal ben Ammar al-Ahmar, professeur à l’université algérienne Ferhat Abbas, confie que de nombreux activistes travaillent pour que l’Espagne reconnaisse les descendants de ceux qu’elle a expulsés.

«La cause de l’Andalousie a son propre drapeau et exprime ses revendications dans la diaspora du monde entier, déclare-t-il. Notre activité s’est manifestée à plusieurs reprises, notamment le 2 janvier de chaque année pour commémorer la chute de l’Andalousie sous le coup des rois catholiques.»

En 2015, le gouvernement espagnol a offert la citoyenneté aux descendants des juifs qui ont vécu en harmonie avec les musulmans d’Al-Andalus. Ils ont été expulsés par les chrétiens au Moyen Âge. En dépit des promesses faites par les monarques catholiques victorieux après la chute de Grenade en 1492, les musulmans ont également été exilés de la terre qui leur appartenait depuis huit cents ans. Pourtant, leurs descendants n’ont jamais reçu la même offre.

Hossain Bouzineb, professeur émérite de l’université Mohammed V de Rabat, spécialisé dans l’histoire d’Al-Andalus, rappelle que les descendants d’Al-Andalus sont parvenus à redécouvrir leurs origines familiales grâce à des recherches. «Aujourd’hui, nous disposons d’une riche base documentaire sur la communauté maure, qui met en lumière les nombreux aspects de la trajectoire de vie de cette communauté déracinée de ses terres et dispersée à travers la planète», affirme-t-il.

Pour Iman Alyauhariah Travieso, une musulmane espagnole convertie qui vit à Grenade, même si on a pu mieux connaître Al-Andalus après la mort en 1975 du général Francisco Franco, son histoire n’est toujours pas bien connue, notamment chez les jeunes générations. «Mon intérêt pour l’histoire d’Al-Andalus s’est accru, évidemment, à mesure que je devenais musulmane», affirme-t-elle. «Auparavant, j’éprouvais simplement une certaine curiosité, car je me sentais historiquement liée au passé musulman de l’Espagne. Je crois que la majorité des Espagnols de ma génération sont de cet avis, mais d’un autre côté, dans l’Espagne où j’ai grandi, le passé islamique est pratiquement gommé de l’histoire du pays.»

L’Andalousie revisitée
Huit siècles de domination musulmane en Espagne, au cours desquels la culture et la science arabes ont prospéré, se reflètent non seulement dans l'art et les bâtiments magnifiques de l’Andalousie, mais aussi dans l’âme et l'ADN de ses descendants.
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Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Toute tentative des Houthis de cibler le Royaume se heurtera à une riposte d'une force sans précédent, affirme la coalition

Un soldat fidèle aux forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite monte la garde près de navires amarrés dans le port méridional d’Aden, au Yémen. (AFP/Archives)
Un soldat fidèle aux forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite monte la garde près de navires amarrés dans le port méridional d’Aden, au Yémen. (AFP/Archives)
  • Les menaces des Houthis visent à « détourner l’attention » des violations commises contre le peuple yéménite, affirme Al-Maliki, porte-parole de la coalition

RIYAD : Toute tentative des rebelles houthis du Yémen de cibler le Royaume se heurtera à une réponse marquée par une « détermination et une force sans précédent », a déclaré la coalition dirigée par l’Arabie saoudite tôt samedi dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux et relayé par l’Agence de presse saoudienne.

« Les déclarations des Houthis contre le Royaume hier ne sont qu’une tentative de détourner l’attention de leurs graves violations à l’encontre du peuple frère du Yémen », a déclaré le général de division Turki Al-Maliki, porte-parole de la coalition.

Il a qualifié les dernières menaces de la milice de tentatives visant à porter atteinte à la sécurité régionale et internationale.

« La coalition répondra avec une détermination et une force sans précédent à toute tentative de cibler le Royaume, ses citoyens, ses résidents et ses infrastructures nationales, ou à toute atteinte à la souveraineté de la République sœur du Yémen, conformément au droit international humanitaire coutumier », a-t-il déclaré.

Le groupe soutenu par l’Iran a menacé vendredi de prendre pour cible « les aéroports saoudiens ainsi que les intérêts vitaux sur terre et en mer », selon son porte-parole militaire.

Al-Maliki a accusé les Houthis d’être responsables des souffrances du peuple yéménite.

« Ils cherchent à exporter les catastrophes économiques et les souffrances qu’ils ont eux-mêmes provoquées au Yémen, tout en tentant de masquer le rejet auquel ils sont confrontés de la part des composantes tribales et sociales yéménites, en reportant ces tensions sur leur environnement régional et les pays voisins. »

Connue officiellement sous le nom de Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite affirme œuvrer au rétablissement du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, après la prise de la capitale, Sanaa, par les Houthis en 2014.

Le groupe, qui a reçu des armes de Téhéran, contrôle depuis lors la capitale ainsi que de vastes régions du pays.

« Le Royaume, avec la coalition et ses partenaires internationaux, a lancé des initiatives et des efforts visant à atténuer les souffrances du peuple yéménite causées par le coup d’État de la milice houthie », a déclaré Al-Maliki. « Ces efforts comprennent également la recherche d’une solution à la crise yéménite à travers une feuille de route approuvée par le gouvernement légitime du Yémen, mais rejetée par les Houthis, qui ont en outre refusé les initiatives en faveur d’une paix durable et attaqué les voies de communication maritimes ainsi que le commerce international dans le sud de la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb. »

Al-Maliki a ajouté : « Ces actions ont exposé les capacités et les infrastructures du peuple yéménite à des attaques et à des destructions massives dans les ports de Hodeïda, Ras Issa et Salif, ainsi qu’à l’aéroport international de Sanaa, aux centrales électriques, aux installations industrielles et à d’autres composantes économiques majeures appartenant au peuple yéménite. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président libanais affirme qu'il ne cèdera «pas un pouce» du territoire à Israël

 Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
  • Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun
  • Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire"

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire".

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré la veille que l'armée israélienne resterait "pour une durée indéterminée" dans ce qu'elle qualifie de "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Le Liban a signé le 26 juin sous l'égide de Washington un accord-cadre avec Israël en vue de parvenir à une "paix durable", un texte violemment contesté par le Hezbollah pro-iranien.

Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun, alors que la nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah a fait depuis le 2 mars plus de 4.200 morts au Liban, selon les autorités.

Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire".

"Nous ne cèderons pas un seul pouce du territoire libanais", a-t-il assuré.

L'accord-cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne, mais il ne fixe pas de calendrier.

Le processus doit être détaillé dans une annexe de sécurité, dont le contenu n'a pas été rendu public.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que persisterait la menace du Hezbollah.