La France sur tous les fronts contre les migrants radicalisés

Des migrants font la queue pour un repas chaud au «Refuge Solidaire» de Briançon en septembre dernier. (AFP).
Des migrants font la queue pour un repas chaud au «Refuge Solidaire» de Briançon en septembre dernier. (AFP).
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Publié le Vendredi 06 novembre 2020

La France sur tous les fronts contre les migrants radicalisés

  • Les trois attaques perpétrées en l'espace d'un mois, entre fin septembre et fin octobre, devant les ex-locaux de Charlie Hebdo, à Conflans-Sainte-Honorine et dans une basilique de Nice, a décidé le gouvernement à changer de braquet sur la question
  • Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, entame vendredi une tournée, notamment au Maghreb, sur le thème de «la lutte contre le terrorisme et la lutte contre l'immigration irrégulière»

PARIS : Voyages diplomatiques, renforcement des frontières, placements en rétention... La France multiplie les initiatives pour éloigner de son territoire les immigrés clandestins radicalisés et tenter de contrer la menace terroriste.

Les trois attaques perpétrées en l'espace d'un mois, entre fin septembre et fin octobre, devant les ex-locaux de Charlie Hebdo, à Conflans-Sainte-Honorine et dans une basilique de Nice, a décidé le gouvernement à changer de braquet sur la question. Avec une méthode: frapper tous azimuts. 

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, entame vendredi une tournée, notamment au Maghreb, sur le thème de «la lutte contre le terrorisme et la lutte contre l'immigration irrégulière», a souligné son entourage. 

Son voyage commencera vendredi matin par Rome, où il doit s'entretenir avec son homologue notamment de la réforme du système européen d'asile et d'immigration. 

Le même jour, il doit se rendre en Tunisie, puis le lendemain en Algérie – après un détour par Malte –, notamment pour rencontrer ses homologues.

L'objectif est de «faire repartir la machine» des expulsions vers ces pays, confirme-t-on dans l'entourage du ministre. Notamment en négociant des laissez-passer consulaires. Une machine grippée par la crise de la Covid-19, qui a contraint à la fermeture des frontières extérieures de l'Union européenne.

Même si les discussions porteront sur l'immigration en général, «une priorité est donnée aux individus qui représentent une menace pour l'ordre public», confirme-t-on de même source. 

Ces déplacements interviennent après une première visite au Maroc mi-octobre. 

Depuis trois semaines, Gérald Darmanin évoque régulièrement une liste de 231 étrangers en situation irrégulière fichés pour radicalisation, qu'il souhaite expulser. 

Dans cette liste, 70 % sont originaires du Maghreb et de la Russie, où le ministre de l'Intérieur doit également se rendre «dans les prochains jours», selon son entourage. 

26 expulsions

Jeudi, il se trouvait avec Emmanuel Macron à la frontière franco-espagnole, où le chef de l'État a annoncé le doublement des forces de sécurité aux frontières, dans une volonté d'«intensifier» la lutte contre l'immigration clandestine et les réseaux de trafiquants qui, «de plus en plus souvent, sont liés aux réseaux terroristes».

Sur place, le directeur interdépartemental de la police aux frontières a affirmé que les forces de l'ordre avaient procédé depuis le début de l'année à l'interpellation d'une trentaine de personnes fichées S.

Quant aux 231 personnes évoquées par le ministre, 26 ont déjà été expulsées, précise-t-on au ministère de l'Intérieur, et «plus d'une centaine» ont déjà été enfermées en centre de rétention administrative (CRA), où sont placés les étrangers en situation irrégulière en attente de leur expulsion.

Même s'il est actuellement difficile de procéder à ces éloignements, Gérald Darmanin a demandé aux préfets d'enfermer en CRA toutes ces personnes.

«On a une quadruple difficulté», reconnaît-on Place Beauvau: «D'abord la Covid et la fermeture des frontières. Les pays d'origine doivent aussi les reconnaître, cela prend du temps. Ces gens ont aussi la possibilité de faire des recours administratifs. Et le droit international, qui nous interdit de renvoyer vers des pays en guerre, comme la Syrie et la Libye.»

«C'est clair que la priorité est donnée au placement de ces personnes. On en a reçu une dizaine ces derniers jours», confirme Assane Ndaw, responsable de la rétention chez Forum Réfugiés-Cosi, association qui intervient dans plusieurs CRA.

Quitte à être dans l'affichage ? «Dimanche, on nous a renvoyé en CRA une personne qui en était sortie quelques semaines plus tôt pour être assignée à résidence», illustre M. Ndaw.

«Il n'y a pas marqué fiché S sur le dossier, mais on sait que c'est eux», abonde Céline Guyot, de l'association Assfam, qui intervient dans un centre parisien où viennent d'être placés deux ressortissants pakistanais qui vivaient dans le même appartement que l'assaillant des ex-locaux de Charlie Hebdo.

Pour elle, «le risque c'est qu'on puisse détourner ce motif de radicalisation pour pouvoir expulser plus facilement». «En gros, craint-elle, il suffirait de mettre “trouble à l'ordre public”, et d'expulser.»


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.