Au Brésil, le PIX révolutionne les transactions bancaires

A l'approche de la présidentielle d'octobre, Jair Bolsonaro en a revendiqué la paternité, bien que la conception ait démarré sous le gouvernement de son prédécesseur Michel Temer (2016-2018). (Photo, AFP)
A l'approche de la présidentielle d'octobre, Jair Bolsonaro en a revendiqué la paternité, bien que la conception ait démarré sous le gouvernement de son prédécesseur Michel Temer (2016-2018). (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 29 août 2022

Au Brésil, le PIX révolutionne les transactions bancaires

A l'approche de la présidentielle d'octobre, Jair Bolsonaro en a revendiqué la paternité, bien que la conception ait démarré sous le gouvernement de son prédécesseur Michel Temer (2016-2018). (Photo, AFP)
  • «Je me sers de PIX car beaucoup de gens veulent aider mais peu ont de l'argent liquide sur eux. Et ça marche mieux», explique le chômeur de 48 ans
  • Au premier trimestre cette année, 4,2 milliards de transactions PIX (22,9% du total) ont été enregistrées, contre respectivement 3,7 et 3,5 milliards par carte de crédit (19,27%) et de débit immédiat (19,8%)

SAO PAULO: Robson Ferreira mendie entre les voitures à un carrefour de Sao Paulo. Il ne tend pas la main mais montre une pancarte avec l'inscription « J'ai besoin d'aide » suivie du mot « PIX » et d'une série de chiffres. 

PIX, qu'on active avec son téléphone portable, est aujourd'hui le mode de transaction, paiements et transferts, le plus populaire au Brésil. Depuis l'an dernier il dépasse le nombre de transactions par carte bancaire. 

« Je me sers de PIX car beaucoup de gens veulent aider mais peu ont de l'argent liquide sur eux. Et ça marche mieux », explique le chômeur de 48 ans. 

Ce mode de transaction électronique à virement immédiat a été lancé en novembre 2020 par la Banque centrale du Brésil (BCB), première entité publique d'Amérique latine à installer avec succès une méthode alternative aux cartes bancaires. 

A l'approche de la présidentielle d'octobre, Jair Bolsonaro en a revendiqué la paternité, bien que la conception ait démarré sous le gouvernement de son prédécesseur Michel Temer (2016-2018). 

PIX fait également l'objet de fausses informations. La rumeur a couru que si Luiz Inacio Lula da Silva, dit Lula, favori des sondages, l'emportait, il supprimerait PIX pour satisfaire les banques qui ne facturent pas de frais de commission entre particuliers. 

Tout détenteur d'un compte a accès au système sur son téléphone portable via l'application de sa banque. Pour payer ou transférer de l'argent, il suffit simplement d'inscrire l'identifiant fiscal ou le numéro de téléphone du destinataire, ou encore de flasher un QR code, comme à la caisse d'un supermarché. 

Remplace les espèces 

Quelque 478 millions de comptes (« clés ») PIX existaient en juillet, principalement détenus par des particuliers -- qui peuvent en avoir plusieurs -- parmi les quelque 184 millions de Brésiliens ayant un compte en banque, selon la BCB. 

Au premier trimestre cette année, 4,2 milliards de transactions PIX (22,9% du total) ont été enregistrées, contre respectivement 3,7 et 3,5 milliards par carte de crédit (19,27%) et de débit immédiat (19,8%). 

Pour les commerçants, ce mode de paiement offre de nombreux avantages. « Les tarifs pratiqués pour les autres moyens électroniques (...) sont très élevés, sans compter le délai d'encaissement », qui peut aller jusqu'à 28 jours pour les cartes de crédit, souligne la BCB. 

José Jefferson, vendeur ambulant d'eau de coco sur une plage de Rio de Janeiro, trouve également PIX « beaucoup plus sûr ». « Avec l'argent liquide, il y a des risques de le perdre ou d'être volé », dit-il. 

L'instantanéité de la transaction a également propulsé PIX comme deuxième moyen de paiement le plus utilisé dans le commerce électronique, selon le cabinet de conseil Gmattos. 

PIX n'est cependant utilisé que pour des montants relativement faibles : 2 milliards de réais (392 millions d'euros) au premier trimestre, soit près de cinq fois moins que la somme des autres paiements électroniques. 

Selon Leandro Vilain, directeur exécutif de l'innovation, des produits et des services bancaires à la Fédération brésilienne des banques (Febraban), « PIX a surtout remplacé les transactions qui s'opéraient auparavant en espèces ». 

Délits 

La rapidité de son déploiement a été favorisée, selon les analystes, par la gratuité des comptes bancaires au Brésil (toutes les banques doivent fournir aux particuliers un compte courant gratuit), le programme d'aide gouvernementale que perçoivent 20,2 millions de familles pauvres sur leur compte bancaire, et enfin le grand nombre de possesseurs de téléphone mobile (plus d'un par personne). 

Mais revers de la médaille, l'accès mobile au compte bancaire et les transferts via PIX sont des sources de délits. 

Anna Novaes, une architecte de 52 ans, a été kidnappée en mai dernier à Sao Paulo, pendant huit heures et forcée sous la menace d'une arme à conclure des prêts avec deux banques qui ont été transférés via PIX sur les comptes de ses ravisseurs. 

En ajoutant les achats en ligne, le préjudice s'est élevé à 40.000 réais (environ 8 000 euros), a déclaré Mme Novaes . Elle a toutefois pu être indemnisée par sa banque. 

En juillet, 154 972 fraudes, soit plus du double par rapport à janvier, ont été enregistrées. Cela ne représente toutefois que 0,0075% des transactions, rassure la BCB. 

Malgré le traumatisme, Anna Novaes « utilise PIX comme avant ». « Je ne veux pas me priver de cette facilité » dans les transactions, dit-elle. 


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.


Aldi dément une «éventuelle vente» de ses magasins français

Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
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  • Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché
  • D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans

PARIS: Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988.

Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché (3% selon Kantar WorldPanel fin novembre), loin derrière son rival également allemand Lidl, 6e (8,1%).

D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans, a demandé à la Deutsche Bank d'étudier un scénario de cession de sa filiale française", la maison mère "rechignant" à remettre au pot, après plus d'un milliard d'euros versés fin 2023.

"Les informations au sujet d'une éventuelle vente d'Aldi France sont fausses" a réagi Aldi Nord, sa maison mère, sollicitée par l'AFP.

"Aldi est et restera engagé à long terme sur le marché français", a assuré le groupe, pour qui les "spéculations" au "sujet d'un prétendu processus de vente" ou "retrait de France" sont "sans fondement".

"Depuis des années, nous investissons massivement dans notre assortiment ainsi que dans la modernisation de notre réseau de magasins et de logistique", a fait valoir le discounter, invoquant une stratégie "clairement axée sur l'optimisation et la croissance en France".

"L'évolution positive est constante et conforme aux objectifs du groupe Aldi Nord", a-t-il assuré.

Il reste qu'Aldi, comme Lidl, n'a pas bénéficié en France de la période de forte inflation alimentaire, qui a à l'inverse profité au numéro un Leclerc.

En outre le groupe avait déboursé en 2020 plus de 700 millions d'euros pour racheter 547 Leader Price auprès du distributeur en difficulté Casino. Aldi pesait alors 2,4% du marché de la distribution alimentaire, et Leader Price 1,5%.

Selon ses comptes consolidés pour l'année 2022, dernier exercice publié, Aldi a réalisé 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel en France, en forte hausse de 17%. Mais en creusant sa perte nette, passée en un an de près de 291 millions d'euros à 397 millions.

En cas de vente, les acheteurs potentiels ne manqueraient pas, comme l'a souligné jeudi sur son site le spécialiste du secteur Olivier Dauvers, citant Lidl, Carrefour et  Action.


Dina Powell McCormick, née en Égypte, nommée présidente et vice-présidente de Meta

Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
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  • L'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche a précédemment siégé au conseil d'administration de Meta
  • Dina Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis lorsqu'elle était enfant, rejoint l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution

LONDRES: Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente.

L'entreprise a déclaré lundi que l'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche, qui a déjà siégé au conseil d'administration de Meta, accède à un rôle de direction de haut niveau, alors que l'entreprise accélère sa progression dans les domaines de l'intelligence artificielle et de l'infrastructure mondiale.

Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis dans sa jeunesse, rejoindra l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution de l'entreprise. Elle travaillera en étroite collaboration avec les équipes de Meta chargées de l'informatique et de l'infrastructure, a indiqué l'entreprise, et supervisera les investissements de plusieurs milliards de dollars dans les centres de données, les systèmes énergétiques et la connectivité mondiale, tout en établissant de nouveaux partenariats stratégiques en matière de capital.

"L'expérience de Dina aux plus hauts niveaux de la finance mondiale, combinée à ses relations profondes dans le monde entier, la rend particulièrement apte à aider Meta à gérer cette prochaine phase de croissance en tant que présidente et vice-présidente de l'entreprise", a déclaré Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta.

Mme Powell McCormick a plus de 25 ans d'expérience dans les domaines de la finance, de la sécurité nationale et du développement économique. Elle a passé 16 ans en tant qu'associée chez Goldman Sachs à des postes de direction, et a servi deux présidents américains, notamment en tant que conseillère adjointe à la sécurité nationale de Donald Trump, et en tant que haut fonctionnaire du département d'État sous George W. Bush.

Plus récemment, elle a été vice-présidente et présidente des services à la clientèle mondiale de la banque d'affaires BDT & MSD Partners.