La France face à la crise énergétique en Europe

La centrale thermique Emile-Huchet, centrale à charbon et centrale combinée à gaz, située à Saint-Avold et Carling, dans l'est de la France (Photo, AFP).
La centrale thermique Emile-Huchet, centrale à charbon et centrale combinée à gaz, située à Saint-Avold et Carling, dans l'est de la France (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 22 août 2022

La France face à la crise énergétique en Europe

  • L’économie européenne, à peine rétablie après la pandémie de Covid-19, vient d’être frappée de plein fouet par les répercussions de la guerre en Ukraine
  • Le président français, Emmanuel Macron, se trouve confronté, dès le début de son second mandat, à plusieurs défis, en particulier sur le plan de la sécurité énergétique

PARIS: L’économie européenne, à peine rétablie après la pandémie de Covid-19, vient d’être frappée de plein fouet par les répercussions de la guerre en Ukraine. La crise énergétique dans le Vieux Continent risque d’atteindre son paroxysme lors de l’hiver prochain.

Face à un tel scénario, la France se prépare et lance un «plan de sobriété énergétique». Ces précautions et ces mesures préventives seront-elles suffisantes pour éviter de grands rationnements et une récession économique?

Si l’Hexagone tente d’éviter un pic d'inflation à 7%, notamment en baissant le carburant à la pompe de 30 centimes d’euro à partir de septembre prochain, les problèmes d’approvisionnement en énergie risquent de lui compliquer la tâche. Le président français, Emmanuel Macron, se trouve confronté, dès le début de son second mandat, à plusieurs défis, en particulier sur le plan de la sécurité énergétique.

L’hypothèse d’une rupture totale des livraisons du gaz russe

Privée en grande partie de son accès au gaz russe en raison de son opposition à l'invasion de l'Ukraine, l'Union européenne (UE) s’est vue dans l’obligation de réduire sa demande en énergie afin de se constituer des stocks de gaz, notamment pour faire face à l'hiver.

La situation risque de se détériorer si «la Russie utilise l'énergie ainsi que la nourriture comme arme de guerre», étant donné que l'Allemagne, la première puissance économique de l'UE, dépend à 60% du gaz russe. La France, elle, compte partiellement sur la Russie, avec une proportion de 20% de ses importations totales de gaz.

Se passer totalement des approvisionnements énergétiques russes pourrait ainsi rendre la situation de la sécurité énergétique très difficile en été et au début de l'automne, en particulier avec le prolongement du conflit en Ukraine et avant de sécuriser d’autres sources d’énergie. Pour la France, la situation demeure critique et le parc nucléaire civil français est sous tension: cet été, vingt-huit réacteurs sur cinquante-six sont à l’arrêt, ce qui menace sérieusement la production électrique.

Ainsi, face à de nouveaux risques concrets et latents, la France, comme d'autres pays européens, cherche à diversifier leurs sources d'énergie. Pour cela, l’Hexagone a augmenté ses importations de gaz en provenance de Norvège, du Qatar, d'Algérie et des États-Unis afin d’optimiser le stockage des réserves. En outre, le diesel serait importé d’Abu Dhabi et le pétrole d’Arabie saoudite et d’Irak.

Le plan de sobriété énergétique n’arrête pas les autres mesures, car la France se bat sur tous les fronts et s'emploie également à rationaliser l'utilisation de l'énergie ainsi qu’à prévenir son gaspillage dans une logique de discipline collective: à une situation exceptionnelle répondent des mesures exceptionnelles.

Cependant, les détracteurs de la logique de l’affrontement avec Moscou reprochent à l’Europe d’engager une guerre économique avec un pays – la Russie – dont elle dépend pour couvrir ses besoins en énergie, notamment en gaz. Cette situation inédite montre qu’il manque à l’UE une stratégie commune.

Problèmes de pistes alternatives pour l’approvisionnement énergétique

La perturbation des importations du gaz russe et la hausse des prix représentent l’une des causes principales du choc d’inflation que subissent les Européens.

Rappelons que l’exécutif européen a présenté lors du printemps dernier une stratégie destinée à s'affranchir des hydrocarbures russes. Ce plan, baptisé «RePowerEU», visait à imposer aux États un remplissage minimal des réserves de gaz, à diversifier les sources d’approvisionnement et à promouvoir les énergies renouvelables.

Toutefois, malgré un gonflement des importations en provenance de la Norvège, de l'Azerbaïdjan, de l'Algérie ou du Qatar, elles ne suffiront pas à remplacer les livraisons russes.

Si on examine attentivement l’arsenal de mesures proposées par Bruxelles pour réduire la consommation annuelle de gaz dans l'UE de l'ordre de 25 à 60 milliards de m3 – grâce à la baisse du chauffage, des économies sur la climatisation des bâtiments ou des réductions relatives à la combustion de gaz pour la production d'électricité et la demande industrielle –, on constate que toutes ces démarches sont plutôt aléatoires et ne résolvent pas l’équation énergétique complexe à laquelle fait face le Vieux Continent.

Berlin se trouve sur le devant de la scène: sa dépendance énergétique à Moscou et son option atlantique stratégique pèsent sur les choix de l’UE et sur la validité des plans français et européen face à la crise énergétique. Ce désengagement tardif avec les carburants en provenance de Russie, sans certitude au sujet de l’existence d’autres pistes sûres, pourrait s’avérer une gageure plus qu’une mesure rassurante.


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.

 


Macron se rend à Alexandrie, en Egypte, au début d'une tournée Africaine

Le président français Emmanuel Macron arrive pour participer au 8e sommet de la Communauté politique européenne (CPE) à Erevan, le 4 mai 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron arrive pour participer au 8e sommet de la Communauté politique européenne (CPE) à Erevan, le 4 mai 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron entame une tournée en Égypte, au Kenya et en Éthiopie centrée sur la coopération africaine, la Francophonie et les enjeux régionaux de sécurité
  • Le président français souhaite promouvoir une coalition maritime neutre pour sécuriser et rouvrir le détroit d’Ormuz au cœur des tensions régionales

PARIS: Emmanuel Macron se rend samedi à Alexandrie, le port méditerranéen de l'Egypte, pour y inagurer une université de la Francophonie, avant un sommet Afrique-France organisé au Kenya, pour la première fois dans un pays anglophone.

Le président français doit s'entretenir avec son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour "conforter une relation bilatérale forte entre la France et l'Egypte" et "aborder la crise actuellement en cours au Moyen-Orient", selon l'Elysée.

Emmanuel Macron se veut à l'initiative d'une "coalition maritime" de pays non-belligérants pour proposer une mission multinationale neutre de sécurisation en vue d'une réouverture du détroit d'Ormuz.

Les deux dirigeants vont ensuite inaugurer le nouveau campus de l'Université de la Francophonie Senghor.

Cet ancien projet-phare de la Francophonie a ouvert ses portes en 1990 pour accueillir les étudiants francophones intéressés par les questions de développement et former des cadres du continent.

Après de vastes réformes, les deux dirigeants vont découvrir un nouveau "campus moderne projeté vers l'Afrique" de cette "université d'excellence", selon la présidence française.

Emmanuel Macron et Abdel Fattah al-Sissi doivent enfin visiter la Citadelle de Qaitbay, forteresse défensive du XVe siècle édifiée sur le site de l'ancien phare d'Alexandrie, avant un dîner de travail.

Dimanche, le chef de l'Etat se rendra à Nairobi, pour une rencontre avec son homologue kényan William Ruto et la signature d'accords bilatéraux, y compris entre des entreprises des deux pays.

Lundi et mardi, dans la capitale du Kenya, ils coprésideront un sommet Afrique-France, baptisé Africa Forward, le premier en présence de dirigeants du continent africain depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir en 2017, et aussi le premier dans un pays anglophone, ancienne colonie britannique.

Mercredi, il terminera sa tournée à Addis Abeba, notamment pour un entretien avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

Dans la capitale de l'Ethiopie, il se rendra au siège de l'Union africaine en présence également du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, pour une rencontre "centrée sur le renforcement des réponses conjointes sur les thématiques de paix et de sécurité", selon l'Elysée.


La ministre déléguée aux Armées se rend en Algérie pour commémorer la répression française de Sétif de 1945

Des personnes assistent à la reconstitution d'une scène lors d'une cérémonie commémorative en hommage aux victimes du « massacre de Sétif du 8 mai 1945 », dans la ville algérienne de Sétif, le 10 mai 2025. (AFP)
Des personnes assistent à la reconstitution d'une scène lors d'une cérémonie commémorative en hommage aux victimes du « massacre de Sétif du 8 mai 1945 », dans la ville algérienne de Sétif, le 10 mai 2025. (AFP)
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  • Le ministre français de l'Intérieur Laurent Nuñez avait déjà été reçu mi-février par le président Tebboune, lors d'un déplacement qui a permis d'amorcer un dégel des relations entre les deux pays, plongés dans une grave crise depuis l'été 2024
  • Après son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron avait tenté un rapprochement historique avec l'Algérie, notamment par une démarche sur la mémoire, mais depuis les tensions se sont accumulées

PARIS: La ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, se rend vendredi en Algérie à la demande d'Emmanuel Macron pour commémorer les massacres lors d'une répression française de manifestations pro-indépendantistes à Sétif le 8 mai 1945 et œuvrer à "restaurer un dialogue efficace", a annoncé l'Elysée.

"Cette démarche témoigne de la volonté du président de la République de traiter des relations entre la France et l'Algérie avec honnêteté, dans le respect de toutes les mémoires qui y sont liées", a indiqué l'Elysée dans un communiqué, alors que les tensions sont récurrentes et que la relance des liens peine à se concrétiser.

A cette occasion, selon l'Elysée, l'ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, rappelé à Paris depuis avril 2025 sur fond de nouvelle brouille avec Alger, "accompagnera la ministre déléguée et reprendra ses activités", "avec une attention prioritaire au retour en France" de Christophe Gleizes.

Ce journaliste français, condamné à sept ans de prison en Algérie, y est détenu depuis près d'un an. Il a renoncé à son pourvoi en cassation, ouvrant la voie à une possible grâce du président algérien Abdelmadjid Tebboune, a annoncé sa famille mardi.

Le ministre français de l'Intérieur Laurent Nuñez avait déjà été reçu mi-février par le président Tebboune, lors d'un déplacement qui a permis d'amorcer un dégel des relations entre les deux pays, plongés dans une grave crise depuis l'été 2024.

Après son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron avait tenté un rapprochement historique avec l'Algérie, notamment par une démarche sur la mémoire, mais depuis les tensions se sont accumulées, et la stratégie du président français est vivement critiquée en France par la droite et l'extrême droite, qui défendent une ligne dure face au pouvoir algérien.

Vendredi, Alice Rufo "se rendra à Sétif pour y commémorer les événements tragiques qui y ont eu lieu le 8 mai 1945", a précisé la présidence française.

"Alors même que les Français célébraient leur libération, la répression des manifestations dans les villes de Sétif, Guelma et Kherrata durait plusieurs semaines et faisait des milliers de victimes. C'est la vérité de notre histoire et c'est l’honneur de la France de la regarder en face", a ajouté l'Elysée.

"La lucidité avec laquelle la France regarde l’histoire doit aujourd'hui permettre de nouer des relations confiantes et prometteuses pour l'avenir, dans l'intérêt même des peuples français et algérien", a insisté la présidence française. La ministre "sera reçue par les autorités algériennes", a ajouté l'Elysée, sans préciser lesquelles, et "évoquera les prochaines étapes de la consolidation de nos relations bilatérales".

Alice Rufo "leur dira l’appréciation du président de la République pour la reprise de notre coopération consulaire, sa volonté d'amplifier les résultats déjà obtenus et de restaurer un dialogue efficace, respectueux de l’intérêt national de chacun, dans notre intérêt commun", selon l'Elysée.