Le coronavirus perturbe la vie des enfants à besoins particuliers au Moyen-Orient

Des enfants palestiniens handicapés passent devant des bâtiments détruits pendant le conflit israélo-palestinien lors d'une manifestation à l'occasion de la Journée internationale des personnes handicapées des Nations unies, le 4 décembre 2012 à Gaza. (Photo du fichier AFP)
Des enfants palestiniens handicapés passent devant des bâtiments détruits pendant le conflit israélo-palestinien lors d'une manifestation à l'occasion de la Journée internationale des personnes handicapées des Nations unies, le 4 décembre 2012 à Gaza. (Photo du fichier AFP)
Des enfants qui ont des besoins particuliers assistent à un cours dans un centre de réadaptation à Mossoul, dans le nord de l'Irak, le 4 mars 2020 (AFP / Zaid Al-Obeidi)
Des enfants qui ont des besoins particuliers assistent à un cours dans un centre de réadaptation à Mossoul, dans le nord de l'Irak, le 4 mars 2020 (AFP / Zaid Al-Obeidi)
L'OMS affirme que des investissements sont nécessaires pour les adaptations scolaires telles que, entre autres systèmes de soutien, l'accessibilité physique et l'accès à l'enseignement et au matériel. (AFP)
L'OMS affirme que des investissements sont nécessaires pour les adaptations scolaires telles que, entre autres systèmes de soutien, l'accessibilité physique et l'accès à l'enseignement et au matériel. (AFP)
Short Url
Publié le Lundi 02 novembre 2020

Le coronavirus perturbe la vie des enfants à besoins particuliers au Moyen-Orient

  • La pandémie teste la résolution de chacun, mais surtout celle des familles qui ont des enfants ayant des besoins spéciaux
  • De nombreuses familles ont été contraintes de s'adapter à l'apprentissage à distance et de trouver des moyens de garder leurs enfants occupés

DUBAÏ: De nos jours, les médias sociaux regorgent d'images et de vidéos d'enfants dans diverses positions d'apprentissage à distance: cela va d’enfants profondément endormis sur leur table d’étude à des bureaux et chaises transformés pour l’occasion.

Après des mois à naviguer sur les complexités sociales de la pandémie, même les adultes ressentent la tension mentale des confinements et des mesures de sécurité.

Alors que la «nouvelle normalité» s'éternise, beaucoup se plaignent de l'épuisement de la patience et du manque d’énergie.

Pour les enfants qui ont des besoins spéciaux, les effets sont beaucoup plus prononcés. «Cela les a affectés psychologiquement parce qu’ils ne sont pas habitués à tant de mois d’enfermement chez eux, parfois sans électricité ni eau», raconte Mohammed Dawoud à Arab News depuis Gaza, où il prend soin de ses frères Haytham et Hamza. Les deux souffrent de paralysie cérébrale.

«De longues semaines passées à la maison ont rendu mes frères habituellement imperturbables beaucoup plus colériques, poursuit Mohammed Dawoud. J’ai remarqué cela en leur parlant et en voyant leurs nombreuses disputes.»

Les personnes qui ont des besoins spéciaux sont souvent profondément attachées à des routines quotidiennes cohérentes qui ont été bouleversées par les confinements.

«Je pense que beaucoup d’entre eux grandissent dans des environnements auxquels ils sont habitués. Ils ont également des horaires, un certain cadre», explique Alba Quadros, spécialiste des besoins éducatifs et de l'enseignement spécialisé, basée à Dubaï. «À cause du confinement, cela s'est complètement effondré.»

La fermeture des espaces publics et des écoles, ainsi que la limitation des fonctions sociales pour aider à freiner la propagation du coronavirus ont également affecté la socialisation avec les autres jeunes.

«Le défi était principalement de ne pas pouvoir rencontrer des amis», raconte Suneeta Ramakrishnan à Arab News de Dubaï, décrivant l'impact du confinement sur son fils, Siddharth.

«Il avait l'habitude de se rendre seul dans les magasins à proximité pour acheter des produits alimentaires de base et à son Centre de développement futur pour les besoins spéciaux, ce qui a été interrompu.»

Gina Rasmi, qui vit en Égypte, explique qu'elle a tout essayé pour aider à briser la monotonie de la vie durant le confinement pour son fils Marc, âgé de 14 ans.

«C'était très dur. Être assis à la maison le mettait en colère, alors je l'emmenais faire des promenades en voiture et rouler pendant une heure ou deux. Au moins, il est heureux quand on sort», ajoute-t-elle.

Bien que de nombreux gouvernements aient adopté l’enseignement à distance pour combler les lacunes du processus d’apprentissage, certains enfants qui ont des besoins particuliers au Liban n’en bénéficient pas.

«De nombreux enfants n'ont pas bénéficié de l'apprentissage en ligne en raison de l'incapacité des parents à aider leurs enfants et des coupures constantes d'électricité et d'Internet», explique Kamal Nasr, administrateur de l'Association caritative sociale Robouana au Liban.

«Certains parents ne sont pas familiarisés avec la technologie ou avec le programme spécial conçu pour aider leurs enfants, tandis que d'autres n'ont tout simplement pas les moyens d'acheter un ordinateur», ajoute Kamal Nasr.

De plus, toutes les personnes qui ont des besoins particuliers ne répondent pas de la même façon à l'apprentissage à distance, beaucoup préfèrent les séances en personne.

Grâce à son initiative «Determined and Dramatic», Alba Quadros travaille avec des enfants qui ont des besoins particuliers à Dubaï pour produire une pièce de théâtre virtuelle sur les effets de la pandémie sur leur vie quotidienne.

«J'ai quelques acteurs qui répondent beaucoup mieux aux instructions en face à face», dit-elle. «Je devais m'assurer qu'ils apprenaient leurs tirades, mais je n'ai pu les faire travailler qu'une fois le confinement levé.»

En plus, il y a la pression que la Covid-19 a exercé sur l'économie mondiale, qui a alourdi les ménages de soucis financiers supplémentaires.

Un demi-milliard de personnes devraient être poussées dans la pauvreté par les retombées économiques de la pandémie.

On estime que 400 millions d’emplois ont déjà été perdus et l’Organisation internationale du travail estime que plus de 430 millions de petites entreprises sont menacées.

Partout au Moyen-Orient les familles tombent dans la pauvreté. Alba Quadros donne l’exemple de cette mère qui venait de perdre son emploi: «Elle vient d'une famille de la classe moyenne et pourtant elle n'avait pas de Wi-Fi à la maison, il lui était donc très difficile de faire des répétitions avec son fils en ligne.» 

Q
Les enfants ayant des besoins spéciaux participent à «Let’s walk the Walk Together», une course à Djeddah. Ils font partie des 450 000 personnes ayant une déficience intellectuelle en Arabie saoudite. (Photo fournie) 

Fournir même le plus simple des éléments essentiels devient une lutte pour de nombreux ménages. «Les prix ont doublé. J'ai arrêté d'acheter des vitamines et des fruits frais», confie Mohammed Dawoud.

«J’essaie autant que possible d’acheter des produits alimentaires, mais les transports en commun se sont arrêtés et l’argent ne suffit pas. Je n'ai pas encore payés mes huit derniers mois de loyer.»

Les espoirs qu'une sorte d’aide du gouvernement ou des organisations caritatives de Gaza serait fournie, ont été rapidement anéantis. «Personne ne s’est donné la peine», poursuit Mohammed Dawoud.

Les familles libanaises font face à des difficultés similaires. «Les associations pour les besoins spéciaux couvraient une partie des dépenses, fournissant aux enfants à leur charge des collations et trois repas par jour», explique Kamal Nasr.

«Mais le financement gouvernemental, qui était à peine suffisant pour couvrir les dépenses, les salaires et le carburant des appareils de chauffage avant la crise, n'a pas été versé depuis 2019», ajoute-t-il.

Depuis que les gouvernements du Moyen-Orient ont commencé à assouplir les mesures de confinement, les populations sont contraintes de s'adapter à la nouvelle normalité. Les parents sont maintenant confrontés au défi d'expliquer les mesures de sécurité à leurs enfants.

À Hope Academy, en Égypte, où le fils de Gina Rasmi, Marc, est élève, les enseignants et les parents font de leur mieux pour éduquer les enfants sans leur faire peur.

«Nous ne devons pas leur faire peur et leur donner l’impression que la vie est devenue mauvaise. Nous devons simplement leur dire: «C’est une phase, elle passera, mais en attendant, nous devons nous protéger pour ne pas tomber malades», explique Gina Rasmi.

Les parents et le personnel ont appris à leurs enfants à se laver les mains régulièrement, à porter un masque et à suivre les règles de distanciation sociale.

«Beaucoup d’enfants peuvent suivre les mesures de sécurité, et, pour ceux qui ne le peuvent pas, nous nous assurons de leur laver les mains et de respecter les autres instructions», poursuit Gina Rasmi.

«D'autres écoles ont commencé à faire des visites à domicile pour examiner les élèves et leurs familles», raconte Kamal Nasr de l'Association caritative sociale Robouana au Liban. 

«Nous avons également organisé un événement d'une journée pour leur faire connaître le coronavirus, ses symptômes et les méthodes de prévention à travers une petite performance et quelques jeux», ajoute-t-il.

Certains parents, comme la mère de Siddharth, Suneeta Ramakrishnan, ont profité de cette période d’isolement pour apprendre à leurs enfants à utiliser la messagerie vocale et les applications d’achat en ligne.

«Il a créé un calendrier pour contacter ses amis, ses grands-parents et d’autres membres de la famille en apprenant à utiliser ces applications. Ces contacts lui ont appris à prendre son tour de parole dans les conversations», explique Suneeta Ramakrishnan.

Bien que la pandémie ait mis d'énormes pressions sur les ménages, Alba Quadros voit un point positif pour les enfants ayant des besoins spéciaux. Celui de passer plus de temps avec leurs parents.

«Ils ont pu être avec leurs parents et les avoir pleinement avec eux, explique-t-elle. J'ai l'impression qu'ils ont pu faire face parce qu'il ont passé beaucoup de temps en famille.»


Oman et Téhéran négocient la régulation du détroit d'Ormuz sans déblocage en vue

Short Url
  • Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a dit sur X espérer "annoncer bientôt" un nouveau couloir de navigation, ainsi "que des modalités pratiques afin de rétablir une navigation sûre"
  • Des négociations se poursuivront pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires", ajoute le texte

TEHERAN: Oman et Téhéran discutent d'un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz et de son déminage mais les autorités iraniennes ont prévenu mercredi que le passage stratégique ne serait pas ouvert avant que les Etats-Unis ne mettent fin à la guerre.

Les deux pays riverains du détroit cherchent à réguler la navigation dans cette voie maritime, toujours verrouillée par Téhéran, qui est au cœur de la guerre au Moyen-Orient.

Alors que le conflit dure depuis près de six mois, Washington a intensifié la pression économique avec un nouveau train de sanctions "secondaires" annoncé cette semaine, touchant non pas directement l'Iran mais ses partenaires commerciaux, sur l'or, la technologie, les actifs numériques, l'aviation et le transport maritime.

A Mascate, les ministres iranien et omanais des Affaires étrangères ont discuté mardi d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" et prévoyant une opération de déminage, selon un communiqué conjoint.

Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a dit sur X espérer "annoncer bientôt" un nouveau couloir de navigation, ainsi "que des modalités pratiques afin de rétablir une navigation sûre".

Des négociations se poursuivront pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires", ajoute le texte.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a souligné mardi sur X que lors de négociations avec les partenaires omanais et pakistanais, "l'accent a été mis sur des solutions régionales". "Le cadre proposé pour un nouveau corridor, le déminage conjoint et la gestion future du détroit d'Ormuz en sont une parfaite illustration".

Mais le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a prévenu Washington tôt mercredi sur X: "Avant toute action visant à rouvrir le détroit d'Ormuz, les Etats-Unis doivent mettre pleinement en œuvre l'ensemble des engagements qu'ils ont violés".

"Le détroit d'Ormuz ne sera rouvert qu'en échange de la fin de la guerre sur tous les fronts, de la levée du blocus et d'un règlement de la situation au Yémen."

Il a ajouté que la réponse de l'Iran aux sanctions américaines serait de "viser leurs intérêts économiques".

"Mines retirées", selon Trump 

Sur son réseau social, Donald Trump avait, lui, affirmé que, selon la marine américaine, "toutes les mines avaient été retirées et/ou détruites dans les eaux internationales du détroit d'Ormuz".

"L'Iran a été informé que tout navire ou bateau posant de nouvelles mines (serait) (...) détruit", a-t-il ajouté.

Plus tôt, il avait assuré que le détroit était sous contrôle américain - ce que Téhéran a démenti - et menacé Oman de bombardements si le sultanat se mettait "en travers" de la route des Etats-Unis sur Ormuz.

Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a dit lundi la volonté de Washington de "couper toutes les ressources économiques" de l'Iran

En Iran, déjà éprouvé par des décennies de sanctions internationales, de nombreux automobilistes et motards se sont pressés mardi dans les stations-service de Téhéran.

Malgré les informations toujours contradictoires, les opérateurs ont poussé le pétrole en baisse de plus de 2% mercredi dans un regain d'optimisme, le Brent s'installant sous les 90 dollars.

La guerre a été déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, qui a riposté en frappant des pays alliés de Washington dans la région et en verrouillant le détroit d'Ormuz.

Au cœur du conflit, le stratégique détroit, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran quasiment sans interruption depuis six mois, ce qui a entraîné une envolée des prix du pétrole et une pression accrue sur Donald Trump aux Etats-Unis, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre.

Washington mène en retour un blocus des ports iraniens.

Téhéran a exclu tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit.


Un député israélien tente de détruire un mémorial palestinien en Cisjordanie

Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique. (AFP)
Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique. (AFP)
Short Url
  • L'armée israélienne qui accompagnait le député lors de cette visite dans des villages palestiniens du nord de la Cisjordanie a dénoncé "la manière trompeuse et manipulatrice" dont elle a été utilisée par M. Soukot
  • "Des soldats de Tsahal affectés à des missions opérationnelles dans le secteur ont été détournés de ces missions pour cette tâche et exposés à des risques inutiles, alors que Tsahal opère dans un contexte de forte pression"

RAMALLAH: Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique.

"Il y a quelques jours, j'ai demandé à l'armée d'agir pour retirer les monuments commémorant des terroristes responsables d'attaques contre des Israéliens dans les villages de Madama et de Burin. Malheureusement, ils sont restés en place. Je m'y suis donc rendu moi-même et j'ai pris des mesures pour les retirer", a affirmé M. Soukot dans une vidéo le montrant avec un marteau tentant de détruire le mémorial.

L'armée israélienne qui accompagnait le député lors de cette visite dans des villages palestiniens du nord de la Cisjordanie a dénoncé "la manière trompeuse et manipulatrice" dont elle a été utilisée par M. Soukot.

"Des soldats de Tsahal affectés à des missions opérationnelles dans le secteur ont été détournés de ces missions pour cette tâche et exposés à des risques inutiles, alors que Tsahal opère dans un contexte de forte pression", a dit l'armée dans un communiqué.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que l'armée est "l'autorité souveraine en Judée-Samarie (nom israélien de la Cisjordanie)".

"Se faire justice soi-même, en particulier lorsqu'il s’agit de personnalités publiques, est une pratique répréhensible qui empêche Tsahal de se concentrer sur ses missions de lutte contre le terrorisme et l'incitation à la violence", a dit M. Netanyahu selon un communiqué de son bureau.

Le principal rival de M. Netanyahu pour les prochaines élections, Gadi Eizenkot, a réagi sur X en accusant le Premier ministre "qui permet à des anarchistes comme Zvi Soukot et ses semblables de faire tout ce qui leur plaît, mettant en danger la sécurité des localités israéliennes et portant atteinte à la position d'Israël dans le monde".

Rami Nassar, chef du conseil du village de Madama, a déclaré à l'AFP que "le monument porte les noms des martyrs du village tombés lors de la bataille de Karameh (en 1968, NDLR), des première et deuxième Intifada (soulèvement palestinien), ainsi que jusqu'à aujourd'hui", qualifiant l'acte du député israélien de "terrorisme".

M. Nassar a affirmé que le nom d'"un agriculteur du village tué alors qu'il travaillait sa terre, sans qu'aucun affrontement n'ait eu lieu" était notamment inscrit sur le mémorial.

Dans sa vidéo, M. Soukot a affirmé que parmi les noms mentionnés sur le mémorial figurait celui de Yamen Faredj, membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), recherché pour sa participation à des attentats en Israël pendant la seconde Intifada et qui avait été tué en 2004 à Naplouse par l'armée israélienne.

Les violences ont explosé dans le territoire palestinien, occupé depuis 1967, depuis l'attaque du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.


Les Etats-Unis retirent la Syrie de leur liste des pays accusés de soutenir le terrorisme

Les États-Unis retirent la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré dans un communiqué que cette mesure « contribuera à favoriser de nouveaux investissements en Syrie afin de promouvoir la stabilité politique et économique ». (AFP)
Les États-Unis retirent la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré dans un communiqué que cette mesure « contribuera à favoriser de nouveaux investissements en Syrie afin de promouvoir la stabilité politique et économique ». (AFP)
Short Url
  • Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a affirmé que cette décision américaine offrait aux Syriens "une voie vers la prospérité".
  • Cette mesure "élimine les derniers obstacles majeurs à l'investissement du secteur privé en Syrie et favorise la reprise économique du pays ainsi que sa réintégration dans l'économie mondiale", a-t-il indiqué dans un communiqué

WAHSINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir retiré la Syrie de leur liste des pays accusés de soutenir le terrorisme, sur laquelle le pays figurait depuis 47 ans, une nouvelle étape de la levée progressive des sanctions américaines.

Le gouvernement Trump avait indiqué début juillet son intention de supprimer la Syrie de cette liste, qui limitait jusqu'ici les investissements dans ce pays, un peu moins de deux ans après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024.

Les Etats-Unis ont également sorti Hayat Tahrir al-Sham (HTS), anciennement Front al-Nosra, ancien groupe islamiste qu'a dirigé le président syrien Ahmad al-Chareh, de leur liste des principaux groupements et individus "terroristes" (Specially Designated Global Terrorist).

Un temps branche d'Al-Qaïda en Syrie, le Front al-Nosra avait annoncé rompre ses liens avec l'organisation en 2016 et s'était rebaptisé HTS.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a affirmé que cette décision américaine offrait aux Syriens "une voie vers la prospérité".

Cette mesure "élimine les derniers obstacles majeurs à l'investissement du secteur privé en Syrie et favorise la reprise économique du pays ainsi que sa réintégration dans l'économie mondiale", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Tom Barrack, l'envoyé spécial américain en Syrie, a lui salué sur X, "une nouvelle étape décisive dans le remarquable parcours de la Syrie, de l'isolement au partenariat, et d'un pourvoyeur de terrorisme à un partenaire engagé dans la lutte mondiale contre lui".

"Moderne et durable"

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani a qualifié la décision américaine d'"étape historique", affirmant qu'elle reflétait "l'engagement du nouvel Etat syrien en faveur de la paix et de la sécurité internationale".

Le ministre syrien des Finances, Mohammed Barnieh, y voit un "succès majeur et historique de la diplomatie syrienne", dans un commentaire cité par l'agence de presse officielle Sana.

Cette mesure ouvre également selon lui une "voie majeure et attendue de longue date pour renforcer l'intégration de la Syrie dans le système économique et financier mondial, attirer les investissements et les technologies modernes, et soutenir les perspectives de développement".

De son côté, le gouverneur de la Banque centrale syrienne s'est félicité que le retrait du pays de cette liste lui permette "de retrouver sa place naturelle au sein du système économique mondial" et de "bâtir un système financier moderne et fiable".

Après sa prise de pouvoir, en décembre 2024, Ahmad al-Chareh avait annoncé la dissolution de tous les groupes armés ayant renversé Bachar al-Assad, dont HTS, sa propre formation.

Lundi toujours, le Trésor américain a ôté HTS de sa liste des personnes et entités sous sanctions (SDN List), selon un communiqué.

"Le Trésor se conforme à la promesse du président Trump de donner au peuple syrien une ouverture sur de grandes choses", a déclaré le ministre des Finances, Scott Bessent, cité dans le communiqué.

"Les décisions prises aujourd'hui vont favoriser des investissements supplémentaires en Syrie pour promouvoir la stabilité politique et économique" du pays, a-t-il poursuivi.

Depuis 2025, de nombreux pays occidentaux ont progressivement annulé les sanctions imposées à la Syrie, notamment le Canada ou le Royaume-Uni. L'Union européenne les avait levées dès mai 2025.

Lors de sa visite à Damas fin juillet, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait appelé les Etats à lever "immédiatement" les dernières sanctions visant encore la Syrie, afin de soutenir la reconstruction et la relance de l'économie locale.