Manifestation à Beyrouth: La famille du preneur d’otage demande sa libération

Un homme crie en protestant contre les banques à l'extérieur d'une banque où un autre homme armé détient des otages à Beyrouth, au Liban, jeudi 11 août 2022 (Photo, AP).
Un homme crie en protestant contre les banques à l'extérieur d'une banque où un autre homme armé détient des otages à Beyrouth, au Liban, jeudi 11 août 2022 (Photo, AP).
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Publié le Samedi 13 août 2022

Manifestation à Beyrouth: La famille du preneur d’otage demande sa libération

  • Bassam al-Cheikh Hossein a été arrêté jeudi après avoir pris des employés en otage
  • Après s'être rendu, on lui a dit qu'il ne serait pas emprisonné

BEYROUTH: L'homme libanais qui a pris en otage huit employés de banque sous la menace d'une arme en exigeant le déblocage de ses économies gelées est resté derrière les barreaux vendredi dans l'attente d'une enquête plus approfondie.

Bassam al-Sheikh Hussein a été arrêté après avoir quitté volontairement la succursale de la Federal Bank à Beyrouth, jeudi soir, à l'issue d'un affrontement de sept heures.

Ce vendredi, des membres de sa famille ont bloqué la route Al-Ouzai à Beyrouth pour protester contre son maintien en détention, affirmant qu'il s'agissait d'une violation d'un accord conclu avec lui la veille.

Al-Cheikh Hossein, 42 ans, s'est rendu après avoir été informé que sa famille recevrait 35 000 dollars américains (1 dollar américain = 0,97 euro) de son argent et avoir reçu la promesse qu'il serait interrogé puis libéré. À l'intérieur de la banque, il était armé d'un fusil à pompe et d'essence, qu'il a déclaré vouloir utiliser pour s'immoler.

De nombreuses personnes dans la foule qui s'était rassemblée devant la banque pendant le siège ont applaudi lorsqu'il a été emmené. La banque centrale du Liban a imposé un gel de tous les dépôts bancaires en 2019.

Malgré la promesse qui lui avait été faite de pouvoir circuler librement après avoir quitté la banque, Al-Cheikh Hussein a été arrêté et placé en détention sur ordre de la justice libanaise.

L'avocat Haytham Ezzo a déclaré à Arab News que Al-Cheikh Hossein a été détenu par la Direction de l'information des Forces de sécurité intérieure libanaises et qu'il s'est vu refuser l'accès à un avocat, alors que la loi l'y autorise.

«Même si personne ne le poursuit, il y a le droit du public», a-t-il affirmé. «Soit le juge d'instruction demande sa remise en liberté après avoir été saisi par la Direction de l'information, soit il demande son arrestation.»

Ezzo a signalé qu'il était possible qu'Al-Cheikh Hussein ait été arrêté pour avoir mis en danger la sécurité de l'État ou pour avoir menacé de tuer ou d'enlever des employés de la banque.

Quant à l'argent versé à la famille, il ne pourra être réclamé par la banque car «cela ne constitue pas un outil criminel. C'est le droit et la propriété du déposant arrêté», a-t-il ajouté.

Hassan Mughnieh, le chef de l'Association des déposants du Liban, qui était chargé des négociations entre Al-Sheikh Hussein et la banque, a affirmé à Arab News que «ni les employés qui ont été pris en otage ni la Federal bank ne l'ont poursuivi en justice».

Mais le tireur restera certainement derrière les barreaux jusqu'à la semaine prochaine au plus tôt, a-t-il estimé.

Mughnieh a ajouté: «Les choses seront claires mardi, car c'est le week-end et les juges ne travaillent pas le lundi dans les palais de justice.»

«En tant qu’épargnants, nous organiserons mardi une manifestation devant le Palais de justice de Beyrouth et devant la Direction générale des forces de sécurité intérieure. L'arrestation d'Al-Cheikh Hassan ne nous pose pas de problème, mais la justice veut que le propriétaire de la banque soit également arrêté.»

Mughnieh a souligné qu'il avait reçu de nombreux appels d'autres déposants mécontents de la banque disant qu'ils voulaient agir comme Al-Cheikh Hassan l'avait fait.

Les clients des banques libanaises ont vu leurs dépôts gelés depuis le début de la crise économique du pays et la chute de sa monnaie.

Castro Abdallah, président de la Fédération nationale des syndicats du commerce et des employés, a déclaré vendredi que «les personnes concernées devraient faire front commun afin de récupérer l'argent public et l'argent des déposants qui ont été volés».

Il a appelé les syndicats à manifester jeudi prochain dans la rue commerciale de Hamra à Beyrouth.

Le vice-Premier ministre intérimaire du Liban, Saadé Chami, a prévenu que le Liban se trouvait à la croisée des chemins.

«Nous devons reconnaître la réalité et les crises auxquelles nous sommes confrontés et les affronter. Cela signifie que nous devons prendre les mesures nécessaires et mener à bien les réformes cruciales et nécessaires qui mettent le pays sur la bonne voie», a-t-il signalé.

Il a reconnu que les politiques financières et monétaires adoptées ces dernières années pour tenter de gagner du temps avaient échoué et que le temps était désormais compté.

«Personne ne nous sauvera si nous n'essayons pas de nous sauver nous-mêmes», a-t-il soutenu. «Recevoir de l'aide de la part des quelques amis qu'il nous reste dans le monde ne permettra pas d'atteindre les résultats souhaités.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée saoudienne intercepte des drones provenant d'Irak

Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
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  • Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak
  • Ceux-ci visaient des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense

RIYAD: Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense.

"Des attaques terroristes ont été lancées depuis le territoire irakien par des milices terroristes soutenues par l'Iran", a affirmé le ministère dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Riyad appelle l'Irak à empêcher les attaques 

L'Arabie saoudite a exhorté lundi le gouvernement de Bagdad à empêcher les attaques de drones lancées depuis son territoire, après avoir accusé des groupes armés pro-Iran basés en Irak, d'avoir ciblé le royaume.

Le royaume "réaffirme la nécessité pour le gouvernement irakien de prendre toutes les mesures nécessaires afin d'empêcher que son territoire ne serve de point de départ à une agression", peut-on lire dans un communiqué des autorités publié par une chaîne de télévision officielle saoudienne.

 

 

 


Le Liban renforce le contrôle de ses ports, asséchant ainsi les sources de financement du Hezbollah

Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
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  • Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations
  • Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne

BEYROUTH : La confrontation entre le Liban et le Hezbollah ne se limite plus à la question des armes du groupe et à la mise en œuvre des engagements internationaux dans le Sud. Elle s’est étendue à une campagne plus large visant à renforcer le contrôle de l’État sur les ports maritimes, l’aéroport et les postes-frontières, afin de limiter l’influence du Hezbollah et de couper ses sources de financement illicites.

Depuis l’élection du président Joseph Aoun et la formation du gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, les autorités ont mis en œuvre une stratégie sécuritaire et administrative visant à réaffirmer le contrôle souverain sur les points d’entrée terrestres, maritimes et aériens du pays.

Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations. Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne, l’aéroport de Beyrouth et le port de Beyrouth.

L’influence du Hezbollah recule

Alors que les mesures de lutte contre la contrebande et de contrôle des frontières continuent d’être renforcées, leurs effets sont déjà visibles, le Hezbollah perdant de son influence au sein d’institutions où il exerçait autrefois une emprise considérable.

Une source impliquée dans la surveillance des points de passage terrestres, maritimes et aériens du Liban a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein de ces installations avait diminué à un niveau sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir de la nouvelle administration.

Selon cette source, ce changement a directement affecté les capacités financières et logistiques du groupe, qui, avant la dernière guerre, bénéficiait d’un environnement sécuritaire et administratif différent permettant la circulation des marchandises et des liquidités avec relativement peu de contraintes.

Ces derniers mois, l’État libanais a également renforcé la surveillance technique en déployant des scanners modernes au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth et au poste-frontière de Masnaa. Ces équipements ont permis de freiner la contrebande de marchandises, de matières interdites et d’argent liquide via ces installations.

La source a ajouté que les passages illégaux, qui constituaient depuis des années l’épine dorsale du réseau logistique du Hezbollah, « ne jouent plus le rôle qu’ils jouaient autrefois », les autorités syriennes ayant renforcé les contrôles de leur côté de la frontière, parallèlement au renforcement des mesures de contrôle libanaises. En conséquence, le trafic transfrontalier illégal a chuté à des niveaux que la source a qualifiés de quasi négligeables.

Un changement fondamental

La source a noté que la situation aux points de passage non officiels avec la Syrie a radicalement changé par rapport aux années précédentes, lorsque des camions liés au Hezbollah auraient traversé régulièrement la frontière, profitant de la faiblesse de l’État et de la marginalisation des institutions officielles au profit du groupe et des réseaux de contrebande opérant dans son orbite.

Ces changements se sont étendus au-delà de la circulation des marchandises pour toucher les réseaux de financement du groupe. Une source officielle a fait état d’une baisse marquée des tentatives d’introduction au Liban, via l’aéroport, de sacs contenant de l’argent liquide et de l’or, ainsi que de la contrebande de pilules de Captagon et de haschisch, activités que la source a décrites comme figurant parmi les opérations illicites les plus importantes liées au trafic transfrontalier.

La source a également souligné l’importance de la décision du gouvernement d’interdire aux avions iraniens d’atterrir à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, affirmant que cela avait renforcé la pression sur les canaux d’approvisionnement du Hezbollah en fermant l’une des voies qui aurait été utilisée pour acheminer des liquidités et d’autres formes de soutien matériel au groupe.

Des responsables ont également qualifié la chute du régime de Bachar al-Assad de tournant le plus important — et de coup le plus dur — auquel le Hezbollah ait été confronté depuis sa création. La Syrie n’offrant plus ce qu’ils ont décrit comme un environnement logistique sûr, le Hezbollah et l’Iran ont perdu l’un de leurs principaux couloirs pour acheminer des armes et des fonds au Liban.

Une source sécuritaire a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein des institutions chargées de superviser les ports et les postes-frontières était devenue « quasi inexistante » à la suite d’une série de mesures sécuritaires et administratives visant à reconstruire les systèmes de contrôle au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri et au poste-frontière de Masnaa.

Selon cette source, ces mesures ont notamment consisté à réaffecter de nombreux agents de sécurité et du personnel administratif soupçonnés d’avoir été sous l’influence du Hezbollah et qui auraient facilité le passage de marchandises de manière quasi quotidienne. Cette restructuration, a précisé la source, a comblé des failles qui constituaient depuis longtemps des points faibles au sein des agences chargées de surveiller ces installations.

La source a ajouté que les autorités ne se sont pas limitées à des remaniements administratifs. Elles ont également ouvert des enquêtes et engagé des poursuites judiciaires à l’encontre de personnes soupçonnées d’avoir facilité le passage de marchandises, de sacs d’argent liquide et de bijoux pour le compte du Hezbollah au cours des derniers mois, dans le cadre d’une politique plus large visant à démanteler les réseaux d’influence du groupe au sein des institutions publiques.


Iran: les Gardiens de la Révolution stoppent six navires dans le détroit d'Ormuz

La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
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  • "La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour"
  • Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions

TEHERAN: La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat.

"La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour", a indiqué un correspondant de la télévision d'Etat depuis le Golfe.

Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions.

Samedi, les Gardiens, armée idéologique iranienne, avaient annoncé avoir stoppé quatre navires qui tentaient de traverser la partie sud du détroit après avoir tiré des coups de semonce.

Les forces armées iraniennes ont à plusieurs reprises empêché des navires de franchir ce passage maritime stratégique en effectuant ces tirs.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.