Les affrontements entre Israël et les groupes palestiniens plongent Gaza dans le cauchemar

De la fumée s'élève à la suite de frappes aériennes israéliennes visant un bâtiment dans la ville de Gaza, le 5 août 2022 (Photo, AP/Hatem Moussa).
De la fumée s'élève à la suite de frappes aériennes israéliennes visant un bâtiment dans la ville de Gaza, le 5 août 2022 (Photo, AP/Hatem Moussa).
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Publié le Lundi 08 août 2022

Les affrontements entre Israël et les groupes palestiniens plongent Gaza dans le cauchemar

  • La situation humanitaire s'est aggravée et le nombre de victimes civiles a augmenté alors que l'armée israélienne a pris pour cible le Djihad islamique palestinien (PIJ)
  • Israël a soutenu que les militants de Gaza préparaient des attaques en représailles à l'arrestation d'un responsable du PIJ en Cisjordanie

DUBAÏ: Ce qui a commencé comme une opération de sécurité israélienne routinière le 1er août dans une ville palestinienne critique de Cisjordanie s'est aussitôt transformé en un conflit de grande ampleur. Dimanche soir, le nombre de morts dans les rangs palestiniens s'élevait à 43, dont 15 enfants. Un accord de trêve négocié par l'Égypte donne cependant une lueur d'espoir à la population de la bande de Gaza épuisée par la guerre.

La cible de l'opération militaire «Breaking Dawn» de l'armée israélienne était le groupe palestinien du Djihad islamique qui est soutenu par l'Iran et a son siège dans la capitale syrienne, Damas. Toutefois, l'idée d'une «guerre rapide et propre» limitée à la bande de Gaza, avec un minimum de dégâts pour les civils, pourrait bien ne pas se concrétiser si l'accord de cessez-le-feu échoue.

Lors de sa récente visite à Téhéran pour rencontrer les dirigeants iraniens, Ziad al-Nakhalah, secrétaire général du Djihad islamique palestinien (PIJ), a averti que toutes les villes israéliennes – y compris Tel Aviv – pourraient être frappées par des roquettes, et a exhorté les autres factions palestiniennes à unir leurs forces. Depuis plusieurs jours, les médias israéliens montrent des images du ciel s'illuminant de roquettes et d'intercepteurs du système de défense antimissile Dôme de Fer au-dessus du sud et du centre du pays.

Comme prévu, des similitudes ont été établies entre la flambée actuelle et le conflit de 11 jours de mai 2021 qui a fait plus de 200 morts parmi les Palestiniens et une douzaine parmi les Israéliens. Mais cette fois-ci, la grande différence est que le Hamas, groupe palestinien qui contrôle Gaza, ne s'est pas lancé dans la bataille – une éventualité à envisager si la trêve ne tient pas et si le nombre de victimes civiles continue d'augmenter.

Des enfants de Khan Yunis peu après une frappe aérienne israélienne, le 6 août (Photo, AFP).

Comme toujours, lorsqu'Israël lance une attaque contre des groupes militants palestiniens, ce sont les habitants ordinaires des quartiers de Gaza dans la ligne de mire de l'armée qui subissent les conséquences. Les images des bâtiments à moitié détruits et des biens endommagés des civils appauvris contredisent totalement le récit officiel israélien qui évoque une «opération préventive anti-terroriste contre une menace immédiate» posée par le PIJ.

Samedi, des flammes ont jailli d'un immeuble de la ville de Gaza à la suite d'une frappe aérienne israélienne, tandis que des Palestiniens blessés étaient évacués par des médecins. Selon le ministère de la Santé de Gaza, «une fille de cinq ans, visée par l'occupation israélienne» comptait parmi les personnes tuées. «Ce n'est pas l'Ukraine ! C'est la bande de Gaza, hier !» a tweeté Jasika, de nationalité palestinienne, avec quatre photos de destruction sous le hashtag #GazaUnderAttack.

Interrogé par l'agence de presse AFP, Abdallah al-Arayshi a résumé la détresse collective des Palestiniens: «Le pays est ravagé. Nous en avons assez des guerres. Notre génération a perdu son avenir». Il faisait référence aux nombreuses guerres et batailles qu'Israël et le Hamas ont menées depuis 2007 et qui ont coûté cher aux deux millions de résidents palestiniens de Gaza.

L'Égypte, qui a déjà contribué à mettre fin à de nombreuses flambées de violence à Gaza, est une fois de plus intervenue en envoyant une délégation de fonctionnaires en Israël pour servir d'intermédiaire. Le PIJ n'était peut-être pas enclin à négocier, mais il n'avait pas vraiment le choix.

Des Palestiniens inspectent les ruines d’un bâtiment détruit par une frappe aérienne, le 6 août à Gaza (Photo, AFP).

Samedi, le groupe a perdu un deuxième commandant de haut rang, Khaled Mansour, dans une frappe militaire israélienne qui a visé une maison dans le camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de Gaza. La veille, le PIJ avait annoncé la mort de son principal dirigeant, Taysir al-Jabari, dans une frappe aérienne qui a touché un bâtiment à l'ouest de la ville de Gaza.

Le meurtre du prédécesseur d'Al-Jabari, Baha Abou al-Ata, commis par l'armée israélienne en 2019, à Gaza, a déclenché un conflit de cinq jours qui a fait 34 morts et 111 blessés parmi les Palestiniens, dont de nombreux combattants du PIJ. À l'époque, comme aujourd'hui, Israël avait prétendu que le PIJ planifiait une attaque imminente.

Cette fois-ci, Israël a affirmé que les militants du PIJ à Gaza prévoyaient de frapper le sud d'Israël en représailles à l'arrestation de Bassem al-Saadi, un membre haut placé de l'aile politique du PIJ en Cisjordanie, lors d'une opération de sécurité survenue le 1er août à Jénine. Al-Saadi y vivait depuis février 2013, date à laquelle il a été libéré d'une prison israélienne après avoir servi deux ans.

Des proches de Khaled Mansour, commandant du Djihad Islamique, pleurent sa mort, le 7 août (Photo, AFP).

Jénine est une cible fréquente des opérations d'arrestation israéliennes en Cisjordanie depuis qu'une vague d'attentats meurtriers perpétrés par des Palestiniens a frappé Israël fin mars, deux des assaillants étant originaires de la ville.

«Israël aurait agi en fonction des rapports des services de renseignement indiquant que le PIJ s'apprêtait à lancer un certain nombre d'attaques contre le pays. Ainsi, Israël a voulu porter un grand coup au PIJ», a confié à Arab News Meir Javedanfar, maître de conférences et analyste du Moyen-Orient à l'Université Reichman.

«Partant de cette thèse, il était difficile pour Israël d'éviter cette action. Si vous savez que votre ennemi va attaquer, vous l'en empêcherez, et cela inversera vraiment les rôles.»

Le raisonnement d'Israël n'a cependant pas réussi à convaincre les civils palestiniens qui se trouvaient dans la ligne de mire, ni les opposants de la doctrine militaire de la force préventive, notamment le rapporteur spécial des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés.

Samedi, Francesca Albanese a tweeté: «Je condamne les frappes aériennes d'Israël à Gaza prétendument destinées à ‘dissuader’ le Djihad islamique d'exercer d'éventuelles représailles après l'arrestation de son chef. Le droit international n'autorisant le recours à la force qu'en cas de légitime défense, l'opération ‘Breaking Dawn’ est un acte d'agression flagrant. Illégal. Immoral. Irresponsable.»

Des combattants du Djihad Islamique pénètrent dans un tunnel souterrain dans la bande de Gaza, le 17 avril dernier (Photo, AFP).

En plus du contrecoup diplomatique, le gouvernement israélien, dirigé par Yaïr Lapid – un homme politique sans passé militaire ni expérience à de hauts postes de sécurité – allait tôt ou tard devoir faire face à la détérioration de la situation humanitaire à Gaza.

Il n'y a presque pas eu de reconstruction à Gaza depuis la guerre de mai 2021, et la population reste plongée dans la pauvreté, avec un taux de chômage frôlant les 50%. Israël a fermé son point de passage avec le territoire et, samedi, des rapports ont indiqué que la seule centrale électrique de la région avait été arrêtée après qu'Israël a annulé une livraison de carburant attendue.

Yahya al-Sarraj, le maire de la ville de Gaza, a déclaré dimanche que les services municipaux étaient affectés par le manque d'électricité. «Cela va limiter l'approvisionnement en eau domestique (alors que la consommation est maximale en juillet et en août)», a-t-il dit. «Les eaux usées brutes seront déversées dans la mer parce que les centrales ne fonctionnent pas à pleine capacité.»

Évidemment, les patrons du PIJ à Téhéran n'ont pas perdu de vue le potentiel d'un coup de propagande. L'agence de presse iranienne Fars a cité le président Ebrahim Raisi qui aurait dit: «La résistance de la population de Gaza accélérera le déclin de ce régime (sioniste) tueur d'enfants.»

Le président iranien Ebrahim Raisi rencontre Ziyad Nakhaleh, secrétaire général du Djihad islamique palestinien (PIJ), à Téhéran, le 4 août 2022 (Photo, WANA via Reuters).

Sur un autre plan, la télévision d'État iranienne a rapporté samedi les propos du général Hossein Salami, chef du corps des Gardiens de la Révolution islamique: «Les Israéliens paieront encore un lourd tribut pour leur dernier crime.»

Plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait également rapporté les paroles de Salami: «Au Liban, plus de cent mille missiles sont prêts à être tirés et à créer un enfer pour les sionistes.»

Javedanfar considère le lien entre le PIJ et l'Iran comme une deuxième raison probable de la décision d'Israël de sévir contre le groupe. «Étant donné que les attaques israéliennes ont eu lieu lorsque le chef du PIJ se trouvait à Téhéran, le contexte iranien de l'opération actuelle ne peut être négligé», a-t-il révélé à Arab News.

Des Palestiniens se rassemblent dans le camp de réfugiés de Burj al-Barajneh, au Liban, le 7 août 2022, pour soutenir la marche du groupe Djihad islamique dans sa lutte contre Israël. (Anwar Amro/AFP)

«Le PIJ est un mandataire iranien, beaucoup plus que le Hamas ne l'est, et il est plus dépendant de l'Iran que le Hamas. Israël refuse que l'Iran dicte les règles du jeu à travers son mandataire à Gaza. Je pense qu'Israël essaie de limiter les moyens dont dispose l'Iran pour compromettre la sécurité d'Israël à Gaza et en Syrie.»

«Israël ne s'intéresse pas à un plus grand conflit à Gaza, mais n'hésitera pas non plus à s'y engager», avait menacé le Premier ministre israélien, Lapid. Un conflit plus large exposerait certainement Israël non seulement à des pertes civiles plus importantes, mais aussi à une plus grande pression politique, qui pourrait notamment être exercée par les signataires arabes des accords d'Abraham.

Dans le meilleur des cas pour Israël, l'aile militaire du PIJ aurait été décapitée, la tempête diplomatique se serait rapidement dissipée et le nombre de victimes civiles à Gaza n'aurait pas augmenté. Mais, étant donné l'ombre que le conflit israélo-palestinien continue de projeter sur les nouveaux alignements géopolitiques au Moyen-Orient, Israël aurait très bien pu gagner la bataille mais aurait perdu la guerre.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Moustapha Barghouti : la loi israélienne sur la peine de mort est un permis de tuer des Palestiniens

Des manifestants se rassemblent devant la Knesset, le parlement israélien, à Jérusalem, le 31 mars 2026, lors d’une manifestation contre l’adoption d’une loi autorisant la peine de mort contre les Palestiniens. (AFP)
Des manifestants se rassemblent devant la Knesset, le parlement israélien, à Jérusalem, le 31 mars 2026, lors d’une manifestation contre l’adoption d’une loi autorisant la peine de mort contre les Palestiniens. (AFP)
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  • La nouvelle loi israélienne sur la peine de mort pour les Palestiniens est perçue par Moustapha Barghouti comme un instrument légal autorisant des exécutions extrajudiciaires et approfondissant l’apartheid 
  • Barghouti appelle à la résilience palestinienne et à une pression internationale concrète, notamment sanctions et boycott, pour contrecarrer la politique israélienne 

PARIS : Au milieu du fracas de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, la question palestinienne semble occultée. Pourtant, sur le terrain, aussi bien à Gaza qu’en Cisjordanie, Israël poursuit son entreprise de destruction et de déshumanisation du peuple palestinien, affranchi de toute contrainte.

Profitant du tumulte mondial, le gouvernement israélien a adopté récemment une loi instaurant la peine de mort par pendaison pour des Palestiniens détenus dans ses prisons. Que signifie pratiquement cette loi pour les Palestiniens, et que cherche Israël par son instauration ?

Le secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne, Moustapha Barghouti, explique à Arab News en français que cette loi « marque un tournant d’une gravité historique ».

D’une voix calme, mais empreinte de conviction et de fermeté, le médecin et dirigeant politique palestinien ne mâche pas ses mots : « Cette loi n’est pas seulement un instrument juridique supplémentaire dans l’arsenal israélien, mais l’expression d’une dérive politique profonde qui autorise ouvertement l’élimination des Palestiniens. »

« Ce qui se passe n’est pas simplement l’adoption d’une loi », insiste-t-il. « Ce que nous voyons aujourd’hui est une dérive fasciste en Israël. »

À la tête de l’Initiative nationale palestinienne, qui n’a pas d’aile armée, Barghouti s’est imposé au fil du temps comme le porte-voix de la cause palestinienne, avec comme marque de fabrique une intonation de voix douce et incisive à la fois, souvent déstabilisante pour ses contradicteurs.

Barghouti attribue l’initiative de ce texte de loi au ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite radicale, mais il souligne que « le problème dépasse largement un seul homme. »

Selon ce communiquant hors pair, doublé d’un homme politique d’une profonde connaissance des arcanes de la politique israélienne, la véritable alerte réside dans le soutien massif dont la loi a bénéficié au Parlement israélien.

« Près des deux tiers des députés de la Knesset ont voté en sa faveur, y compris certains représentants de l’opposition, comme Avigdor Lieberman », un consensus qui révèle, selon lui, « une transformation plus profonde de la société israélienne. »

« La loi n’est qu’un symptôme, car la dérive fasciste de la société israélienne est aujourd’hui très avancée », affirme-t-il.

Cette évolution se manifeste à travers plusieurs phénomènes simultanés : la guerre menée à Gaza, l’intensification de la colonisation en Cisjordanie et, désormais, l’adoption d’une législation qui viserait spécifiquement les prisonniers palestiniens.

Pour Barghouti, la portée réelle de la loi dépasse la question de la peine de mort elle-même, car dans les faits, elle institue « une justice fondamentalement discriminatoire ». « Cette loi approfondit le système d’apartheid », affirme-t-il.

Selon cette logique, un Palestinien accusé d’avoir tué un Israélien pourrait être condamné à mort, mais lorsqu’un Israélien tue un Palestinien, affirme Barghouti, « l’impunité est souvent la règle. »

Pour lui, la loi fonctionne comme « un permis de tuer des Palestiniens » et légitime également, selon lui, « les exécutions extrajudiciaires déjà observées sur le terrain. »

Barghouti estime qu’entre mille et deux mille Palestiniens à Gaza ont déjà été victimes d’exécutions extrajudiciaires, de même en Cisjordanie, où il évoque de nombreux cas de tirs mortels sans poursuites judiciaires, dont l’assassinat récent d’une famille civile dans la région de Tubas.

Interrogé sur les détenus concernés par la loi, Barghouti se montre catégorique : « Tous les prisonniers palestiniens sont menacés », affirme-t-il. Même ceux qui ont déjà été jugés pourraient voir leurs dossiers rouverts si « les autorités israéliennes décident de réexaminer certaines affaires. »

Environ 10 000 Palestiniens sont aujourd’hui détenus dans les prisons israéliennes, parmi lesquels 300 enfants et 75 femmes. Un grand nombre d’entre eux sont détenus sous le régime de la détention administrative, qui permet d’emprisonner une personne sans inculpation ni procès, pour des périodes renouvelables.

Les conditions de détention sont particulièrement dures : « Ils sont privés de soins, soumis à la faim, aux abus et à des conditions extrêmement difficiles », explique Barghouti.

Depuis le 7 octobre, affirme-t-il, 90 prisonniers palestiniens seraient morts en détention. Depuis 1967, le nombre total de détenus morts dans les prisons israéliennes atteindrait 322.

La situation dans la bande de Gaza reste, selon Mustafa Barghouti, catastrophique. Il affirme qu’Israël n’a jamais véritablement respecté le cessez-le-feu annoncé.

Depuis son entrée en vigueur, 720 Palestiniens auraient été tués et plus de 2 000 blessés, alors que les bombardements continuent quotidiennement, y compris au cœur de la ville de Gaza.

Mais l’aspect le plus dramatique, selon lui, concerne la situation humanitaire. L’accord de cessez-le-feu prévoyait l’entrée de 600 camions d’aide humanitaire par jour ; or, selon Barghouti, les livraisons restent très en deçà de ce chiffre, puisque certains jours, explique-t-il, à peine 56 camions ont été autorisés à entrer.

Plus grave encore, aucun matériel médical n’aurait été autorisé à entrer depuis le début du cessez-le-feu : « Des hôpitaux entiers risquent de cesser de fonctionner », avertit-il. Même les dentistes, dit-il, ont récemment lancé un appel pour signaler qu’ils ne disposaient plus de matériel de base pour traiter leurs patients.

En Cisjordanie, la situation n’est guère plus réjouissante. Barghouti décrit une situation d’escalade permanente : les raids militaires et les arrestations se poursuivent quotidiennement, et les attaques de colons armés se multiplient.

Barghouti assure que ces groupes agissent avec la protection de l’armée israélienne et affirme que 71 communautés palestiniennes ont déjà été expulsées de leurs terres.

Ces expulsions, souligne-t-il, s’inscrivent dans une stratégie visant à s’emparer progressivement de la Cisjordanie, dont « Israël contrôle désormais plus de 40 % ».

Face à cette situation, Mustafa Barghouti balaye du revers de la main un changement interne en Israël : « Cette société s’est tournée vers le fascisme », affirme-t-il.

Pour lui, deux facteurs seront déterminants pour l’avenir. Le premier est la résilience du peuple palestinien sur sa terre, car « le projet sioniste ne peut réussir que s’il parvient à expulser les Palestiniens de leur terre, comme en 1948. »

Le second facteur est la pression internationale. Barghouti estime que les déclarations et condamnations ne suffisent plus : « Israël ne se laissera pas dissuader par des discours. »

La seule solution, selon lui, serait l’imposition de sanctions internationales et d’un boycott global d’Israël.

Malgré la dureté du contexte, Barghouti affirme ne pas se sentir seul : « Ma relation n’est pas avec les gouvernements », conclut-il, « ma relation est avec les peuples, et je sais que les peuples comprennent ce qui se passe. »


Des débris tombent près d’installations énergétiques saoudiennes après l’interception de missiles balistiques

Tôt mardi matin, heure locale, le ministère n’avait pas précisé quelles installations énergétiques étaient en cours d’évaluation. (AFP/Archives)
Tôt mardi matin, heure locale, le ministère n’avait pas précisé quelles installations énergétiques étaient en cours d’évaluation. (AFP/Archives)
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  • L’Iran poursuit ses attaques contre les pays du Golfe alors que l’ultimatum du président américain Donald Trump approche
  • Les Émirats arabes unis ont activé leur défense aérienne mardi matin, tandis que Bahreïn a déclenché ses sirènes d’alerte missile

RIYAD : L’évaluation des dégâts était toujours en cours tôt mardi, l’Arabie saoudite indiquant que des débris de missiles balistiques interceptés étaient tombés « à proximité » d’installations énergétiques.

« Le porte-parole du ministère de la Défense, le général de division Turki Al-Malki, a déclaré que sept missiles balistiques lancés en direction de la région orientale ont été interceptés et détruits, et que des débris sont tombés à proximité d’installations énergétiques », a rapporté l’agence de presse saoudienne.

Outre ces sept missiles, le ministère de la Défense du royaume a indiqué que trois autres missiles balistiques visant la province orientale avaient également été interceptés, dans un message publié sur les réseaux sociaux.

L’Iran tire des missiles et des drones contre le royaume et d’autres pays arabes du Golfe depuis que Israël et les États-Unis ont lancé des frappes militaires contre Téhéran le 28 février.

Téhéran a partiellement assoupli son blocage du détroit d’Ormuz pour certains trafics, mais ses actions dans cette voie maritime stratégique ont fait grimper les prix de l’énergie, avec des répercussions sur les économies mondiales.

Les pays du Golfe ont condamné les attaques iraniennes contre des infrastructures énergétiques vitales, tandis que de nombreux autres États ont critiqué les méthodes de Téhéran durant le conflit.

L’Iran a également visé Israël ainsi que des intérêts américains dans la région.

Le président américain Donald Trump a fixé un ultimatum à l’Iran pour accepter un accord, menaçant de « représailles sévères » en cas de non-respect de l’échéance fixée à mardi 20h (EDT).

« Nous avons un plan, et grâce à la puissance de notre armée, chaque pont en Iran pourrait être détruit d’ici demain minuit », a-t-il déclaré.

L’Iran a rejeté la pression américaine pour rouvrir rapidement le détroit, tout en affirmant vouloir une solution durable au conflit.

Attaques matinales

Des militants ont signalé de nouvelles frappes visant la capitale iranienne, Téhéran, tôt mardi matin.

Les Émirats arabes unis ont activé leur défense aérienne, tandis que Bahreïn a déclenché ses sirènes d’alerte face à une nouvelle salve de tirs iraniens.

Deux personnes ont été tuées dans la région kurde d’Irak après qu’un drone, que les autorités attribuent à l’Iran, a frappé une habitation.

Le drone a frappé une maison dans le village de Zargazawi, dans la province d’Erbil, tôt mardi, a déclaré la Direction de la lutte contre le terrorisme de la région kurde du nord dans un communiqué. Les autorités ont condamné cette attaque, la qualifiant de violation du droit international.

Cette frappe intervient alors que les forces iraniennes et des milices alliées ciblent plusieurs zones du Kurdistan irakien avec une vague de drones, roquettes et missiles. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Une frappe vise la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement israélien

Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
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  • Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits
  • Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues

BEYROUTH: Israël a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth, au lendemain de raids meurtriers sur la capitale et ses environs, alors que le bilan humain de la guerre avec le Hezbollah approche des 1.500 morts.

Un épais panache de fumée s'est élevé de la banlieue sud, sous contrôle du Hezbollah et vidée de la quasi-totalité de ses habitants depuis le 2 mars.

L'armée israélienne a affirmé avoir visé "des cibles terroristes du Hezbollah à Beyrouth".

Dans la banlieue sud, seuls quelques commerces restent ouverts, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits. Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues.

Une station-service de la compagnie al-Amana, accusée par Israël d'être contrôlée par le Hezbollah, est calcinée.

Des portraits de l'ayatollah Ali Khamenei, tué au début de la guerre dans une frappe américano-israélienne en Iran et présenté comme le "martyr de la nation", ornent les principales artères.

Le long de la route menant à la banlieue sud, des habitants ont installé des tentes où ils dorment, allant inspecter leurs maisons entre deux avertissements israéliens.

Dimanche, Israël avait intensifié ses bombardements sur la banlieue sud et la capitale elle-même. Une frappe en face du principal hôpital public du Liban avait fait cinq morts, selon le ministère de la Santé.

"Force al-Qods" 

Une autre frappe sur un appartement dans une zone à l'est de la capitale, jusque-là épargnée par les violences, a tué trois personnes, dont un responsable local des Forces libanaises (FL), un parti chrétien opposé au Hezbollah, et sa femme.

Le chef des FL Samir Geagea a affirmé que "les Israéliens visaient un membre de la force al-Qods", chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, qui semble avoir échappé à la frappe.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam avait déclaré que les Gardiens de la Révolution dirigeaient les opérations du Hezbollah dans sa guerre contre Israël.

L'armée israélienne a affirmé lundi qu'elle avait frappé une "cible terroriste" à l'est de Beyrouth et ajouté qu'elle examinait l'incident "après des informations sur des victimes parmi des civils libanais non impliqués dans les combats".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles à la mort d'Ali Khamenei.

Depuis, Israël mène des frappes massives sur le pays ayant fait 1.497 morts et plus de 4.600 blessées, selon les autorités, et déplacé plus d'un million de personnes.

"Maisons inhabitables" 

Des frappes israéliennes ont également visé le sud et l'est du Liban. Dans le sud, quatre personnes ont été tuées dans un raid sur une voiture à Kfar Roummane, près de Nabatiyeh, a indiqué le ministère de la Santé.

Dans la localité de Bourj Rahal, près de Tyr, un correspondant de l'AFP a vu des immeubles détruits et des débris jonchant les rues.

"Le premier bilan est de 15 maisons endommagées, qui ne sont plus habitables", a dit à l'AFP le maire de la ville Daoud Ezzedine.

"Les habitants veulent revenir chez eux, mais ils ne pourront pas malheureusement", a-t-il ajouté.

Le ministère de la Santé a aussi annoncé que deux secouristes du Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, avaient été tués par une frappe israélienne dimanche, portant à 57 le nombre de secouristes tués depuis le début de la guerre.

Le chef de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé sur X que l'OMS avait enregistré "92 attaques contre des établissements de santé, des véhicules médicaux, du personnel soignant et des entrepôts" depuis le début de la guerre.

Par ailleurs, le principal poste-frontière reliant le Liban à la Syrie, point de passage vital entre les deux pays, était toujours fermé lundi, après des menaces israéliennes de le viser samedi soir.

Ce passage "restera fermé, jusqu'à ce qu'on reçoive des garanties qu'il ne sera pas visé", a dit à l'AFP un responsable du ministère libanais des Transports, Ahmad Tamer.