Liban: Les banques en grève face aux pressions politiques

Des activistes libanais affrontent des soldats gardant l'entrée du parlement du pays lors d'une manifestation au centre de Beyrouth, jeudi (Photo, AFP).
Des activistes libanais affrontent des soldats gardant l'entrée du parlement du pays lors d'une manifestation au centre de Beyrouth, jeudi (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 06 août 2022

Liban: Les banques en grève face aux pressions politiques

  • Selon les critiques, l'Association tente de se soustraire à sa responsabilité dans la crise économique actuelle du pays
  • Le ministre des Finances exhorte les ministères et les administrations à accélérer le processus de transfert des salaires

BEYROUTH: L'association bancaire libanaise (ABL) a annoncé vendredi que les banques se mettraient en grève à partir de lundi en raison d'une accumulation de «positions populistes et néfastes» prises à l'encontre du secteur, selon le communiqué de l’association.

Environ 49 banques prévoient de faire grève, ajoute le communiqué.

L’association prend des mesures suite au traitement récent du secteur, notamment l'arrestation du président de Creditbank, Tarek Khalife, cette semaine.

Khalife a été détenu avec sa famille à leur arrivée à l'aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth récemment, suite à une plainte pénale déposée contre lui au bureau du procureur général au Mont-Liban.

Bien que Khalife soit maintenant en liberté sous caution, l'ABL a souligné que «ces situations anormales, auxquelles les banques ont essayé de faire face avec flexibilité, même à leurs propres frais, ont atteint une ampleur qui n'est plus acceptable».

Les experts économiques s'attendent à ce que la grève exerce une pression sur le marché financier et sur le taux de change du dollar sur le marché parallèle.

Ils ont affirmé que la grève pourrait conduire les banques à cesser de pomper des dollars sur le marché conformément aux circulaires de la Banque du Liban, les gens se tournant alors vers le marché parallèle pour obtenir des dollars.

L’ABL a signalé que les banques «ne peuvent plus supporter des situations néfastes et populistes à leurs dépens et aux dépens de l'économie et elles se voient obligées de lancer un avertissement général qui est une invitation à tout le monde à faire face de manière sérieuse et responsable à la situation actuelle dans le but d'aller vers une véritable reprise».

L'association a accusé les personnes chargées d'instruire les procès d'ignorer les lois bancaires et comptables de base, ajoutant qu'elle était surprise par la négligence de certains commissaires à respecter la loi et ses dispositions, «comme si l'application de la loi était devenue facultative et non obligatoire».

Elle a ajouté: «Ce qui est encore plus surprenant, c'est que ces autorités prennent des mesures drastiques qui portent atteinte à la liberté et à la dignité des personnes, les diffament et mettent en péril la relation des banques locales avec les banques correspondantes, ce qui cause des dommages extrêmes, non seulement pour les banques mais aussi pour les déposants.»

Selon les critiques, la décision de l'ABL aura un impact négatif sur le secteur bancaire et se répercutera sur les secteurs vitaux dans un pays qui souffre de crises financières qui s'aggravent chaque jour.

Les employés du secteur public n'ont pas reçu les salaires du mois dernier à cause de leur grève illimitée, exigeant l'ajustement de leurs salaires et avantages sociaux.

Le ministre des Finances, Youssef Khalil, a toutefois assuré que les salaires seraient versés dans les «dix prochains jours au plus tard».

Il a exhorté les ministères et les administrations à accélérer le processus afin d'éviter tout nouveau retard.

Les opposants aux politiques des banques, qui ont conduit à l'effondrement économique du pays, estiment que les banques libanaises tentent de se soustraire à leur responsabilité dans la situation du pays et rejettent plutôt la responsabilité de la crise financière sur l'État.

Les critiques constatent que les partenaires de plusieurs banques sont eux-mêmes des politiciens.

L'expert économique Bassem Ajjaka a déclaré à Arab News que la démarche de l'ABL «est un message adressé à la classe politique libanaise et non au système judiciaire ou au peuple».

Il a souligné que l’ABL a porté des accusations directes contre ces politiciens dans sa déclaration.

La déclaration est un avertissement pour le gouvernement, alors qu'il élabore et met en œuvre des politiques basées sur la constitution, a ajouté Ajjaka.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Iran: le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution tué dans une frappe 

Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
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  • "Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste à l'aube"
  • Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran

TEHERAN: Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran.

"Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste (...) à l'aube aujourd'hui", ont déclaré les Gardiens dans une publication sur leur chaîne Telegram.

 

 


Le Koweït attaqué par des missiles et des drones 

L'armée du Koweït a dit lundi que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones. (AFP)
L'armée du Koweït a dit lundi que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones. (AFP)
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  • "Toute explosion qui serait entendue est le résultat de l'interception de cibles hostiles par les systèmes de défense anti-aériens"
  • L'armée du Koweït a dit, pour la troisième fois de la nuit de dimanche à lundi, que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones

KOWEIT: L'armée du Koweït a dit lundi que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones.

Six personnes ont été blessées lundi au Koweït après des attaques de missiles et de drones iraniens, ont annoncé les autorités du pays, alors que Téhéran poursuit ses frappes contre ses voisins du Golfe.

Les secours sont intervenus à l'aube "après la chute de projectiles et des débris sur une zone résidentielle dans le nord du pays", soignant six personnes, dont une a été transportée à l'hôpital, a annoncé le ministère de la Santé dans un communiqué.

L'armée koweïtienne avait fait état dans la nuit de plusieurs attaques de missiles et de drones.

"Toute explosion qui serait entendue est le résultat de l'interception de cibles hostiles par les systèmes de défense anti-aériens", a indiqué, sur le réseau X, l'armée, qui avait déjà fait part de deux autres alertes dans la nuit de dimanche à lundi.

L'armée du Koweït a dit, pour la troisième fois de la nuit de dimanche à lundi, que le pays du Golfe était visé par des attaques de missiles et de drones.


Liban: frappe israélienne à proximité du principal hôpital de Beyrouth

 Israël a frappé dimanche Beyrouth et ses environs, touchant un important hôpital, et soumis sa banlieue sud, bastion du Hezbollah, à un intense pilonnage, tout en menaçant le principal poste-frontière avec la Syrie qui a dû fermer. (AFP)
Israël a frappé dimanche Beyrouth et ses environs, touchant un important hôpital, et soumis sa banlieue sud, bastion du Hezbollah, à un intense pilonnage, tout en menaçant le principal poste-frontière avec la Syrie qui a dû fermer. (AFP)
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  • Une frappe a visé en milieu de journée un quartier populaire au sud de Beyrouth, selon un photographe de l'AFP, faisant au moins cinq morts et 52 blessés d'après un bilan du ministère de la Santé
  • La frappe s'est produite à proximité de l'hôpital Rafic-Hariri, le plus grand établissement médical public du Liban, d'après une source médicale

BEYROUTH: Israël a frappé dimanche Beyrouth et ses environs, touchant un important hôpital, et soumis sa banlieue sud, bastion du Hezbollah, à un intense pilonnage, tout en menaçant le principal poste-frontière avec la Syrie qui a dû fermer.

Une frappe a visé en milieu de journée un quartier populaire au sud de Beyrouth, selon un photographe de l'AFP, faisant au moins cinq morts et 52 blessés d'après un bilan du ministère de la Santé.

La frappe s'est produite à proximité de l'hôpital Rafic-Hariri, le plus grand établissement médical public du Liban, d'après une source médicale.

Une équipe de l'AFP a vu une vingtaine de personnes, certaines en pleurs, devant l'entrée de l'hôpital, alors que des ambulances, sirènes hurlantes, transportaient des blessés.

"Nous avons perdu nos maisons, où pouvons-nous aller?", s'écriait Nancy Hassan, 53 ans, une habitante du quartier visé. "Ma fille qui avait 23 ans a été tuée" lors de la précédente guerre avec Israël, "et aujourd'hui, ses voisines et amies ont été tuées", a-t-elle ajouté.

Deux Soudanais ont été tués, ainsi qu'une adolescente de 15 ans, a indiqué à l'AFP le docteur Zakaria Tawbé, directeur adjoint de l'hôpital, où sont soignés 31 des blessés.

"La frappe a été très violente" et des "malades ont fait des crises de panique", a-t-il raconté, ajoutant que l'établissement n'a subi que des dégâts mineurs.

"Ils ont frappé une zone totalement civile, il y a surtout des migrants, des Soudanais... Les gens étaient chez eux, et ils les ont frappés. C'est ça leurs objectifs militaires?", s'insurgeait Abou Qassem, un habitant du quartier.

Médecins sans Frontières (MSF) a condamné cette frappe sur X, rappelant que "des frappes aussi proches d'un hôpital suscitent la peur et peuvent dissuader les gens de se faire soigner".

"Lorsque des frappes touchent sans avertissement des zones résidentielles densément peuplées, les conséquences sont graves, tant en termes de pertes humaines que de capacité des hôpitaux à faire face", a dénoncé l'ONG.

Stations-service visées 

Une frappe a en outre visé un appartement d'un immeuble d'habitation à Aïn Saadeh, ville à l'est de Beyrouth, faisant trois morts dont deux femmes, selon le ministère libanais de la Santé.

Un responsable local des Forces libanaises, un parti chrétien opposé au Hezbollah pro-iranien, serait mort dans cette frappe, selon l'Agence nationale d'informations (Ani).

Les frappes israéliennes ont fait 1.467 tués et près de 4.500 blessés depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale début mars, et plus d'un million de déplacés.

L'aviation israélienne, qui a survolé la capitale à basse altitude, a également mené huit frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, désertée par une grande partie de ses habitants et dont s'élevaient d'épaisses colonnes de fumée.

L'armée israélienne a annoncé avoir lancé des frappes à Beyrouth "sur des centres de commandement du Hezbollah", et a affirmé avoir touché "plus de 15 stations-service" de la compagnie Al-Amana depuis le début de la guerre, qu'il accuse d'être "contrôlée" par la formation pro-iranienne.

Depuis le sud du Liban où Israël poursuit son invasion, le chef d'état major israélien Eyal Zamir a promis d"intensifier" les opérations contre le Hezbollah, selon un communiqué militaire.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël pour venger l'attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

Ces bombardements interviennent alors que le principal poste-frontière reliant le Liban à la Syrie a fermé après des menaces israéliennes de le viser samedi soir. Israël l'avait déjà bombardé en 2024 lors de sa précédente guerre contre le Hezbollah.

Famille décimée 

Dans le sud du pays, où l'aviation israélienne a continué de bombarder, six membres d'une même famille ont été tués dans la localité de Kfar Hatta. Ils n'avaient pas pu évacuer à temps, malgré un avertissement samedi sur ce village à une quarantaine de kilomètres au nord de la frontière.

Cette famille, déjà déplacée d'un village plus au sud et sans moyen de transport, attendait un proche venu les évacuer, selon la Défense civile. Cet homme a également été tué, portant le bilan à sept morts, dont une fillette de quatre ans.

A Toul, toujours dans le sud du Liban, une autre frappe a tué un couple et blessé leurs deux enfants, selon le ministère de la Santé.

Alors que l'armée israélienne progresse dans la zone frontalière du sud, provoquant de larges destructions sur son passage, le président libanais Joseph Aoun a renouvelé son appel à des négociations directes avec Israël pour éviter que le sud du pays ne devienne "un nouveau Gaza".

"Pourquoi ne pas négocier pour arrêter ces tragédies (...) sauver ce qui reste de maisons qui n'ont pas encore été détruites?", a-t-il dit dans un discours.