Face à l'inflation, la Banque d'Angleterre envisage des hausses de taux plus fortes

Un drapeau de l'Union flotte dans la brise au-dessus de la Banque d'Angleterre à Londres le 16 juin 2022. (AFP)
Un drapeau de l'Union flotte dans la brise au-dessus de la Banque d'Angleterre à Londres le 16 juin 2022. (AFP)
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Publié le Jeudi 04 août 2022

Face à l'inflation, la Banque d'Angleterre envisage des hausses de taux plus fortes

  • L'inflation britannique s'est encore accélérée en juin, à 9,4% sur un an, soit un record en 40 ans, alimentant une crise du coût de la vie qui menace particulièrement les ménages britanniques les moins riches
  • Le gouverneur Andrew Bailey a assuré dans un discours fin juillet qu'un relèvement des taux de 0,50 point de pourcentage était sur la table

LONDRES: La Banque d'Angleterre pourrait suivre jeudi l'exemple d'autres banques centrales et accélérer ses hausses de taux face à une inflation qui s'aggrave, au risque de pénaliser l'activité économique.

L'inflation britannique s'est encore accélérée en juin, à 9,4% sur un an, soit un record en 40 ans, alimentant une crise du coût de la vie qui menace particulièrement les ménages britanniques les moins riches.

"Après les hausses survitaminées de juillet de la Banque centrale européenne et de la Réserve fédérale américaine (de respectivement 0,50 et 0,75 point de pourcentage, NDLR), la Banque d'Angleterre va probablement aussi se sentir obligée d'augmenter la mise en août", jugent les analystes de BNP Paribas dans une note.

Le gouverneur Andrew Bailey a assuré dans un discours fin juillet qu'un relèvement des taux de 0,50 point de pourcentage était sur la table. Il s'agirait de la plus forte hausse depuis 1995, qui porterait le taux directeur britannique à 1,75%.

La flambée des prix du gaz, provoquée par la guerre en Ukraine, ainsi que les perturbations des chaînes d'approvisionnement et un marché du travail tendu par le cocktail du Covid-19 et du Brexit contribuent à renforcer l'inflation.

Pression politique 

Les cours de l'énergie "continuent de grimper, ce qui nourrit notre prédiction que le plafond des prix de l'Ofgem (le régulateur britannique du marché de l'électricité, NDLR) va encore monter, et forcer la BoE à réviser une nouvelle fois [à la hausse] ses prévisions d'inflation", commente Fabrice Montagné, économiste de Barclays.

Pour l'instant, la BoE prévoit que l'inflation pourrait atteindre un pic à plus de 11% en glissement annuel dans les derniers mois de l'année.

La crise du coût de la vie a amené de nombreux observateurs à critiquer une attitude jugée attentiste de la BoE, même si elle a été parmi les premières à commencer à remonter ses taux fin 2021.

La politique de la banque centrale s'est notamment invitée dans les débats entre les candidats à la succession du Premier ministre Boris Johnson, qui s'accordent pour estimer que l'institution monétaire aurait dû agir plus vite.

Face à ces critiques, M. Bailey a rappelé l'importance de l'indépendance de la BoE.

"Nous pensons que la Banque doit agir avec vigueur face aux risques d'inflation, ou elle pourrait perdre le contrôle", prévient M. Montagné dans une note.

Risque pour la croissance

La Banque d'Angleterre devrait également préciser jeudi la manière dont elle compte vendre les obligations qu'elle a achetées dans le cadre de son programme de rachats d'actifs ("quantitative easing", ou QE), un autre moyen de limiter la liquidité sur le marché.

Mais l'accélération du resserrement de la politique monétaire ne fait pas l'unanimité: certains économistes se demandent si la BoE ne risque pas d'étouffer la croissance.

Pour l'instant, l'activité économique reste dans le vert au Royaume-Uni, mais elle tourne au ralenti depuis plusieurs mois et se trouvait en juillet à son plus bas niveau depuis le confinement de l'hiver 2021, selon l'indice PMI Flash Composite de S&P Global et CIPS, considéré comme un baromètre de la croissance.

"Avec une demande qui ralentit au niveau local comme à l'international, nous nous attendons à un ralentissement de l'inflation des prix à la production d'ici à la fin de l'année, ce qui devrait réduire la nécessité de resserrer la politique monétaire", estime pour sa part Martin Beck, économiste du EY ITEM Club.

Attention toutefois au risque d'une surprise: le comité de politique monétaire a été critiqué par le passé pour sa communication parfois alambiquée en amont de ses décisions, quitte à déstabiliser le marché de la dette britannique.

Le prédécesseur de M. Bailey, Mark Carney, avait ainsi été affublé du sobriquet de "petit ami pas fiable", une réputation dont la BoE peine à se défaire.

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« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.