Dans le Bordelais, l'irrigation au secours des jeunes vignes

Un employé irrigue des ceps de vigne dans le vignoble de Pessac-Léognan du Château Picque Caillou le 2 août 2022, à Mérignac, près de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France. (AFP).
Un employé irrigue des ceps de vigne dans le vignoble de Pessac-Léognan du Château Picque Caillou le 2 août 2022, à Mérignac, près de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France. (AFP).
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Publié le Mercredi 03 août 2022

Dans le Bordelais, l'irrigation au secours des jeunes vignes

  • Dans les allées de ce vignoble de Mérignac (Gironde), cultivé sous l'AOC Pessac-Léognan, deux ouvriers viticoles à la peau roussie par le soleil s'affairent, un tuyau d'arrosage à la main.
  • En début de matinée, dans des nuages de fumée dégagés par une terre sèche et sablonneuse, le thermomètre frôle déjà les 30 degrés au Château Picque Caillou

BORDEAUX: "Dès que vous voyez du jaunissement : clac !", les tuyaux d'eau s'enfoncent au pied des ceps. Au Château Picque Caillou, près de Bordeaux, les jeunes vignes mal en point sont arrosées depuis juillet, une pratique proscrite en viticulture sauf, sur dérogation, en cas d'intense sécheresse.

Dans les allées de ce vignoble de Mérignac (Gironde), cultivé sous l'AOC Pessac-Léognan, deux ouvriers viticoles à la peau roussie par le soleil s'affairent, un tuyau d'arrosage à la main.

Ils ferment la marche d'un tracteur vert, généralement destiné à l'épandage de traitements mais qui, depuis mi-juillet, occupe une toute autre fonction : celle de transporter de l'eau.

En début de matinée, dans des nuages de fumée dégagés par une terre sèche et sablonneuse, le thermomètre frôle déjà les 30 degrés au Château Picque Caillou.

"Nous irriguons chaque matin, de 6h30 à midi", indique Paulin Calvet, propriétaire du domaine et président de la commission technique de l'appellation. Chaque pied de vigne reçoit un volume de cinq litres d'eau, via un tuyau relié à la citerne et enfoncé au plus près des racines.

La dérogation exige que l'eau ne provienne pas du réseau, mais par chance, un puits en activité est situé à quelques centaines de mètres des parcelles.

Sur les 25 hectares de vignoble, près de 10% seront irrigués cet été pour limiter les effets de la sécheresse actuelle : les jeunes vignes "âgées de trois à huit ans", précise Paulin Calvet, fragiles de par leurs racines trop courtes pour absorber l'humidité en profondeur.

Selon Météo France, l'Hexagone n'avait pas connu un mois de juillet aussi sec depuis 1959.

"Zéro millimètre de précipitations, ça fait peur", déplore le viticulteur. D'autant que la Gironde a cruellement manqué d'eau les saisons passées, laissant à l'été des sols desséchés en profondeur.

Feuilles flétries, jaunies, brunies voire brûlées... bien que la vigne se plaise en climat aride, sur sol graveleux et pauvre en eau, elle ne peut supporter une trop forte déshydratation.

 

- "Chacun se débrouille" -

 

"Autour du 10 juillet, on a vu apparaître les premiers signes de sécheresse", explique M. Calvet. "On commençait vraiment à s'inquiéter, alors on a fait venir un agent de l'INAO".

En viticulture, l'irrigation est proscrite chaque année, du 1er mai jusqu'aux vendanges.

Une dizaine d'appellations girondines peuvent toutefois demander une dérogation auprès de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO), dès lors qu'un stress hydrique est "susceptible de remettre en cause la qualité de la production viticole", selon le code rural.

Cet été, alors que s'enchaînent les périodes de canicule en Gironde, ravagée en juillet par des feux de forêt monstres, trois ont obtenu l'autorisation d'irriguer pour tenter de préserver les vignes menacées : celles de Pessac-Léognan, Pomerol et Saint-Emilion.

Mais l'irrigation doit se faire avec parcimonie, uniquement sur les ceps dont la survie en dépend.

"Arrêtez l'eau !", lance M. Calvet à ses ouvriers. "Ici, les pieds sont vigoureux, cela n'a aucun intérêt". Sur les autres ceps, il a fallu "éclaircir les grappes pour leur permettre de mieux supporter la récolte".

Du côté de Saint-Emilion, "chacun se débrouille", confie le président du Conseil des vins de l'AOC Jean-François Galhaud, car "personne n'est encore vraiment équipé pour l'irrigation".

Peu de dérogations ont pour l'heure été demandées mais à terme, si la sécheresse perdure, "c'est sûr qu'il faudra compenser", "encore faudra-t-il que les réserves d'eau soient suffisantes", ajoute M. Galhaud.

La profession, qui a subi ces derniers mois du gel et de la grêle, et maintenant la sécheresse, espère maintenant "deux ou trois orages ces prochaines semaines" qui promettront, assure l'interprofession des vins bordelais (CIVB), "un joli millésime".


Liban: Barrot réplique à l'ambassadeur israélien à Washington

Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
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  • S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations"
  • Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

BERLIN: Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias.

S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations".

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien.

Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

"Il est apparemment déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura besoin pour se redresser", a-t-il encore grincé, en marge de la conférence internationale sur le Soudan à Berlin.

Il a aussi suggéré au diplomate israélien de se tenir éloigné "des micros et des caméras de télévision".

Sur le fond, il s'est dit "satisfait" que le gouvernement israélien ait répondu  "à la demande de la France" en saisissant "la main tendue" par Beyrouth afin de "parvenir à consolider un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement du Hezbollah, puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des décennies".

Les relations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, en particulier depuis que la France a reconnu un Etat palestinien.

 

 


Interpellation en Espagne de Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat

Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
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  • Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix
  • Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille

MARSEILLE: Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

L'homme de 39 ans, au lourd cursus délinquant, était en fuite et a été condamné en son absence par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat commis en 2019 sur fond de rivalités entre trafiquants de drogue.

Les circonstances de son interpellation n'ont pas été précisées.

Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix.

Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille mais qui a progressivement étendu son influence, Amine Oualane, a bénéficié d'un acquittement.

Le quotidien La Provence rapportait par ailleurs fin 2024 l'implication de Walid Bara dans un trafic de stupéfiants implanté dans le 15e arrondissement de Marseille. Identifié comme le "patron" de ce trafic, le cas de Walid Bara avait néanmoins été disjoint d'un procès fin 2024.

Interpellé en juillet 2021 et mis en examen dans quatre affaires dont trois de règlements de comptes, il avait été remis en liberté en mai 2024 après une succession de vices de procédure, selon le quotidien.


Armement: Macron et le président indonésien Prabowo discutent d'un renforcement des liens dans la défense

Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
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  • Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou
  • L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France

JAKARTA: Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi.

Prabowo Subianto a été reçu mardi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée, et ont "discuté du renforcement de la coopération stratégique", selon un communiqué du gouvernement indonésien.

"Cela inclut l'acquisition d'équipements militaires et le renforcement de l'industrie de la défense", précise le document, citant la France comme un partenaire stratégique de l'Indonésie en Europe.

Les dirigeants sont également convenus de coopérer en matière de "transition énergétique et de développement des énergies nouvelles et renouvelables", peut-on y lire.

Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou.

L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto, l'Indonésie cherche à rajeunir son équipement militaire vieillissant.

Lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Jakarta l'année dernière, le ministre français des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu, a affirmé que l'Indonésie avait signé une lettre d'intention pour l'achat de nouveaux avions Rafale à la société française Dassault Aviation, sans préciser les chiffres ni le calendrier.

Selon lui, l'Indonésie s'est également engagée à acheter des frégates légères et des sous-marins Scorpène, ainsi que des obusiers Caesar et des munitions au groupe franco-allemand KNDS.

Lundi, le président indonésien s'est entretenu pendant cinq heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, d'où il s'est envolé directement pour Paris, selon la même source.

Les deux ont discuté du "renforcement de leur partenariat stratégique, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des ressources minérales et du développement industriel national".

Prabowo Subianto, qui s'est récemment rendu en Corée du Sud et au Japon, multiplie les visites à l'étranger.

Jakarta défend une position diplomatique non alignée. Le pays a rejoint l'an dernier le bloc des Brics+, une alliance élargie de pays émergents, aux côtés de la Chine et de la Russie. L'Indonésie fait également partie du "Conseil de Paix" de Donald Trump.