Niger: libération de l'otage américain enlevé cette semaine

Un soldat nigérien monte la garde dans la réserve de Kouré, à environ 60 km de Niamey sur les lieux où six travailleurs humanitaires français, leur guide local et le chauffeur ont été tués. (Boureima HAMA / AFP)
Un soldat nigérien monte la garde dans la réserve de Kouré, à environ 60 km de Niamey sur les lieux où six travailleurs humanitaires français, leur guide local et le chauffeur ont été tués. (Boureima HAMA / AFP)
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Publié le Samedi 31 octobre 2020

Niger: libération de l'otage américain enlevé cette semaine

  • Un Américain enlevé cette semaine à Massalata au Niger, près de la frontière avec le Nigeria, a été libéré
  • Un porte-parole du département d'Etat américain avait confirmé mardi qu'un "citoyen américain avait été enlevé au Niger"

NIAMEY: Un Américain enlevé cette semaine à Massalata au Niger, près de la frontière avec le Nigeria, a été libéré dans la nuit de vendredi à samedi, a affirmé le ministre nigérien de la Défense Issoufou Katambé à l'AFP.

"Je confirme que l'otage américain a été libéré hier nuit" a déclaré le ministre à l'AFP sans donner de précisions sur les circonstances de cette libération ni sur l'endroit où se trouvait actuellement M. Walton.

M. Walton, qui était installé à Massalata, village situé à quelque kilomètres de la frontière nigériane (400 km à l'est de Niamey) avait été enlevé dans la nuit de lundi à mardi par des hommes armés qui cherchaient de l'argent, selon le témoignage de son père Bruce Walton, installé au Niger depuis près de 30 ans. 

Ses ravisseurs, repartis en direction du Nigeria, avaient ensuite contacté le père pour demander "une rançon", selon Ibrahim Abba Lélé, préfet de Birni Nkonni (dont Massalata est voisine), sans préciser le montant demandé.

Un porte-parole du département d'Etat américain avait confirmé mardi qu'un "citoyen américain avait été enlevé au Niger". 

Le Sahel est régulièrement le théâtre d'enlèvements d'Occidentaux par des groupes jihadistes.

Le 8 octobre au Mali, la Française Sophie Pétronin et deux otages italiens, dont un avait été enlevé au Niger, ont été libérés, mais plusieurs restent détenus au Sahel. Parmi eux, l'humanitaire américain Jeffery Woodke enlevé au Niger en octobre 2016 à Abalak, à environ 200 km au nord de Birni Nkonni. 

Toutefois, la zone dans laquelle Philip Walton a été enlevé est loin du rayon d'action habituel des groupes jihadistes. C'est une zone de contrebande et de banditisme actifs, en raison de la porosité de la frontière entre le Niger et le Nigeria. 

En août, six humanitaires français et deux Nigériens avaient été assassinés à 60 km à l'ouest de Niamey dans la réserve naturelle de Kouré, une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI).

Le Niger est en proie à des attaques jihadistes récurrentes qui ont fait des centaines de morts. 

Les Américains disposent de deux bases de drones à Agadez et Dirkou, dans le nord du Niger. Leurs appareils survolent le Sahel en permanence et apportent un soutien important à la force française antijihadiste Barkhane. 

En octobre 2017, quatre soldats américains des Forces spéciales et cinq militaires nigériens avaient été tués dans une embuscade à Tongo Tongo, près du Mali, dans le sud-ouest du Niger. Cette attaque avait été revendiquée par l'Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS) alors qu'officiellement les Etats-Unis ne disposaient pas de troupes en opération au sol.


Belgique: un nonagénaire tue deux autres résidents d'une maison de repos

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  • Le tueur présumé avait déjà tué sa femme de 87 ans à coups de marteau en 2021 mais la justice ne l'avait pas jugé pénalement responsable en raison d'un grave trouble mental, a expliqué à l'AFP le maire de Dentergem, Koenraad Degroote
  • L'homme avait alors été placé dans la maison de repos de Dentergem (nord-ouest néerlandophone de la Belgique)

BRUXELLES: Un pensionnaire d'une maison de repos en Belgique, âgé de 90 ans et souffrant de troubles psychiatriques, est suspecté d'avoir tué à coups de couteau deux autres résidents nonagénaires de l'établissement, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

Le tueur présumé avait déjà tué sa femme de 87 ans à coups de marteau en 2021 mais la justice ne l'avait pas jugé pénalement responsable en raison d'un grave trouble mental, a expliqué à l'AFP le maire de Dentergem, Koenraad Degroote, confirmant des informations de médias flamands.

L'homme avait alors été placé dans la maison de repos de Dentergem (nord-ouest néerlandophone de la Belgique).

Le nouveau drame s'est déroulé dans la nuit de jeudi à vendredi dans cet établissement privé. Outre les deux victimes décédées, âgés de 93 et 97 ans, une femme de 94 ans a été blessée et "transportée à l'hôpital dans un état critique", a précisé le parquet de Flandre occidentale.

L'agresseur présumé, qui était armé d'un "petit couteau", a été interpellé et devait être interrogé par la police, selon M. Degroote.

"L'enquête sur les circonstances est en cours", a souligné de son côté le parquet. Un juge d'instruction et un médecin légiste ont été désignés et se sont rendus sur les lieux avec le laboratoire scientifique.

 


Trump veut encore plus taxer les produits chinois, évoque une échappatoire pour le Royaume-Uni

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre britannique Keir Starmer dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, DC, le 27 février 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre britannique Keir Starmer dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, DC, le 27 février 2025. (AFP)
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  • Donald Trump a annoncé jeudi que les États-Unis relèveraient leurs taxes sur les produits chinois dès mardi et suggéré que Londres pourrait échapper à ses foudres douanières
  • Les droits de douane sont au coeur de la politique économique et diplomatique du président américain

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi que les États-Unis relèveraient leurs taxes sur les produits chinois dès mardi et suggéré que Londres pourrait échapper à ses foudres douanières.

Les droits de douane sont au coeur de la politique économique et diplomatique du président américain: il a déjà relevé de 10% ceux sur les produits chinois, promis 25% pour ceux en provenance du Canada et du Mexique, cible aussi des blocs comme l'Union européenne (UE) et des secteurs spécifiques comme l'acier, l'aluminium, les automobiles, ou les médicaments.

Jeudi matin, il a annoncé que les taxes sur les importations chinoises seraient encore plus élevées à compter du 4 mars, et que les droits de douane promis au Canada et au Mexique entreraient également en vigueur à cette date.

Le président accuse les trois pays de favoriser l'entrée du fentanyl aux Etats-Unis, ses voisins ne sécurisant pas assez la frontière selon lui, et la Chine en hébergeant la production de précurseurs chimiques de cet opioïde de synthèse qui fait des ravages sur le sol américain.

"Tant que ce fléau continuera ou ne sera pas sérieusement endigué, les droits de douane annoncés (à l'encontre du Canada et du Mexique) entreront en vigueur le 4 mars" et "la Chine se verra également imposer un droit de douane supplémentaire de 10% à cette date", a-t-il assuré sur son réseau Truth Social.

Pour le Canada et le Mexique, cela implique des droits de douane de 25% sur leurs exportations vers les États-Unis. Washington prévoit de moins taxer le secteur énergétique canadien, à hauteur de 10%. Le Canada représente à lui seul 60% des importations de pétrole brut des États-Unis.

Quant aux produits chinois, tous sont déjà visés depuis début février par 10% de droits de douane additionnels, auxquels Pékin a répondu par des surtaxes ciblées sur les exportations américaines.

Les différentes vagues d'annonces se cumulent, a expliqué un responsable de la Maison Blanche à l'AFP. Autrement dit, à compter du 4 mars, les produits chinois seront visés par 20% de nouveaux droits de douane.

Se présentant comme l'un des pays les plus intransigeants à l'égard du trafic de drogues, la Chine a récemment reproché au gouvernement américain de se servir du trafic de fentanyl comme d'un "prétexte".

- "Jour et nuit" -

Les futures barrières douanières à l'égard du Canada et du Mexique, théoriquement protégés par un accord de libre-échange, devaient initialement entrer en vigueur début février.

Donald Trump avait fait volte-face quelques heures avant l'échéance, après des engagements de ses voisins sur la sécurisation des frontières, face aux trafiquants comme aux clandestins. Il leur avait accordé un sursis de 30 jours, jusqu'au 4 mars.

Le Canada "travaille jour et nuit" pour éviter ces droits de douane, a déclaré jeudi le Premier ministre canadien Justin Trudeau, promettant une "réponse forte, immédiate et certaine" dans le cas contraire.

"Nous espérons pouvoir parler avec le président Trump" pour le faire changer d'avis, a réagi de son côté la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, alors que 80% des exportations mexicaines partent vers les Etats-Unis.

Donald Trump a reçu à la Maison Blanche jeudi le Premier ministre britannique, Keir Starmer. Devant les journalistes, il a plaisanté en disant que ce dernier avait "travaillé dur" pour tenter de le convaincre de ne pas imposer de nouveaux droits de douane à son pays.

Et estimé que les deux pays pourraient "plutôt rapidement" aboutir à un "très bon accord commercial" avec lequel "les droits de douane ne seraient pas nécessaires".

Le ton est différent avec l'Union européenne, dont le Royaume-Uni est sorti il y a cinq ans.

Le président américain a menacé la veille d'infliger 25% de droits de douane au bloc européen, estimant que sa raison d'être était d'"entuber" les États-Unis.

L'UE devra répliquer pour "protéger nos intérêts" et "même si c'est défavorable à l'intérêt général", a affirmé jeudi à l'AFP le ministre français de l'Économie Eric Lombard.


Starmer à Washington en quête de garanties sur l'Ukraine

Le Premier ministre britannique Keir Starmer s'exprime lors d'une réception de bienvenue à la résidence de l'ambassadeur, le 26 février 2025 à Washington, DC. Starmer rencontrera le président américain Donald Trump le 27 février à la Maison Blanche. (AFP)
Le Premier ministre britannique Keir Starmer s'exprime lors d'une réception de bienvenue à la résidence de l'ambassadeur, le 26 février 2025 à Washington, DC. Starmer rencontrera le président américain Donald Trump le 27 février à la Maison Blanche. (AFP)
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  • Après Emmanuel Macron, au tour du Premier ministre britannique Keir Starmer de tenter jeudi un exercice de haute voltige diplomatique face à Donald Trump, à qui il veut demander des garanties de sécurité pour une paix durable en Ukraine
  • L'autre sujet de tensions pour la fameuse "relation spéciale" entre Londres et Washington est l'offensive lancée par Donald Trump contre tous les partenaires commerciaux des Etats-Unis

WASHINGTON: Après Emmanuel Macron, au tour du Premier ministre britannique Keir Starmer de tenter jeudi un exercice de haute voltige diplomatique face à Donald Trump, à qui il veut demander des garanties de sécurité pour une paix durable en Ukraine, le tout sur fond d'intenses tractations diplomatiques en Europe.

"Je veux une paix durable, et je ne crois pas que cela soit possible s'il n'y a pas un mécanisme de dissuasion efficace face à Poutine. Le Royaume-Uni jouera son rôle avec d'autres mais nous avons besoin d'un filet de sécurité américain", a dit mercredi le dirigeant travailliste à des journalistes, dans l'avion l'amenant à Washington.

"Nous voulons tous la paix. La question est de s'assurer qu'il s'agira d'une paix durable", a-t-il insisté.

L'autre sujet de tensions pour la fameuse "relation spéciale" entre Londres et Washington est l'offensive lancée par Donald Trump contre tous les partenaires commerciaux des Etats-Unis.

Le président américain avait récemment qualifié le dirigeant britannique de "gars très sympa".

Keir Starmer arrive avec un gage de bonne volonté pour son interlocuteur, qui déplore régulièrement les dépenses militaires jugées trop faibles des Européens: il a indiqué mardi que le Royaume-Uni augmenterait son budget de défense de 2,3% à 2,5% du PIB d'ici 2027.

Donald Trump a fait de Vladimir Poutine son interlocuteur privilégié en vue de mettre fin au conflit en Ukraine, déclenché par l'invasion russe du 24 février 2022.

"L'Otan, on peut oublier ça", a-t-il déclaré mercredi, écartant une perspective d'entrée dans l'alliance réclamée de longue date par l'Ukraine, et qui serait synonyme de riposte automatique des Etats-Unis en cas de nouvelle agression russe.

Quant aux garanties militaires à long terme, "nous allons demander à l'Europe de le faire", a lancé Donald Trump, concédant simplement que Washington allait "s'assurer que tout se passe bien".

Il a signalé son soutien à l'envoi de troupes européennes de maintien de la paix une fois les hostilités finies, une proposition faite par Londres et Paris.

- Zelensky à Washington -

Bien conscients que les Etats-Unis ne déploieront pas de soldats en Ukraine, de peur de déclencher une escalade potentiellement nucléaire avec la Russie, la France et le Royaume-Uni voudraient que Washington apporte une forme de garantie militaire de dernier recours, et un soutien sous forme de renseignements ou d'appui aérien par exemple.

Lundi, le président français était venu à Washington avec un message assez semblable à celui de Keir Starmer.

Il a averti le président américain que Vladimir Poutine ne s'en tiendrait pas à un accord de paix en Ukraine sans un solide système de supervision et de sécurité, soutenu d'une manière ou d'une autre par les Etats-Unis.

Reparti sans promesse ferme, Emmanuel Macron s'était ensuite entretenu avec Keir Starmer. Ce dernier va de son côté recevoir plusieurs chefs d'Etat de pays "alliés" ce week-end, dont Volodymyr Zelensky, pour des discussions sur l'Ukraine.

Signe que les tractations diplomatiques s'intensifient en Europe pour trouver une parade face à Donald Trump, le président français a aussi reçu dès mercredi le conservateur allemand Friedrich Merz, en voie de devenir chancelier après la victoire de son camp aux législatives dimanche.

Donald Trump juge que les Etats-Unis en ont déjà fait bien assez pour l'Ukraine, et il a critiqué avec virulence le président ukrainien, en le qualifiant de "dictateur" - un terme qu'il se refuse à employer pour le président russe.

Cela n'empêchera pas le milliardaire américain, qui a engagé un spectaculaire rapprochement avec le Kremlin, de recevoir Volodymyr Zelensky vendredi.

Les deux dirigeants doivent signer un accord d'accès aux minerais ukrainiens, présentés par Donald Trump comme une compensation des dépenses engagées par les Etats-Unis pour soutenir Kiev.