A Marseille, nager et peindre pour colorer des vacances au pied des tours

Un enfant apprend à peindre dans le cadre d'un projet social appelé "Art & Développement" dans la banlieue de La Benausse, à Marseille, dans le sud de la France, le 27 juillet 2022. (AFP)
Un enfant apprend à peindre dans le cadre d'un projet social appelé "Art & Développement" dans la banlieue de La Benausse, à Marseille, dans le sud de la France, le 27 juillet 2022. (AFP)
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Publié le Dimanche 31 juillet 2022

A Marseille, nager et peindre pour colorer des vacances au pied des tours

  • Une poignée d'associations aide des jeunes de quartiers pauvres de Marseille à s'évader, malgré tout
  • C'est d'abord par curiosité qu'Aliza, six ans, est descendue peindre dans la cour de son immeuble de La Benausse, cité longtemps délaissée du 14e arrondissement où le taux de pauvreté dépasse les 40%

MARSEILLE: "Mettre de la couleur dans le quotidien" d'enfants ne partant pas en vacances ou en stages, leur faire découvrir Picasso dans leur cité ou apprendre à nager: une poignée d'associations aide des jeunes de quartiers pauvres de Marseille à s'évader, malgré tout.

"J'ai vu des gens par la fenêtre du salon alors je suis venue". C'est d'abord par curiosité qu'Aliza, six ans, est descendue peindre dans la cour de son immeuble de La Benausse, cité longtemps délaissée du 14e arrondissement où le taux de pauvreté dépasse les 40%.

Sa mère, femme de ménage, n'a pas de congés cet été. Alors Aliza s'occupe dans la petite aire de jeux séparant les deux grands blocs de béton de la résidence ou dans son appartement. "J'aime beaucoup la peinture, mais je n'en ai pas chez moi", regrette-t-elle, pinceau à la main.

L'initiative, lancée par l'association "Arts & Développement" dans les quartiers défavorisés de Marseille permet à tous de participer à un projet collectif gratuitement, quand nombre de stages et d'activités peuvent coûter plus de 200 euros par semaine.

En atelier, "les enfants se lâchent un peu", sourit Anna Chamoulaud, cheffe de projets dans cette association en regardant la vingtaine d'enfants dessiner à la Benausse. "On essaie de mettre de la couleur dans leur quotidien" même pendant les vacances, quand nombre d'activités péri-scolaires sont suspendues.

Cet été, Clara Romano-Aguado, artiste espagnole en résidence au sein de l'association, leur propose de colorer un grand drap pour ensuite en découper des morceaux, les coller sur des vêtements et y ajouter des noyaux de fruits eux aussi peints par leurs soins.

Pour éveiller leur curiosité, l'artiste leur montre des exemples de peintures sur t-shirts réalisées par le peintre espagnol Pablo Picasso (1881-1973). "Ils connaissent les artistes de nom, mais ils n'en connaissent pas le travail", selon Mme Chamoulaud.

L'occasion d"apporter une certaine ouverture d'esprit culturelle, (leur) donner des références et des connaissances" sur l'histoire de l'art, ajoute-t-elle.

Dounia, sept ans, qui ne pourra pas rejoindre ses grands-parents en Tunisie cet été comme à l'accoutumée, ne connaissait pas Picasso mais se félicite de pouvoir peindre.

"On sent une vraie fracture" dans ces quartiers populaires où les familles "n'ont plus les moyens de partir" en vacances, "de payer les billets pour rentrer dans leurs familles", souligne Anne Chamoulaud.

En France, un enfant sur quatre ne part pas en vacances, selon des chiffres du ministère de l'Education nationale publiés en 2020.

Les 150 centres aérés de la deuxième ville de France offrent 13.000 places durant les vacances, selon la mairie, mais les listes d'attente sont longues et les 180 000 petits Marseillais ne peuvent pas tous en profiter.

«On a la mer»

Marseille, au bord de la Méditerranée, offre de nombreuses plages et accès à la mer. Mais "ce n'est pas parce qu'on voit la mer de sa fenêtre que l'on sait nager", note Patrick Fancello, président de l'association "Marseille capitale de la mer".

Pour enseigner le crawl ou la brasse à des enfants de quartiers souvent enclavés et comptant parmi les plus pauvres de France, tout l'été, des bus vont chercher 150 "minots" au pied de leur cité et les emmènent au très chic Cercle des nageurs de Marseille (CNM).

"Respire, sinon tu vas être fatigué", conseille un maître-nageur du CNM à un jeune. Pendant une heure mercredi, une trentaine d'enfants de neuf à 12 ans, dans l'ensemble "peu à l'aise dans l'eau" ont appris à nager dans le bassin olympique ayant formé des champions comme Laure Manaudou ou Alain Bernard.

Les parents de Nasser, 12 ans, n'avaient "pas assez de sous" pour qu'il les accompagne aux Comores, leur pays d'origine. "Je vais aller à la plage et rester chez moi", souffle-t-il. Mais cette semaine lui aura permis d'apprendre "à nager sur le dos".

Un rapport de la Cour des comptes de 2018 pointait un ratio de piscine par habitant à Marseille "six fois inférieur à la moyenne nationale", entraînant de fortes disparités dans l'apprentissage de la natation entre les enfants des quartiers pauvres du Nord et riches du Sud.

"A Marseille, il faut reconnecter la population à la Méditerranée", insiste M. Fancello. A commencer par les enfants qui n'ont "pas trop de possibilités".


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
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  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).