Les trésors archéologiques de l’Irak menacés par le changement climatique

Le site archéologique d'Al-Aqiser en Irak, comprend l'une des plus anciennes églises chrétiennes orientales (Photo, AFP).
Le site archéologique d'Al-Aqiser en Irak, comprend l'une des plus anciennes églises chrétiennes orientales (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 30 juillet 2022

Les trésors archéologiques de l’Irak menacés par le changement climatique

  • Les tempêtes de poussière, la hausse des températures et la salinité endommagent les artefacts et les sites de fouilles, sapant ainsi les efforts de conservation
  • Les phénomènes météorologiques extrêmes portent atteinte au patrimoine naturel du pays, notamment aux marais du sud, autrefois verdoyants

DUBAÏ: En janvier, la sécheresse qui sévit en Irak depuis trois ans a fait chuter le niveau d'eau du barrage de Mossoul, dans le nord du pays, à son niveau le plus bas depuis sa construction en 1986. Alors que le niveau de l'eau baisse, un phénomène inattendu a émergé de sous la surface.

À la stupéfaction des spectateurs, il y avait là les ruines d'une vieille ville de 3 400 ans de l'empire Mitanni qui occupait autrefois les rives du Tigre.

Cependant, la colonie, située dans l'actuel Kurdistan irakien, une région semi-autonome, n'a émergé que pendant deux mois avant de sombrer à nouveau dans les eaux. Les archéologues ont dû se lancer dans une course contre la montre pour fouiller la plus grande partie possible du site pendant qu'il était exposé.

Travaillant intensément pendant six semaines, l'équipe a mis au jour plus de 100 tablettes d'argile gravées d'une écriture cunéiforme datant du début de la période assyrienne.

Des archéologues du British Museum et d'Irak effectuent des fouilles dans la ville antique de Girsu, la capitale du royaume de Lagash, à Dhi Qar, en novembre 2021. (Photo, Getty Images)

Une équipe d'archéologues allemands et kurdes a pu dater le site de l'âge du bronze, soit environ 1550 à 1350 avant J.-C. Ils pensent que le site pourrait être l'ancienne ville de Zakhiku, qui était autrefois un centre politique très actif.

Bien qu'il s'agisse sans aucun doute d'une découverte passionnante, les mêmes phénomènes météorologiques extrêmes qui ont provoqué la baisse des niveaux d'eau endommagent également des sites antiques dans d'autres parties de l'Irak, souvent considéré comme le «berceau de la civilisation».

Les scientifiques estiment que les récents cas de conditions météorologiques extrêmes dans le monde, notamment les crues soudaines en Europe et les tempêtes de poussière au Moyen-Orient, sont la preuve d'un changement climatique causé par l'Homme, qui ne fera qu'empirer et devenir plus fréquent si les émissions de carbone ne sont pas réduites rapidement et radicalement.

Ce qui est moins bien compris, c'est l'impact de ces phénomènes climatiques extrêmes sur les sites du patrimoine mondial. Ce qui est plus certain, c'est qu'au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, un redoutable mélange de désertification, de sécheresse et de changement climatique endommage les artefacts et les sites de fouilles, sapant ainsi les efforts de conservation.

Au Yémen, par exemple, les pluies intenses endommagent les tours en briques crues de la ville fortifiée de Chibam, un site inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, surnommé «Manhattan du désert» par l'exploratrice britannique Freya Stark dans les années 1930.

Sur le site de Bagerhat, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, dans le sud du Bangladesh, l'eau salée provenant des inondations causées par de fortes pluies endommage les fondations des nombreuses mosquées indo-islamiques de la ville.

En Égypte, les températures élevées, les fortes pluies et les inondations endommagent la maçonnerie ancienne des monuments du Caire, de Louxor, d'Alexandrie et d'ailleurs.

Le granit qui était autrefois de couleur rose est passé au rose pâle ou même au gris clair au cours des 15 dernières années, a déclaré à Reuters Abdelhakim Elbadry, un expert en restauration qui travaille au temple de Karnak. «Dans chaque site archéologique ici à Louxor, vous pouvez témoigner des changements.»

Dans le centre de l'Irak, les vents violents ont érodé de nombreux sites au sommet des collines, qui restent difficiles d'accès pour les archéologues soucieux de leur sécurité.

Selon une étude réalisée par l'Unesco, le Programme des Nations unies pour l'environnement et l’Union of Concerned Scientists, le changement climatique est devenu l'une des menaces les plus grandes pour les sites et monuments historiques.

Le rapport conjoint de 2016, intitulé «Patrimoine mondial et tourisme dans un climat changeant», a examiné la vulnérabilité climatique croissante de ces sites et son impact probable sur le tourisme mondial. Selon l'ONU, l'Irak est le cinquième pays le plus vulnérable au climat dans le monde.

Des irakiens retirent des morceaux de terre craquelée des marais traversant la ville d'Al-Azeir, dans le sud de l'Irak. Les marais du sud de l'Irak ont presque entièrement disparu. (Photo, AFP)

«Nous avons trois facteurs qui affectent le patrimoine culturel en termes de changement climatique: Les tempêtes de poussière, la hausse des températures et la salinité — le sel dans le sol», a déclaré à Arab News Jaafar Jotheri, géoarchéologue à l'université d'Al-Qadisiyah en Irak.

Il a ajouté: «La plupart des sites se trouvent à l'extérieur des villes, dans le désert, comme Ur (la ville sumérienne dans l'ancienne Mésopotamie). Les tempêtes de poussière n'affectent pas seulement les personnes et les autres formes de vie, mais aussi les bâtiments du patrimoine. La poussière s'accumule à l'intérieur du site, affectant sa structure, tout comme les vents violents créent des fissures et détruisent les surfaces.»

En outre, les températures extrêmement élevées pendant la journée et les températures plus fraîches la nuit provoquent l'expansion et la rétraction des briques dans les anciennes structures, ce qui crée des fissures.

Ensuite, il y a le problème de la salinité croissante. «Les personnes vivant dans ou hors des villes, notamment les agriculteurs, dépendent de plus en plus des eaux souterraines car il n'y a plus d'eau douce dans les rivières», a expliqué Jotheri.-

EN BREF

* Le changement climatique est désormais une menace majeure pour le patrimoine mondial, selon l'Unesco.

* Les marais du sud de l'Irak sont parmi les plus vulnérables, selon l'ONU.

Jotheri a signalé: «Les eaux souterraines sont plus salées. Nous prenons les eaux souterraines et les utilisons pour la vie quotidienne ainsi que pour l'irrigation, ce qui fait que nous exposons de plus en plus toutes sortes de surfaces au sel et à l'eau salée.»

Il a indiqué que «plus nous utilisons les eaux souterraines salées, plus les surfaces exposées seront salées. Les gens utilisent des drains, mais le sel s'accumule aussi dans les canaux de drainage et atteint les fondations des bâtiments du patrimoine, créant des fissures dans les briques et les murs».

Ce n'est que récemment que l'Irak a connu ce que beaucoup considèrent comme des signes révélateurs du changement climatique provoqué par l'homme. «La température était douce, les tempêtes de sable étaient moins violentes et moins fréquentes et nous avions de l'eau douce, donc nous n'avions pas besoin d'utiliser les eaux souterraines», a affirmé Jotheri.

Le changement climatique présumé a également fait des ravages sur les caractéristiques naturelles de l'Irak. Des lacs entiers ont disparu, comme celui de Sawa, surnommé «la perle du sud», situé dans le gouvernorat de Muthanna, à proximité de l'Euphrate.

Les zones humides du sud du pays, autrefois verdoyantes, qui avaient été asséchées par Saddam Hussein puis inondées à nouveau après sa chute, sont en train de disparaître à nouveau — cette fois en raison des changements climatiques.

Les communautés bédouines qui vivaient dans ces zones depuis des générations ont donc été contraintes de partir. «Nous sommes en train de tout perdre en Irak, notre paysage naturel, notre patrimoine et nos traditions», s’est désolé Jotheri.

En novembre 2021, la Banque mondiale a averti que l'Irak pourrait subir une baisse de 20 % de ses ressources en eau d'ici 2050 à cause du changement climatique.

En mai, l'Iraq News Agency a indiqué que le nombre de jours de poussière était passé de 243 à 272 par an au cours des deux dernières décennies et que le pays pourrait connaître jusqu'à 300 jours de tempêtes de poussière par an d'ici 2050.

«Au cours des deux derniers mois, j'ai personnellement témoigné plus d'une douzaine de tempêtes de sable en si peu de temps», a déclaré à Arab News Lanah Haddad, directrice régionale de Tarii, l'institut de recherche académique en Irak.

Elle a souligné: «La désertification et la multiplication des tempêtes de sable ont un impact sur l'érosion des sites de fouilles ou des bâtiments du patrimoine, qui sont déjà en ruines et n'ont pas encore été restaurés.»

Mark Altaweel, maître de conférences en archéologie du Proche-Orient à l'Institut d'archéologie de l'University College de Londres, est convaincu que le changement climatique constitue une menace sérieuse pour le patrimoine mondial.

«Il s'agit notamment de tempêtes de sable plus fréquentes, de l'altération des sites, de pluies parfois violentes et drastiques, et d'autres intempéries susceptibles d'endommager ou de conduire à la dégradation des sites», a-t-il déclaré à Arab News.

Un agriculteur vérifie le sol compacté par la sécheresse près de Mossoul, en Irak. (Photo, AFP)

Par exemple, des sites irakiens tels que Taq Kisra, les vestiges d'un monument perse de l'époque sassanide, ont été fortement altérés par les intempéries, ce qui a entraîné l'effondrement partiel de la structure.

«Des mosquées et de vieilles maisons se sont effondrées dans des villages et différents sites lors de pluies soudaines et violentes», a affirmé Altaweel.

Les tempêtes de sable perturbent notre travail, affectant surtout la visibilité et notre équipement, mais elles peuvent aussi affecter les sites archéologiques. Pour les archéologues, les principaux défis sont de travailler dans un endroit comme l'Irak avec des tempêtes de sable fréquentes qui perturbent également les vols et le travail.

Pour éviter que les dégâts ne s'aggravent, Altaweel estime que la principale mesure que les autorités peuvent prendre est de s'attaquer aux causes immédiates d'origine humaine, notamment la surexploitation des eaux souterraines et la mauvaise gestion des eaux de surface.

«Un effort de reverdissement est nécessaire, mais il doit être fait avec soin pour garantir la survie des plantes, qui peuvent empêcher le sable de se répandre dans l'air», a expliqué Altaweel.

La communauté internationale a également la responsabilité de protéger les sites du patrimoine. Adam Markham, directeur adjoint du programme sur le climat et l'énergie à l'Union of Concerned Scientists, a déclaré au magazine TIME en 2019 que «si le monde veut sauver ces sites, les pays devront également partager des ressources financières».

En outre, les architectes et les archéologues ont découvert que le respect de l'artisanat et des connaissances traditionnelles est le meilleur moyen de réparer, de restaurer et d'entretenir le patrimoine de ces sites. Cependant, rares sont les personnes qui possèdent ces compétences aujourd'hui.

Au Caire, à la Jameel School of Traditional Arts, la seule école d'Égypte consacrée à l'étude de l'artisanat islamique traditionnel, des étudiants passionnés par la préservation de techniques séculaires sont considérés comme essentiels pour la restauration des nombreux anciens sites d'Égypte.

En Irak, comme dans de nombreux autres pays arabes, les sites et monuments historiques sont potentiellement menacés par le changement climatique. (Photo, AFP)

Ces pays sont engagés dans une course contre la montre alors que les effets présumés du changement climatique accélèrent la destruction.

Il existe également des leçons prémonitoires pour les sociétés actuelles, car les événements climatiques extrêmes mettent à mal les infrastructures modernes, épuisent les ressources et détruisent les moyens de subsistance, créant ainsi des conditions propices aux déplacements, voire aux conflits.

«Si nous examinons les emplacements des sites antiques situés dans des zones désertées, cela montre clairement que le changement climatique a été un facteur important pour les migrations forcées, entraînant l'abandon d'un établissement», a signalé Haddad.

«Les sociétés sont toujours confrontées à des défis quant à l’approvisionnement en eau pour l'agriculture et pour leurs communautés croissantes dans les espaces urbains. Nous devons tirer les leçons du passé pour éviter les conflits liés à l'eau dans un avenir proche», a-t-elle estimé.

Jotheri est convaincu que si les effets palpables du changement climatique ne sont pas traités de toute urgence, ils risquent d’entraîner une recrudescence de la violence, notamment dans des sociétés comme l'Iraq.

«Cela entraînera des conflits tribaux, entre les tribus du sud de l'Irak elles-mêmes et entre les autres provinces du pays», a-t-il expliqué.

«Nous avons un gouvernement fragile et nous avons besoin d'un gouvernement fort pour faire face à la menace du changement climatique. Si l'eau, par exemple, est coupée ou réduite dans le Tigre ou l'Euphrate au cours des prochaines années, les gens commenceront à se battre pour l'eau.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Davos: Le ministre iranien des affaires étrangères dénonce «deux poids, deux mesures» après la révocation de son invitation 

 Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé le WEF de faire deux poids deux mesures en annulant sa participation et en maintenant celle du président israélien. (File/AP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé le WEF de faire deux poids deux mesures en annulant sa participation et en maintenant celle du président israélien. (File/AP)
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  • Araghchi a rejeté la décision, affirmant que sa participation avait été annulée "sur la base de mensonges et de pressions politiques"
  • Il a également fait référence à la participation de M. Herzog à Davos en janvier 2024 malgré les plaintes judiciaires déposées contre lui en Suisse pour la conduite de son pays pendant la guerre à Gaza, qui a tué environ 71 000 personnes

DUBAI : Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a critiqué le Forum économique mondial pour avoir annulé son invitation à la réunion annuelle de Davos en raison de la répression des récentes manifestations dans son pays, accusant le forum d'appliquer "un double standard flagrant" et de succomber aux pressions occidentales.

Le Forum économique mondial a confirmé que M. Araghchi ne participerait pas au sommet de cette année, qui se tient jusqu'au 23 janvier, en déclarant que "bien qu'il ait été invité à l'automne dernier, la perte tragique de vies civiles en Iran au cours des dernières semaines signifie qu'il n'est pas juste que le gouvernement iranien soit représenté à Davos cette année".

Dans un post sur X, Araghchi a rejeté la décision, affirmant que sa participation avait été annulée "sur la base de mensonges et de pressions politiques de la part d'Israël et de ses mandataires et apologistes basés aux États-Unis".

Le ministre iranien a critiqué ce qu'il a appelé le "deux poids deux mesures" du WEF pour avoir maintenu une invitation au président israélien Isaac Herzog malgré les accusations internationales de génocide des Palestiniens à Gaza.

Il a également fait référence à la participation de M. Herzog à Davos en janvier 2024 malgré les plaintes judiciaires déposées contre lui en Suisse pour la conduite de son pays pendant la guerre à Gaza, qui a tué environ 71 000 personnes.

Si le WEF veut feindre une position prétendument "morale", c'est sa prérogative. Mais il devrait au moins être cohérent à ce sujet", a écrit M. Araghchi, estimant que la décision exposait une "dépravation morale et une faillite intellectuelle".

M. Herzog, d'Israël, devrait participer à une discussion modérée au WEF jeudi.


« Vers une croissance transformative » : Faisal Alibrahim sur le WEF et l’économie du Royaume

Dans un entretien avec le rédacteur en chef Faisal J. Abbas, M. Alibrahim a fait remarquer que de nombreuses grandes économies, en particulier occidentales, ont été confrontées ces dernières années à une combinaison de stagnation, d'inflation, de barrières commerciales, de faible productivité et de volatilité difficile à gérer, et encore plus à planifier. (Photo AN)
Dans un entretien avec le rédacteur en chef Faisal J. Abbas, M. Alibrahim a fait remarquer que de nombreuses grandes économies, en particulier occidentales, ont été confrontées ces dernières années à une combinaison de stagnation, d'inflation, de barrières commerciales, de faible productivité et de volatilité difficile à gérer, et encore plus à planifier. (Photo AN)
L'Arabie saoudite profitera de la réunion du Forum économique mondial la semaine prochaine pour « faire en sorte que le dialogue porte ses fruits », a déclaré le ministre de l'Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, à Arab News. (Photo AN)
L'Arabie saoudite profitera de la réunion du Forum économique mondial la semaine prochaine pour « faire en sorte que le dialogue porte ses fruits », a déclaré le ministre de l'Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, à Arab News. (Photo AN)
Alibrahim a été nommé ministre de l'Économie et de la Planification en 2021, alors que le royaume sortait de la pandémie de COVID-19. Il avait rejoint le ministère en tant que conseiller en 2016 et occupé le poste de vice-ministre de 2018 à 2021. (Photo AN)
Alibrahim a été nommé ministre de l'Économie et de la Planification en 2021, alors que le royaume sortait de la pandémie de COVID-19. Il avait rejoint le ministère en tant que conseiller en 2016 et occupé le poste de vice-ministre de 2018 à 2021. (Photo AN)
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  • Dans une interview exclusive accordée à Arab News, le ministre saoudien de l'Économie et de la Planification déclare que le Royaume est « passé d'une approche consistant à livrer à tout prix à une approche consistant à livrer au juste prix ».
  • « Le Royaume est devenu un foyer non seulement pour tout dialogue, mais pour un dialogue axé sur des résultats concrets », a déclaré Alibrahim avant la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos

RIYAD : L’Arabie saoudite profitera de la réunion du Forum économique mondial la semaine prochaine pour « donner du sens au dialogue », a déclaré dimanche le ministre de l’Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, exposant la manière dont le Royaume entend renforcer ses partenariats et faire face aux vents contraires économiques mondiaux, alors que cette année marque le 10ᵉ anniversaire de la Vision 2030.

Alors que les dirigeants d’entreprise, décideurs politiques et chefs d’État se préparent pour le forum de Davos, en Suisse, le ministre a accordé une interview exclusive à Arab News avant l’événement annuel, désormais un rendez-vous incontournable dans le calendrier du Royaume.

Il a déclaré que la mission centrale de la délégation saoudienne reste inchangée : « Nous continuerons à travailler avec nos partenaires internationaux de tous les secteurs, disciplines et régions, afin de combler collectivement le “déficit de progrès” et de travailler ensemble pour créer plus d’élan vers une croissance transformative. »

Il a souligné que de nombreuses grandes économies, notamment en Occident, ont été confrontées ces dernières années à un mélange de stagnation, inflation, barrières commerciales, faible productivité et volatilité difficile à gérer, pour ne pas dire à anticiper. Cela a laissé la production mondiale à un niveau « inférieur à son potentiel », ce qui affecte directement le Royaume en tant que membre du G20.

« Au fil du temps, cela s’accumule et crée un vent contraire aux gains de progrès », a averti Alibrahim.

Depuis 2016, l’Arabie saoudite a lancé un ambitieux plan Vision 2030 pour transformer son modèle économique dépendant du pétrole, s’ouvrant davantage et s’intégrant aux marchés mondiaux.

« L’économie du Royaume est plus intégrée à l’économie mondiale que jamais. Nos leçons apprises, nos progrès, nos succès sont des apports précieux et des données utiles pour nos partenaires et vice versa », a déclaré le ministre, ajoutant que les discussions à Davos porteront à la fois sur l’investissement dans le Royaume et sur la manière dont d’autres peuvent « s’inspirer du modèle saoudien ».

L’engagement du Royaume au Forum économique mondial repose sur deux questions principales, selon lui : « Comment pouvons-nous approfondir nos liens bilatéraux et comment travailler avec nos partenaires pour relever les défis mondiaux ? »

Alibrahim a été nommé ministre de l’Économie et de la Planification en 2021, alors que le pays sortait de la pandémie de COVID-19. Il avait rejoint le ministère comme conseiller en 2016 et occupé le poste de vice-ministre de 2018 à 2021.

Auparavant, il a occupé des postes de direction chez Saudi Aramco, notamment vice-président du développement, responsable des fusions et acquisitions pour le développement de nouvelles activités, directeur commercial du projet du chantier maritime de Ras Al-Khair et directeur de projet de la transaction Vela-Bahri. Ces expériences lui ont donné un aperçu direct des domaines où l’économie du Royaume détient un avantage compétitif, a-t-il indiqué.

Au cours de sa décennie au gouvernement, a-t-il expliqué, la perception de l’Arabie saoudite est passée de celle d’un partenaire dépensier dirigé par l’État à celle d’un acteur pragmatique et facilitateur, avec un secteur privé en plein essor opérant sur un pied d’égalité.

« Les conversations sont passées de la discussion sur les opportunités des acteurs déjà établis, à celles sur les opportunités pour l’investissement et le déploiement de capitaux du Royaume, à la manière dont ces entreprises peuvent générer des profits grâce à l’histoire saoudienne ; de la prise de fonds à la génération de revenus, pour ainsi dire », a déclaré le ministre.

Grâce au « sérieux » démontré par Riyad, a-t-il ajouté, les acteurs sont désormais « intéressés à faire partie de cette transformation ».

« Cela a conduit les gens non seulement à prendre note, mais à comprendre qu’il y a des opportunités pour eux », a déclaré Alibrahim. « L’intérêt est plus élevé, le travail tend à générer plus d’élan, et la discussion continue. »

Selon les dernières données du ministère de l’Économie et de la Planification, la dépendance directe et indirecte de l’Arabie saoudite au pétrole est passée de plus de 90 % avant les réformes à 68 % en 2025.

Les activités non pétrolières représentent désormais 56 % du PIB réel et, en octobre, le ministère des Finances a relevé ses prévisions de croissance pour 2026 de 3,5 % à 4,6 %, principalement grâce à l’expansion hors pétrole.

Malgré ces réformes et les signes d’une économie dynamique et diversifiée, le Royaume dépend encore fortement des revenus pétroliers, surtout depuis que les prix ont chuté depuis un pic d’environ 114 dollars le baril en mai 2022.

« Nous nous découplons d’une seule matière première », a déclaré Alibrahim. « Cela ne signifie pas que nous ne comptons plus dessus pour notre activité économique. Mais nous ne voulons plus en dépendre autant qu’avant. »

La Vision 2030 a été conçue avec « certains résultats » en tête, a expliqué le ministre, et a nécessité des réformes structurelles profondes pour rendre le Royaume plus attractif pour les investisseurs internationaux, notamment par des mesures récentes assouplissant les règles immobilières et ouvrant le marché boursier.

À partir de ce mois-ci, par étapes, les personnes et entités étrangères pourront posséder des biens immobiliers — et pas seulement des baux à long terme — dans des zones désignées. Dans une démarche également historique, l’Autorité des marchés financiers a ouvert le marché des capitaux saoudien à tous les types d’investisseurs étrangers, permettant un investissement direct dès le 1ᵉʳ février.

« La Vision 2030 a été planifiée de manière robuste, tout en gardant à l’esprit l’importance de gérer avec prudence », a déclaré le ministre. « Ces deux annonces illustrent un renforcement des réformes structurelles.

« Il ne s’agit pas de capitaux ou d’investissements déployés par le gouvernement pour atteindre des résultats. Il s’agit d’un changement de politique, d’un changement du cadre réglementaire à long terme, destiné à rester, qui génère et libère beaucoup d’impact et de résultats économiques. »

Le Royaume, a-t-il ajouté, travaille à « éliminer les frictions » et attirer le capital étranger dans des secteurs matures et émergents, notamment la technologie, où l’Arabie saoudite vise à tirer parti de sa position géographique et de son savoir-faire accumulé pour devenir un leader du marché.

« On ne peut pas véritablement diversifier une économie et exploiter son potentiel sans tirer le meilleur de chaque domaine dans lequel on a un avantage », a déclaré Alibrahim. « L’Arabie saoudite dispose de plusieurs secteurs avec un savoir approfondi accumulé pendant des décennies — et dans certains cas, presque un siècle. »

Il a cité Aramco comme exemple, expliquant que l’entreprise a pu consolider des décennies de données opérationnelles dans sa plateforme « metabrain », utilisée pour réduire l’intensité carbone et améliorer la performance.

Tout aussi important, selon lui, est l’accès à un « écosystème réglementaire dynamique » pouvant offrir aux pays les garanties légales et de souveraineté des données recherchées lorsque le Royaume héberge des centres de données et infrastructures numériques, une initiative appelée « ambassade des données ».

Alibrahim a déclaré que l’Arabie saoudite avait développé une « capacité unique » à équilibrer ses relations grâce à son ouverture et à son objectif déclaré de « libérer tout le potentiel de notre pays, économie et société ».

Il a ajouté : « Nous avons démontré, avec un solide historique, notre engagement pour la paix, le dialogue et, en fin de compte, la stabilité continue pour favoriser la prospérité. Le monde sait que nous sommes très sérieux à ce sujet.

« Le Royaume a été une capitale du pragmatisme, et lorsqu’il est reconnu par nos partenaires, ils comprennent que cela rend les interactions avec le Royaume très simples. »

Sur les spéculations récentes selon lesquelles l’Arabie saoudite aurait réorienté ses priorités et détourné une partie de son budget des projets domestiques vers des investissements aux États-Unis, où le prince héritier Mohammed ben Salmane a annoncé des projets pouvant atteindre 1 000 milliards de dollars, le ministre a indiqué que ces opportunités « se sont présentées » sur ce marché étranger mais « s’alignent sur les plans d’investissement et stratégiques déjà approuvés » correspondant à ce montant.

Il a ajouté : « Dans le même temps, pourquoi ne pas dépenser plus judicieusement si nous le pouvons ? La première phase de la Vision 2030 nous demandait de livrer à tout prix, mais nous sommes passés de ce mode de livraison à tout prix », a-t-il déclaré.

La phase initiale du plan visait à « rattraper le retard et signaler de nouveaux secteurs », a expliqué Alibrahim, et le Royaume avait initialement investi massivement « aux bons endroits » pour signaler la naissance de nouvelles industries, réduire les écarts de rendement et attirer les investisseurs.

« Mais après un certain temps, une fois cet objectif atteint et ce signal envoyé, il est temps de se demander : “Comment continuer à faire la même chose mais avec des dépenses plus judicieuses au juste niveau de coût ?” » a-t-il poursuivi.

« Et c’est là-dessus que nous nous concentrons actuellement ; des dépenses plus judicieuses ne sont en aucun cas incompatibles avec l’endroit où nous investissons notre capital. »

Alors que la Vision 2030 fête cette année son 10ᵉ anniversaire — soit environ les deux tiers de sa durée — certains indicateurs restent en retard. Mais de nombreux objectifs jadis jugés trop ambitieux ont connu des progrès tangibles, ce que le ministre attribue à la flexibilité intégrée du plan.

« Je pense que nous avons beaucoup de leçons apprises », a-t-il déclaré. « Le point le plus important, selon moi, est de savoir que vous apprendrez, ajusterez et vous adapterez ; vous avez la capacité, l’agilité et la prudence pour continuer à mettre en œuvre vos plans. Les plans sont importants, mais l’agilité est ce qui fait progresser les plans. »

Comment, alors, le gouvernement décide-t-il quels projets prioriser, réduire ou étendre ? Ces décisions sont prises via un processus « circulaire » qui réévalue constamment les arbitrages, a expliqué Alibrahim.

« Par le passé, nous passions beaucoup de temps à concevoir la politique d’intervention, la loi, et pas assez à évaluer son impact », a-t-il expliqué.

« Maintenant, nous avons un processus plus rigoureux où vous évaluez la loi ou l’intervention en détail, faites une pré-évaluation de l’impact réglementaire, puis suivez comment elle est mise en œuvre et les résultats concrets qui en découlent. »

Le gouvernement a créé une « boucle de rétroaction continue », a-t-il déclaré, couplée à des discussions structurées et à une gouvernance qui revisitent chaque année les priorités et guident les stratégies à court et long terme ainsi que l’allocation de capital pour atteindre les objectifs.

Interrogé sur la place du Forum économique mondial dans la diplomatie économique et la stratégie plus large de l’Arabie saoudite, le ministre a déclaré qu’à mesure que le Royaume s’intègre davantage à l’économie mondiale, sa voix devient « plus influente sur les plateformes multilatérales mondiales et sur de nombreux enjeux globaux ».

Davos, a-t-il ajouté, réunit « de nombreux dirigeants, penseurs et spécialistes mondiaux », et la participation saoudienne constitue « la continuité de notre travail quotidien » qui permet au Royaume de faire avancer plusieurs sujets et objectifs simultanément.

Alibrahim a noté que, bien que le forum reste la plateforme la plus visible pour ce type d’engagement, Riyad continuera de participer « chaque fois qu’un rassemblement mondial important pour le Royaume aura lieu, auquel le Royaume peut contribuer et bénéficier ».

Détaillant les plans d’accueillir des réunions du Forum économique mondial en Arabie saoudite tous les deux ans, suite au succès de la réunion spéciale WEF 2024 à Riyad, Alibrahim a déclaré que le Royaume était devenu « un foyer pour le dialogue mondial — et pas n’importe quel dialogue mondial (mais) un dialogue pragmatique et orienté résultats concrets », mettant l’accent sur l’impact, la transparence et « un dialogue puissant conduisant au progrès ».

En regardant vers l’avenir, il a déclaré que l’objectif est de devenir « encore plus intégré », le véritable succès de la Vision 2030 se mesurant sur le long terme.

Ce sont les jeunes générations qui bénéficieront en fin de compte de la stratégie, a-t-il souligné, mais seulement si les économies mondiales cessent de « fonctionner en dessous de leur potentiel », car autrement cet écart « s’accumule et devient un coût » ressenti surtout par les générations futures.

La Vision 2030 engage déjà la jeunesse saoudienne, a souligné Alibrahim, notant que dans de nombreuses organisations publiques et privées, « il y a de fortes chances que vous soyez assis avec un jeune professionnel ».

Il a ajouté : « La jeunesse n’est pas un sous-groupe que vous représentez, écoutez ou dont vous prenez l’avis ; vous devez intégrer les jeunes professionnels dans le processus. L’âge ne limite pas les gens à être partie prenante de cette transformation. »

Sur la manière dont le monde perçoit l’expérience saoudienne, il a indiqué que Riyad travaillait à « bâtir la confiance et un esprit collaboratif » avec ses partenaires et a insisté sur le fait que le Royaume est « sincère dans le partage de nos leçons apprises, mais aussi dans l’apprentissage des autres — et il n’y a pas de limite à ce que nous pouvons apprendre ».

Tout en reconnaissant que le chemin vers une économie diversifiée, durable et non dépendante du pétrole est long, Alibrahim a déclaré : « Nous allons dans cette direction. »

Il a ajouté : « Si nous voyons, bien sûr, que les exportations non pétrolières croissent matériellement comme l’élan s’est accéléré — si nous voyons ce chiffre, passer de 90 à 68 % se réduire encore — vous serez en meilleure position pour qualifier l’histoire de croissance de plus durable et résiliente, ce qui est l’objectif ultime. »

La réunion annuelle du Forum économique mondial se tiendra à Davos du 19 au 23 janvier. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Que révèlent les déclarations du gouverneur de l'Hadhramout sur les Émirats arabes unis ?

Des miliciens armés yéménites fidèles à Aidarous Al-Zubaidi et soutenus par les Émirats arabes unis ont été accusés de torture et d'activités illicites par le gouverneur de Hadrhamout lors d'une conférence de presse lundi. (AFP)
Des miliciens armés yéménites fidèles à Aidarous Al-Zubaidi et soutenus par les Émirats arabes unis ont été accusés de torture et d'activités illicites par le gouverneur de Hadrhamout lors d'une conférence de presse lundi. (AFP)
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  • Les preuves suggèrent des meurtres, des tortures et d'autres violations des droits de l'homme, a déclaré une source yéménite à Arab News
  • Le ministère émirati de la Défense a catégoriquement démenti les affirmations faites lors de la conférence de presse du gouverneur de l'Hadhramout, Salam Al-Khanbashi

LONDRES : Les déclarations de Salam Al-Khanbashi, le gouverneur de l'Hadhramout, suggèrent que les Émirats arabes unis ont joué un rôle alarmant au Yémen et dans le plus grand de ses 21 gouvernorats.

Lors d'une conférence de presse télévisée hier, M. Al-Khanbashi a accusé les Émirats arabes unis d'avoir exploité la coalition œuvrant au rétablissement d'un gouvernement légitime au Yémen "pour réaliser leurs propres objectifs".

Il a également affirmé que les citoyens de l'Hadhramout avaient été terrorisés par des groupes armés affiliés au général de division Aidarous Al-Zubaidi, qui est soutenu par les Émirats arabes unis et qui, au début du mois, a été démis de ses fonctions de vice-président du Conseil présidentiel de direction (CPL) du pays.

Le territoire de l'Hadhramout s'étend de la côte du golfe d'Aden, au sud, à la frontière de l'Arabie saoudite, au nord.

Al-Zubaidi, aujourd'hui en fuite, est accusé de trahison et de tentative d'atteinte à la souveraineté du Yémen par la création d'un "État d'Arabie du Sud" séparatiste.

Les autorités yéménites, a ajouté M. Al-Khanbashi, ont découvert des équipements et des pratiques émiratis suspects sur la base de Rayyan à Mukalla, capitale du gouvernorat, notamment des stocks d'explosifs et une prison secrète.

Il s'agit là d'affirmations choquantes, confirmées par une source vérifiée proche du gouvernement yéménite qui a parlé à Arab News sous le couvert de l'anonymat.

Les révélations d'hier, a-t-il dit, ont confirmé ce qui était un secret de polichinelle au Yémen depuis un certain temps.

"De nombreux segments de la population de la province, ainsi que d'autres au Yémen, ont souffert de ces crimes qui ont été commis au nom d'un État du Sud, mais qui servaient en réalité les intérêts d'un autre pays", a-t-il déclaré.

La source tient Al-Zubaidi, l'ancien chef du Conseil de transition du Sud (CTS) aujourd'hui dissous, personnellement responsable des atrocités, des crimes et des tortures subis par les citoyens yéménites.

M. Al-Zubaidi se serait réfugié à Abou Dhabi.

"Étant donné tout le soutien qu'il a reçu des Émirats arabes unis, ajoute la source, il n'est pas étonnant qu'ils aient voulu le faire passer clandestinement à Abou Dhabi via la Somalie pour éviter les poursuites.

Outre son rôle au sein du STC, M. Al-Zubaidi était une figure de proue du gouvernement légitime du Yémen, qui l'a aujourd'hui désavoué et l'a déféré au procureur général de l'État.

En son absence, M. Al-Zubaidi a été inculpé de "haute trahison avec l'intention de porter atteinte à l'indépendance de la République", "d'atteinte à la position militaire, politique et économique de la République", "de formation d'une bande armée et de commission de crimes, y compris le meurtre d'officiers et de soldats des forces armées ; d'exploitation et d'atteinte à la juste cause du Sud par de graves violations contre des civils et le sabotage d'installations et de sites militaires" et "de violation de la Constitution, d'atteinte à la loi et d'atteinte à la souveraineté et à l'indépendance du pays".

Selon la source yéménite, la découverte d'équipements émiratis suspects à la base aérienne de Rayyan, y compris des explosifs, suggère que le camp "a très probablement été utilisé comme quartier général pour planifier et mettre en œuvre des crimes et des violations visant des civils".

Le matériel découvert, a-t-il ajouté, "confirme que les groupes armés fidèles à Al-Zubaidi utilisaient la juste cause du sud pour couvrir leurs crimes contre les civils du sud, marginalisant et ignorant les demandes légitimes de la population du sud, et servant l'agenda des Émirats arabes unis visant à répandre le chaos au Yémen et à entraver toute initiative politique visant à résoudre la question du sud".

La source a ajouté que, selon elle, de telles pratiques de la part du STC et des EAU constitueraient un cas évident de "violation des droits de l'homme".

Les "violations et crimes" dont les Émirats arabes unis sont accusés au Yémen "s'inscrivent dans le prolongement des activités qu'ils mènent actuellement pour alimenter les conflits internes au Soudan, en Libye et en Somalie, et pour commettre des crimes visant les civils dans ces pays, dans le but de répandre le chaos et de compromettre la sécurité et la stabilité de la région".

Dans un communiqué publié sur X, le ministère de la défense des Émirats arabes unis a catégoriquement démenti les affirmations faites lors de la conférence de presse du gouverneur du Hadhramout, Salam Al-Khanbashi.

Le ministère a également affirmé que les forces des Émirats arabes unis avaient officiellement et publiquement achevé leur retrait total du Yémen le 2 janvier 2026. "Ce retrait comprenait le transfert de tous les équipements, armes et biens", ajoute le communiqué.

En ce qui concerne les accusations relatives à l'existence de "prisons secrètes" à l'aéroport de Riyan, le ministère des Émirats arabes unis a affirmé que les installations auxquelles il est fait référence sont "simplement des logements militaires, des salles d'opérations et des abris fortifiés, dont certains sont situés sous terre".