Les trésors archéologiques de l’Irak menacés par le changement climatique

Le site archéologique d'Al-Aqiser en Irak, comprend l'une des plus anciennes églises chrétiennes orientales (Photo, AFP).
Le site archéologique d'Al-Aqiser en Irak, comprend l'une des plus anciennes églises chrétiennes orientales (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 30 juillet 2022

Les trésors archéologiques de l’Irak menacés par le changement climatique

  • Les tempêtes de poussière, la hausse des températures et la salinité endommagent les artefacts et les sites de fouilles, sapant ainsi les efforts de conservation
  • Les phénomènes météorologiques extrêmes portent atteinte au patrimoine naturel du pays, notamment aux marais du sud, autrefois verdoyants

DUBAÏ: En janvier, la sécheresse qui sévit en Irak depuis trois ans a fait chuter le niveau d'eau du barrage de Mossoul, dans le nord du pays, à son niveau le plus bas depuis sa construction en 1986. Alors que le niveau de l'eau baisse, un phénomène inattendu a émergé de sous la surface.

À la stupéfaction des spectateurs, il y avait là les ruines d'une vieille ville de 3 400 ans de l'empire Mitanni qui occupait autrefois les rives du Tigre.

Cependant, la colonie, située dans l'actuel Kurdistan irakien, une région semi-autonome, n'a émergé que pendant deux mois avant de sombrer à nouveau dans les eaux. Les archéologues ont dû se lancer dans une course contre la montre pour fouiller la plus grande partie possible du site pendant qu'il était exposé.

Travaillant intensément pendant six semaines, l'équipe a mis au jour plus de 100 tablettes d'argile gravées d'une écriture cunéiforme datant du début de la période assyrienne.

Des archéologues du British Museum et d'Irak effectuent des fouilles dans la ville antique de Girsu, la capitale du royaume de Lagash, à Dhi Qar, en novembre 2021. (Photo, Getty Images)

Une équipe d'archéologues allemands et kurdes a pu dater le site de l'âge du bronze, soit environ 1550 à 1350 avant J.-C. Ils pensent que le site pourrait être l'ancienne ville de Zakhiku, qui était autrefois un centre politique très actif.

Bien qu'il s'agisse sans aucun doute d'une découverte passionnante, les mêmes phénomènes météorologiques extrêmes qui ont provoqué la baisse des niveaux d'eau endommagent également des sites antiques dans d'autres parties de l'Irak, souvent considéré comme le «berceau de la civilisation».

Les scientifiques estiment que les récents cas de conditions météorologiques extrêmes dans le monde, notamment les crues soudaines en Europe et les tempêtes de poussière au Moyen-Orient, sont la preuve d'un changement climatique causé par l'Homme, qui ne fera qu'empirer et devenir plus fréquent si les émissions de carbone ne sont pas réduites rapidement et radicalement.

Ce qui est moins bien compris, c'est l'impact de ces phénomènes climatiques extrêmes sur les sites du patrimoine mondial. Ce qui est plus certain, c'est qu'au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, un redoutable mélange de désertification, de sécheresse et de changement climatique endommage les artefacts et les sites de fouilles, sapant ainsi les efforts de conservation.

Au Yémen, par exemple, les pluies intenses endommagent les tours en briques crues de la ville fortifiée de Chibam, un site inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, surnommé «Manhattan du désert» par l'exploratrice britannique Freya Stark dans les années 1930.

Sur le site de Bagerhat, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, dans le sud du Bangladesh, l'eau salée provenant des inondations causées par de fortes pluies endommage les fondations des nombreuses mosquées indo-islamiques de la ville.

En Égypte, les températures élevées, les fortes pluies et les inondations endommagent la maçonnerie ancienne des monuments du Caire, de Louxor, d'Alexandrie et d'ailleurs.

Le granit qui était autrefois de couleur rose est passé au rose pâle ou même au gris clair au cours des 15 dernières années, a déclaré à Reuters Abdelhakim Elbadry, un expert en restauration qui travaille au temple de Karnak. «Dans chaque site archéologique ici à Louxor, vous pouvez témoigner des changements.»

Dans le centre de l'Irak, les vents violents ont érodé de nombreux sites au sommet des collines, qui restent difficiles d'accès pour les archéologues soucieux de leur sécurité.

Selon une étude réalisée par l'Unesco, le Programme des Nations unies pour l'environnement et l’Union of Concerned Scientists, le changement climatique est devenu l'une des menaces les plus grandes pour les sites et monuments historiques.

Le rapport conjoint de 2016, intitulé «Patrimoine mondial et tourisme dans un climat changeant», a examiné la vulnérabilité climatique croissante de ces sites et son impact probable sur le tourisme mondial. Selon l'ONU, l'Irak est le cinquième pays le plus vulnérable au climat dans le monde.

Des irakiens retirent des morceaux de terre craquelée des marais traversant la ville d'Al-Azeir, dans le sud de l'Irak. Les marais du sud de l'Irak ont presque entièrement disparu. (Photo, AFP)

«Nous avons trois facteurs qui affectent le patrimoine culturel en termes de changement climatique: Les tempêtes de poussière, la hausse des températures et la salinité — le sel dans le sol», a déclaré à Arab News Jaafar Jotheri, géoarchéologue à l'université d'Al-Qadisiyah en Irak.

Il a ajouté: «La plupart des sites se trouvent à l'extérieur des villes, dans le désert, comme Ur (la ville sumérienne dans l'ancienne Mésopotamie). Les tempêtes de poussière n'affectent pas seulement les personnes et les autres formes de vie, mais aussi les bâtiments du patrimoine. La poussière s'accumule à l'intérieur du site, affectant sa structure, tout comme les vents violents créent des fissures et détruisent les surfaces.»

En outre, les températures extrêmement élevées pendant la journée et les températures plus fraîches la nuit provoquent l'expansion et la rétraction des briques dans les anciennes structures, ce qui crée des fissures.

Ensuite, il y a le problème de la salinité croissante. «Les personnes vivant dans ou hors des villes, notamment les agriculteurs, dépendent de plus en plus des eaux souterraines car il n'y a plus d'eau douce dans les rivières», a expliqué Jotheri.-

EN BREF

* Le changement climatique est désormais une menace majeure pour le patrimoine mondial, selon l'Unesco.

* Les marais du sud de l'Irak sont parmi les plus vulnérables, selon l'ONU.

Jotheri a signalé: «Les eaux souterraines sont plus salées. Nous prenons les eaux souterraines et les utilisons pour la vie quotidienne ainsi que pour l'irrigation, ce qui fait que nous exposons de plus en plus toutes sortes de surfaces au sel et à l'eau salée.»

Il a indiqué que «plus nous utilisons les eaux souterraines salées, plus les surfaces exposées seront salées. Les gens utilisent des drains, mais le sel s'accumule aussi dans les canaux de drainage et atteint les fondations des bâtiments du patrimoine, créant des fissures dans les briques et les murs».

Ce n'est que récemment que l'Irak a connu ce que beaucoup considèrent comme des signes révélateurs du changement climatique provoqué par l'homme. «La température était douce, les tempêtes de sable étaient moins violentes et moins fréquentes et nous avions de l'eau douce, donc nous n'avions pas besoin d'utiliser les eaux souterraines», a affirmé Jotheri.

Le changement climatique présumé a également fait des ravages sur les caractéristiques naturelles de l'Irak. Des lacs entiers ont disparu, comme celui de Sawa, surnommé «la perle du sud», situé dans le gouvernorat de Muthanna, à proximité de l'Euphrate.

Les zones humides du sud du pays, autrefois verdoyantes, qui avaient été asséchées par Saddam Hussein puis inondées à nouveau après sa chute, sont en train de disparaître à nouveau — cette fois en raison des changements climatiques.

Les communautés bédouines qui vivaient dans ces zones depuis des générations ont donc été contraintes de partir. «Nous sommes en train de tout perdre en Irak, notre paysage naturel, notre patrimoine et nos traditions», s’est désolé Jotheri.

En novembre 2021, la Banque mondiale a averti que l'Irak pourrait subir une baisse de 20 % de ses ressources en eau d'ici 2050 à cause du changement climatique.

En mai, l'Iraq News Agency a indiqué que le nombre de jours de poussière était passé de 243 à 272 par an au cours des deux dernières décennies et que le pays pourrait connaître jusqu'à 300 jours de tempêtes de poussière par an d'ici 2050.

«Au cours des deux derniers mois, j'ai personnellement témoigné plus d'une douzaine de tempêtes de sable en si peu de temps», a déclaré à Arab News Lanah Haddad, directrice régionale de Tarii, l'institut de recherche académique en Irak.

Elle a souligné: «La désertification et la multiplication des tempêtes de sable ont un impact sur l'érosion des sites de fouilles ou des bâtiments du patrimoine, qui sont déjà en ruines et n'ont pas encore été restaurés.»

Mark Altaweel, maître de conférences en archéologie du Proche-Orient à l'Institut d'archéologie de l'University College de Londres, est convaincu que le changement climatique constitue une menace sérieuse pour le patrimoine mondial.

«Il s'agit notamment de tempêtes de sable plus fréquentes, de l'altération des sites, de pluies parfois violentes et drastiques, et d'autres intempéries susceptibles d'endommager ou de conduire à la dégradation des sites», a-t-il déclaré à Arab News.

Un agriculteur vérifie le sol compacté par la sécheresse près de Mossoul, en Irak. (Photo, AFP)

Par exemple, des sites irakiens tels que Taq Kisra, les vestiges d'un monument perse de l'époque sassanide, ont été fortement altérés par les intempéries, ce qui a entraîné l'effondrement partiel de la structure.

«Des mosquées et de vieilles maisons se sont effondrées dans des villages et différents sites lors de pluies soudaines et violentes», a affirmé Altaweel.

Les tempêtes de sable perturbent notre travail, affectant surtout la visibilité et notre équipement, mais elles peuvent aussi affecter les sites archéologiques. Pour les archéologues, les principaux défis sont de travailler dans un endroit comme l'Irak avec des tempêtes de sable fréquentes qui perturbent également les vols et le travail.

Pour éviter que les dégâts ne s'aggravent, Altaweel estime que la principale mesure que les autorités peuvent prendre est de s'attaquer aux causes immédiates d'origine humaine, notamment la surexploitation des eaux souterraines et la mauvaise gestion des eaux de surface.

«Un effort de reverdissement est nécessaire, mais il doit être fait avec soin pour garantir la survie des plantes, qui peuvent empêcher le sable de se répandre dans l'air», a expliqué Altaweel.

La communauté internationale a également la responsabilité de protéger les sites du patrimoine. Adam Markham, directeur adjoint du programme sur le climat et l'énergie à l'Union of Concerned Scientists, a déclaré au magazine TIME en 2019 que «si le monde veut sauver ces sites, les pays devront également partager des ressources financières».

En outre, les architectes et les archéologues ont découvert que le respect de l'artisanat et des connaissances traditionnelles est le meilleur moyen de réparer, de restaurer et d'entretenir le patrimoine de ces sites. Cependant, rares sont les personnes qui possèdent ces compétences aujourd'hui.

Au Caire, à la Jameel School of Traditional Arts, la seule école d'Égypte consacrée à l'étude de l'artisanat islamique traditionnel, des étudiants passionnés par la préservation de techniques séculaires sont considérés comme essentiels pour la restauration des nombreux anciens sites d'Égypte.

En Irak, comme dans de nombreux autres pays arabes, les sites et monuments historiques sont potentiellement menacés par le changement climatique. (Photo, AFP)

Ces pays sont engagés dans une course contre la montre alors que les effets présumés du changement climatique accélèrent la destruction.

Il existe également des leçons prémonitoires pour les sociétés actuelles, car les événements climatiques extrêmes mettent à mal les infrastructures modernes, épuisent les ressources et détruisent les moyens de subsistance, créant ainsi des conditions propices aux déplacements, voire aux conflits.

«Si nous examinons les emplacements des sites antiques situés dans des zones désertées, cela montre clairement que le changement climatique a été un facteur important pour les migrations forcées, entraînant l'abandon d'un établissement», a signalé Haddad.

«Les sociétés sont toujours confrontées à des défis quant à l’approvisionnement en eau pour l'agriculture et pour leurs communautés croissantes dans les espaces urbains. Nous devons tirer les leçons du passé pour éviter les conflits liés à l'eau dans un avenir proche», a-t-elle estimé.

Jotheri est convaincu que si les effets palpables du changement climatique ne sont pas traités de toute urgence, ils risquent d’entraîner une recrudescence de la violence, notamment dans des sociétés comme l'Iraq.

«Cela entraînera des conflits tribaux, entre les tribus du sud de l'Irak elles-mêmes et entre les autres provinces du pays», a-t-il expliqué.

«Nous avons un gouvernement fragile et nous avons besoin d'un gouvernement fort pour faire face à la menace du changement climatique. Si l'eau, par exemple, est coupée ou réduite dans le Tigre ou l'Euphrate au cours des prochaines années, les gens commenceront à se battre pour l'eau.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Gaza: un collaborateur de l'AFP et deux autres journalistes tués dans une frappe israélienne

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  • Les trois hommes ont été identifiés comme Anas Ghneim, Mohammed Salah et Abdoul Raouf Shaath (aussi orthographié Shaat)
  • Ce dernier, reporter d'images indépendant âgé de 34 ans, collaborait régulièrement avec l'AFP depuis l'évacuation, début 2024, des journalistes employés par l'agence à Gaza

GAZA: Une frappe israélienne a tué mercredi un collaborateur régulier de l'AFP et deux autres journalistes palestiniens dans le centre de la bande de Gaza, l'armée israélienne indiquant avoir ciblé les opérateurs d'un drone jugé suspect.

La frappe a eu lieu dans le secteur d'al-Zahra et trois journalistes ont été tués, indique un communiqué de la Défense civile, organisation de premiers secours opérant sous le contrôle du mouvement islamiste palestinien Hamas.

Les trois hommes ont été identifiés comme Anas Ghneim, Mohammed Salah et Abdoul Raouf Shaath (aussi orthographié Shaat). Ce dernier, reporter d'images indépendant âgé de 34 ans, collaborait régulièrement avec l'AFP depuis l'évacuation, début 2024, des journalistes employés par l'agence à Gaza.

"C'est avec une immense tristesse que nous avons appris la mort d'Abdoul", écrit l'Agence France-Presse dans un communiqué, notant que "ses collègues se souviennent d'un homme généreux, doté d'un engagement journalistique profond".

L'AFP "exige une enquête complète et transparente sur les circonstances de sa mort", notant que "trop de journalistes locaux ont été tués à Gaza au cours des deux dernières années, tandis que l'accès libre pour les journalistes étrangers demeure impossible."

Une trêve précaire est en vigueur depuis le 10 octobre à Gaza entre Israël et le Hamas, que les deux camps s'accusent mutuellement de violer.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, huit autres Palestiniens y ont été tués mercredi dans des frappes israéliennes.

"Crime de guerre" 

Sur la frappe ayant tué le collaborateur de l'AFP, l'armée israélienne a indiqué avoir identifié "plusieurs suspects qui opéraient un drone affilié au Hamas dans le centre de la bande de Gaza", sans plus de détails sur cette affiliation prétendue.

Les forces israéliennes "ont frappé avec précision les suspects qui l'avaient activé", a ajouté l'armée, précisant que les circonstances faisaient l'objet d'un "examen".

Sur place, un témoin a déclaré à l'AFP que les journalistes utilisaient un drone pour filmer une distribution d'aide humanitaire gérée par le Comité égyptien de secours, lorsqu'un véhicule qui les accompagnait a été visé.

"Cette zone est considérée comme sûre et humanitaire", a noté un autre témoin, Mahmoud Azzam, interrogé par l'AFP près du lieu de la frappe, où des hommes en chasuble siglée du logo du Comité égyptien de secours fouillaient la carcasse d'une voiture calcinée.

"Un véhicule appartenant au Comité égyptien a été pris pour cible lors d'une mission humanitaire", a dit Mohammed Mansour, porte-parole de cette organisation à Gaza-ville. Précisant que "tous les véhicules" du Comité portent son logo, il a dénoncé une frappe israélienne "criminelle".

Abdoul Raouf Shaath n'était pas en mission pour l'AFP au moment de la frappe. Son dernier reportage pour l'agence avait été publié lundi.

Dans l'enceinte de l'hôpital Nasser de Khan Younès (sud) où les dépouilles des journalistes ont été amenées, des dizaines de personnes sont venues saluer leur mémoire.

Le Syndicat des journalistes palestiniens a condamné "avec la plus grande fermeté" cette attaque, dénonçant une "politique systématique et délibérée" d'Israël pour "cibler intentionnellement les journalistes palestiniens".

"Cette frappe isolée sur des journalistes identifiables par leurs équipements de reportage pourrait indiquer un ciblage et constituer un crime de guerre", a déclaré dans un communiqué Martin Roux, responsable du desk Crises de l'organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF).

 "Dangers immenses" 

"Cette attaque rappelle avec force les dangers immenses auxquels les journalistes, comme les autres civils, continuent d'être exposés, même pendant le cessez-le-feu en cours", a relevé le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, a dénoncé un "crime de guerre".

Le fragile cessez-le-feu à Gaza, première étape du plan de Donald Trump visant à mettre fin à la guerre, est émaillé de tirs quotidiens, tandis que la situation humanitaire reste critique.

Près de 470 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé de Gaza. L'armée israélienne a pour sa part fait état de trois soldats tués, depuis la même date.

Selon RSF, "près de 220 journalistes ont été tués à Gaza par l'armée israélienne depuis le début de son offensive il y a plus de deux ans, dont au moins 71 ciblés ou tués dans l'exercice de leur travail."

L'armée israélienne affirme elle que nombre de professionnels de la presse qu'elle reconnaît avoir éliminé étaient des "terroristes" membres de la branche armée du Hamas ou d'autres groupes armés palestiniens.


L’Arabie saoudite, la Turquie et six autres pays rejoignent le « Conseil de la paix » de Trump

Des véhicules militaires israéliens passent devant les destructions à Gaza, vues depuis le côté israélien de la frontière entre Israël et Gaza, dans le sud d'Israël, le 21 janvier 2026. (Reuters)
Des véhicules militaires israéliens passent devant les destructions à Gaza, vues depuis le côté israélien de la frontière entre Israël et Gaza, dans le sud d'Israël, le 21 janvier 2026. (Reuters)
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  • Les huit pays ont réaffirmé dans leur déclaration commune leur soutien aux efforts de paix menés par Trump et se sont engagés à appuyer la mission du Conseil en tant qu’organe de gouvernance transitoire

DAVOS : Un groupe de pays arabes et islamiques a annoncé mercredi qu’il rejoignait le nouveau « Conseil de la paix » proposé par le président américain Donald Trump, une initiative destinée à stabiliser et reconstruire la bande de Gaza.

Dans une déclaration commune, les ministères des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite, de la Turquie, de l’Égypte, de la Jordanie, de l’Indonésie, du Pakistan, du Qatar et des Émirats arabes unis ont indiqué avoir accueilli favorablement l’invitation de Trump à participer à ce conseil pour la paix à Gaza.

Les huit pays ont réaffirmé leur soutien aux efforts de paix menés par Trump et se sont engagés à soutenir la mission du Conseil en tant qu’organe de gouvernance transitoire, dans le cadre d’un plan plus large visant à mettre fin au conflit à Gaza.

La mission du Conseil vise à « consolider un cessez-le-feu permanent, soutenir la reconstruction de Gaza et promouvoir une paix juste et durable fondée sur le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à la création d’un État, conformément au droit international, ouvrant ainsi la voie à la sécurité et à la stabilité pour tous les pays et peuples de la région », précise le communiqué.

S’exprimant mercredi en marge du Forum économique mondial à Davos, l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a déclaré que la région évoluait dans la bonne direction.

« Je pense que ce qui se passe est remarquable », a-t-il confié à Arab News. « Tout le monde, je crois, travaille ensemble en faveur de la paix. Tous ont adhéré aux idées du président Trump concernant le “Conseil de la paix”, et je suis très optimiste. »

M. Witkoff a également déclaré que Téhéran devait venir s’asseoir à la table des négociations. « Cela doit arriver. C’est essentiel. Si l’Iran avance, alors la région avance aussi, et nous devons clarifier cela », a-t-il affirmé.

Depuis le déclenchement des manifestations antigouvernementales, Trump a exhorté à plusieurs reprises les dirigeants iraniens à mettre fin à la répression violente des manifestants, promettant des « mesures très fortes » si des exécutions avaient lieu. Il a également appelé les Iraniens à poursuivre les manifestations et à « prendre le contrôle des institutions ».

Mardi, les organisateurs du Forum de Davos ont annoncé que l’invitation adressée au ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait été retirée, invoquant « la perte tragique de vies civiles en Iran au cours des dernières semaines ».

M. Araghchi a condamné cette décision, accusant le Forum de faire preuve de « doubles standards flagrants ».

Pendant ce temps, les dirigeants européens présents à Davos semblaient plus sceptiques quant à une éventuelle participation au Conseil de la paix pour Gaza, plusieurs d’entre eux réfléchissant à décliner l’invitation.

D’autres annonces concernant la participation sont attendues jeudi, à l’issue d’une nouvelle phase de tractations diplomatiques à Davos, alors que les capitales évaluent l’impact potentiel du Conseil sur les efforts existants menés sous l’égide de l’ONU.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: des frappes israéliennes tuent deux personnes dans le sud du Liban

Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
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  • Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël
  • Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie

SAIDA: Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024.

La première frappe a visé une voiture près de Saïda, principale ville de la zone, tuant un homme, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël.

Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie.

Une deuxième frappe a également visé une voiture à Bazourieh près de la ville de Tyr, faisant un mort, selon le ministère.

Dans deux communiqués séparés, l'armée israélienne a affirmé avoir "visé des terroristes du Hezbollah".

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre avec le Hezbollah, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, affirmant viser la formation pro-iranienne qu'Israël accuse de se réarmer.

L'aviation israélienne avait visé lundi "des structures militaires du Hezbollah", dont des tunnels, dans une série de raids sur le sud du pays.

Ces frappes interviennent alors que l'armée libanaise a indiqué début janvier avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la partie du sud située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Zahrani se situe au nord du Litani et Bazourieh au sud du fleuve.

Israël a jugé que les efforts de l'armée libanaise pour désarmer le Hezbollah constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants".