«Echec» du Stade de France: le Sénat accuse le ministre de l'Intérieur et la préfecture de police

Les sénateurs recommandent d'« imposer aux opérateurs » des lieux où se tiennent de grands événements sportifs de conserver ces images « pendant la durée légale d'un mois ». (Photo, AFP)
Les sénateurs recommandent d'« imposer aux opérateurs » des lieux où se tiennent de grands événements sportifs de conserver ces images « pendant la durée légale d'un mois ». (Photo, AFP)
Publié le Mercredi 13 juillet 2022

«Echec» du Stade de France: le Sénat accuse le ministre de l'Intérieur et la préfecture de police

Les sénateurs recommandent d'« imposer aux opérateurs » des lieux où se tiennent de grands événements sportifs de conserver ces images « pendant la durée légale d'un mois ». (Photo, AFP)
  • Les sénateurs ont pointé du doigt mercredi les «défaillances» des autorités françaises lors de la finale de la Ligue des champions au Stade de France qui a viré au chaos fin mai
  • Dès la fin de la rencontre, le ministre Darmanin avait fait porter l'essentiel de la responsabilité des incidents sur «30 000 à 40 000 supporters anglais»

PARIS: Un « échec » imputable aux « décisions » de la préfecture de police de Paris et des explications du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin loin de « la vérité »: les sénateurs ont pointé du doigt mercredi les « défaillances » des autorités françaises lors de la finale de la Ligue des champions au Stade de France qui a viré au chaos fin mai. 

« Ce n'est pas parce qu'il y avait des supporteurs de Liverpool qui ont accompagné leur équipe que ça s'est mal passé », a déclaré Laurent Lafon, président de la commission Culture du Sénat, lors de la présentation à la presse d'un rapport d'information sur le fiasco sécuritaire du match Real Madrid-Liverpool le 28 mai. 

Dès la fin de la rencontre, le ministre Darmanin avait fait porter l'essentiel de la responsabilité des incidents sur « 30 000 à 40 000 supporters anglais » qui, avait-il affirmé contre la plupart des observateurs sur place, s'étaient présentés au stade « sans billet ou avec des billets falsifiés ». 

Pressé par les critiques, il avait fini par présenter des « excuses » aux supporters et admis, fin juin, une part de responsabilité dans les ratés de la soirée.  

« L'analyse faite » par le ministre Darmanin, « n'était pas la bonne », a dénoncé Laurent Lafon. Elle était « partielle et imprécise », a-t-il encore dit. 

« Les positions ont évolué au fur et à mesure des auditions », a rappelé François-Noël Buffet (LR) le président de la commission des Lois, mais « les premières déclarations ne correspondaient pas à la vérité ». 

« Echec » de la préfecture de police  

Spectateurs sans billets escaladant les grilles du stade, d'autres munis de tickets mais ne pouvant y entrer, familles aspergées de gaz lacrymogènes par la police ou vols et agressions commis par des délinquants opportunistes: ces scènes qui ont fait le tour du monde, sont dues à un « enchaînement de dysfonctionnements » et des « défaillances » aussi bien « dans l'exécution » que dans la « préparation » de l'événement, a encore dénoncé M. Lafon. 

« Chacun était dans son couloir sans qu'il y ait une véritable coordination », a-t-il également relevé. 

« Cet échec tient aux décisions prises par la préfecture de police de Paris », a critiqué François-Noël Buffet (LR), le président de la commission des Lois. 

Les rapporteurs ont notamment souligné le manque d'adaptation pour gérer les flux de spectateurs, arrivés en masse par le RER D en raison de la grève sur le RER B. 

Les sénateurs soulignent aussi la responsabilité de l'UEFA, l'accusant d'une « gestion de la billetterie inadaptée ». Ils reprochent notamment à l'instance de ne pas avoir prévu de « dispositif particulier » pour identifier les faux billets, alors que leur nombre a été « dix fois supérieur aux moyennes observées ».  

Les sénateurs demandent ainsi, parmi les 15 recommandations qui concluent leur rapport, de « rendre obligatoire le recours à des billets infalsifiables » lors de tels événements, alors que la France s'apprête à accueillir la Coupe du monde de rugby en 2023, puis les jeux Olympiques un an plus tard. 

Le rapport revient aussi sur la non-conservation d'une partie des images de vidéosurveillance, qui avait nourri la polémique. « Ni le consortium (...) ni la préfecture de police, ni le parquet de Bobigny, n'ont agi avec diligence pour sauvegarder une preuve indispensable à la manifestation de la vérité », dénoncent-ils. 

Les sénateurs recommandent d'« imposer aux opérateurs » des lieux où se tiennent de grands événements sportifs de conserver ces images « pendant la durée légale d'un mois ». 

Ils demandent aussi au ministère de l'Intérieur de « définir une doctrine d'emploi du gaz lacrymogène », qui « prévienne l'exposition de personnes ne présentant pas pour eux un danger immédiat ». 


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Short Url
  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Short Url
  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
Short Url
  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.