Avec l'initiative de la Route de la Mecque, L'Arabie Saoudite facilite le voyage des pèlerins d'Asie

Des pèlerins musulmans se rassemblent au sommet du mont Arafat, également connu sous le nom de «Jabal al-Rahma» («mont de la Miséricorde»), au sud-est de la Ville sainte de La Mecque, lors de l'apogée du pèlerinage du Hajj. (AFP).
Des pèlerins musulmans se rassemblent au sommet du mont Arafat, également connu sous le nom de «Jabal al-Rahma» («mont de la Miséricorde»), au sud-est de la Ville sainte de La Mecque, lors de l'apogée du pèlerinage du Hajj. (AFP).
Des pèlerins musulmans se rassemblent au sommet du mont Arafat, également connu sous le nom de «Jabal al-Rahma» («mont de la Miséricorde»), au sud-est de la Ville sainte de La Mecque, lors de l'apogée du pèlerinage du Hajj. (AFP).
Des pèlerins musulmans se rassemblent au sommet du mont Arafat, également connu sous le nom de «Jabal al-Rahma» («mont de la Miséricorde»), au sud-est de la Ville sainte de La Mecque, lors de l'apogée du pèlerinage du Hajj. (AFP).
Des pèlerins indonésiens quittent l'aéroport international de Juanda, à Surabaya, le 4 juin, 2022. (Juni Kriswanto/AFP)
Des pèlerins indonésiens quittent l'aéroport international de Juanda, à Surabaya, le 4 juin, 2022. (Juni Kriswanto/AFP)
Des pèlerins indonésiens se recueillent à leur arrivée à l'Aéroport international du roi Abdelaziz, à Djeddah, en Arabie saoudite, en juin 2022. (Avec l'aimable autorisation du ministère indonésien des Affaires religieuses)
Des pèlerins indonésiens se recueillent à leur arrivée à l'Aéroport international du roi Abdelaziz, à Djeddah, en Arabie saoudite, en juin 2022. (Avec l'aimable autorisation du ministère indonésien des Affaires religieuses)
Un pèlerin qui accomplit le Hajj se promène à Mina, à proximité de la ville de La Mecque, le 7 juillet 2022. (Delil Souleiman/AFP)
Un pèlerin qui accomplit le Hajj se promène à Mina, à proximité de la ville de La Mecque, le 7 juillet 2022. (Delil Souleiman/AFP)
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Publié le Lundi 11 juillet 2022

Avec l'initiative de la Route de la Mecque, L'Arabie Saoudite facilite le voyage des pèlerins d'Asie

  • Des centaines de milliers de pèlerins sont venus d'Asie pour accomplir le Hajj dans les villes les plus saintes de l'islam
  • Parmi les pèlerins venus de l'étranger, près de deux cent soixante mille sont originaires d'Indonésie, du Bangladesh, de Malaisie et du Pakistan

DACCA/ISLAMABAD/JAKARTA/KUALA LUMPUR: Des centaines de milliers de pèlerins sont venus d'Asie pour accomplir le Hajj dans les villes les plus saintes de l'islam. Un grand nombre d’entre eux bénéficient de l'initiative de la Route de La Mecque, destinée à faciliter leurs déplacements et à leur garantir une expérience unique après ces deux années éprouvantes marquées par la pandémie.

L'un des cinq grands piliers de l'islam, le Hajj, a seulement été réservé à mille Saoudiens en 2020 compte tenu des inquiétudes suscitées par le coronavirus. En 2021, le Royaume a restreint le nombre de pèlerins à soixante mille participants saoudiens; ils étaient 2, 5 millions avant le début de la pandémie.

Voilà que l'Arabie saoudite accueille cette année près de neuf cent mille pèlerins locaux et étrangers, après avoir levé la plupart des restrictions liées à la Covid-19. Parmi les étrangers, près d'un tiers viennent du Bangladesh, d'Indonésie, de Malaisie et du Pakistan.

Des pèlerins en provenance d'Indonésie quittent l'aéroport international de Juanda, à Surabaya. (AFP)
Des pèlerins en provenance d'Indonésie quittent l'aéroport international de Juanda, à Surabaya. (AFP)

Ces pays asiatiques à majorité musulmane, auxquels s'ajoute le Maroc, sont les cinq pays concernés par l'initiative de la Route de La Mecque initiée par l'Arabie saoudite en 2019. Elle permet à leurs ressortissants de remplir les exigences du Hajj de leur point de départ et leur évite de patienter de longues heures avant d'arriver dans le Royaume.

L'Arabie saoudite a affecté des agents d'immigration dans les principaux aéroports de ces pays. Leur mission est de faciliter le voyage des pèlerins. Des milliers d’entre eux arrivent en robe blanche pour entamer ce périple qui durera des heures. Ils viennent des quatre coins du monde.

Dans la capitale du Bangladesh, des dizaines d'agents saoudiens travaillent jour et nuit à l'aéroport international Shah-Jalal. Ils s'emploient à faciliter le départ des voyageurs bangladais ainsi que les formalités administratives qui les attendent.

Dans le cadre de l'Initiative de la route de La Mecque, des pèlerins bangladais effectuent à Dacca les formalités préalables à l'immigration. (Avec l'aimable autorisation de l'ambassade d'Arabie saoudite à Dacca )
Dans le cadre de l'Initiative de la route de La Mecque, des pèlerins bangladais effectuent à Dacca les formalités préalables à l'immigration. (Avec l'aimable autorisation de l'ambassade d'Arabie saoudite à Dacca )

«Cette nouvelle initiative a ouvert de nouveaux horizons», explique à Arab News Saiful Islam, directeur du bureau du Hajj à Dacca. «Nous sommes très reconnaissants à l’égard des autorités saoudiennes.»

Cette initiative concerne les visas, les formalités de douane et de passeport ainsi que les exigences relatives à la santé. Elle couvre également le transport jusqu'à La Mecque et Médine et prend en charge le transport des bagages et l'hébergement.

Mohammed Mozammel Houk part de Dacca; les formalités qui précèdent l'immigration se sont déroulées «sans encombre», confie-t-il.

«La gestion des démarches associées au Hajj nous réjouit», affirme-t-il.

Depuis qu'il a vu son père partir pour le Hajj, voilà quelques dizaines d'années, M. Houk rêve d'accomplir ce pèlerinage. La pandémie avait contrarié son projet en 2020 et il savait qu’il lui était possible, cette fois, de réaliser son rêve.

«Je me réjouis d’avoir la chance d’accomplir le Hajj en Arabie saoudite cette année», explique-t-il à Arab News alors qu'il vient d'achever avec sa femme les formalités requises par l'initiative de la Route de La Mecque. «C'est un rêve qui se réalise.»

Le processus s'est déroulé de manière très rapide pour la famille de Rokhaya Khatoun Lata, une femme au foyer qui voyage en compagnie de quatre membres de sa famille.

Rokhaya Khatoun Lata, une pèlerine bangladaise, se confie à Arab News à l'aéroport international Shah-Jalal de Dacca, le 26 juin 2022. (Photo AN)
Rokhaya Khatoun Lata, une pèlerine bangladaise, se confie à Arab News à l'aéroport international Shah-Jalal de Dacca, le 26 juin 2022. (Photo AN)

«Cela m'a pris moins de trente minutes pour compléter les formalités d'immigration», raconte-t-elle à Arab News. «Je n'ai pas encore entamé le voyage et je me sens déjà très heureuse.»

Mohammed Mozammel Houk, Rokhaya Khatoun Lata et leurs deux familles font partie des soixante mille Bangladais venus effectuer le pèlerinage cette année.

Un plus grand nombre de pèlerins venus du Pakistan, autre pays d'Asie du Sud à majorité musulmane, s'apprêtent à accomplir les rituels du Hajj. Ils seront quatre-vingt-trois mille trois cents à tourner autour de la Kaaba, le site le plus sacré de l'islam, situé au centre de la Grande Mosquée.

EN CHIFFRES

Nombre de pèlerins étrangers qui ont obtenu un visa électronique pour le Hajj :

- 102 178 en Indonésie

-  83 433 au Pakistan

-  80 772 en Inde

-  60 354 au Bangladesh

-  45 201 au Nigeria

-  45 086 en Turquie

-  39 635 en Iran

-  22 189 en Égypte

-  18 970 en Algérie

Source: ministère saoudien des Affaires étrangères (Mofa)

Les pèlerins en provenance de la capitale du Pakistan ont été accueillis dans un salon spécialement conçu pour la Route de La Mecque à l'aéroport international d'Islamabad.

«Les dispositions prévues à l'aéroport sont très efficaces; nous n'avons rencontré aucune difficulté tout au long du processus», explique à Arab News Mohammed Akhtar, un pèlerin qui a rejoint Islamabad en provenance de Faisalabad.

Le premier groupe de pèlerins pakistanais est attendu à Médine, en Arabie saoudite, le 8 juin 2022; il sera accueilli dans un salon spécialement conçu pour la Route de la Mecque à l'aéroport d'Islamabad. (Photo fournie)
Le premier groupe de pèlerins pakistanais est attendu à Médine, en Arabie saoudite, le 8 juin 2022; il sera accueilli dans un salon spécialement conçu pour la Route de la Mecque à l'aéroport d'Islamabad. (Photo fournie)

«J'ai déposé une demande pour accomplir le Hajj pendant les quatre dernières années et j'ai obtenu l'autorisation cette année. Je remercie Allah Tout-Puissant de m'avoir accordé cette opportunité.»

Loubna Asad est elle aussi une pèlerine pakistanaise. Elle dit sa reconnaissance à l’égard du personnel de la Route de La Mecque pour sa coopération.

«Je suis vraiment heureuse et je remercie l'Arabie saoudite», nous confie-t-elle.

À Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie, l'accueil chaleureux manifesté par les fonctionnaires saoudiens en a étonné plus d'un. Un grand nombre d’entre eux sont allés jusqu'à accueillir les pèlerins dans leur langue maternelle. On compte au total quatorze mille trois cents pèlerins malaisiens qui effectueront le voyage du Hajj cette année.

Des pèlerins malaisiens effectuent les formalités préalables à l'immigration dans le cadre de l'initiative de la Route de La Mecque à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)
Des pèlerins malaisiens effectuent les formalités préalables à l'immigration dans le cadre de l'initiative de la Route de La Mecque à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)

«J’ai ressenti toute la chaleur de l'accueil, même avant d'arriver en Arabie saoudite. Quel accueil!», s'exclame Ariff Abdallah, qui a embarqué sur un vol à destination de Djeddah de l'aéroport international de Kuala Lumpur.

«Je plaisantais avec le préposé du comptoir de l'immigration. Il connaissait quelques mots en malais!»

Le processus préalable à l'immigration donne la possibilité aux pèlerins de se concentrer sur l’aspect spirituel de leur voyage. En effet, toutes les formalités administratives sont prises en charge.

«L'initiative de la Route de La Mecque est très convenable», affirme Johar Yousouf, un autre pèlerin en partance de Kuala Lumpur. «C’est fabuleux!», déclare-t-il.

Zainab Benti Awang se déplace en fauteuil roulant, accompagnée de sa sœur. Quel grand soulagement pour elle de se voir épargner, grâce à la Route de La Mecque, le fardeau des procédures de départ et d'arrivée!

Des pèlerins malaisiens du Hajj effectuent les formalités préalables à l'immigration prévues par l'initiative de la Route de la Mecque à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)
Des pèlerins malaisiens du Hajj effectuent les formalités préalables à l'immigration prévues par l'initiative de la Route de la Mecque à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)

«Une fois arrivés à Djeddah, nous serons tous autorisés à entrer dans le Royaume sans faire la queue pour compléter les formalités d'immigration», se réjouit-elle. «Sur place, nous prendrons le bus sans attendre pour rejoindre notre hôtel.»

Abdallah, Youssouf, Awang et bien d'autres agents ont assisté les pèlerins à l'aéroport de Kuala Lumpur. Ils affirment à Arab News qu'ils ont l'honneur de prendre part à l'initiative de la Route de La Mecque.

«Cette initiative a pour objectif de simplifier les formalités d'immigration pour les pèlerins à partir de leur pays d'origine. Elle comprend notamment le relevé d'empreintes digitales, la validation des formalités d'entrée [en Arabie saoudite] et la livraison des bagages au lieu d'hébergement dans les plus brefs délais», explique à Arab News le sergent major Anas Mohammed, arrivé de Djeddah. «J'ai l'honneur de participer à l'initiative de la Route de La Mecque.»

La collègue de Mohammed, le sergente Kholoud al-Ahmadi, se réjouit à l’idée d'aider les pèlerins malaisiens.

«C'est un honneur pour moi de participer à l'initiative de la Route de la Mecque en Malaisie. Je suis vraiment heureuse de faire partie de cette initiative; c'est mon premier séjour en Malaisie», souligne-t-elle.

En Indonésie, la plus grande nation à majorité musulmane du monde, ce sont cent mille pèlerins qui accompliront leur devoir spirituel cette année.

Des pèlerins indonésiens se recueillent à leur arrivée à l'Aéroport international du roi Abdelaziz à Djeddah, en Arabie saoudite, en juin 2022. (Avec l'aimable autorisation du ministère indonésien des Affaires religieuses)
Des pèlerins indonésiens se recueillent à leur arrivée à l'Aéroport international du roi Abdelaziz à Djeddah, en Arabie saoudite, en juin 2022. (Avec l'aimable autorisation du ministère indonésien des Affaires religieuses)

La plupart de ces pèlerins qui rêvaient d'accomplir le Hajj ont dû attendre pendant plusieurs années sur des listes d'attente. Avec une population qui dépasse les 270 millions d'habitants, le quota de pèlerins de leur pays reste le plus élevé. Il faut cependant du temps pour les accueillir tous.

Kamaria est une pèlerine originaire d'Aceh qui attend depuis douze ans d'accomplir le Hajj. Les mots lui manquent pour décrire l'émotion qu'elle ressent à l'idée d'avoir la chance de prier dans la Grande Mosquée de La Mecque.

«Je ne parviens pas à trouver les mots pour exprimer mon bonheur de voir la Kaaba», confie-t-elle à Arab News. «Je sens que j’aimerais y rester toute ma vie.»

À l'instar des autres pèlerins, Kamaria s'est préparée à ce périple, en particulier sur le plan spirituel.

«Avant de rejoindre la Terre sainte, nous devons d'abord purifier nos cœurs», explique-t-elle. «Nous espérons être de bons pèlerins du Hajj.»

Des pèlerins indonésiens s'apprêtent à quitter l'aéroport international Juanda, à Surabaya, le 4 juin 2022. (Juni Kriswanto/AFP)
Des pèlerins indonésiens s'apprêtent à quitter l'aéroport international Juanda, à Surabaya, le 4 juin 2022. (Juni Kriswanto/AFP)

Le programme de l'initiative de la Route de la Mecque est proposé aux Indonésiens à l'aéroport international Soekarno-Hatta de Jakarta.

Iis Nouraisa a rejoint la capitale en provenance de la province occidentale de Java. Des fonctionnaires saoudiens ont supervisé son départ à l'aéroport et le processus s'est déroulé de manière «tout à fait satisfaisante».

«La procédure est très convenable. Elle facilite et accélère le processus et nous épargne les vérifications à notre arrivée en Terre sainte», explique Mme Nouraisa à Arab News.

«Cela simplifie les choses, c'est certain. C'est très appréciable pour les pèlerins qui viennent accomplir le Hajj.»

Le pèlerin malaisien Ariff Abdallah se confie à Arab News à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)
Le pèlerin malaisien Ariff Abdallah se confie à Arab News à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)

À la joie éprouvée par les pèlerins avant leur départ s'ajoute l'hospitalité avec laquelle ils sont accueillis dans le Royaume.

«Le service à l'hôtel, la nourriture, la blanchisserie, le service dans les magasins, les gens…  Tout le monde est très aimable», indique à Arab News Amalia Sabrina, médecin originaire d'Aceh, qui est arrivée en Arabie saoudite le mois dernier.

«Avec ma famille, je remercie sans cesse Allah de nous avoir accordé la chance d'accomplir le Hajj cette année.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les femmes premières victimes de la guerre au Soudan, dit une ministre

Les femmes sont les principales victimes des exactions commises pendant la guerre au Soudan, où elles sont confrontées aux « pires violences sexuelles au monde » et à d'autres crimes commis en toute impunité, a déclaré à l'AFP une militante des droits humains devenue ministre des Affaires sociales du gouvernement soutenu par l'armée. (AFP/Fichier)
Les femmes sont les principales victimes des exactions commises pendant la guerre au Soudan, où elles sont confrontées aux « pires violences sexuelles au monde » et à d'autres crimes commis en toute impunité, a déclaré à l'AFP une militante des droits humains devenue ministre des Affaires sociales du gouvernement soutenu par l'armée. (AFP/Fichier)
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  • Les femmes et les filles soudanaises sont les principales victimes du conflit, avec des violences sexuelles massives, utilisées notamment par les Forces de soutien rapide (FSR) comme arme de guerre et de nettoyage ethnique
  • Plus de 1.800 viols ont été recensés depuis avril 2023, dans un contexte d’impunité généralisée, poussant l’ONU et la CPI à enquêter sur de possibles crimes de guerre

PORT-SOUDAN: Proies faciles d'hommes portés par un sentiment d'impunité, les Soudanaises sont les premières victimes du conflit entre l'armée et les paramilitaires, marqué de violences sexuelles et "condensé de toutes les pires choses" au monde, a déclaré à l'AFP la ministre aux Affaires sociales.

Aux exactions, vols et pillages s'ajoutent les viols "souvent commis en présence de la famille", l'esclavage sexuel et le trafic vers les pays voisins, mais aussi les mariages scellés pour éviter la honte, explique Sulaïma Ishaq al-Khalifa, une militante ayant récemment rejoint le gouvernement pro-armée.

Selon elle, la violence sexuelle existe dans les deux camps, mais elle est "systématique" chez les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), qui l'utilisent "comme arme de guerre" à des fins de "nettoyage ethnique".

"Il n'y a pas d'âge: une femme de 85 ans peut être violée, un enfant d'un an peut être violé", affirme cette psychologue engagée depuis des années dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Plus de 1.800 viols ont été recensés entre le début de la guerre en avril 2023 et octobre 2025, selon les données de son ministère, qui n'incluent pas les atrocités commises au Darfour et au Kordofan à partir de fin octobre.

Plus des trois-quarts des violences (77%) sont des viols, imputés à 87% aux FSR, selon un récent rapport du réseau Siha qui défend les droits de femmes dans la Corne de l'Afrique.

Les Nations-Unies s'inquiètent depuis plusieurs mois du déchainement des FSR contre les communautés non arabes dans la région du Darfour (ouest). La Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête pour "crimes de guerre" visant les deux camps.

- "Très fiers" -

Appelée mi-janvier devant le Conseil de sécurité de l'ONU, la vice-procureure de la CPI Nazhat Shameem Khan a décrit une "situation horrible" à el-Facher - capitale régionale du Darfour prise par les FSR fin octobre -, avec une "campagne organisée" incluant des viols et des exécutions "à grande échelle", parfois "filmés et célébrés" par leurs auteurs, "nourris par un sentiment de totale impunité".

"Il s'agit d'humilier les gens, de les forcer à quitter leurs maisons. Et aussi de briser le tissu social. Lorsque vous utilisez la violence sexuelle comme arme de guerre, cela signifie que vous voulez que la guerre se prolonge indéfiniment" car cela "nourrit l'esprit de vengeance", analyse Sulaïma Ishaq al-Khalifa, qui a reçu l'AFP à son domicile de Port-Soudan.

Le Darfour a déjà connu une période sanglante au début des années 2000. Un ancien chef des milices Janjawid, dont les FSR sont les héritières, a été récemment jugé et condamné par la CPI pour sa responsabilité dans de multiples crimes de guerre, y compris des viols.

"Ce qu'il se passe aujourd'hui est pire. Des viols de masse ont lieu, c'est documenté", dit la ministre à l'AFP. Et les auteurs "sont très fiers de ce qu'ils font, ils ne le voient pas comme un crime".

"On a l'impression qu'ils ont le feu vert pour faire tout ce qu'ils veulent", regrette-t-elle.

Au Darfour, "ils ont dit aux femmes - et cela ressort des témoignages de nombreuses survivantes - qu'elles valaient moins que des êtres humains, les traitant d'esclaves, et que lorsqu'ils les agressaient sexuellement, en fait ils les +honoraient+, parce qu’ils étaient plus instruits qu'elles ou de sang +plus pur+", poursuit-elle.

Pour la ministre, le Soudan est "un condensé de toutes les pires choses qui se sont produites dans le monde".

- Libérer la parole -

A Khartoum et dans plusieurs villes du Darfour, dont el-Facher, des survivantes ont évoqué des viols "commis par des mercenaires francophones venus d'Afrique de l'Ouest, Mali, Burkina Faso, Nigeria, Tchad, mais aussi des Colombiens ou des Libyens", accusés de combattre avec les FSR, selon la ministre.

Et puis, certaines victimes ont été enlevées et cloîtrées comme esclaves sexuelles, d'autres vendues par des réseaux de trafic facilités par l'instabilité et les frontières poreuses, mais les cas sont difficiles à documenter.

Une des difficultés est de libérer la parole des victimes, alors que certaines familles préfèrent les marier de force pour "cacher ce qui s'est passé", surtout en cas de grossesse, explique Sulaïma Ishaq al-Khalifa.

"Nous considérons cela comme une forme de torture", dit-elle, en évoquant les cas "effrayants" de mariages forcés d'enfants et d'adolescentes.

Depuis avril 2023, la guerre au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts, des millions de réfugiés et plongé le pays dans la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU.


Un char israélien tire près d’une patrouille de l’armée libanaise et de la FINUL sur fond de tensions croissantes

Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri pour discuter de l'escalade israélienne, qui a notamment donné lieu cette semaine au bombardement de zones résidentielles au nord du fleuve Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles. (Fourni)
Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri pour discuter de l'escalade israélienne, qui a notamment donné lieu cette semaine au bombardement de zones résidentielles au nord du fleuve Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles. (Fourni)
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  • Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement, Nabih Berri, afin d’aborder l’escalade israélienne
  • Joseph Aoun fait face à des critiques croissantes d’activistes proches du Hezbollah, en raison de son insistance répétée sur l’autorité exclusive de l’État en matière d’armement

BEYROUTH : Un char israélien a ouvert le feu vendredi après-midi à proximité d’une patrouille conjointe de l’armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dans un nouvel incident venant accroître les tensions le long de la Ligne bleue.

L’obus serait tombé près de Wadi Al-Asafir, au sud de la ville de Khiam, alors que l’armée libanaise et la FINUL menaient une opération de terrain. Selon des témoins, le tir provenait d’une nouvelle position israélienne établie dans la zone de Hamams.

Une source militaire libanaise a déclaré à Arab News :
« Ce n’est pas la première fois que les forces israéliennes prennent pour cible des unités de l’armée libanaise et de la FINUL. Des incidents similaires ont eu lieu lors d’opérations au sud du fleuve Litani, et la FINUL a déjà condamné de tels agissements. »

Plus tôt dans la journée de vendredi, un drone israélien a tiré trois missiles sur un véhicule à Baalbek, dans l’est du Liban, lors d’une tentative d’assassinat qui a échoué. Des témoins ont indiqué que le premier missile a touché une voiture circulant sur la route Majdaloun-Baalbek. Le conducteur, présumé palestinien, a réussi à s’échapper après avoir jeté son téléphone, avant de stationner près de l’hôpital Dar Al-Amal.

Le second missile a manqué sa cible, ne causant que des dégâts matériels, tandis qu’un troisième tir a suivi sans faire de blessés.

Ces attaques interviennent dans un contexte de scepticisme renouvelé d’Israël quant aux efforts du Liban pour confisquer les armes au sud du Litani. Des responsables israéliens ont qualifié l’annonce récente de Beyrouth, faisant état de l’achèvement de la première phase du plan de désarmement, de « coup médiatique destiné à gagner du temps ». Les autorités libanaises assurent, de leur côté, que des progrès sont réalisés dans le cadre d’une stratégie nationale graduelle, soutenue par des partenaires internationaux.

Vendredi, le président Joseph Aoun a rencontré le président du Parlement Nabih Berri afin d’aborder l’escalade israélienne, qui a notamment inclus cette semaine des bombardements de zones résidentielles au nord du Litani, provoquant le déplacement de dizaines de familles.

Joseph Aoun fait par ailleurs face à des critiques croissantes d’activistes proches du Hezbollah, en raison de son insistance répétée sur l’autorité exclusive de l’État en matière d’armement. Une campagne sur les réseaux sociaux lancée jeudi l’a accusé de « trahir la résistance », à travers des vidéos largement diffusées en ligne.

Malgré ces attaques, Nabih Berri soutiendrait la position du président. Un responsable libanais a confié à Arab News :
« Berri continue de jouer un rôle de médiation et estime que le véritable problème réside dans l’absence de pression internationale sur Israël pour qu’il respecte le cessez-le-feu et mette fin à ses violations. »

S’adressant vendredi à une délégation de l’Association des villes frontalières du Sud, Joseph Aoun a affirmé que la stabilité du Liban est impossible sans sécurité dans le Sud.
« Nous coordonnons avec l’armée afin de renforcer sa présence dans les villages frontaliers », a-t-il déclaré. « Notre principale revendication dans les réunions du mécanisme reste le retour en toute sécurité des déplacés et la libération des prisonniers. »

Parallèlement, le Parquet a commencé à convoquer plusieurs personnes accusées d’avoir insulté le président en ligne, dont le journaliste Hassan Alik, qui ne s’est pas présenté vendredi.

Le palais présidentiel a indiqué à Arab News que le chef de l’État n’avait pas déposé de plainte et que la justice avait agi de manière indépendante, conformément au droit libanais, qui criminalise les insultes envers le président.

L’avocate de Hassan Alik, Alia Moallem, a déposé un mémoire juridique estimant que la convocation violait la Constitution et les lois sur la presse, arguant que les propos relevaient du travail journalistique et de la liberté d’expression.

Dans un communiqué, le Syndicat des rédacteurs en chef de la presse libanaise a appelé les journalistes à faire preuve de responsabilité dans ce contexte sensible, tout en réaffirmant l’importance de protéger la liberté d’expression garantie par la loi libanaise.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’Arabie saoudite accueillera la réunion du WEF sur la collaboration et la croissance mondiale en avril

Le ministre de l'Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de la réunion de haut niveau. (SPA)
Le ministre de l'Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de la réunion de haut niveau. (SPA)
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  • L’Arabie saoudite accueillera à Djeddah, en avril 2026, la réunion du WEF sur la collaboration et la croissance mondiale, confirmant son rôle croissant sur la scène économique internationale
  • L’événement s’inscrit dans la continuité des initiatives du Royaume, visant à favoriser un dialogue pragmatique et des décisions à impact pour soutenir la croissance mondiale

RIYAD : L’Arabie saoudite accueillera la réunion du Forum économique mondial (WEF) consacrée à la collaboration et à la croissance mondiale à Djeddah, les 22 et 23 avril 2026.

Le ministre de l’Économie et de la Planification, Faisal Alibrahim, a confirmé vendredi les détails de cette rencontre de haut niveau, annoncée lors de la réunion annuelle du WEF en 2025, selon l’Agence de presse saoudienne.

Dans ses remarques de clôture au forum, le ministre a souligné la nécessité d’un dialogue soutenu pour accélérer la croissance mondiale, appelant les participants à s’impliquer activement dans la réunion à venir.

Il a indiqué que cet événement s’inscrira dans la continuité de l’élan créé par la réunion spéciale du WEF organisée à Riyad en 2024, affirmant que le Royaume s’est imposé comme une capitale mondiale du pragmatisme et de la prise de décisions à fort impact.

Le président du WEF, Børge Brende, a pour sa part salué l’approfondissement de l’engagement du Forum avec le Royaume.

« Nous sommes ravis de revenir en Arabie saoudite en 2026 pour poursuivre les discussions engagées lors de notre réunion annuelle, en créant un espace où les dirigeants peuvent travailler ensemble, instaurer la confiance et faire en sorte que le dialogue débouche sur une collaboration et des actions concrètes », a-t-il déclaré.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com