Avec l'initiative de la Route de la Mecque, L'Arabie Saoudite facilite le voyage des pèlerins d'Asie

Des pèlerins musulmans se rassemblent au sommet du mont Arafat, également connu sous le nom de «Jabal al-Rahma» («mont de la Miséricorde»), au sud-est de la Ville sainte de La Mecque, lors de l'apogée du pèlerinage du Hajj. (AFP).
Des pèlerins musulmans se rassemblent au sommet du mont Arafat, également connu sous le nom de «Jabal al-Rahma» («mont de la Miséricorde»), au sud-est de la Ville sainte de La Mecque, lors de l'apogée du pèlerinage du Hajj. (AFP).
Des pèlerins musulmans se rassemblent au sommet du mont Arafat, également connu sous le nom de «Jabal al-Rahma» («mont de la Miséricorde»), au sud-est de la Ville sainte de La Mecque, lors de l'apogée du pèlerinage du Hajj. (AFP).
Des pèlerins musulmans se rassemblent au sommet du mont Arafat, également connu sous le nom de «Jabal al-Rahma» («mont de la Miséricorde»), au sud-est de la Ville sainte de La Mecque, lors de l'apogée du pèlerinage du Hajj. (AFP).
Des pèlerins indonésiens quittent l'aéroport international de Juanda, à Surabaya, le 4 juin, 2022. (Juni Kriswanto/AFP)
Des pèlerins indonésiens quittent l'aéroport international de Juanda, à Surabaya, le 4 juin, 2022. (Juni Kriswanto/AFP)
Des pèlerins indonésiens se recueillent à leur arrivée à l'Aéroport international du roi Abdelaziz, à Djeddah, en Arabie saoudite, en juin 2022. (Avec l'aimable autorisation du ministère indonésien des Affaires religieuses)
Des pèlerins indonésiens se recueillent à leur arrivée à l'Aéroport international du roi Abdelaziz, à Djeddah, en Arabie saoudite, en juin 2022. (Avec l'aimable autorisation du ministère indonésien des Affaires religieuses)
Un pèlerin qui accomplit le Hajj se promène à Mina, à proximité de la ville de La Mecque, le 7 juillet 2022. (Delil Souleiman/AFP)
Un pèlerin qui accomplit le Hajj se promène à Mina, à proximité de la ville de La Mecque, le 7 juillet 2022. (Delil Souleiman/AFP)
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Publié le Lundi 11 juillet 2022

Avec l'initiative de la Route de la Mecque, L'Arabie Saoudite facilite le voyage des pèlerins d'Asie

  • Des centaines de milliers de pèlerins sont venus d'Asie pour accomplir le Hajj dans les villes les plus saintes de l'islam
  • Parmi les pèlerins venus de l'étranger, près de deux cent soixante mille sont originaires d'Indonésie, du Bangladesh, de Malaisie et du Pakistan

DACCA/ISLAMABAD/JAKARTA/KUALA LUMPUR: Des centaines de milliers de pèlerins sont venus d'Asie pour accomplir le Hajj dans les villes les plus saintes de l'islam. Un grand nombre d’entre eux bénéficient de l'initiative de la Route de La Mecque, destinée à faciliter leurs déplacements et à leur garantir une expérience unique après ces deux années éprouvantes marquées par la pandémie.

L'un des cinq grands piliers de l'islam, le Hajj, a seulement été réservé à mille Saoudiens en 2020 compte tenu des inquiétudes suscitées par le coronavirus. En 2021, le Royaume a restreint le nombre de pèlerins à soixante mille participants saoudiens; ils étaient 2, 5 millions avant le début de la pandémie.

Voilà que l'Arabie saoudite accueille cette année près de neuf cent mille pèlerins locaux et étrangers, après avoir levé la plupart des restrictions liées à la Covid-19. Parmi les étrangers, près d'un tiers viennent du Bangladesh, d'Indonésie, de Malaisie et du Pakistan.

Des pèlerins en provenance d'Indonésie quittent l'aéroport international de Juanda, à Surabaya. (AFP)
Des pèlerins en provenance d'Indonésie quittent l'aéroport international de Juanda, à Surabaya. (AFP)

Ces pays asiatiques à majorité musulmane, auxquels s'ajoute le Maroc, sont les cinq pays concernés par l'initiative de la Route de La Mecque initiée par l'Arabie saoudite en 2019. Elle permet à leurs ressortissants de remplir les exigences du Hajj de leur point de départ et leur évite de patienter de longues heures avant d'arriver dans le Royaume.

L'Arabie saoudite a affecté des agents d'immigration dans les principaux aéroports de ces pays. Leur mission est de faciliter le voyage des pèlerins. Des milliers d’entre eux arrivent en robe blanche pour entamer ce périple qui durera des heures. Ils viennent des quatre coins du monde.

Dans la capitale du Bangladesh, des dizaines d'agents saoudiens travaillent jour et nuit à l'aéroport international Shah-Jalal. Ils s'emploient à faciliter le départ des voyageurs bangladais ainsi que les formalités administratives qui les attendent.

Dans le cadre de l'Initiative de la route de La Mecque, des pèlerins bangladais effectuent à Dacca les formalités préalables à l'immigration. (Avec l'aimable autorisation de l'ambassade d'Arabie saoudite à Dacca )
Dans le cadre de l'Initiative de la route de La Mecque, des pèlerins bangladais effectuent à Dacca les formalités préalables à l'immigration. (Avec l'aimable autorisation de l'ambassade d'Arabie saoudite à Dacca )

«Cette nouvelle initiative a ouvert de nouveaux horizons», explique à Arab News Saiful Islam, directeur du bureau du Hajj à Dacca. «Nous sommes très reconnaissants à l’égard des autorités saoudiennes.»

Cette initiative concerne les visas, les formalités de douane et de passeport ainsi que les exigences relatives à la santé. Elle couvre également le transport jusqu'à La Mecque et Médine et prend en charge le transport des bagages et l'hébergement.

Mohammed Mozammel Houk part de Dacca; les formalités qui précèdent l'immigration se sont déroulées «sans encombre», confie-t-il.

«La gestion des démarches associées au Hajj nous réjouit», affirme-t-il.

Depuis qu'il a vu son père partir pour le Hajj, voilà quelques dizaines d'années, M. Houk rêve d'accomplir ce pèlerinage. La pandémie avait contrarié son projet en 2020 et il savait qu’il lui était possible, cette fois, de réaliser son rêve.

«Je me réjouis d’avoir la chance d’accomplir le Hajj en Arabie saoudite cette année», explique-t-il à Arab News alors qu'il vient d'achever avec sa femme les formalités requises par l'initiative de la Route de La Mecque. «C'est un rêve qui se réalise.»

Le processus s'est déroulé de manière très rapide pour la famille de Rokhaya Khatoun Lata, une femme au foyer qui voyage en compagnie de quatre membres de sa famille.

Rokhaya Khatoun Lata, une pèlerine bangladaise, se confie à Arab News à l'aéroport international Shah-Jalal de Dacca, le 26 juin 2022. (Photo AN)
Rokhaya Khatoun Lata, une pèlerine bangladaise, se confie à Arab News à l'aéroport international Shah-Jalal de Dacca, le 26 juin 2022. (Photo AN)

«Cela m'a pris moins de trente minutes pour compléter les formalités d'immigration», raconte-t-elle à Arab News. «Je n'ai pas encore entamé le voyage et je me sens déjà très heureuse.»

Mohammed Mozammel Houk, Rokhaya Khatoun Lata et leurs deux familles font partie des soixante mille Bangladais venus effectuer le pèlerinage cette année.

Un plus grand nombre de pèlerins venus du Pakistan, autre pays d'Asie du Sud à majorité musulmane, s'apprêtent à accomplir les rituels du Hajj. Ils seront quatre-vingt-trois mille trois cents à tourner autour de la Kaaba, le site le plus sacré de l'islam, situé au centre de la Grande Mosquée.

EN CHIFFRES

Nombre de pèlerins étrangers qui ont obtenu un visa électronique pour le Hajj :

- 102 178 en Indonésie

-  83 433 au Pakistan

-  80 772 en Inde

-  60 354 au Bangladesh

-  45 201 au Nigeria

-  45 086 en Turquie

-  39 635 en Iran

-  22 189 en Égypte

-  18 970 en Algérie

Source: ministère saoudien des Affaires étrangères (Mofa)

Les pèlerins en provenance de la capitale du Pakistan ont été accueillis dans un salon spécialement conçu pour la Route de La Mecque à l'aéroport international d'Islamabad.

«Les dispositions prévues à l'aéroport sont très efficaces; nous n'avons rencontré aucune difficulté tout au long du processus», explique à Arab News Mohammed Akhtar, un pèlerin qui a rejoint Islamabad en provenance de Faisalabad.

Le premier groupe de pèlerins pakistanais est attendu à Médine, en Arabie saoudite, le 8 juin 2022; il sera accueilli dans un salon spécialement conçu pour la Route de la Mecque à l'aéroport d'Islamabad. (Photo fournie)
Le premier groupe de pèlerins pakistanais est attendu à Médine, en Arabie saoudite, le 8 juin 2022; il sera accueilli dans un salon spécialement conçu pour la Route de la Mecque à l'aéroport d'Islamabad. (Photo fournie)

«J'ai déposé une demande pour accomplir le Hajj pendant les quatre dernières années et j'ai obtenu l'autorisation cette année. Je remercie Allah Tout-Puissant de m'avoir accordé cette opportunité.»

Loubna Asad est elle aussi une pèlerine pakistanaise. Elle dit sa reconnaissance à l’égard du personnel de la Route de La Mecque pour sa coopération.

«Je suis vraiment heureuse et je remercie l'Arabie saoudite», nous confie-t-elle.

À Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie, l'accueil chaleureux manifesté par les fonctionnaires saoudiens en a étonné plus d'un. Un grand nombre d’entre eux sont allés jusqu'à accueillir les pèlerins dans leur langue maternelle. On compte au total quatorze mille trois cents pèlerins malaisiens qui effectueront le voyage du Hajj cette année.

Des pèlerins malaisiens effectuent les formalités préalables à l'immigration dans le cadre de l'initiative de la Route de La Mecque à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)
Des pèlerins malaisiens effectuent les formalités préalables à l'immigration dans le cadre de l'initiative de la Route de La Mecque à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)

«J’ai ressenti toute la chaleur de l'accueil, même avant d'arriver en Arabie saoudite. Quel accueil!», s'exclame Ariff Abdallah, qui a embarqué sur un vol à destination de Djeddah de l'aéroport international de Kuala Lumpur.

«Je plaisantais avec le préposé du comptoir de l'immigration. Il connaissait quelques mots en malais!»

Le processus préalable à l'immigration donne la possibilité aux pèlerins de se concentrer sur l’aspect spirituel de leur voyage. En effet, toutes les formalités administratives sont prises en charge.

«L'initiative de la Route de La Mecque est très convenable», affirme Johar Yousouf, un autre pèlerin en partance de Kuala Lumpur. «C’est fabuleux!», déclare-t-il.

Zainab Benti Awang se déplace en fauteuil roulant, accompagnée de sa sœur. Quel grand soulagement pour elle de se voir épargner, grâce à la Route de La Mecque, le fardeau des procédures de départ et d'arrivée!

Des pèlerins malaisiens du Hajj effectuent les formalités préalables à l'immigration prévues par l'initiative de la Route de la Mecque à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)
Des pèlerins malaisiens du Hajj effectuent les formalités préalables à l'immigration prévues par l'initiative de la Route de la Mecque à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)

«Une fois arrivés à Djeddah, nous serons tous autorisés à entrer dans le Royaume sans faire la queue pour compléter les formalités d'immigration», se réjouit-elle. «Sur place, nous prendrons le bus sans attendre pour rejoindre notre hôtel.»

Abdallah, Youssouf, Awang et bien d'autres agents ont assisté les pèlerins à l'aéroport de Kuala Lumpur. Ils affirment à Arab News qu'ils ont l'honneur de prendre part à l'initiative de la Route de La Mecque.

«Cette initiative a pour objectif de simplifier les formalités d'immigration pour les pèlerins à partir de leur pays d'origine. Elle comprend notamment le relevé d'empreintes digitales, la validation des formalités d'entrée [en Arabie saoudite] et la livraison des bagages au lieu d'hébergement dans les plus brefs délais», explique à Arab News le sergent major Anas Mohammed, arrivé de Djeddah. «J'ai l'honneur de participer à l'initiative de la Route de La Mecque.»

La collègue de Mohammed, le sergente Kholoud al-Ahmadi, se réjouit à l’idée d'aider les pèlerins malaisiens.

«C'est un honneur pour moi de participer à l'initiative de la Route de la Mecque en Malaisie. Je suis vraiment heureuse de faire partie de cette initiative; c'est mon premier séjour en Malaisie», souligne-t-elle.

En Indonésie, la plus grande nation à majorité musulmane du monde, ce sont cent mille pèlerins qui accompliront leur devoir spirituel cette année.

Des pèlerins indonésiens se recueillent à leur arrivée à l'Aéroport international du roi Abdelaziz à Djeddah, en Arabie saoudite, en juin 2022. (Avec l'aimable autorisation du ministère indonésien des Affaires religieuses)
Des pèlerins indonésiens se recueillent à leur arrivée à l'Aéroport international du roi Abdelaziz à Djeddah, en Arabie saoudite, en juin 2022. (Avec l'aimable autorisation du ministère indonésien des Affaires religieuses)

La plupart de ces pèlerins qui rêvaient d'accomplir le Hajj ont dû attendre pendant plusieurs années sur des listes d'attente. Avec une population qui dépasse les 270 millions d'habitants, le quota de pèlerins de leur pays reste le plus élevé. Il faut cependant du temps pour les accueillir tous.

Kamaria est une pèlerine originaire d'Aceh qui attend depuis douze ans d'accomplir le Hajj. Les mots lui manquent pour décrire l'émotion qu'elle ressent à l'idée d'avoir la chance de prier dans la Grande Mosquée de La Mecque.

«Je ne parviens pas à trouver les mots pour exprimer mon bonheur de voir la Kaaba», confie-t-elle à Arab News. «Je sens que j’aimerais y rester toute ma vie.»

À l'instar des autres pèlerins, Kamaria s'est préparée à ce périple, en particulier sur le plan spirituel.

«Avant de rejoindre la Terre sainte, nous devons d'abord purifier nos cœurs», explique-t-elle. «Nous espérons être de bons pèlerins du Hajj.»

Des pèlerins indonésiens s'apprêtent à quitter l'aéroport international Juanda, à Surabaya, le 4 juin 2022. (Juni Kriswanto/AFP)
Des pèlerins indonésiens s'apprêtent à quitter l'aéroport international Juanda, à Surabaya, le 4 juin 2022. (Juni Kriswanto/AFP)

Le programme de l'initiative de la Route de la Mecque est proposé aux Indonésiens à l'aéroport international Soekarno-Hatta de Jakarta.

Iis Nouraisa a rejoint la capitale en provenance de la province occidentale de Java. Des fonctionnaires saoudiens ont supervisé son départ à l'aéroport et le processus s'est déroulé de manière «tout à fait satisfaisante».

«La procédure est très convenable. Elle facilite et accélère le processus et nous épargne les vérifications à notre arrivée en Terre sainte», explique Mme Nouraisa à Arab News.

«Cela simplifie les choses, c'est certain. C'est très appréciable pour les pèlerins qui viennent accomplir le Hajj.»

Le pèlerin malaisien Ariff Abdallah se confie à Arab News à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)
Le pèlerin malaisien Ariff Abdallah se confie à Arab News à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)

À la joie éprouvée par les pèlerins avant leur départ s'ajoute l'hospitalité avec laquelle ils sont accueillis dans le Royaume.

«Le service à l'hôtel, la nourriture, la blanchisserie, le service dans les magasins, les gens…  Tout le monde est très aimable», indique à Arab News Amalia Sabrina, médecin originaire d'Aceh, qui est arrivée en Arabie saoudite le mois dernier.

«Avec ma famille, je remercie sans cesse Allah de nous avoir accordé la chance d'accomplir le Hajj cette année.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Turquie se prépare aux obsèques des neuf victimes de la tuerie scolaire de Kahramanmaras

La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud). (AFP)
La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud). (AFP)
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  • "Des mandats d'arrêt ont été émis contre 83 personnes qui se sont livrées à des posts et à des activités faisant l'apologie de crimes et de criminels affectant négativement l'ordre public, et des poursuites ont été déclenchées contre elles"
  • La police turque a par ailleurs indiqué que l'auteur de la tuerie scolaire de Kahramanmaras, un adolescent de 14 ans, "utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014"

KAHRAMNMARAS: La Turquie, sous le choc de la tuerie perpétrée dans un établissement scolaire par un adolescent adepte de théories misogynes venues des Etats-Unis selon de premiers éléments d'enquête, se prépare à rendre hommage jeudi aux neuf victimes, dont les obsèques sont célébrées à Kahramanmaras (sud).

L'attaque de mercredi, qui a provoqué la mort de huit élèves et une enseignante, était la seconde en une semaine dans le pays.

Mardi, un premier adolescent né en 2007 et armé d'un fusil à pompe avait déjà fait seize blessés dans un lycée technique de la province turque de Sanliurfa (sud-est), parmi lesquels dix élèves et quatre enseignants.

La police turque a indiqué jeudi avoir émis des mandats d'arrêt contre 83 personnes pour s'être livrées à l'apologie en ligne des fusillades dans des établissements scolaires cette semaine.

"Des mandats d'arrêt ont été émis contre 83 personnes qui se sont livrées à des posts et à des activités faisant l'apologie de crimes et de criminels affectant négativement l'ordre public, et des poursuites ont été déclenchées contre elles", a indiqué la police dans un communiqué.

La direction générale de la police turque a par ailleurs indiqué que l'auteur de la tuerie scolaire de Kahramanmaras, un adolescent de 14 ans, "utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014".

Le père du tireur, identifié comme un ancien inspecteur de police, a été interpellé mercredi et placé en détention provisoire, a-t-elle précisé.

Le parquet de Kahramanmaras a quant à lui indiqué jeudi que l'adolescent avait prémédité l'attaque "d'ampleur", d'après un "document du 11 avril 2026" retrouvé dans son ordinateur.

La référence à Elliot Rodger renvoie à l'auteur de la tuerie d'Isla Vista, en 2014 en Californie. Cet homme avait fait six morts sur le campus d'une université de Santa Barbara, avant de se suicider. Il avait expliqué dans une vidéo diffusée avant son crime que cette attaque était un "châtiment" pour les femmes qui l'avaient rejeté.

Les huit élèves victimes de l'attaque de mercredi, cinq garçons et trois filles, avaient entre 10 et 11 ans et l'enseignante était âgée de 55 ans, selon une liste d'avis de décès de la municipalité de Kahramanmaras, consultée par l'AFP.

Les établissements scolaires de la province de Kahramanmaras resteront fermés jeudi et vendredi, a indiqué le ministre de l'Intérieur.

L'auteur de la tuerie est décédé, avait indiqué mercredi le gouverneur de la province de Kahramanmaras, Mükerrem Ünlüer, sans être en mesure de préciser "s'il s'agit d'un suicide ou si cela s'est produit dans le chaos".

"Les supports numériques saisis lors des perquisitions au domicile de l'auteur et dans le véhicule de son père ont été confisqués et sont en cours d'analyse. (...) D'après les premiers éléments recueillis, aucun lien avec le terrorisme n'a été établi, il s'agit vraisemblablement d'un acte isolé", a ajouté la police turque.

"Un élève est arrivé à l'école avec des armes, vraisemblablement celles de son père, dans son sac à dos. Il est entré dans deux salles de classe et a ouvert le feu au hasard", avait détaillé M. Ünlüer.

Ce type d'incident est rare en Turquie où, selon les estimations d'une fondation locale, des dizaines de millions d'armes à feu sont en circulation, la plupart illégalement.

 


Trump affirme que «les dirigeants» israélien et libanais vont se parler jeudi

Une photo prise depuis la région de Tyr, au sud du Liban, montre la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le village d'al-Mansouri le 15 avril 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Tyr, au sud du Liban, montre la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé le village d'al-Mansouri le 15 avril 2026. (AFP)
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  • "On essaie de créer un peu de répit entre Israël et le Liban. Cela fait longtemps que les deux dirigeants ne se sont pas parlé, environ 34 ans. Ça va se faire demain", a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social
  • Un peu plus tôt, un haut responsable américain avait fait savoir que le président américain jugerait "bienvenue la fin des hostilités au Liban" avec un accord de paix avec Israël

BEYROUTH: Les "dirigeants" d'Israël et du Liban vont se parler jeudi, a affirmé mercredi soir le président américain Donald Trump, après des discussions directes cette semaine entre les deux pays.

Cette annonce survient alors qu'Israël et le Hezbollah sont en guerre depuis le 2 mars. Le mouvement pro-iranien libanais a revendiqué jeudi matin plusieurs attaques aux drones visant des positions militaires dans le nord d'Israël.

"On essaie de créer un peu de répit entre Israël et le Liban. Cela fait longtemps que les deux dirigeants ne se sont pas parlé, environ 34 ans. Ça va se faire demain", a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social.

Le président n'a toutefois pas précisé de quels dirigeants il parlait.

Un peu plus tôt, un haut responsable américain avait fait savoir que le président américain jugerait "bienvenue la fin des hostilités au Liban" avec un accord de paix avec Israël.

Il a toutefois précisé que cet éventuel accord n'entrait pas dans le cadre des négociations entre les Etats-Unis et l'Iran visant à obtenir une fin durable du conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran. Une trêve est en vigueur depuis le 8 avril.

"Les Etats-Unis souhaitent voir s'instaurer une paix durable, mais n'ont pas exigé un cessez-le-feu immédiat" entre Israël et le Hezbollah, a indiqué à la presse ce responsable, sous couvert d'anonymat.

 


Le prince héritier saoudien et le Premier ministre pakistanais discutent de la médiation entre les États-Unis et l'Iran

Le prince héritier Mohammed bin Salman et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif se rencontrent en Arabie saoudite mercredi. (SPA Screengrab)
Le prince héritier Mohammed bin Salman et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif se rencontrent en Arabie saoudite mercredi. (SPA Screengrab)
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  • Les pourparlers de Djeddah mettent l'accent sur la nécessité de reprendre les négociations
  • Les efforts de médiation du Pakistan occupent le devant de la scène

RIYAD/DJEDDAH : Le prince héritier Mohammed bin Salman a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif à Jeddah mercredi, avec des entretiens axés sur la diplomatie régionale et les efforts visant à faire progresser les négociations entre les États-Unis et l'Iran.

La réunion a souligné le rôle du Pakistan dans la facilitation du dialogue, les deux dirigeants ayant passé en revue les développements entourant les pourparlers entre les États-Unis et l'Iran organisés par Islamabad et souligné l'importance d'un engagement diplomatique soutenu pour rétablir la stabilité dans la région.

Le prince héritier a salué les efforts déployés par M. Sharif pour soutenir la croissance économique du Pakistan et renforcer le partenariat stratégique entre l'Arabie saoudite et le Pakistan.

Le prince héritier a également salué les efforts diplomatiques du Premier ministre Sharif et du chef d'état-major de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir.
Une vidéo de l'agence de presse saoudienne a montré les discussions entre les deux dirigeants, accompagnés du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, et de son homologue pakistanais, Ishaq Dar. Le ministre de la Défense, le prince Khalid bin Salman, le ministre d'État et conseiller à la sécurité nationale, Musaed Al-Aiban, et de hauts responsables pakistanais ont également assisté à la réunion.

M. Sharif est arrivé à Djeddah plus tôt dans la journée, première étape d'une tournée diplomatique de quatre jours en Arabie saoudite, au Qatar et en Turquie, qui s'inscrit dans le cadre d'une initiative plus large visant à créer une dynamique avant un éventuel deuxième cycle de négociations entre les États-Unis et l'Iran, qui se déroulerait au Pakistan.

"Le Premier ministre Muhammad Shehbaz Sharif effectuera des visites officielles au Royaume d'Arabie saoudite, à l'État du Qatar et à la République de Turquie du 15 au 18 avril 2026", a indiqué le ministère pakistanais des affaires étrangères dans un communiqué.

M. Sharif participera au forum diplomatique d'Antalya pendant son séjour en Turquie.

Il tiendra également des réunions bilatérales avec le président Recep Tayyip Erdogan et d'autres dirigeants en marge du forum d'Antalya, précise le communiqué.

Washington et Téhéran ont tenu leurs premiers entretiens en face à face depuis des décennies à Islamabad le week-end dernier, avec des efforts de médiation en cours pour mettre fin à la guerre qui a commencé lorsque les États-Unis et Israël ont attaqué l'Iran le 28 février.

Le conflit a exacerbé les tensions au Moyen-Orient, l'Iran ayant pris pour cible les alliés des États-Unis dans le Golfe, notamment l'Arabie saoudite et le Qatar, en guise de représailles, et perturbé les flux d'énergie en provenance de la région.

Les pourparlers d'Islamabad se sont terminés sans percée, mais le président américain Donald Trump a déclaré que les négociations pourraient reprendre cette semaine dans la capitale pakistanaise.

Un cessez-le-feu fragile reste en place jusqu'à la semaine prochaine, bien que les États-Unis aient ordonné un blocus naval de l'Iran.

M. Sharif était accompagné de M. Dar - une figure clé des efforts de médiation - et d'autres hauts fonctionnaires lors de ses visites, a indiqué son bureau mercredi après-midi.

Le Pakistan et l'Arabie saoudite entretiennent des liens étroits et le ministère des finances d'Islamabad a annoncé mercredi que Riyad fournirait au Pakistan 3 milliards de dollars pour l'aider à renforcer ses réserves de change.

Le ministère des finances a déclaré qu'un dépôt saoudien existant de 5 milliards de dollars serait également prolongé pour une période non précisée.

(Avec SPA et AFP)